‹ Mercure de France, tome 2Chapitre 106 sur 127 · GEORGES RODENBACH · texte numérisé non relu

GEORGES RODENBACH

Pour de rares qui s'intéressent à ce très fin et très curieux: esprit qu'est M. G. Rodenbach, j'essayai jadis de formuler l'impression de ses poèmes, de suivre la précieuse évolution d'un mystique dont le vers,, parfois, mfe . faisait penser à de blancs voiles de ces dentelles du nord, qu'un peu de vent soulèverait; à de lentes théories de formes indécises, cheminant sans bruit par des paysages brumeux et lunaires. Avec cela, c'était le culte d'un art hautain, d'élégantes tendresses, des afflictions subtiles, un état d'âme inquiète, flottant d'un catholicisme moribond et du regret.de l'enfance à des rappels d'amours mélancoliques et si . douces sur le décor des fêtes mondaines, d es calmes béguinages, des antiques; cités flamandes agonisant d'ennui et de solitude. La poésie, pour lui comme pour d'autres des sensationistes, est restée cette langue idéale et fluente qui laisse entrevoir des choses à peine définies, les pensées vagues, l'inexprimé du vouloir et l'incertain du clair obscur, les froissements minimes et les deuils imaginaires des consciences que la vie meurtrit, que la réalité brutalise. Aujourd'hui, M. Rodenbach publie Le Règne du Si- Ience } un très beau livre, ■ et c T est la: même impression - — encore accrue peut-être et plus poignante — de mélancolie, de douce tristesse, le charme pacifiant, apaisant < du rêve, où Ton se laisse aller comme au fil d'un cours d'eau >, d'une âme où tout- désir se décolore, qui n'a plus vraiment souci que d'elle et né prolonge rien autre que >a quiète illusion. Il est de ceux qui ont atteint le port et le bon refuge. Depuis les vaines batailles, il s'est éloigné vers les cloîtres de solitude, où les douleurs graduellement s'effacent, ne laissent qu'un peu de souvenir, de vaçues remembrances vêtues par l'éloigné* ment et l'oubli d'un brouillard de leurre, — au point

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qu*on ne sait trop si leur avènement ne fut point adorable puisqu'il vaut de flotter en de si divines songeries. Et voici que dans le repos et le silence les . choses mêmes qui l'entourent se font pitoyables et compatissantes et consolatrices , Viennent-elles vers lui, ou son âme s'est-elle transposée, qui les anime d'une vie trompeuse ; on ne pourrait dire, Paccordance est si parfaite ; par le recueillement des chambres. — apparat de silence aux étoffes inertes — les objets familiers lui parlent cependant, participent à ses joies, à. ses émotions passagères, reflètent les sensations qu'il formule, les, angoisses de son âme et bientôt les symbolisent..,

* Oui! c'est doux! Vestla chambre, un doux port relégué - Où mou rêve, lassé de tendre au veut ses voiles, ' - Dans le miroir tranquille et pâle s'est cargué. Las ! sans plus espérer des sillages d'étoiles, Et des départs pour des îles^mou rêve dort Dans le profond miroir, comme en un canal mort».*

Il rentre, et la chambre maternelle l'accueille, et les plis des rideaux qu'un frisson lent rapproche semblent causer entre eux de Fabsent qui revient. Des voix disent ; la mort des fleurs qui -« dépérissent dans la pitié de l'eau »; le vague soupir des choses le berce,

, Respiration lente et qui, rythmique, endort Comme un bruit d'eaux, ou de jardin sous une averse.

Le lustre, « où la douleur de la; poussière ^éternise », le lustre aux fins calices de verre, qui vibre avec «un chagrin grêle d'harmonica^,

... c'est mon cœur, visible en ce décor

Qui frissonne en sourdine et sans 1 cesse s'afflige...;

Les portraits aussi parlent :

Ils ont des mots ouatés et blancs de. confesseur. Des mots tels. qu'on eu lit au long des banderolles ■ Peintes, dans les missels, aux lèvres des élus.*.

Yoix comme en rêve; voix en conciliabules*-.

Voix dans l'éloignement et qu'on dirait venir D'au' delà des ]ardins et d'au delà des fleuves,.. .

