LES ELUS
A Charles Morice
Parmi le vil bétail qui veule y abandonne Aux remous de la Vie impure et monotone, Les Elus du Futur songeât d'Eternité. -
. ' Leur cœur'' est 'triste et vaste et nu. comme une grève Qui subit les assauts multipliés sans trêve
< D'un océan brutal sous un ciel irrité.
Sachant que toute lutte, est mauvaise et stérile,
Ils dédaignent, hautains $ la huaille scurrile
Qui geint à leur poursuite et les mord aux talons.
La nuit, sous le regard des lunes léthargiques, Ils appareillent vers les îles nostalgiques, : Où leur ment le mirage des rêvés félons.
Mais pour avoir gardé la foi dans les oracles .Des anciens jours, ils vont attestant les miracles, Et voguent sur le dos onde, des flots à mers j
Les yeux levés vers la cité spendide et sainte Qu'ébaucha leur espoir, sous un dais hyacinthe, Au rivage inconnu des éçumeurs de mers.
" Jean Court