L. P. de B; G
Bas les Cœurs ! par Georges Dakxek (Sàvine, éditeur). Ce sont,, dites par lui-même, avec, le je^ les impressions d*un gamin de Versailles, pendant la guerre franco-aile mande \ d'un gamin, mais d'un gamin certes fort précoce, qui est un bien tin observateur et un très terrible railleur. Il y a, dans ce livre, toute r ironique, histoire des évolutions psychologiques de la société bourgeoise, en province, avant et pen-
darit l'invasion.. Si l'on né devinait, sons la raille lie y la présence iatentei de quelque thèse sociologique en gestation qui surgira un jour, l'ceùvre de M. Georges ,D arien ferait penser aux ironies de Flaubert, du . Flaubert qui crça Bouvard, Pécuchet et M. H ornai s. L'écriture de Bas i^*,Gaiwri ! est souple» nerveuse; pittoresque; inégale parfois et un peu trop hâtive, mais, en tout cas, fort personnelle. Bref, uxl livre pas banal, souvent profond, alerte toujours,, et .qui promet. ':
Albanus-ÂTbano, par B ardu a. dé Tem al. ( Sa vine, éditeur). Ce sont des scènes de ,1a vie albanaise ? paraît-il. . : .
Rééditions.. , \ ■ .
Chez Bergéretto. — :* Sodome, par Henr« d^Ahûïs, préface de Paul Verlaine. -.', * '
Chez Félix Brossier. -r^- JZé'bpïm,- par Maurice i>b Souillac, et toute la série des Voluptueuses ■, de Je an Iahocque : Isey — Viviane — Odile — Fausta — Daphné — sous de fantai- . sïstes couvertures à iUustrâtions polychromes;
THEATRES
Le Théâtre-libre a inauguré sa saison théâtrale par un acte en vers de .M.' Georges Bois, et cinq actes en prose de M. . Georges . Ancey. De Pacte de M. Bois, peu de chose à dire. Le sujet, assez banal, n'est rélevé ni par les vers, -qui sont quelconques, ni par le jeu, qui est mauvais.- Ce parallèle entre ■
. Charles . d'Orléans, l'inventeur du rondel, et François Villon, le père de la ballade, ne s'imposait guère, que je. sache, après le Griiigéire de Banville. On a accueilli, .du reste, Au tempsde la- ballade, la pièce -en question, assez fraîchement. — - Ahi par exemple, c'est des deux mains que 'nous applaudissons au sUccès ■ de , V École des Vcùfs, de M. Aiicey, une pièce, à la. Becque, mfordante, .ironique, carrément frondeuse, et qui vous retourne, comme, on retourne un gant, l'hypocrisie sociale, et vous en montre les dessous et les dedans, impla 1 -* cablement. Une ; pièce pleine de mots vrais, de ces onots qu'on dit tous les jours. et qu'on finit par ne plus entendre, à cause de cela, tant ils sont dans les habitudes, les convenances, et les usages. l La critique officielle a hurlé, comme il sied. Vitu. a même osé écrire qu'un, përe et un fils comme les .. Mirelet n'existaient pas, alors qu'on pourrait mettre tant de noms sur ces types, communs. Bref, et en dépit des Virus de tout calibre, l 9 Ecole des Veufs est un tel succès pour M. Ancey, que VEcJw de. Paris, a eu l'intelligence de lui demander uue
. chronique hebdomadaire.
BEAUX-ARTS
Signalée aux, curieux d'art jeune, vivant, chercheur, l'exposition organisée par M. Fernand FAnglbis, au n" 4 de la rue' Gcay-Lussac. Au catalogue, les noms de MM. Emile Bour-
délie, Gaston Prunier, Maurice Baud, Louis Hayet, Georges Binet, de Chabaud la Tour, Roubiçhbn, Victor Koos, Aristide Maillol, Raymond Daly, Séguéla. Fernand TAnglbis : toile» à l'huile, pastels, sculptures, gravures, dessins. Se détachent en de spéciales attractions l'extraordinaire buste* d'enfant, le groupe symbolique et le "bas-relief de Bourdelle, le portrait, et les pavsages de Prunier, les recherches impressionnistes de Hayet, le Beethoven profondément fouillé dé Maurice Baud, le Verlaine de l'Anglois, tiré d'une anthologie de poètes contemporains en préparation- Destinée à créer un centre agréable où pourront se rencontrer des artistes, des musiciens, ... des littérateurs; cette exposition, qui se renouvellera continuellement, groupe de nombreuses sympathies*. En ce local intéressant sont organisées, chaque samedi, des réunions ou. ' Ton dira de bons vers et où Ton fera de belles -musiques. Les intrus n'y pénétreront pas, mais la porte en sera hospitalière ment ouverte à tous ceux d'intelligente compagnie.
