LETTRES DE MON ERMITAGE
Et trouva la, librairie de Saint-Victor fort magnifxcque, mesmement d'aulcuns livres qu'il y trouva* desquels s'ensuit le r&pertoyre.
PANTAGRUEL, CHÀP. VU.
Mon cher enfant,
Pour cette villégiature où, loin du pavé Géniudd et des Eaux typhoïques de la Seine, vous irez en une Arcadie par les gazettes magnifiées . goûter, avec le mugissement des bœufs et le dormir sous les chênes, le manque de pièces nouvelles, de pockers minoratifs, d'entretiens comateux et, combien stu pende pour vos regards 1 Pabsence du twine à madame Dieulafoy; vous sollicitez, de mon antique discipline un dénombrement des volumes idoines à charmer yos deux mois hors Paris, Oubliezvous que, loin des vaines fumées et des pensera transitoires, quelques personnes pieuses vivent au désert et, nonobstant l'indignité, me fomentent de feur dévote compagnie ? Notre Port-Royal (eàu, gaz et point de vue dans toutes les cavernes jouxtant, pour ainsi dire, a la gare du Vésinet) n'admet point, sans difficulté, les contemporaines fariboles. Occupés comme nous sommes a l'oraison jaculatoire, à l'émission des antiennes, proses, séquences et autres liturgies, peut nous chault d'appren^ dre quelles écritures déshonorent le papier blanc- N'avonsnous pas d'ailleurs les questions subtiles des théologies à discuter, et nommément si par le feu du Purgatoire autant que par l'Amour sont arses les dolentes âmes, ou bien si Merodack Péladan contient l'hermaphrodisme des anges ? Et puis on s'évertue à parler français dans notre solitude, ce qui vous explique d'abondance l'incuriosité où nous vivons des opuscules récents de M. Jean Aicard. Les pithéciens qui des berges du Fleuve poussent jusqu'à nos charmilles les clameurs des estaminets chantants suffisent à divertir les heures inutilisées sans quehousappétions la chose Jean Rameau. Et, quand l'obédience requiert de nous le jeûne et l'afaiction de la chair, meilleurs sont les Garban\os et les topinambours que les sornettes en vogue chez la vieille femme Adam. Toutefois, et pour
AOUT 1890 a __
que vous ne contaminiez votre baptême à des lectures vomitives pour vous garder, s'il est possible, des Maizeroys cumhngues et des onaniaques Bonnetains, voici, lisables a la campagne,. quelques tomes joyeux combien que peu connus. .
'" i° Le Livre des Snobs, de Thackeray, avec les nombreux commentaires que fournirent à cet ouvrage lès respectives délicatesses de MM, Ernest Renan, Jules Lemaitre, Maurice Barrés, Anatole France et le petit poisson Rosny.. r . ^
3° Ce bon monsieur Cohen, ou I'Eloge nu Denier Deux, par le romancier Paul d'Ivoi, L'auteur, qui pour- ™. a° ï£ ^ anS Ié * P^ 598 »" des reaïngotes hygiéniques ,, ^ d,ne " x *? rots > aime mieux réhabiliter Shylock, que^l éditeur Ravine et son ami Drumont avaient déjà rendu sympathique. . J .
3° Les Œuvres Musicaxes du Kappelmeister H. Meuiré membre de la société dés auteurs et garde-chiourme à ses moments perdus. Lés plus actives recherches ne purent nous manifester le genre de notes que croque.
3n r T^^ r n Pà ?^° lp? î Ie „ si P ate "»el Mamamouchi du Dépôt. Donnert-il dans le Requiem ou dans la mu-
dnole ? A-t-d pour muse! sainte Cécile ou bien la Mère Godichon? Retirés si loin de là mondaine gloire, nous ignorons positivement la configuration de son leit mottve. Cependant, il sied de chanter à sa louange et sur le mode canon ce vers connu du pur Concierge : Sous ses verrous qu'on est bien à vinvt ans I
4° Nouveaux Documents sur les sortes de fixe* la C-arte qu imitèrent maints Grecs notoires, par M. Nestor, le plus sage d'icèux. , . . '
v £ F jyiTs et Légumes. ^ Ballades en rebueïl de Tancrede, Machin . E BanvilUensis operibus accuratissime
■5, ,r* V e petlt ouvra g e > d <>nt on ne se lassera jamais d exalter les vertus, inspira naguère à un homme du monde qui se mêle parfois de vers la Ballade des Ballades que voici ;
. Tel ChaviUê, ce doux gaga Déjà trop mûr pour Proserpiné, Tel Nana Saïb qu'élagua La béate chaude et rupine, .■"■■":,,
Tancrède, Marseillais, opine ; Et propage ce rhythme qu'on
■ Engrosse comme unelapirie :
, Tancrède Machia e$2Efn sqt.
a 7 8 MERCVRE DE FRANCE
La Ballade ! O Ciêux ! Quel zinc a
Celui qui plante cette épine !
