‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 16 sur 168 · VINCENT VAN GOGH · texte numérisé non relu

VINCENT VAN GOGH

Et voilà -que, tout à coup, dès la rentrée' dans l'ignoble tohubohu boueux de. la rue, saie et de la laide vie réelle, éparpillées, chantèrent, malgré moi, ces bribes de vers en ma mémoire:

L'enivrante monotonie ' ^

Du métal, du marbré, et de l'eau...:

Et tout, même la couleur noire, * Semblait fourbi, clair, irisé; / .

Le liquide enchâssait sa gloire

Dans le rayon cristallisé

Et des cataractes pesantes Comme dés rideaux dé cristal Se suspendaient, éblouissantes, À des murailles de métal....

. Sous des ciels, iàntôt taillés dans l'éblouisse nient des saphirs Ou des turquoises, tantôt pétris de je ne sais quels sour fres infernaux,, chauds, délétères et aveuglants; sous dès ciels pareils à des coulées de métaux et de cristaux en fusion, où, : parfois, s'étalent, irradiés, de torridës disques solaires; sous . l'incessant et formidable ruissellement de toutes les lumières possibles ; dans des atmosphères lourdes, flambantes, cuisantes, qui semblent s'exhaler de fantastiques fournaises où se volatiliseraient des ors et des diamants et des gemmes singulières — c'est l'étalement inquiétant, troublèur, d^une étrange, nature, à la fois vraiment vraie et quasiment supranaturelle/ d'une nature excessive où tout,: êtres et .choses, ombres et lumières, formes et couleurs, se cabre, se dresse en une volonté rageuse de hurler son essentielle et propre ^chauson, sur le timbre le plus intense, le plus farouchement suraigu; . ce sont desarbrës, tordus ainsi que des géants en bataille, procla- : niant du geste de leurs noueux. bras qui menacent et du tragique envolement de leurs vertes crinières, leur puissance indomptable, rbrguêil : de leur musculature, leur sève chaude comme du. sang, leur éternel défi à l'ouragan, à la foudre, à la nature méchante; cesoutdes cyprès dressant leurs cauchernardantes silhouettes de flammes, qui seraient noires- des

• montagnes arquant des dos de mammouths ou de rhinocéros; des vergers blancs et rosés et blonds, comme d'idéaux rêvés de vierges; des maisons accroupies, se contorsionnant passionèment ainsi que des êtres qui jouissent, qui souffrent, qui pensent ; des pierres, des terrains^ des broussailles, des gazons, des jardins, des rivières qu'on dirait sculptés en d'inconnus minéraux, -polis, miroitants, irisés j féeriques ; ce sont de flamboyants paysages qui paraissent l'ébullition de. multicolores émaux dans quelque diabolique creuset d'alchimiste, des frondaisons qu'on dirait de bronze antique, dé cuivre neuf, de verre filé; des parterres de fleurs qui sont moins des Ûeurs que de richissimes joailleries faites de rubis, d'agates, d'onyx,

; d'émerâudes, de. corindons, de çhrysobérils, d'améthiste* et de calcédoines; c'est l'universelle et folle et aveuglante coruscation des choses ; c'est la matière, c?est la nature tout entière tordue frénétiquement, paroxysée, : montée aux combles de Texacerbation; c'est là forme devenant le cauchemar, la couleur devenant flammés, lav«s et* pierreries, la lumière se faisant incendie ,-, la; vie» fièvre chaude! .