Echos divers et Communications
Vers la fin de janvier, la librairie Ollendorff publiera X a Cottjessi nd'un /o«, de Léo Trézenik. Ce livre est d'un intérêt spécial, en ce sens qu'il traite d'une façon compétente un sujet scientifique dont on n'a pas encore écrit sous forme de roman. La et littérature pathologique » est d'ailleurs une contrée vierge— les vestiges qu'on . en trouve dé. ci de là dans l'œuvre de nos fabricants de bouquins ne relevant que de l'imagination pure. Et cela s'explique aisément, ce genre requérant un fonds de connaissances techniques que ne pos- . sèdent ordinairement point les romanciers. Or, étudier un cas pathologique pour en faire un roman ne donne jamais: — les exemples abondent — que d'incomplets résultats, et en tout cas ne saurait permettre ces hardies hypothèses scientifiques que n'oserait pas le médecin, que. peut .ôs<sf l'homme de lettres, et qui doivent, semble-t-il, être le piment. d ? ùne telle littérature. Léo Trézenik, qui a presque toutes ses inscriptions de médecine, nous paraît des mieux placés pour réussir dans cette voie nouvelle. Car Là Confession dun fou est le premier ouvrage d'une série que l'auteur se propose d'écrire concurremment avec cette autre série, Ma Provence, tableaux de mœurs normandes dont le dernier brossé est VAbbê Coqueluche.
Le prochain roman de Rachilde portera ce titre : La sanglante ironie. *
Notre collaborateur et ami Louis Dumur se décide enfin a publier, en même temps qu'un livre de poésies : Lassitudes, un roman achevé depuis longtemps déjà : Albert. Nous reparlerons de cet ouvrage lors de son apparition, en janvier, .
Mercvre.
; Le Ocrant : A. Vaïxette.
Imp. ROUGIER, 11, Rue du. Regard, Paris
Va
UE
-JÇ.T-
En ce temps de Christmâs et d'Epiphanie, cependant que la truffe développe toute son âme impériale et que les gels hivernaux, par des pro- r cédés inconnus de monsieur Barrés lui-même, éteignent le paupérisme en la personne des; grelotteux, il semblé que les entrepreneurs de vaudevilles aient négligé pour leurs revues de fin d'année un « clou » d'indubitable effet. L'étrange . appétit qui, vers le solstice de décembre, induit les quelconques bonnetiers à s'attabler devant l'eucharistie d'une permanente imbécillité, nonobstant le cagneux fessier dès demoiselles .figurantes et la dissonance desponts-neufs, eût trouve, comnie il semble, une pâture généreuse dans le . choix d'un compère nouveau. Ce précieux adjuteur . des calembredaines séculaires ". auquel, par une aberration inexplicable, les Éminents Directeurs n'ont point encore songé, vous l'avez nommé sans doute , à cause de l'excessive aptitude qu'on lui r voit pour ces sortes d'utilité?. Autour du spéculum-Eiffel, dans les gourbis pédiculaires, parmi les éphestions internationaux, combien nous Fadmirâmes> inaugurant sans trêve, et, de sa. popularité magistralement chauffée par la Rousse, conglorifîant Ali-Voyou, notre sympathique visiteur. Son claque d'alors, son grand cordoii à peine défraîchi, ne pourrait-il les mettre au service 4es beuglants influencés, des théâtricules dé-
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serts? Lui consul, fut au grand jour importée" la Danse du Ventre, l'ostentation familière du Nombril. Sous son règne, des, notaires vertueux, des banquiers suivis de leurs hoirs, des charcutiers avec leurs demoiselles, proclamèrent un honnête spectacle la vue. des culetages réservés jusqu'à nous aux oulds-nàïls de la rue, Joubert. Lazare organisait la victoire (N'est-ce pas, ô Béranger?) Saadi, qu'un tel prénom incliïie •. aux grâces, conduit modestement les jeux des bayâdères, sans que l'émotion d'aucune glande, altère jamais le zinc de : son visage. Aussi de quel succès ne comblerait-il pas le tréteau magnifié de ses complaisances? Là commère fort en peau et maffiue comme il convient lui gazouillerait aux trépignements de l'assemblée un hymme populaire de l'an neuf :
« Ça commence en T t ça finit en Cha, « Et tout le monde a >; a Vlnfluèn^ » .
