LE PRIX DE LA VACHE
boF U Se S "S HoS ^ S ° Upe ^ aIée > P™ *
décida qu'il ira S * P 2^ il I^SÏ^J^T't 1 ^ 1 ' jureux. Couchée depuis deux fo^ ^ ° U h f n le COn dans la bedaine don? S l'avaft Si™ 1 re . nf ^ ceme »t emplissait la ferme ; dés7n^- Cn r *° lant ' elle
n'éfait pas ça ^^V^rSTS^L^ *"«»
des Dimanches, une blouse .JZ 1 ^ Se bIue
II dépassa les trois maisons du hameau ** é>*„ sur la route large et blanche IS / °^ K tombant d'été, bordée de P ote aux tSét V * le ^^ peupliers, de 4s de é«Il^ P ^biSK3Sï2 ïî ° savait trop d'ailleurs s'il ne choisit ^TSÊ^? • et tout en tapant son bâton, à chaque pas de ses t™ souliers a; clous, déjà gris dé poussiïre, ï se rjpréîej! tait, en sa ladrerie paysanne ane« ( .Wis. represenaussi lohg et que çï/y coûteVÏSVen îno ns!» "^ *"
Il marcha un quart d'heure sur cette pensée et s'arrêta pour vider sa p ipe éteinte. Au devant de lui venït un
— Te via allai, mait' Bernaqùe *
~ Me v'ià allai, répéta l'homme ! . Et té ? Te Vli allai itou, maif Honoré ? *" le vlà
V Me v'Ià allai!... ' ,
la ïête* imZî,n^ eaU ' s ; é P on & ea le front et considéra la bete immobilisée par le travers du chemin, tirant la
corde vers le talus herbeux! Il s'approcha et lui frappa sur la croupe/ Comme Mail* Bernaque allait s'éloigner sans autre bonsoir:
— Alô, mé> me vlà. allai î^.'Ouél mé v*là allai jusqu'à Etainhu L. Pour qu'ri une pioc !.. La mienne a cassé net comme un carreau qU^ont y fout une pierre !.., Ç'est-y ; pas foutant !... Et faut même que j 'dise un mot au docteu pour ma garce de femme qui. geint toute la sainte ; journée Î
— Qui qu'elle a^ ta femme? demanda maif Bernaque, croisant ses deux mains sur son bâton,
— Elle a que j'crais ben qu'é. va crevai, pardi! VÎà c* qu'elle a! :
Et se rapprochant, tendant le cou, la voix plus basse et larmoyante :
— Et c'est ben du malhéu pour mé! Car ça s'ra d'iargent d'foùtu !... E dit qu'é s*a cognai l'yent' {,.. On crève pas pour s'ète cognai l'venf , pas vrai? . Mais c'est si. douillaiî... Et si ï\ médecin y vient cheu nous et pi qu'i faille qneuqùe drogue, on sait beu c'que ça coûte !,.»
Maif Bernaque balançait le chef sans répondre, sa face madrée, entre les plaques grisonnantes de ses favoris, affectant un air de componction. Loutre se retournai vers la bête.
; — : Alô, c'est a té, la vaqué? ■? ,!■ ' ■
* .■ — C'est à. mé î. î-/."-. \ -■ ■ ■' ' — C'est-y celle que t'as ach'taî à la foué d r Bolbec ? .
-.•^ A la foué d* Bolbec, ben sûrî : — C'est une belle vaque L.. On n'a trop rien à dî !
Ben ; sûrî Une belle vaque l* .*j\ms point été trop
volai!... .*■■..■-.<" ' !;' ■ • ; ' ' .
— Oh ! pour une belle vaque, c'est une belle vaque I Mais combçn qu' tu Vas payàie ?
Maif Bernaque devint défiant, flairant un acheteur.
— J' l'ons payaie cent écusl..,. Cent; écus d* cent
• sous !..; \", : ■■.'.-." ./ ... ■ 1
■ ',r- Cent éçus d' troué francs, voyons !
■''— Non ï\ cent écus d* cent sous 1 . , ., — C'est ché L., /.' \ '
■ — C'est une. belle vaque, mon garçon ! Qui qu'en dirais? ; /-.' ./
. —7 Ben sûr! Ben sûr !. Mais cent écus, c'est cent écus ! Ça n*se trouve point comme ça, au joù d'ojord'hûi !... .
Mait v Bernaque tira la corde. *
, — -A r'voué, maif Honoré î : , — ' A. r'ypué, ,mait\ Bernaque ! ,. -
398 MERCVRE DE PRAKCE
mS™*^-* 6 ^t en marche de son côté, tapant son bâton. Mais après un moment : "j.mpam son
— Mait' Bernaque ?
