I. Allemand est jeune, intrépide, fougueux; son tempérament
JeuxTnit ^ N 1 P T è ^ Pat - CO ** s <»« tête, tinfkt K îf ^f* *an-tôt radicules, toujours imprudents; sa vertu c'est U
tant de Se 'i ™£nH * canUonne > ll ?abiugue; tout fermen- £™„ 7 l ' entend communiquer son ébullition à son entourage, à son empire, à ses voisins, au monde : sa confiance
présent- a mit le reste. Cet Allemand est ni» Français^ d?us qn'un Français : iin méridional. rrançais, plus
rien ife^* -i ent ' com P assé > recneilK; il ne se presse de £S''7i* t h a 5r.^ , repose *"* ^immobilité de sage vieil-; &S'dÀ n ^ g,t <£ >en P e ™»*tant très difficilement ai. lours total des choses de suivre plus loih : il ne décide jamais il s* résoudra volonté, c'est le statu qio; son mot d'ordre 'le si!
m?^?%7? teat *? l '™°™^ a M trandge qn'âvec son e£S '™ actionne, imposant, à la porte des traitions; sem esprit contemple, son cœur s'absente, son imagination
Chacun dW^ ^J^ C; P1US ^Turc = ™ maKut L.ùacun d eux — c est bien connu — est nn mvstère • mais
ère rebeîle ??**? dîS P e " é à to » slés vents ; l'alun ™ êtS n« tous les rayonnements. D'ailleurs, il n'y à peut-
ri^ïïïif 1 ^ secret lerrière leur tête ! Mais leur position elt Lr^* érable '* <ï,1 J e lo * «"*«"#«• volontiers que chacun de
2x pnissS qUaiïX " Che? : COmbien ***+**. davantage
Il suffit que ces deux hommes soient à l'heure- qu'il est les ' arbitres presque absolus des précieuses destinées de notre lamentable Hurope : onne saurait braquer sur eux trop de télescopes — ou de microscopes. Ces deux géants — bu ces deux gnomes ; — sont capables à eux seuls d'ouvrir du de fermer les portes du temple de Janus. Leurs proportions ne font rien à 1 affaire ; un simple bacille déchaîne dans un homme le choléra; un petit vibrion nerveux produit dans ce même homme Ja santé et le bonheur. Alexandre et Guillaume sont dans 1 organisme continental ces éléments terribles qui, quelque înfinrtéMmaux qu'ils soient, dispensent à tout le reste ou la vie ou la mort. Seront-ils meurtriers ou féconds ?
C'est en de si peu réjouissantes pensées que j'étais, l'autre soir, absorbées autant, du moins, qu'une femme peut se laisser absorber par des pensées. Le jardin supérieur di palais . de Peterhof était, depuis le matin, envahi par une foule qui attendait les deux empereurs. Ceux-ci n'arrivaient pas. La foule se dispersa. Prévenue de l'heure probable de Tarrivée, . je rôdais a peu près seule dans le parc alors presque désert Une trentaine de personnes, qui avaient eu venf comme moi du moment auguste, ou qui s'étaient obstinées, lancinées du désir viplentde contempler durant deux minutes deux impériales figures, formaient un petit groupe devant l'entrée des appartements réservés au César étranger. Un magnifique suisse, enseveli dans un fastueux manteau rouge chamarré d aigles jaunes, bondait de sa corpulence là baie de la porte rS? S ran £f di ables d'Allemands, casqués congrùment et culottes, de blanc, se tenaient plantés immobiles au bas de 1 escalier» Des domestiques de la cour s'affairaient.
J'étais fort exaspérée d'une attente d'une dèmi-heurè delà lorsque/le prince Ivan Egorovitch m'accosta et m'offrit son bras. ..; ' -
Il faut que je présente le prince Ivan Egorovitch; Te ne dirai rien de son physique : ce physique n'intéresse que moi. Mais son état desprit est bien digne de remarque, s artout pour un étranger observateur ; Ivan Egorovitch est un résumé un compendmm exact de ce que pensent, de. ce que croient' de ce que jugent, de ce que veulent, de ce due rêvent plusieurs millions de ses compatriotes. Ivan Egorovitch est russe jusquau bout des ongles, mais un Russe - mauvais, pédant : intransigeant, un Russe pour qui tout ce qui n'est pas russe . est un objet de haine et de mépris, un fanatique de la Sainte Russie ~ il tient à Fepithete, — un panslaviste, non pas seulement dans le sens que tous les Slaves doivent être Russes mais aussi dans celui que tout ce qui est- russe est bien et oùe tout ce qui est bien est russe. Le voilà défini..
