EUGÈNE CARRIÈRE
.A» rcaïUcs ayant la magie du rêve! \ (Jean ■DbtiexT, Amoureux d'Art, 340).
Nous n avions pu voir, jusqu'alors, les œuvres d'Eugène b a nri re H qU V^ Pareinent ï P erdues dans le foiresque*dé- "'
Si, il g nifi ^ nce< l u l^lent, a insi qu'on sait,Ies formidables étalages des marchands dé toiles^peititesbu cirées
WeusïsT 114 P a .^ ésdans lesl W natîonaux; com": non! Z L « s '"dignes promiscuités. Aujourd'hui,; il nous est donne de pouvoir regarder et étudier un certain
rTuTem'ntcW e - aUX ^ ^ deCe ™ ^CSu- T Z "dément choisxs, groupes en des salles spéciales, loin
i«ï - TO T a ? e ^ nant ou ■ dê^onoiakit. Il nous' feut remercier Eugène Carrière d'avoir eu l'idée de cette ex-
C 0n . p art,c « U è ? '* ui a Perrais aux honnêtes gens de leftlnl 3embl fdéson œuvre,de mieux com|rendre' ■ les tendances et la signification de son arLde pleinement
orerd^lernrt 416 son esp ^ et de *°«^ ™£ : :
„!£ t * Pemfes gagneraient à suivre cet exemple, ■', mais aussi, peut-être, combien y perdraient? *
' En ce siècle d'enragé réalisme où Ta peu près unique S' / P ein î res / Ut d^traduire des extériorités maté!
^^Y 0pi %î eSe ^^ descos ^ mM ^ des décors ZT,t^ - rUCS d - 1 UM °nnistes, c'«t une douce et imprévue surprise que l'œuvre d'Eugène Carrière. •
™iu a attendait a t"™ (qu'on me pardonne cette parodie du mot classique) un peintre, peut-être même un photographe, c'est une âme qu'on rencontre : une pe™ ture, et c'est un rêve de poète ... P
„;?: U,In î por ^ e ' J en eff f t ' à un â^iste comme Carrière, qui . ^l;» qUa T' desmaîns <* des yeux, pour habiles qu'ils S'/^ P eu '^q uil faut'sur'les bonnes palettes moins de bonne couleur que de bonne pensée, qu'im-
porté, : même^ éblouissante, l'écorce des êtres et des cho. ses les bouWhs des robes et les verrue* des etriSaW
Ss bÏF!îf dé -,° re 'J eS futi,es «<=e«<iire,, les S2SSS nés betes et faciles du trompe-I'œil et du vitto^auT
^ La réalité plate et brutale, en laquelle nous vivons nos ' banales aventures, est-elle donc un spectacle, si fc£™£ sant et si beau pour qu'on s'efforce £.SS^u pSS S e n ment ? Ne vaudrait-il point vraiment miïïH£ 1 artiste ne nous la montrât, cette abjecte objectivité. S!
în^r 8P ° SSlble 1 ' ' rè # nta ^e. et iyee dans dW'K
Cette ! réalité ecceurante, dont, sans doute, son âme ISi* cate de poète eut souvent à souffrir, il s'efface de «ÏÏ. la voiler, de nous la présenter baignée dTmysfère n* part, pris - et il convient de féliciter - TeloîJnï de nous la nature, la détestable nature, la vie la sÏÏFLî banale et méchante. vie. Les. âmes seules nniéreW Avec les âmes seules communie son rêve daS, Aussi, ses tableaux sont-ils. vraiment des ^Locati^ft'auss..ne voyons-nous jamais surgir sous son rin£au' goetique nul paysage, nul ciel, nufaccessoire decoSf Les êtres eux-mêmes cachent dans du nuage leur W
que Seul, c est leurs mams, leurs yeux, leur* lèvres' farce ^ Sl^lme y"' 8 ' lè5 y6UX ' ICS ""** c4st la forme VSoS
vie P °Elï^l rœ,1V / ede Ca ^ P rocède en "^ de la vie ..Elle est mystérieuse et troublante, mais elle échanne
l fa ?'^ F"»™ ^'ante logique' dans SiSK
réel et c est déjà le rêve. Et ce rêve, quel charme dV pénétrer au quitter de Vignoble tohubohu de la ™? Queî bon mag 1C ien vient donc d'évoquer, pour nos yeux j^S ce monaYde brumes doucement lumineuse*! « monde* de mélancolie et de tendresses crépusculairtss. | n<|e £ «ois sage, ô ma douleur, et tiens toi plus tranaaitte ;. Tu demandas le soir, il descend, le voici ; ^* Une atmosphère obscure enveloppe la ville...
Ah! dans cette mystérieuse atmosphère de somre.vraW ment ne marchons-nous pas ainsi qVen du souvSir?^
en segoiles.C est bien lui le peintre des lointains delà vie.
Voix qui revenez, berce* nous, berceuses voix- Refrains exténués de choses en allées Flacons, et vous, grisez-nous, flacons d'autrefois" Senteurs en des moissons de 'toisons recelées! '
r* 8 ch ^ e ? ««oweaues, c'est-à-dire de ce onî L5 !,! .
mère dans >T«.« t ï ^ J naresse ™ peu farouche de la et stupide, qui V e U t hûWto^^^?^
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5' a ] da ? s son sourire, la mélancolie résiliée dW
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siècle, qui se trouvée T„ ' s «««m.a du «• Anse S) La vS^-t Louvre > daas V«Ue Michel Ah ! que iMi, SSni^V° r SGS g ? n ° UX VenUnt * é ™*-
iTSS boS^Sïï e 'J? un U e ^^^ leS -y^dûatés r Whe béant de te^e U r P fhe de ÏTiT* if* * 1 *', la
Par une pareille compréhension de la vie et de l'art qm fut sans doute celle de tous les artistes véritables Eu-? gène Carnere ne se révèle-t-il point haut penseufët grand poète, et oserai-je maintenant parier de ïï «L„ C e de son métier d'infaillible ouvrier, de son inteUiïïS des progressons lumineuses, de ses clairs-obscura f e se. gris d'argent qui font songer à Velasquez ? *
G.-Albert Aurïer
xx Mai x8gi+
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