— Qui' qu'tu dis ?
„ a S" Au'tu veux t'y ni la vend', ta vaque?
Mait Bernaque ralentit le pas et se consulta ■
— i en donn t'y cent vingt écus ? '
de mo^ , ?" VinSt éCUS ! MàIheU l - " ; Ç' est 3^ Po« te fouf
~ Ah! j' couyonnpns point ! C'est V dérniai prix!
— Tu yeux t'y soixante écus ? P
— Cent vingt écus sonnants '
po7trenteS trenteéCU3 S °" nantS *■'" , Ms an P a P iai
: Le ^ om P«« seco A ^ T 'a tête et tourna les talons. .
— A rvoue, maît 1 Honoré !
—. A r'voué, maît' Bernaque! r
Puis, regardant la vache s'éloigner •
— Tu veux t'y septante écus?
— J* veux point d* papiail
— A r'voué, alô !... ''*".•'■'.
JJais l'autre dut avoir une idée, car il s'arrêta encbre • m«£» H ou moise ses petits yeux pétillants, il regarda' mai? Honore, rebourrant sa pipe, noire *
— Ecoute, fit-il ! T'as envie de la vaque, pas vrai ?
— J d ls point non !... Mais j'ai point tant d'argent I
T>™J, r^T P3S b f^ in < r W nt U Et si. t'étais pas si.. pressai, j te proposais queuque chose ' .
— Ben ! j' sons point pressai !...
cre7ai P ? **' ** ^ ^ P d ° CteU et >' *» ferilme *»
— A crev'ra ben sans moné I
— Ben sûr! Beh sûr 1. Et r.med'chTd' Paris n' l'embâcléT n POmt aUand V malhe » arrive,, c'est bentôt
— A1Ô, qui qu' tu veux in' proposai?...
— hh ben ! prqu' t'es point pressai...
11 hésita.
. ■ — Pi qu' t'es point pressai, j' te parie ma vaque que tu maque pas c' gros tas d' bouse qu'est là au ihiieu !..
— J* mâqu'rais point 1' tas d' bouse pour avoué la vaque r '.*.'■
— Non, tu T mâqu'rais point ! ■
— C'est-y pour te fouf de moue, màît ? Bernaque ?
— Je m fous point d r té ! Parie un peu, pour voué »
NOVJBMBRE i8*>
— Tu donn' t'y ta parole oné « »' ™aa : i d' botise, tu m' donntrasïa vaqu?? J *"' le - tM .
^ P 4onnema parole devant P bon Dieu f Et su 1memouere de défunt Nicolas Bernaque mon ™h a qu'est au ciel, 1' pov ' cher hoS' fT~ ^^ **» j' suis Prouspé Be^aque, natif de f sï iSîT'^ «F
laVaqtej' ** ^ * ^ H °*°* se «cA^JW
Il remit sa pipe dans sa poche retïr» ««„ -i. posa son bâton. Maîf BertWS'-£SSJ«U cha P eau J et ' kilométrique, et la vache, aScnle?turnSt VerX f ^
noré s agenouilla et se mit à marrer brav^ml^i I ï^7 se couchait en une splendeur roSsTe^S^Iw^ mer frémissante des éDis Tii^n+At m «' » dor la
route les ombres des SS ^T"' ! Uon 8reaït sur la
se levaient par instants etCo? Sen ou L™* ? U 5 °*' S^blanc, qui :.«. 1 J^ff rK .
— C e f* Point dans l'.œlrchaiî... """
z-," - * a ' ■ '^ st "wjrai î.i. C'est point dam l» ™„- i. • ■
■«SLîSÏÏ SSSÎtiS 5 »«£,&-»*
Z a if! 1 / cîlez LllC]i aux acacias '
dans ^^^^^^{^utpisl C'est point ï :
dttl C ' est ben > aiô J - Mais, cré bon Dieu, t'as P cœur / La ^ ese fr àppales cuisses: :
^SonorVÏ reiffa 6 / 3 ^ TW ^ ™^
disparaître h SfiSl^" ^^ «vit
-ment, nn morSau TencSS 51 'Sffi PU,S ' ^^ quette. ^ ■ t ' ore > eï se gratta sous sa cas-
- Tu voué, fi^l, essayant de l'influencer, on te l'a :
choisie ben fraîche et ben appétissante I D'iV; «- dirait comme ça qu' c'est d' l'Vseille et un fth mïLt d epmards ! Oué Wrai de vrail Ç a doit avoir u* goût d epmards !,.. Tu pourras dire que t'en as une foue au moins dans ta yie !.. El y a Pas à dî i qu' tu soiyes foutrement cochon ' * ?
