‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 14 sur 168 · POUR L'INGÉNUE · texte numérisé non relu

POUR L'INGÉNUE

Vois-tu ! la vie a de si hasardeux chemins Qu'un vieil explorateur dé sa géographie, . Malgré tout son. savoir, jamais ne. s'y confie Sans craindre les périls d'imprévus lendemains.

Et n'es-tu pas l'enfant rieuse et délicate, Faîte pour voyager en. des pays jolis, Ou le sol sablonneux et blond comme ta natte Serait plus doux que le duvet des bengalis ?

Regarde... \J>i le corps tout sillonne de plaies, Ainsi qu'un champ qui saignerait aux coups des socs, , — : Et pour les rafraîchir, à' la base dès. rocs " ' • La mer m'offrit les flots amers des sombres baies !./

Mais toi, ne t'en va pas t'exposer au danger De te meurtrir les flancs de pareilles blessures ! Viens... Je te porterai comme un fardeau léger A travers tout, liée à moi par tes. mains pures.

J'irai du pas prudent des pieds martyrisés... - . Et comme j'aurai seul le souci du voyage, Tu lèveras les yeux Vers quelque beau nuage, Quand je n'y mettrai pas un voile de baisers.

Julien tECLERCQ

Page 1