‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 129 sur 168 · CURIOSITÉS LITTÉRAIRES · texte numérisé non relu

CURIOSITÉS LITTÉRAIRES

Le Chevaue* Maurice du Plessys de Lynàn

Si iv,,™ a >l .. , ia P ure raaiance.

inédi e rn sa nh ? eVah ^ Mauri< * du Plès *y s es* encore ineoite (ij, sa physionomie tout» . n ^;..i . » ï

inédite ^i i, «u 7- . ildunc ^ au flessys est encore

Paulûs ligue SeTT* W Spécia,e ' ses alIures «•

d.ujîî'n ^'aujourd'hui ne ressemble guère à celle

braineriirV?m a nt- 0mpm J enfîn le *M«S toutes ces duïïntun iemf°- qUeS ' de Ces cris Révélés dont, ™ v™ demi -* ie cle, a retenti la Littérature XJn boète

se™ une Tarbe e" ïchfrf ^f ° - S : dC f ° ri P eauX cras ~

réservée, es ne Sont

ditïrs^cS^ /cL P t arU ■?*">»«*» « ** périodiques

peut-être, témoCeSSls dYVT? V* toUS ant " s ' Poète. ""«neraieat-ns de l'absolue correction du

OCTOBRE i8*> -

point incompatibles avec le renom de poète. C'est même cbez^uxV propos de la vestïture élégante, u M emulatmn louable Ils lancent des modes; S ont une

™£?%?ï mOU i l **' , et Ceux '*" ne veulen « Point -W SSL* J £ ? eVelur f. e » av vent la soie d'huile, odo-

v^teTp^te^pr 8e ? an ° Uir ' * ÎIS si ^^- «er-

couture quoi

Ail Zù- 1- — V, " aveuesse oeitcate. Il n'a cure

t? r °^ eCt W , d autres , W> comme Caaals séduit.^" 13«^ ?£ g £ 3 a W les Ç 11 * 8 a ba8 9°* 9 «*les pantî!

n 7 V * ? Ain P ,eur >» e* « continue l'exhibition de maillots censé et de justaucorps succulents, où chante toute la gamme des rouges anémiés, des bleus attendri,! des jaunes qui s'exaltent. . " - »

Il scandalise ainsi, d'un Carnaval pérennel, les cénacles 'iSS P ^ Urtant d " manteaux espagnols'.de LaureS Tailhade, des complets chiliens d/jeVn Moréas et des gilets empiastrés de M. Dujardin.

« Sj^'pS^* ■!* pérTUque etl ' épéè de L --«. ; :

Peut-être qne voilà dés Temps, je fus Mozart, Je me sens des velours de Maître de Chapelle Et .bien que mon, gilet ait quitté »e$ dentelles, J ai. le mépris de tels jabots niches sans art :

Sans douteque voilà des Temps, ma tabatière . g adornait de que d'ors en bosse relevés,

n £?? do,gt »;™P le '*>* sommeillaient dé calmes pierres Il fut le pur dépositaire des Avesl. V P leTTes i

Il donne l'illusion dun contemporain de M. de

'ÏE n î sattard? P*"™ notre civilisation d'ingénieurs; Un

calculateur le fait sourire, et il s'étonne de n'être point

pensionné de quelque cassette royale. Riche, son unique

soin serait d une dentelle à tuyauter, d'une nuance dC

î£ vf re , Va i° ,r ' d un . 6 * lmië à é P icer , et de quel cru constituer le bouquet définitif de son menu. Pourï'heBre

noyant point d'écu, à: dépenser dans les hostellerietli et à lefl« aV1Ser ^i 111 " d ' inedit es recette, cuivres S!JLv *"*" en garde contre lés rôtisseurs dont les rôS^ ^ 18 r At I e P 0Bl «*« inconsidérément dïf«bl ^ d? tmffea sanà Rentier discernement

r*t ■ 4 .i.i^ ^-— ■ ^ — ., »■ — ^'J-^i -— — —- — ■■ -%— ,— ■ — — pi, ■ — -—H — I ■ —

