MARCHE FUNÈBRE
Dies irœ y dies ilïa,\ m
pÔLTJ^k rteT i tOD Ame , et Vêts ton Cœ * r d * deuil Four célébrer la mort de toute joie future ■
On a cloué ce soir l'Espoir dans son cercueil.
En vain tu tenterais, ô triste créature,
U essayer un essor vers les ciels d'autrefois :
L effort avorterait, car tout n'est qu'imposture
Pour les désespérés qui n'ont plus de pavois. Ton orgueil a sombré dans la suprême lutte, « ce géant d hier rampe aujourd'hui sans voix.
Or, mortelle est la plaie car lourde fut la chute.
Em * n°? * an A S ' est no ? é ^Pervier du blason, lit le Palais détruit n>st plus qu'une cahute
Ou pour l'éternité pourrira ta raison, puisque sur le pinacle du Temple de. gloire L étendard vert ne flotte plus à l'horizon.
Ton Vœu ne te *era qu'un jouet illusoire,
ht tu 1 immoleras, victimaire hébété,
A ta douleur, ainsi qu'un bouc expiatoire.
Si pour calmer la soif de ton cœur irrité Tu voulais vendanger parmi la Vigne Sainte, Les meilleurs fruits perdraient toute sapidité.
Ne compte point non plus retrouver dans l'enceinte
JJe tes -jours révolus une rédemption,
Car ton passé fané qui s'endort hors d'atteinte
Ne saurait obéir à l'évocation,
Et les bons souvenirs comme un peu de fumée
!> envoleraient narguant toute imprécation.
Par la nuit violette et d'étoiles iainée Vert le Sphinx éternel tu lèveras les bras.
Implorant le secret de sa bouche fermée.
L impitoyable Sphinx ne te répondra pas, lit ta continueras ta course aventureuse j Sans retrouver jamais le chemin 4e Damas.
Par les noirs carrefours/ ta chimère boiteuse ,
Ainsi qu un chien lépreux ira clopin-clopant, Mordue à chaque pas, par la raison railleuse. *
Tu la suivras de loin, au ras des murs rampant tt quand tu l'auras vue en un ruisseau de fanée Se tordre dans les plis du ténébreux serpent,
Tu fen retourneras, dans l'hébétude étrange
De te trouver pareil au puéril pantin
Qui n'a cure de rien pourvu qu'il boive et mange.
Pour accomplir jusques au bout ton dur destin, lu t assiéras alors sous le porche dû Temple Où viennent les élus prier chaque marin.
Mais nulle voix d'en haut n'ordonnera : Contemple f
n «5 a *"*** P^ s > Ployant les deux genoux, lies ndeles courbés suivre le bon exemple.
Au fond de l'abside où l'ombre creuse des trous A travers un éclat fabuleux de miracle, '
Fulgureront pourtant, dans un courroux d'ors roux,
Lès portes saintes du céleste Tabernacle. - Mais leurs rayons sacrés te convieront en vain A te soumettre aux lois que prescrit le Pentacle.
Et tandis que les Bons s'abreuveront du vin Du vin doux et fameux de l'unique Calice; Pour s ejouir dans les splendeurs de l'Art divin,
Tu mourras lentement et d'un très long supplice Dans le regret de n'avoir pu franchir le seuil. Pour t'être libéré trop tôt du dur cilice.
Laisse pleurer ton Ame et vêts ton cœur de "deuil.
Jean Gourt.
35» MERCVRE DJE FJlANCE