LA SUCCUBE
Me voici : Je suis la blanche et la frêle
Qui chante en ton cœur, dans les soirs languides
Le parfum discret de tes vœux me guide
En ton cœur, malgré les pudeurs rebelles.
Oh ! ne passé pas la main sur ton front.
JSe me chasse pas, comme un oiseau vil.
Tes désirs vainqueurs m'attendent. — Ont-ils *
Uabhé 1 heure où nous nous aimerons?
Les amantes sont très obéissantes.
Aux vibrations de tes sens j'arrive.
Autour de toi mes beautés fugitives
Dans l'air passent, et je chante, je chante.,.
Regarde mes seins laiteux, mes seins;durs, Mon ventre poli comme un plat d*or.-^ Va Tes yeux fermés ne te cacheront pas . *
Mes reins savoureux comme un beau fruit mûr.
Eclose au soleil noir de ta pensée, ,;' /
Je suis dans tes yeux et dans tes oreilles:
Désormais, que ton cerveau dorme ou veille, Mes cent formes seront tes fiancées. ,
Et tu sentiras ni on torse lascif, Dans l'écœurement des mauvais sommeils, Rouler sur ton corps énervé, — pareil Aux vagues baisant les rochers passifs.
Oablîais-tu donc le blasphème infâme De tes rêves, parmi les Litanies?
Vois, je suis la fleur de ton insomnie Pleine de senteurs et de chair de femmes.
Or voici que le serpent de velours
T* broyé en ses nœuds lubriques et doux
Et que l'Obsédant Erôs crie et bout
Dans les cavités de ton crâne lourd. :
Louis Denise,