— Eh bien, princesse, . commença-t-il, indus allons donc voir ce jeune héros, ce favori de la gloire... à venir, ce chevalier errant redresseur de torts et pourfendeur de -vieilles gibernes! . ■*■
Je sentis de suite dans ces paroles et dans le ton sûr lequel elles étaient prononcées un trait: narquois et perfide décoché
U barbe ''&&£ ««"tenir l'équilibre, j'entrepris iffi^/à »J??V ■ pnn f* fnnenx, une apologie du souverain aliemandbeaucoup trop complète pow n'être p„ exécrable
fSET!i 1 ' m *P*«»le- Vous employer vous-même votre vie à due des méchancetés et à découvrir le ridicule pwSotM'' vous ne me passe* pas la moindre moquerie. cme pmnont ' et . — Pardon, répondis-je, mon cas est fort difiérent du vAtre ■
{t&teïLT™*? 1 * 6 ' ****** °»e impartiale S'Urné plait de découvrir le mal et de m'en amuser, je le fafc rar!
tout ou je le trouve aussi bien en Kussie qtfaifleari rt ££ bien ailleurs qu'en Russie. Et ce n'est pointa, du pé™ imfcme comme vous avez Pair de me le reprocher. Je *£?£££ traire, une optimiste — tout au fond. Ce n'est ra »a> riL que je m'appelle Nadejda. ?■ P " P ° Ur nen
Nous eu revînmes à Guillaume II. Ivan Efforovitch conti- ' ™„ à . me le /«rt maltraiter. Suivant lui - Vt jTdout^ qulï ait pris ses informations ailleurs que dans son liagSon - -
â Revef SnW^r ** F? * b «T fc S ' a ^dSendu .;-'!*' " e f* P as sans ln *enUon ; et s'a se montre en Rns-
lï^-S; °l qUil en , soit > f<«»tinua le prince, ses instincts bel- . *&>?% «t.ses visées ambitieuses ont trouvé à qui parler II
sourdi . je dis « abasourdi ». Il a vu nos soldats manoeuvrer comme on ne .manœuvre qu'en Russie, par un ten^pHpou^ vantable, dans un terrain épouvantable, où tous ses* Poméra-
■c.ïïî." l TÏ U ? ,rt * r "î és €m P êtré * i^qu'â là pointe de leur casque II tfest rendu compte que le Russe est maître ch«
rênouvewffN «T*"^^? *4 W? Cï*?ïï ' NÏÏSSf ^81*, il n'en ressortirait pas en meilleur état que
Outriez t ^ nC °"/ 1? , natllre settle ««»*«« Napoléon.
-££ »^î même naturei rennemi aurait sur îe dos fa plu»
S&. t I e dC ^"Pe, là. Plus, disciplinée, la plus endu-
■'«££*& P - U % P ^f, te à t6n 4 es fes fii«g«î et à tous les sacri-
W ^i S1 4^ tt?UaUme n n ' est W «Wtort, pas. content du tout, et il fart une tête... vous allez voir ça! ' '
i«W^ + m0n i t0Ur ' dis ~î*î de vous accuser de pessimisme... „^f« ,0 J nal u :car P? u . rla Rn»ie, vou* été. d'un optimisme
■£\SÏÏ a / B iîï?i n près "**■ 5 U ' on ap P eUe chauvinisme de Pau- , tre cdté de l'Allemagne. Qui vous donne à supposer que de ces. deux empereurs, l'un veuille la guerre et que l'autre impose la paix? Guillaume. II, je vous^'accorde? est plus daî-
iSîf^i^ A1<SXan< îï e + n i' . lc <l™*l T dans son état & en letliargie, me parait tout à feit rassurant pour la tranquillité de la ménagerie européenne. Mais ce jeune Prussien a donné lui aussi, d'importants rases de naii. Vnn« «te„**, 1- ai.