Je me -suis étendu sur l'homme pour expliquer le poète, léger d'autant. II rfa pas les orgueils plébéiens d'aujourd'hui. 11 n"a garde, en ses vers, de pontifier. D'aucuns se fout, esthètes de rencontre, avec quelques ri mailleriez laborieuses, une cathèdre d'où secouer les éclats tonitruants d'une y oîx d'Isaïe, . Ils vaticinent, ils prophétisent. Ils se révent laurés. de palmes sûr fond bleu, por- . té* en scapulaires, avec, en papier doré,' une auréole. Ils se proclament gravement, à la brasserie, la langue empêchée de. .trop d'alcool, les Elus de Dieu, pour des fins, mystérieuses. Notre Chevalier, pour faire des vers et des . meilleurs, ne cherche point à nous en imposer La Littérature est pour lui, suivant l'expression de Tàilhade, une bague au doigt. Il s'en pare comme d'un joyau, .sans plus, et seulement parce que cela complète l'idée qu'il se îait'cTun galant homme, il serai tj effectivement, fâcheux qu'un monsieur en quête de foutes les distinctions n'eût point la ressource de faire des vers. Certes,, il prise fort un vers élégant, non davantage, toutefois, qu'un geste gracieux, et s'il abhorre une épithète incolore et vulgaire, il déteste au même titre un salut gauche ou ne s'observent point de subtiles nuances/

Finesse, élégance : ainsi se caractérise son talent. Ce n'est point un poète de lieux communs, un grand poète, un de ceux où le vulgaire s'alimente et qu'il vénère; c'est, à proprement parler, une délicieuse façon de poète . d'anthologie, un de ces poctce minores qui font le régal des lettrés délicats, un décadent, pour tout dire, si on laisse à ce mot merveilleux toute la suggestion de ses ors mourants et de ses pourpès occidentales, ou,loin! quelles silhouettes byzantines et qui s'effacent de dômes violet* !

Il procède surtout de Verlaine, du Verlaine des Fêtes Gâtantes et des Romances sans* paroles* Il en a le tour languide et toute l'élégante corruption, et .c'est dans le sens indiqué parle Maître qu'il innove. Il ne s'en détache que par le mépris de la rime, qu'il néglige à dessein. D'ailleurs, il sVn tient à l'assonance le plus souvent. Pour que sa strophe soit ; envolée davantage, il procède par ellipses. À chaque instant, chez lui, la phrase s'interrompt, inter- . jectionnelle, se suspend d\un tour exclamatif. Il s'attache à tous ces menus détails de la forme, persuadé qu'un vers bien écrit est un vers bien pensé, et qu'une épithète rare : contient une idée neuve. C'est faire comprendre qu'il est exclusivement plastique. Il est peintre davantage encore' que poète, et c'est son geste d'écarter tout à coup les

brumes ambiantes pour, sur Hieure, fixer le soleil d W vision; a preuve cette ' u dune

Frivole

Comme un faisceau dé branches blanches le jH m ». £est un Monf Blanc qù* fait valofr if ^rllu^^ «ççitite un peu de la joue âpre aux li*n« wii^ a Et les cunrres du col a'ux chaleurs di Tr^™*'

tIZL*?* 16 d:é P ar P iIl « <î'^. doigt migabh: Toute la nuque en vrilles d'or de foUéflaînes Récopçrf.e, avec la grâce des baleines, '

Les se.ns surpris d'être si p roches compagnons.,

fc fc C ! Q 6 f ur Mi,UM une bouche minaudière Et de trois-quarts, elle ne veut de la -frivole

. ^^^- Sf fe«*tjf 'fer» -•"

sans-rire et quasi jovial: : ^ différent, pmce

Que tête à claqués, très haut sur col eu fer blanc Le plastron boréal et l'oeillet au revers ' " ' . Mon ci e à l'oeil dardé d'un traît étincelant ' "

. H martyrise un* barbiche en fil de .fer, '

S tt ^i e i POU l Sif ?V Wo ° nant et ahanhant, . Rvocahse, front lyrique, vers les nues.

Et tonoed n'arde plus que. pour ce seul S? '

TVnî ^l^ 1 ** so ?*> a««i; garces ! et provocantes!