Te;llé, et non point exagérée, bien qu^on puisse penser, l'impression que laisse en^la rétine le premier regarder des œuvres étranges, intensives et fiévreuses de Vincent Van Gogh, ce compatriote et non indigne descendant des vieux maîtres, de Hollande* ■ \ ; "•..'■■

Oh! combien loin nous sommes. — r n'est-ce pas?— du beau grand art ancien; très sain et très .pondéré, des Pays-Bas! Combien loin dès Gérard Dow, dés Albert Cuyp r . des *Terburg, des Metzu, des Peter de Hooghe, des Van der Meer, , des Van dé r Heydehetde leurs toiles charmeuses, un peubour- . geoises, tant patiemment soignées, tant flegmatique ment léchées, tant scrupuleusement minutieuses ! Combien loin des beaux paysages, si sobres,* si pondérés, si enveloppés toujours de douces, . et grises, et indécises vapeurs, des Van der Heyden, des Berghem, des Van Ostade, des Potter, dès Van Goyen, des Ruysdaël, des Hobbenud Combien loin de l'un peu froide élé^ gance dès "Wouwefmans, "de ^éternelle chandelle de $chalken, de la timide myopie, des fins pinceaux et de la loupe du' bon Pierre Slingelandt! Combien loin Û&s délicates couleurs .' 'toujours un peu. nuageuses et brumeuses dès Pays du Nord et des . inlassables pighochèments de ces biexi portants artistes, . de là-bas et d'autrefois, qui peignaient X dans leur poêle », l'esprit! très-calme/ ; lès. pieds chauds et la pansé pleine de . .bière, et combien loin de cet art très honnête, trè's conscien- . cîeuX, très scrupuleux, très protestant^ très républicain, trèa . génialèment ■ banal ;;de- ces. incomparables vieux maîtres qui

avaient le seul tort ^— si ce fui un fort pour eux — - d ? être tous pères de famille et bourgmestres!,.. ~

Et pourtant, qu'on ne s'y trompe pas, Vincent Van Gogh ; \* n'est point tant en dehors de sa race. Il a subi les inéluctablés lois ataviques. Il est bien et dûment Hollandais, de la sublime liguée de Franz Halz*

\ Et d J abord; en effet, comme tous ses illustres compatriotes, c'est un réaliste, un réaliste dans toute la force du terme. Ars est horno, additus naturœ a dit le chancelier Bacon, et M. Emile Zola a défini le naturalisme « la nature, vue à travers un tempérament ». Or, c'est cet a homo âddiius » c'est cet « à • travers un tempérament, c'est ce moulage de l'objectif, toujours un, dans des subjectifs, toujours divers, qui compliquent la.question, et suppriment la possibilité de tout irréfragable 'critérium des degrés de sincérité de .l'artiste. Le critique eu est donc fatalement réduit, pour cette détermination, à .des inductions plus ou moins hypothétiques, mais toujours . contestables. Néanmoins, j'estime que, dans le cas de Vincent Van Gogh, malgré la parfois déroutante étrange té de ses œuvres, il est difficile, pour qui veut être impartial et pour qui sait regarder, de nier ou de contester là véracité naïve dé son art, l'ingénuité de sa vision. Indépendamment, en effet, dé cet indéfi-

. nissable parfum de bonne foi, et de vraiment-vu qu'exhalent tous ses tableaux, le choix des sujets, le rapport constant des plus excessives notes, la conscience d'étude , des caractères, la. : continuelle recherche du signe essentiel de chaque chose, mille significatifs détails nous affirment Irrécusablement sa profonde et presqu'enfantine sincérité, son grand amour de la nature et du ^vrai — ,.de son vrai, à luû

Il nous est donc permis, ceci admis, de légitimement induire des œuvres même de Vincent Van Gogh, à son tempérament d'homme, ou plutôt d'artiste — induction qu'il me serait possible, si je* le voulais, dé corroborer par des faits biographiques. Ce qui particularisé son œuvré entière, c'est V excès, l'excès en la forcé, l'excès en ia nervosité, la violence '• en l'expression. Dans sa catégorique affirmation du caractère des choses, dans sa souvent téméraire simplification des formes, dans son insolence à fixer le soleil face à face, dans la fougue , véhémente de son dessin et de sa couleur, jusque dans les moindres particularités de sa technique, se irévèle un. puissant, un mâle, un Ssêur, très souvent brutal et parfois ingénument délicat. Et, de plus, cela se devine, aux outrances quasiment orgiaques de tout ce qu'il a peint,., c'est un exalté, ennemi des sobriétés bourgeoises et des minuties, une sorte de géant ivre : , plus apte à des remuemeats.de montagnes qu'à manier des bibelots d'étagères, un cerveau en ébnllition, déversant sa lave dans 1 tous les ravins de Part, irrésistiblement, un terrible et affolé génie, sublime souvent, grotesque