Mais il avait beau parler et le vent couvrir de poudre I immense tartine, maît' Honoré l'engloutissait r a w bait peu à peu, d'un effort machinal f t coSu Néîn" moins, H dut s'asseoir, le cul dans la pZsière II s essuya la bouche d'un revers de main et couSpîa £
— Merde! fit -il, j* peux plus U
— AIo, cria maît' Bernaque triomphant, tu Vnonces ? ben-eipére 5 , 1 ? 01111 dlt ^ ^ ^ P^du > Tu^en*
— Pi qu-' tu peux plus ?
m ^ **?* P1US à - C ' *' heureî P ^' ce <l«e Ça m' tourne ça m eblouel j' pourrai su l' tantôt!... L'^màrchai n' ÎSÎÎàS qu'on doit tout mâquer d'une foué !. PQ
Mais Bernaque ne riait plus. Il répéta:
— I as perduj mon fi 1 T'as perdu '
ET Dris'dw/p 111 PCrd " ! i' onsfa * la moitié du pari! m pris d une colère, se ramassant ; ■
4»«7 ♦ °" S fait la ""«V*» 41 ° uéI la moitié J Et p't-ête plus ! J ons toujou gagnai la moitié d' la vaque ! P
— lu peux point en emporter la moitié?... :
— On peut la vend', maît 1 Bernaque ! Oii peut la vend' Pi qu a ( moi tie m'appartient!,.:]' plaidro.ns plutôt ™
Ils s étaient plantés l'un devant l'autre et gueulaient fe"S ' H obst h r s - ^ soleil était descendu? ont S Sur la gloire des blés s'epandait une haute, routeur nar le cieUalnje; et leurs deux ombres gesticniantesfgrote" ques, avec les blouses envolées, silhouettaient dés mannequins dans cette paix du crépuscule, ameutant de cris'
U ™ * k v f? ues P ar ban <les vers les peupliers. Quand " Entb ^le un moment, parlant à la fois, nez cond'?,n ,,'J sachant des injures, Maît' Bernaque essaya a un accommodement. ■■■••.■ ■.
■ .— En . fin ^ on .s arrangera, fit-il! On s'arrangera! J'paie- Snhu? C S Ct PlS ^ ^° Utte '•' TU P e ^Pl^ aller .
la v^fuTî ^ Beasùr! Mais ™ PM d' cidre^ c'est point • — iJô, faut qii' tu terminés!
Mait' Honoré considéra ce qui restait de la bouse. ..
— C'est pas ça! "j* voulons plus, à c'4'hëurel . — C'est qù* tas perdu, pardi 1
■ — ■ Non ! j ai point perdu ! Mais j> serai arrangeant itou» lu ma<i ras 1 restant et y aura rien d'fait !.„
Maît' Bernaque sentit sa fureur tomber. ïl réfléchit en se tenant le menton qu'il valait mieux céder; et pensa que la bete lui restait, qu'il ne déboursait pas dWent Maif Honoré, aussi têtu, n'en démordrait point. Il s^en tirait encorea bon compte... .
— Eh ben ! ça va, fit-il ! On aura ben rigolé tout de
même I. ■ ■ .*=»
A son, tour il, s'agenouilla, et finit le tas.
; Charles Merki:
« S-IX'Ï INË i
A* LC *T*' n des Cqeui *> ,e roma " des âmes, le roman f? TOî ^!r, r0mah de toutes 'es sensibilités : -àp£ Sort S * ' e rr n d ? s es P" ts - > Ainsi formule^ effort htt.ratre le héros de ce livre d'où se. dégage un
« la ster.le ana y8e d'une nature plus ou moins molle résonnant peuplement les chocs dès ambiances sur son système nerveux, mais la minutieuse étude d'une vie e±clu S , V ement Cérébrale, chez un jeune homme, Hubert d Entragues, dont là brillante activité s'est localisée dans le crâne. E.» vanté, est-ce vivre que ne >se sentir Wre quenfuce de telle ou telle extérieure ? Hubert, lui est « une aine qu, veut, une âme quisaitl'inutilitéde vouloir
rm-î "* % • r "* garde k 1Utte dB<dwX ^ tres «*'" rédigé Uliade *. Néanmoins, d'une curiosité toute littéraire dï-
bord, une passion surgit, indéniable, encore que prisonnière du rêve et. à ce point absorbée par lui £ell 7e se réalisera pas. x .
