LES PERDRIX
Comme à l'ordinaire, monsieur Lepic vida sur la table sa carnassière Elle contenait deux perdrix. Grand frère . f.élix les inscrivit sur une ardoise pendue au mur. C'était sa fonction. Chacun des enfants avait la sienne. Sœur
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Ernèstine dépouillait et plumait le gibier. Quant à Poil-de*» Carotte, il était spécialement chargé d*acherer les pièces blessées. Il devait ce privilège à la dureté bien connue de son.cceursec; Les deux perdrix s'agitèrent, remuèrent le col,
— Qu'est-ce que tu attends pour les tuer? dît ma* dame Lepic. ' . *
— Maiiùan, répondit Poil-de-Carotte, j'aimerais autant lès marquer sur .['ardoise à mon tour.
' r-f". L'ardoise -est, trop haute pour. toi.
— Alors, j'aimerais autant les plumer.
— - Ce n'est pas l'affaire des hommes.
Poil-dè-Càrottè prit les deux pPerdrix. On lui donna
obligeamment lés indications ..d'usage.-:
— Serre-les là, tu sais bien, au cou, à rebrousse plume^ Une pièce, dans chaque main, derrière son dos T U commença. .
— Deux à la fois, mâtin! dit monsieur Lepic.
— C'est pour aller plus vite. ....■-'•■
■■.-—Ne- fais donc pas ta sensitive, dit madame Lepic; en dedans, tu jouis. .'..''•.:,
Les perdrix se défendirent, co ri vulsives, et, les ailes bat** tantes, éparpillèrent leurs plumes. Jamais elles ne Voudraient mourir. Il eût plus aisément étranglé un de ses camarades, avec une poignée de main. Il les mit entre ses deux genoux, pour les contenir, et, tantôt rouge, tantôt blanc, en sueur, là tête haute afin de ne rien voir, serra plus fort, . Elles s'obstinaient. Pris de la rage d'en finir, il lés saisit par les pattes et leur cogna la tète sur le bout son soulier* .rr~ Oh! le bourreau f le bourreau.! s'écrièrent grand frère Félix et, soeur Erhestine.
-^ Le fait est <ju*il'- quintèssenéie, dit maxime Lepic . souvent portée sur le. bien-parler ; les pauvres bêtes f Je ne voudrais pas être à leur place, entre ses griffés. Monsieur Lepic, un vieux chasseur cependant, sortit, ■ .écœuré',' '*
— : Voilà ! dit Poil-de-Carotte, en:, jetant les perdrix mortes sur là table.
Madame Lepic' les tourna, les retourna. Des petits crânes brisés du sang coulait, un peu dé cervelle. . ' — Il était temps de les lui arracher, dit-elle. Est-ce assez cochonné ? ! . ■ . .
. GrandfrèreFélixetso&urErnestlnedïrentàvecensemble:
-—• C'est positif qu'il ne les-a pas «c réussies > comme les autres fois;
- Jules JRenàki».
î5« MERCVRE DE FRANCE