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quelquefois, toujours: relevant presque , de la pathologie. Enfin, . et surtout,* c'est un hyperesthésique, nettement symptômatisé, .percevant avec, des intensités anormales, peut-être même, douloureuses, les' imperceptibles et secrets caractères des . -lignes et des formés, mais plus encore les couleurs, les lu-mièresj les nuances invisibles aux prunelles; saines, les magiques irisations ides ombres. H% voila pourquoi son réalisme, à lui, lé névrosé, et voilà pourquoi Sa sincérité et sa \'érité sont si différents du réalisme, de la sincérité et de là vérité de ces grands petits, bourgeois de Hollande, si sains de corps, eux, si bien équilibrés d'âme, qui furent ses ânjcètres et ses. ' maîtres.;. ■ ■"'."■•'. ',■•.'".'

An rester ce respect et cet amour de la réalité des choses ne* suffisent point, seuls, à expliquer et à caractériser

' ï J art profond^ complexe, v très-à-part, de Vincent Van Gogh, Sans douté, comme tous les peintres! de sa race, il est très conscient de la matière, de son, importance et de sa beauté, .. mais aussi, le. plus, souvent, cette enchanteresse matière, il ne. né. la considère que comme une sorte de merveilleux, langage destiné à traduire l'Idée. C'est, presque toujours, un symbo^ -liste* Non .point, je l>e sais, un. symboliste à la manière dés- primitifs, italiens, ces mystiques qui éprouvaient à peine le. besoin de. désimmatérialiser: leurs rêvés, mais un symboliste ' . sentant la continuelle nécessité de. revêtir ses idées déformes v précises, pondérables/ tangible!*, d'enveloppes intensément

, charnelles et matérielles. Dans presque toutes ses toiles, sous cette enveloppe morphique, sous cette chair très chair, sous cette.* matière très matière, gît, pour l'esprit qui sait Fy voir, une pensée, une;Idée, et cette Idée, essentiel substratum de l'œuvre,, en est, en même temps ^ .la cause efficiente et finale. Quant aux. brillantes et éclatantes symphonies de couleurs et de lignes, quelle que soit leur importance pour le peintre, elles rie sont dans son travail que. de simples moyens expressifs, que de simples procédés de symbolisation. Si Ton refusait,, en effet, d'admettre sous cet art naturaliste l'existence de ces tendances idéalistes, une grande part de l'œuvre que nous étudions demeurerait fort incompréhensible. Comment .expliquerait-on, par .exemple, le Semeur , cet auguste et trou-

, blant semeur, ce rustre au front brutemeht génial, ressemblant parfois et lointaine ment à. l'artiste lui-même, dont la sil-, houette, le. geste et le travail ont toujours obsédé Vincent. Van Gogh j et qu'il peignit et repeignit si souvent, tantôt sous des ciels rubescents de couchant, tantôt dans la poudre d'or des midis embrasés, si l'on ne veut songera cette idée fixe qui hante sa cervelle dé Factuelle nécessité de la venue d'un homme, d'un messie, semeur de vérité, qui regénérerait la décrépitude de

notre art et peut-être de notre imbécile et industrialiste société? Et aussi cette obséâânte passion pour le disque solaire qu'il' aime à faire rutiler dans l'embrase ment, de ses ciels et, en même temps, pour cet autre soleil,, pour cet astre végétal, le somptueux tournesol, qu'il répète, sans se lasser, en. mcnomane, comment l'expliquer si Ton refuse d'admettre sa persistante préoccupation de quelque vague et glorieuse allégorie, hélio mythique ?