tandis qu'une machine d'opéra montrerait le Président, de . Bûche Officielle métamorphosé en Bûche de Noël, ouvrant aijLx futurs récidivistes les; jardins de l'Elysée et mimant pour: la badauderie contemporaine le geste fictif de la pitié."— Ce qui, somme toute, ne serait guère plus indécent que la croix, de légionnaire appliquée à l'histrion Mounet Sully. ■ :
Monsieur Tureau-Dangin, auteur peu lu d'une histoire quelconque de la maison d'Orléans : ; le pédant Brunetière ; Emile Zola, ce prévôt dés marchands, tant soucieux de blasonner sa boutique achalandée; le capitaine Viaud^ en religion basbleuesque Pierre Loti; Henri Becque, l'auteur des Corbeaux^ courent de concert la gloire acadè-
mique. Le fauteuil d'Aûgier, ce poète immortel dont quelques vers applaudis, entre autres ce distique ': ■ (
« Ce seront tous les jours nouvelles platitudes « Qui dégénéreront "bientôt en. habitudes »
dépassent ce que Jean Aicard a produit de meilleur, le fauteuil d'Aûgier prendra-t-il pour assts le dramaturge, les romanciers, le critique ou Thi storien? L'honneur si grand que Becque daigne >■ impartir aux petits vieux de l'Institut,, honneur , / dont s'affligent ceux qui goûtent dans leur cœur $ l'âpre virilité de soiî talent, sèra-t-il compris par Camille Dpucet, par tant d'autres bonshommes excellents comme le prix d'Excellence? Le tiendrat-on long-temps à la porte, cet inexorable diseur de vérités? Subirâ-t-il le stage humiliant où Leconte de Lisle a plié son orgueil? Suiyra-t-il jusqu'au bout la voie étroite de son îiifîme ambition? Les jeunes — ses. amis — ne le désirent . certes point, encore qu'une mélancolie les prenne devant un tel désir chez un tel écrivain, — r- Avoir conçu la Parisienne pour lutter contre Pêcheur cP Islande et les larbins dé Chantilly, c'est à dégoûter des chefs-d'œuvre et de ceux qui les font. De ceux-là, certes, n'est point monsieur Loti, cacographe impudent et d'autant plus aimé. , Car c'est sa profession à lui que d'être aimé et de comprendre dans cet amour les races les plus diverses avec les professions incompatibles. Les reines et les bergères, les femmes jaunes et la veuve Adam, sans compter .ses matelots, tout cède au charme de Loti bombant dans l'unifome et, d'une voix éolienne, expliquant aux personnes Les agréments qu'il porte en soi. Carmen Sylva lui lit à haute voix ses meilleurs solécismes. ... Le frère Yves tente de le réconcilier avec l'armée dénier. — Et je ne serais point étonné que ce
vainqueur prît place sous la coupole èh attendant monsieur Bourget, autre dentiste de moins de pittoresque, mais pénétrant, ô combien !