«SS—' f ** * ?* ^T * : inte % e nte, égoïste ëtvaine, dTLnÏÏf ° leSOrabr ! d un -ai— i«— mystèfe, elle attend ■ vLi^ S ° n , ennU - m ° ndain et rési S^ q^ quelqu'un . vienne h prendre sans qu'elle ait, marionnette exquise
et sans ama, besom de se donner. Or, comme les choses acq ulèr e atuniVa , eur . d . autaûtplui ^^ ^ ^ .
«n'H°K rf'r CSt PIUS P nissant « « arrivé que l'idée qu Hubert d Entragues se fait de Sixtine finit W le dominer W,«me. Car il le constata un jour, en un invoontaire appel de luxure : « lès idées que l'on évoque volonta,rementet de propos délibéré finissent par acquérir de mauvaises h .bitudes et par s'évoquer toutes seules. •» Hubert comprend alors qu'il n'a qu'un moyen de se reprendre en sa souveraine intégrité première, c'est de posséder ■S.stine. « J'aurais dû- destiner cette femme au rôle
: NOYEMBRB «890 «*
pur d'urie B&fcricé wniptéë d« JWre chanwilé — mais elle n aunut pas compris, él.»t femme. » Lé* ?«« mot* embrasser et comprendre ont eiactemewt le mt ml sens a des pkn. différents, te. philosopha de p££sion ^regarde* pas assez aux profoùde« ra dS Il feut donc qu Hubert embrasse pour que Sixti,,,.^^ Prenne :« Car la fin d^nftfe intelligente ce âît S de coucher avec, la princesse de Trébïzbnde, m*. *£ ^^/, ? « f r ^- w ^ en ses taotife d'action pardwJWte ou par des gestes. L'écriture est ; révélatrice de l'acte^ teneur, > Pourquoi donc Hubert n'a-t-il W Siitine * pourquoi faufil pour la prendre la banale pré^tu^n quelconque dramaturge ? C'est que la pratique aWe^ bues ft Ue i? nd lh * m Z' f Qhabi,c "^oLce. "ppoï
Ma,s de cet orgueil même naît 1* consolation eîl« J vamespeusées deviendront fécondes an pVemîTr wï! d'un catholicisme .^ trop loin, hélàs ^0^^ ThS
lWbie S ^^ m P°- ^^«ï- serrée.des inutlL p^
3fe l V °r it - d6S J > rdins froia8 > <»« arbre, dé- : . pouxlles de leurs illusions: ppuvait.il d'un re«ird rt
SÏÏSt r^-S^' ^ arbreS ? *». «Sn t "a q^n^^tude dé sou puissance, immense ac-
Maintenant, s'il faut parler de l'ordonnance "rtii.V forme de l'œuvre, il codent de sSe^S>rd cil* captivante et belle .singularité : un fandide/wriaueTt lumineux symbole, « ZMA,W *, transpoST un échelon supérieur de la série des idées le^nïm. tnè™ J amour ^possible et lui" donnant, sanxaoSéï double xntensité et une portée plus clàiréS'^* Rare auss, ce style de théologien, fduillenr et f3' Plem d images subtiles et - stimulant la pensée »£ fo^ntaxnè,, que Rem r de Gourmont wJSSi'd prunte aux cléricales latinités dans Pétude desquels °n .se çompla,t ; un sty I e affectant envers le simpie S t ? n l
^ulte^deSK^^lS;^ dft pant un dialogue, une yJ^o^ i^'^
MÉRÇVRE DE FRANCE
mulant I amere-vceu secret- de ce qui ne doit pas arriver une vis.on elo.gnée, certes, de la phrase tout à l'heure prononcée et qui pourtant, cela se sent, ne pouvait pas ne pas surg,r au choc de tel mot; ou bien s'écrit au feu du des.r conscient une page qu'on dirait oubliée dans le Canttfuc des Cantiques :: « Ensemble, nos âmes ont tressa.lh au retour de la clarté primordiale ; lès midis ne nous ont pas aveuglés; car nous avons dormi pendant la chaleur du jour, à l'ombre de notre amour: nos ten! dresses, comme des ailes, nous éventaient; et la fraîcheur de nos respirations vaporisait des parfums »
tin! n ^fii fai ! a ^- ta P. isserie ^u groupe d'Hubert et de Sixfane, défilent d iromques silhouettes où s'exerça la verve du conteur des « Proses moroses ». Tel se présente en
que Remyde Gourmont vient de publier chez Savine. A cote de V «Albert » suicidé par Louis Dumur, quet qu un pouvait bien dire sans doute , «, Je ne méprise pt la vie : elle est indifférente, elle est l'état conditionnel du rêve et voilà tout >. C'est déjà ça; nQ "">nneI du
Louis Denise.