cours de manu im
*;-> +t**+* M.V1XALU1V partout en vert
que 1 on voit assez souvent pour aue ce n« cnit «** ^*+
SâfreV e ? rea la port ^ es -3K*iè "s oS\3nL
plaire. Remémorez- vous nar rentra i« *. J 1 - " *' C3 ? e ae paix offerts cette ^S^^SS^L^^S^SSàJ:
StoïïffïS W, 8t le f, «»■«— A coîomâux «tre
dans une guerre , .où il a^STont à 3^^^ Ce qu'on peut lui reprocher, jusqu'à présent ^JtSiï&El
VmSL^i K Vri> Sa P**^. » S: se eSt n fuSr d illusions, le bonheur insolent aveu lequel il Jouit rf«£
Z*Z£* ** ? ai8SaDce - Ce s <>°t.de S qnali4 dans Uvit - s ^; un trône... c en sont aussi, pourquoi pas ? *
En ce moment, ily eut un bruissement de roues une vi «on de calèche rapide attelée de deux cheval "blancs Les" empereurs arrivaient. . »«"* . oiancs. Les
« n ?;?^ physiq ^ eS t. n, ? , iî riend ' im P ériaL Guillaume II à ce point de vue pèche à l'excès. Dans l'impie tunique de Général msse.^1 semble un peu moins grelottant m^ïa dern&rë fois que ,e le vis. Mais la figure, soutachée de « laide mous! tache jaune sale, est toujours d'une banalité I attristante C"e^ ce front indécis,. ces yeux fades à fleur de têïe JuidépiaL^
d1ïcr« en i.^ le , SprinCeS *»£*"■ I-'«Pr«sion demeuïe triera!' 1?*^ le mo . a vement à caractère de la ligne "es
atîravlnte irb^Jnif """^ d ^ Cette P^«onomie pTu attrayante Le buste entier manque de coup de pouce C'est
par les gestes que se manifesté l'agitation de l'intérieur • iS
nrî!L P ™ S ^V £ breUX £ raides ^ violents; ton le corps v prend part. La démarche est celle qui est à la m )>£<.h.ÎK Y
nombre d'officiers allemand, et russL" ^tout ohS ceux q°ul ?ranS l pas ea,1CO,iP : la démarche ^ canard £?*££ %■:
Si Guillaume II est un spécimen de banalité AIm-ituI™ ttt en est un de grossièreté: Voulez-vou * vo? ^uu'miuja de 2
S^rnu â%a^uc U h e T aitS ******* i la Chi, au ^
Stoï ÎTfltt JP™'i,™ï *??" rodes > a * m^torisubmerge aans te flux d une barbe drue, à l'ossature fe™.
au torse lourd, auxremuements lents et ennuyé^ 1 ^parole
rab^encnômoIèT^" 1 ^' aUX ffianières —WcSEÏT 1 absence complète d une finesse quelconque dans tonte la ner-
IWniL? *?"* P° urtant noter l'extrême franchise
l'honnêteté du regard; sans que l'œil soit beau, il a une p^I fondeur qui sembîe reposer sur un fond de bonté mystique C est le point attractif du visage; et sous le grosfroSeïa^é
Aussitôt les souverains descendus, le chef des écuries of-
» j - ï ' toois ctevM x et un cocher en robe de velmir* par-dessus le marché. Il s'approcha visiblement ch«mé en
^ a m P n r <^ n ^T, termin ^ Ivai1 E «°rovich médit :
— .Dans la rén-nKliinj* afKi„;. . ^. y -, 1 r v
est
^facile
^/» n + «,ni" — "^V**"*"**™ h avoir au Don sens qu'aux deux
iwJ * ** , dilommes Vils représentent. Si Fui n'en a m? l'autre, au moins, en aura pour deux. ■ P '
é^^feî^n ^ E ?° ravitcl1 : quoique, si le mauvais
Princesse Nàdejda,
PeUrhofy août 1890*