LES ILLUSIONS PERDUES
Sur tes cheveux, flots indulgents couleur de soufre,
Où rôdent des parfums graves d'héliotrope, .
Ainsi que sur un Océan berceur, oh! souffre
Que. navigue mon Gceur, loin des golfes d'Europe !,-„
Mon Cœur, vaisseau spectral, dont la quille broyée Est rouge encor du sang des antiques batailles, / Vaisseau, dont la mâture énorme, foudroyée, Se tord, en rappel vain des blanches funérailles.!
Mon Cœur, vaisseau privé des propices étoiles, Qui soupçonne les dents des roches -acérées Et dont un vent hurlant gonfle et ronge les voiles Que les boulets des vieux combats ont lacérées...
Mai* tu n'as point pitié du navire qui souffre Et qui voudrait s'enfuir, loin de golfes d'Europe!... Et voilà que tes beaux cheveux, couleur de soufre, Hélas ! grisent, déjà, le parc, d'héliotrope L„,
Sois pitoyable !... En ce bateau plein d'agonies Sanglote un équipage étrange et lamentable De Squelettes moisis, venus des Gémonies, Et de Faunes, plaignant la glace indubitable !...
Sois bonne !..• Vois ; les uns, de leurs orbites vides,. Pleurent le souvenir dés vieilles Conjonctures, Les autres, vers l'azur tendant leurs bras avides, Implorent les baisers chauds des Rives Futures !..*
JUILIET 1890
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™aent des parfums g^y^ d'héliotrope Arnaque sur un Océan bercear, oh ! «uff^
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Leurs effluves doux cornue une brise d'auto^I l
: Berçant mon C«ur, lui chanteront des ch^av^L
:Sur un v.e* „>, ua air très ^ ^ ^ .J^Jf .
Et eeja calmera le désespoir, sans doute, '' '.' j
Des.Squelettes hurleurs et des avides Faunes • • i Dont les pleurs, ruisselants et sanglants, goutte à «mtte Voudrait tomber, chère Toison, dans te! fflot. jaunet!!
Mais tu n'as pointpitié du navire qui soufire Et qui rêve s'enfuir loin des golfes d'Europe'» Et voilà que tesbeaui cheveux, couleur dé soufre, Helas ! gnsent, déjà, Je parc, d'héliotrope !.„.
G. Albert Aurier.