Vincent Van Gogh, en effet, n'est pas seulement un grand peintre; enthousiaste de son art, de sa palette et de la nature > c'est encore un rêveur, un croyant exalté, un dévoreur- de belles utopies, vivant d'idées et de songes. :

Longtemps, il s'est complu à imaginer une rénovation d'art, possible par un. déplacement de civilisation : un art des ré-, gions tropicales; les peuples réclamant impérieusement, des œuvres correspondant aux nouveaux milieux habités; les peintres se trouvant face à face avec une nature jusqu'alors inconnue, formidablement lumineuse, s'avouant enfin l'impuisv sancè des vieux trucs d'école, et se mettant à chercher, naïverment, la candide traduction de toutes -ces neuves sensations!.. N'eût-il pas été, en effet, lui, l'intense et fantatisque coloriste broyeur d'ors et de pierreries, lé très digne peintre, plutôt que les Guillaumèt, que les fadasses Fromentin et que les boueux Gérôme, de ces pays des resplendissances, des fulgurants-soleils et des couleurs qui aveuglent?... . -

Puis, comme conséquence de cette conviction du besoin de tout recommencer en art, il eut et longtemps il caressa l'idée d'inventer une peinture très simple, populaire, quasiment enfantine, capable d'émouvoir les humbles quj a» raffinent point et d'être comprise par les plus naïfs des pauvres d'esprits. La Berceuse, cette gigantesque et géniale image d'Èpinal, qu'il * répétée, avec de curieuses variantes, plusieurs fois, le portrait du flegmatique et indescriptible ment jubilant Employé des postes, le Pont-levis, si crûment lumineux et si exquisément banal, l'ingénue Fillette a la rose, le Zouave, la Provençale^ indiquent, avec la plus grande netteté, cette tendance vers la ^ simplification de l'art, qu'on retrouve d r ailleurs, plus ou . inoins, dans tout son œuvre et qui ne me paraît point si absurde ni si mésestimante en ces temps de complication à ou-trance, de myopie et de maladroite, analyse, " -

Toutes ces. théories, toutes ces espérances de Vincent Van Gogh sont-elles pratiques? Ne sont-elles point de vaines et belles chimères? Qui le sait? En tous cas, je n'ai point à l'examiner ici. Il me suffira, pour terminer d'à peu près carac-

tériser ce curieux esprit si en dehors de tous banaux sentiers, de dire quelques'" mots sur sa technique.

Le côté externe et matériel de sa peinture est en absolue corrélation avec son tempérament d'artiste. Bans' toutes ses œuvres,; l'exécution est vigoureuse, exaltée, brutale, intensive. Son dessin, rageur^ puissant, souvent maladroit et quelque -peu lourd, exagère le caractère^ simplifie, saute en maître, eu vainqueur, par dessus le détail, atteint la magistrale synthèse, : le grand style quelquefois* niais, non point toujours!

Sa couleur, nous la connaissons déjà. Elle est invraisemblablement éblouissante. Il est, que je sache, le seul peintre qui perçoive le chromatisme des choses avec cette intensité, avec cette qualité métallique, gemmique.; Ses recherches de ' colorations d'ombres, d'influences de tons sur tons t de pleins ensoleillements sont des plus curieuses. Il ne sait pas toujours éviter, pourtant, certaines crudités désagréables, certaines inharmonies, certaines dissonances... Quailt à sa facture proprement dite, à ses immédiats procédés' d^nlu m îiier la toile, ils sont, ainsi que tout le reste de ce qui est lui, fougueux, très puissants et très ; nerveux. Sa brosse opère par énormes empâtements de tons très -purs, par traînées incurvées, rompues de touches rectilîghes..., par entassements, parfois maladroits, d'une très rutilante maçonnerie, et tout cela donne à certaines de ses toiles l'apparence solide d'éblouissantes murailles faites de cristaux et de soleil. .