L'autre à l'ombreux velours de*, cils de odaiorr* .». Le jersey juste ébauche un. buste pauvre^hair ^' - Le monocle du vieux monsiéufest jilus lui«nt »

L a "L J k?i qne ■??* V abat "J 0,ïr <* lm *> l'indomptable La saoule soif de leurs seins murs et d'y téter! '

? fe MERCVRE DE FRANCE

'- C'est l'angoisse d'un cœur saccrat ««..^ + rt le repos et Pi mage de là chere^fri^Y 8 * "^ Ve " El que s'allume, tel un front de bonne fée !

Le front d Ursule et se, doux doigts de bonne fée ! tïn frot V t é ;i S bL ma d ° nleUr % d ' nn ùoai ^ femme, D « vos «Uugts bons sur ce vie^^

^!r^r nï,eS - é, -co.i q «„ ve„ pour «ne A«,

K veLS" ™" C ^ rles y^ «l«i 1W aimé r . .

Puisque deux yeux charmants un' estent i!?oït«îmé f

rar^1S c C ?oL de iî en< ! reSSe S ° nt P ° Ur tout di « »»« nWW hK'- i eS,,, ? e avec "**»«• W* la Poésie

N'aspire plus aux ciels rêvés qui s'ouvriront Et Té n cLf D ?*' immé4îat et Proche aSnge -

suit les voluptés excessives ÏÏÏ.T! ^.^««reiiient qui blés de fluide nervïux Au iJZl^î 1 * 1011 ? 00 ™" 1 *^ exaspérée là névrosé w^t mM " ^v"^ 13 où s ' èst tions^éconn^e^t à^.. 4 ~ bo ™'' ^Z

Il°m a d ^ S la r ÎC nn T°y a « eur 1«i Passe un bois

On* u E te aysln ^ de r ° r &" »• ceinture" Que le malheur te. soit le lest et non le prias!

Je voudrais pouvoir citer d'autres Merveilles, mais

OCTOBRE 1890 Jél

je dois, à mon grand regret, me restreiiidte. Je ne oui. que signaler, parmi les poèmes que j'ai sous les vE^

rtttpn de Mallarme et V Impromptu pour orgue et Me de Ghil égalent l'intens té de musioue cette A««X^£.vff

SELf ^ * clamatwn : 5 Cela est beau comme du So! l*ï?A *' ^* s ?* out «* redoutables Vers pourmhSsard décadent, l* chose de cet ordre, je l'atteste Ha ohL. forte depuis Laclos, Ou ne «ait quoi Ve plus y *ifflffi

même

reluï^u^^

SE litre' « n^™"/ 01llU con . desce n^ à 1« unifier

celui d^r.Zl r F? ^ ENT »» 1 U1 e8t e « même temps

tendances o^i m,I î aire ° Ù * ■*■***"*•* tontes seV renaances ou se résume tout son tempérament Ce

sonnet, précieux surtout à ce titre, tel se moduTe: ' '

D*nffîi ' *Hi Pa i a'une minceur un peu qui ploie Dans le. brouillard de perles fines des pelouses Il est le spectre de sou coeur,; tout soie et joie 1 J'ai peur un peu de tant de bouches à sa bCse...

ïî ^ i S °^ d ! ^ en de rien: lé 8«r autant I V Il est le ciel du papillon qui pose et part - Et son «il sauf, rien ue l'émeut, ne l'accaparé • Ni le beau ciel, ni la tristesse dû printempsT'

Etre l'Hercule de puériles Néinées »

V* -JSS^- de ton i°? ra œ*n»es mièvres conquêtes ! . Et parfois sur son cœur passe un yent de Aainées; Le soleil est allé tomber loin de Palmyre

Voie, venir la nuit riche des. seules Fêtes.

...Àh! quy voudrait! ah! qu'il voudrait! dormir! dormîrl

auîi^v* P° ur cl ° re dignement ces notules^ où nulle autre ambition que d'avoir voulu signaler à l'attention 1 un des plus ductiles poètes de ce temps-ci. attenfaon

Ernest Raynaud.

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