En même temps que s'agitent les apprentifs académiciens, leurs aînés dans la profession ne s'endorment guère sur leurs palmes. En collaboration, avec monsieur Fallières,. ministre, à ce que je crois, de l'Intérieur, François Coppée, le jeune maître, vient d'obtenir un imposant succès; Cela rappelle Le Passant et console des Jacobites En frappant d'interdit le bénitier où l'auteur du Pater trempa sa soupe aux larmes, monsieur fallières (que certains .. cognominent le « muffe » de Nérac) a fait à cette pauvre chose une réclame près de quoi les banques du Colonel Coddyne furent que pagnottes et. Saint-Jean. Sur le boulevard, les camelots débitent Le Pater avec les 1 cartes facétieuses et la manière de iraîfcr sa belle, mère comme elle le mérite. Des gens acquièrent 1 obj et qui, d'habitude, vivent aussi étrangers à la littérature que notre Jean Rameau. Rien de plus innocent d'ailleurs. Une guimauve bénite, un mucilage pieux édulcorant l'Epouvantable Souvenir. L'époque terrible où, pour le crime d'un seul et la hideuse-ambition du sinistre nabot, flua le sang des. révoltés qui « sous le drapeau delà Commune formèrent la grande fédération des Douleurs » (i), où les baltes scélérates crevèrent là noble poitrine de Delécluzé et massacrèrent un peuple occupé à vomibr ses dieux, l'époque farouche de la Commune prend ici une allure de ifcodérantisme peu propre à inquiéter: Et la couardise seule des bourgeois qui nous gouvernent explique la mésaventure dont monsieur Çoppëe
(i) Jules Vallès: -l'insurgé.
xSool-
bénéficie agréablement, — Un autre persécuté de lettres, naonsïeur Lucien Descaves, ne se plaindra , pas non plus des traitements infligés à ses Sous- QJfs. Outré qu'il est toujours flatteur de recevoir les injures de monsieur de Cassagnac, je ne pense pas que les * poursuites correctionnelles soient pour nuire à l'ouvrage, çi-dessus r .
Cinq, cents pages de casernes, de bouis-bouis et de lupanars, avec quelque science que les aventures soient: conduites, cela peut sembler .honnêtement coriace, à moins .qu'une attestation î'im- . pudeur,- par les magistrats délivrée, n'affriahde la • clientèle, Le.jury que propose monsieur Charles Laurent aux jeunes écrivains ne compensera jamais pour les nouveaux, venus. dans Fart d'écrire la publicité d'une condamnation infamante. Il n'est bouquin si nauséeux qu'on n'imposé aux multitudes en les assurant que c'est cotres po^ lisson »; L'excommunication laïque ou religieuse a popularisé; les romans de madame Sand, les feuilletons d'Eugène Sue, et, pour contrecarrer le Saint-Siège, des marchands grainetiers entreprirent Joçelyn? T^^ est d'ailleurs l'opinion de. monsieur de Borniei;, dont la modération ïntellectûellip onques ne chevaucha paradoxes si fous.
■' Et maintenant, poupîcSir sans transition plausible, ,ùne ; ballade récente de Mitrophanè Crapoussin:
proûtelévés et marmiteux De Nevers/de Chartre ou de Tulle; Spatalôcinèdes. pileux Couverts de gale et de pustule, Ce bpurgeois.qui récapitule, — Etant ladre mais folichon, — Le quantum de vôtre sportulej C'est -de la. viande de cochon.
Philistins gâteux, ce sont eux Les miteux, que chacun gratu'le, Malgré leurs gestes comateux . * Leur ventre et leurs doigts en spatule ' Gazons ceci de quelque tulle :
O Pétrone! faut un bouchon .
Quotidien dans leur 'fistule; C'est de la viande dé Cochon.
Tous, notaires galîpoteux, Monteurs de coups et de pendule, Dentistes, avoués quinteux, Tous,, le jobard et l'incrédule, ■ Violent moyennant cédille, Et tous,' pour ne payer Panchon, Citent les « Devoirs » de Marc -Tulle • C est.de la viande de Cochon.
i ' . ENVOI
■Prince, Ibrahim, vulgo Catulle, Paul Gébor et madame Chon, ' Nana-S.aïb et sa mentule,. \ C'est de là viande de Cochon.
Laurent Taïlh^de.