ÉPAVE
Pour Louis Denis
Au premier soir de leur, voyage aventureux, Les galions chargés, de nos espoirs en faste Furent, sans lutte, le jouet dWvert néfaste,' ■ .: Et rOcéan d'oubli s est refermé sur eux. '
Ils dorment ignorés sous leur linceul de vagues, . Et dans leurs flancs, qu'illuminèrent des trésors, Cest désormais la nuit, où. blêmissent lés ors Monstrueux de grands yèûx dardant les terreurs vagues.
L'heure vient, fatidique, où ne restera plas {L'eau s'acharnant sains haine à son ceuvre ipfaniante) Que des débris sans nom jetés par la tourmente Au rythme indifierent des flux et des reflux.
Mais, avant, quelque jour d'ouragan, dans les sables Nus au milieu des flots bé ant s ,' apparaîtront,. Achevant de mourir de leur. obscur affront, Les Gloires qu'on rêyà naguère impérissables! . ■ -'■
Edouard Dubus