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LE MOTEUR

consommée est ainsi remplacée par une force nouvelle. Les violents efforts, au contraire, nécessitent un temps de repos assez long. En outre, l'animal s'épuise, il meurt jeune, sans avoir rendu les services qu'on en pouvait attendre. Mais ce qu'il y a surtout à déplorer, ce sont les brutalités qu'entraîne nécessairement l'habitude d'exiger un travail anormal.

L'eau et le vent ont été ensuite utilisés concuremment avec les moteurs animés. Ce sont des puissances plus grandes et presque gratuites. Il n'y a pas à les nourrir, à les abriter, à les soigner, naais rien ne saurait ni les exciter ni les tempérer . Quelle excellente chose, pense-t-on, qu'un moteur puissant, infatigable et gratuit. Oui, mais quelle détestable chose qu*nn moteur sur lequel on ne peut compter. Le vent souffle ou ne souffle pas , il souflBe dans une direction ou dans une antre, il est violent ou faible. Quoi de plus incertain, de plus mobile, de plus variable que le vent. Et l'eau ! elle manque en été, elle est trop abondante en automne; la chaleur vide le fleuve que les pluies gonflent jusqu'au débordement. L'hiver immobilise les eaux sous forme de glace. Ainsi rien de régulier avec de semblables moteurs ; Texcès du travail ou le chômage forcé, l'abondance ou la disette, la vie sauvage au lieu de la vie civilisée.

La vapeur n'agit pas comme les moteurs animés d'une manière intermittente et pendant un temps limité; sonâctionnes*exercepas,commecelle des éléments, d'une manière irrégulière et à des intervalles de temps variables. Elle ne ressemble pas à l'atmosphère qui est tantôt calme, tantôt doucement agi-

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tée, tantôt traversée par de violents courants, ni au fleuve au cours inégal, considérablement réduit pendant la sécheresse ou grossi par la débâcle des glaces ou les pluies torrentielles. Elle n'est pas gratuite, il est vrai, mais elle est docile, d'une action régulière et continue. Elle s'adapte aux machines les plus variées et n'est pas moins précieuse pour la facilité avec laquelle on la dirige que pour les divers degrés d'énergie qu'elle peut acquérir. Elle régularise le travail, le civilise, pour ainsi dire, en le rendant toujours possible. Désormais les meules du moulin, aussi bien 'que la. scie, le laminoir et la filière marchent selon les besoins du commerce et de l'industrie. Le vaisseau fend les ondes en dépit des vents contraires. La machine à vapeur devient une main puissante, souple, délicate, ingénieuse et infatigable, également habile pour les travaux les plus divers.

Veut-on maintenant connaître la puissance relative de ces divers moteurs.

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