Point n'est besoin de seringa,
De violette cisalpine.
Tancrède a la face poupine, l
Il estime l'amer Pïcoû. . . ."{
La mouche fuit quand il jaspine : .
Tancrède Machin est un sot,
. Du fleuve Amazone au Volga, D'Asïûère à l'Ile Philippine,
Quel primate se distingua '."'■"■
Plus que Tancrède en la rapine Oracùlaire et turlupine?
Que gardé soit-il du boucon/ De l'arsenic, de l'atropine I Tancrède Machin est un sot.
Envoi.
Prince, dont l'engeance vulpinc. :
Craint les dogues et le faucon, - ' ■ ' ■ Besogne dru, mange et. pojpine. :
Tancrède Machin est un sot. .
6° Les anthropobafouillages de MM, Macé et Hugues Le Roux. A l'instar du Lombroso, ces rudes observateurs du SirUgglé for life ont découvert que les classes . délinquantes ignorent fréquemment les belles manières et n'ont pas les pieds beaucoup plus, ondoyés que José- . phin/ -.
Josêphin dont les pieds ont V haleine un feu forte Cultive G m Papus entre les doigts dTiceux.
En plus d'une trouvaille si glorieuse^ les cacographes ci-dessus abondent en adresses de cabarets pouilleux et de dames aimables pour un prix modéré. Ils savent les garnis et les punaises, et quelle graisse de cheval sert . aux frites suburbaines — tant que leurs paperasses égalent par moment les meilleures d'Ajalbert.-
Voilà, mon cher enfant, les informations, vraiment peu locuplètes, dont je vous puis édifier. C'est à dessein que j'éviterai de vous signaler les jeunes maîtres de la littérature contemporaine,, dont les noms sont sur toutes les lèvres, les productions entre toutes les mains. Vous les pourrez acquérir chez le coiffeur, le pâtissier où là gantière dû coin, à votre choix. Ne sont-ils pas; comme les fours de Joséphine, les essences de Guerlain ou les cha-
peai^ ^Reboux, un article de commerce essentiellement Parisien? Aussi m'en tàirai-je, puisque : ™
Bourget, Maupassant et Loti
Se trouvent dans toutes les gares.
On les offre avec le rôti, . :
Bourget, Maupassant et Loti.
De ces auteurs soyez loti ■■■!'■
En même temps que de cigares:
Bourget, Maupassant et Loti
Se trouvent dans toutes. les gares.
.Achetez aussi du Zola,
Çà sert dans les water-closette Balzac est faible. Pour Rolla,
C est un babouin près de Zola, ' ,Maheu sent le gorgonzola, Jésus-Christ fait bien la chosette Achetez aussi du Zola :-.'"■-.'-, Ça sert dans les water-closette.
Aux pays où le copahu
Met Jean Chouart bien à son aise.
Patara lève Rarahu. ■'■'.■■
Sous les arbres à copahu, . .
Mon frère Yves, que Pierre a eu ,. .
. Fait le trottoir en Javanaise, . Aux pays où le copahu
Met Jean Ghouart bien à. son aise. :.' ■ . - " *•!■'." . ' * ■
Bourget, qui manque un peu de jet, Convoite, Maupassant, ta force. .; , Est-il plus langoureux objet :
"- . Tant de grâce avec peu- de jet î
Cil que Mélissandre logeait Rate parfois quand il amorce.
Bourget, qui manque un peu de jet.
Convoite^ Maupassant, ta force.
^ Sl £ ce > mon C ^ ^nfcnti-jé vous baise en toute cliante, vons. requérant de ne nVoublier pas dans vos
DOM JUNIPÉRIEN,
a8o MERCVRE DE FRANCE