‹ Mercure de France, tome 1Chapitre 47 sur 168 · VOLUPTÉ · texte numérisé non relu

VOLUPTÉ

Je rêve de vers doux et d'intimes ramages, / De vers à frôler l'âme ainsi que des plumages;

De vers blonds, où le sens fluide se délie Comme sous Peau la chevelure d'Ophélie;

De vers silencieux, et sans iyt&W et sans trame, Où la rime sans bruit glisse comme une rame;

De vers d'une ancienne étoffe, exténuée, Impalpable comme le "son et la nuée ;

De vers de soirs d'automne ensorcelant les heures Au rite féminin des* syllabes mineures;

De vers de soirs d'amour énervés de verveine Où Pâme sente — exquise! — une caresse à peine,

Et qui au long des nerfs baignés d'ondes câlines Meurent â l'infini en pâmoisons félines.

Violes d*or..« et pianissinV amoros 1 ...

Je rêve -de vers doux, mourant comme dès roses.

AVRIL 189a

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