Ce robuste et vrai artiste, très de "race, aux mains brutales de géant, aux nervosités de femme hystérique, à l'âme d'illuminé, si original et si à-pàrt au milieu- de notre piteux art d'aujourd'hui, connaitfa-t-il un jour— tout est possible — les joies de la réhabilitation, lés cajoleries repeaties.de la vogue ? Peut-être, Mais quoi qu'il arrive, quand bien même la mode viendrait dé payer ses toiles — - ce qui est peu probable — au prix, des petites infamies de M. Meisson^ier, je ne pense £. J) pas que beaucoup de sincérité, puisse jamais entrer en cette tardive admiration du gros public. Vincent Van Gogh est, à la fois, trop simple e£ trop subtil pour Pesprit-bourgeois contemporain. Il ne sera jamais pleinement compris qne de ses frères, les arjpistes. très artistes... et des heureux du petit peuple, du tout petit peuplé, qui auront, parhasard, échappé aux bienfaisants, enseignements de la Laïque !.., ^

G. Albert Àurilr

-îÇ^S^J?*-

3p MERCVRE DE FRANCE

LES LIVRES

Joies, poèmes (1888-89), P ar Fk'atïcis-Vielk Griffu* (chez Tresse et Stock). — O poètes, réjouissez-yous T ' car « le pers est libre » : c'estM.RV.Griffin qui. le proclame, avec la légitimé allégresse d'un trouveur. Oui, ce vers dont beaucoup d'entre nous cherchaient la formule, ce vers que M. Gustave Kahn et tant d'autres, malgré de louables efforts si bêtement raillés, n'avaient pu réussir à sérier en poèmes* suivant lin lien -orchestral exempt de cacophonies, M. F.-V, Griffîn remploie f désormais avec la plus admirable sûreté.. Ces rondes aux. refrains mobiles, ces dialogues répercutés d'une âme 4e blonde à l'âme du poète, au milieu de magiques paysages à demi voilés, par les bleuissantes- gazes embuées des féeries dei nature, so n ne nt 7 sanglotent ou susurrent en de prestigieuses | concordances de rythmes : <t ce qui ne veut nullement, dire | (comme le déclare hauteur avec un hautain bon 'sens) que ' le vieil alexandrin à césure unique ou multiple, avec ou sans rejet ou enjambement, soit aboli ou instauré;. mais, plus largement, que nulle forme fixe n'est plus considérée comme le moule nécessaire à l'expression de toute pensée poétique... » Maintenant, que s'esclaffe la Cohue ! Moi je <lïs qu'avec les Épisodes 7 de M. Henri de Régnier — et ce n*est point sans' . motifs critiques que je, rapproche ici .ces deux œuvres, -»— Joies restera l'une des plus merveilleuses manifestations poétiques de ce temps, et de tous les temps* ; .

Le livre du Jugement (la Création* la Chute) , par àlbêr

. Jhounet (édition de V Etoile., chez Sauvaître). — Ce sont/ les ■

deux premiers hymnes d'un poème qui en contiendra quatre :

« l'histoire dramatique de l'Ame humaine et de sa destinée,

racontée à la lumière des traditions occultes et de. la Kab-

s'affirnïer en poésie : mais' encore est-ce à la condition que l'esprit didactique n'en exclue pas toute envolée ;. or, cette oeuvre donne,- trop souvent, l'impression de bonnes proses rimées. Néanmoins, je devine en M. Alber Jhouney l'un des poètes le plus, capables, dans la jeune littérature, de devenir réellement complets,: il a la pensée, on sent quîil aura Ti mage quand il le voudra, l'imagé ou plutôt la. couleur. Mais cette sobriété, hautaine et sévère, ne me .déplaît que par sa continuité. Aussi, malgré mes restrictions, je vous salue, frère, vous êtes des nôtres; et — ce que certains des nôtres ignorent — vous savez que Lucrèce fut LE Poète.

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