ORGUEIL
J'ai secoué du rêve avec ma chevelure.
Aux foules où j'allais un long frisson vivant . Me suivait comme un bruit de feuilles dans lé vent ; Et ma beauté lançait des feux comme une armure.
Au large, devant moi, les cc&urs fumaient d'amour. : Calmé, je traversais les désirs et les fièvres;. . Tout drame ou comédie avait lieu, sur mes lèvres; Mon orgueil éternel demeurait sur la tour. .
Du remords imbécile et lâche je u7aï cure> .
Et n'ai cure non plus des bâtardes pitiés. \ Les larmes et le sang-, je m*y lave les pieds I Et je passe fatale ainsi que la Nature.
Je suis sans défaillance, et n'ai point d'abandons.
Ma chair n*est point esclave au vieux marché des villes;
Et l'Homme, qui fait peur aux amantes serviles,
Sent que ( son maître, est là quand nous nous regardons.
J'ai des jardins profonds dans mes yeux d'émeraude, Des labyrinthes fous, dont on ne revient point- De qui me croit tout près, je suis toujours si loin, Et qui m'a possédée a possédé la Fraude.
Mes sens, ce sont des chiens qu'au doigt je fais coucher. Je les dresse à forcer, la proie en ses asiles. Puis, l'ayant apportée, Us attendent, dociles, Que mes yeux souverains leur disent d'y toucher.
Je voudrais tous les cœurs avec toutes les âmes » Je voudrai», chasseresse au* féroces ardeurs '
T^T^r aat . m °* des cœttïS » «"»' des cUrs Et ,e distribuerais mon butin rouge aux femmïs
Ofc^'ff Tï* 1 "' ™ loar * »»»*■«» d'ennui Où s étouffe le bruit des sanglots et des raies. Les flammes qu'en passant j'allume aux yeux des mâles Sont des torches de «te en mon e«ur plein de nu*
la^haine me plaît mieux, étant moins puérile. M*re, épouse, non pas: ni femelle vraiment • Je jeux que mon corps vierge, ainsi qu'un diamant, A jamais comme lui soit splendide et stérile.
Von orgueil est ma vie, et mon royal trésor ; Et, jusque sur le marbre où je m'étendrai, froide, \tT^ 8? rder > &">*<*«> »ix Plis du liuceui roïde Une bouche scellée, et qui dit Ion encor.
Albert Sàmain,
a8 . ' , ' . MERCVRE'DE FRANCE
DECOUPURES