Et toutes ces voix chuchoteuses s'unissent, s'accordent, résonnent en son âme de rêveur 7 font lever desubtiles analogies, lui insinuent d'autres rêves « qui

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s'évadent languissamment et trament par ta chambre comme des bulles >. De la pendule, le temps dégoutte et pleure en tombant; de vagues musiques pénètrent malgré les fenêtres closes, se blessent « en traversant le mensonge du verre >, et : lui apportent, sanglants des rythmes presque morts. Puis robscurité descend, descend dans l'âme aussi qui s^enténèbre ; là clarté recule vers lès rideaux qui lui font un linceul de dentelle; les lampes, là-bas, rouvrant leurs cicatrices, vont recommen* cer à faire saigner Forubre ;

.,* c'est l'heure Ou le vol libéré des âmes nous effleure*

C*est encore l'heure ou les chambres se trahissent, le prennent à témoin et, . défaillantes, se confient. Elles laissent échapper leur secret, qu'il nous répète à mivoix ; -- .''".'-

Les chambres vraiment sont de bons vieillards Et ce sont aussi de bonnes aïeules ; Eux, rêvent tout bas à d'anciens départs; Elles prennent peur quand elles sont seules, Tristes pour jamais d'avoir tu mourir...

Et de même, chaque soir, elles meurent réellement; dans la détresse de la lumière, la.vie les quitte; avec la fin du jour, c'est la fin de leur être d'apparence. Ainsi. ses renoncements après les élans fugitifs, les croyances vaines. Le crépuscule est doux commei une bonne mort; les soleils d'autrefois ont péri dans les brumes de Phorizon et la chambre est bonne conseillère ; il n*y a plus qu*à dormir, qu'à rêver.*.

Car c'est, avant tout, maintenant, chez M r Rodenbach t la religion du rêve :-;■'.

Ah ! Seigneur! augmentez en moi cette richesse Dont je suis à la fois le maître et le gardien ; Et, de rêves, nouveaux, refaites-moi largesse, O Seigneur, 1[ donnez-moi mon rèvê quotidien!..-

Rêver, transposer en soi des sons et des nuances, mêler à îeuçs reflets une part d'infini, se consoler avec la vie en rêve, la vie emmaillotée aux langes du mensonge, il ne désire plus rien au-delà : '

Mon âme a trop souffert aux chemins du Réel ^ Et s'en trouve a jamais. comme en convalescence^*

Désormais, le rêve qu'il forge, qu'il appelle, qu'il crée de sa mélancolie, devient le milieu y V ambiance dans la solitude où il se complaît. Curieux effet comparable à dû , rayonnement, à de F émanation ; la vie immédiate n'existe

f)lus, reculée jusqu'à l'improbable; il berce ses fictions et es vêt de tout le charme des vbcablës assoupis, d'une; caresse de mots- qui ont dès frémissements de soie : elles, sont son âme même, projetée, qui se concrète et prend forme et nous apparaît, l alors que le rêve se déploie, «velarium de brume et de clarté lunaire. — Avec M. Maeterlinck on avait vu l'extériorité agir sûr les nerfs, à fleur de peau, procurer des émotions singulièrement, acuitiyes. A prisent la flottante, enveloppe dû songé rétombe sur Tâme, l'enveloppe et la pénètre, la transit à la fois et'. quasi l'embaume. Dans l'évocation dés -villes mortes, une immense tristesse plane. Et c'est comme une psychologie du décor : elles vivent leur pauvre vie, ces maisons «dont le front se lézarde de vieillesse»; ils souffrent et dépérissent et meurent, ces remparts à l'abandon, ces quais bor- '; dant J'eau immobile d'un canal, ces bâtiments clos, aux murs qui s^effritent. C'est l'automne et la mort dès mai-, sons, des vieilles petites villes flamandes :

Dans l'aurore s'éplore un octobre des pierres.**

Des rues désertes, où le bruit dés pas est une chose déconcertante « comme .de rire auprès d*un malade endormi». A la nuit, de pâles lueurs aux vitres : on dirait un chétif feu de cierge et qu'en chaque maison muette on veille un corps. Tristesse des vieux murs tombés dans la misère; villes sans joie aux carrefours déserts, .vieillescités déclinantes et seules, où les gens marchent silencieux, furtifs, l'air de fantômes* Là-dessus pèse l'ennui plus grand, la tristesse plus grande du Dimanche, un jour où «le silence, en neige immense, tombe», coupé par la voix des. cloches, qui reviennent, reviennent toujours, obsédantes, tintant comme pour des obsèques. Des béguines, au loin, passent, hâtant le pas. On entend encore les .cloches, des chants d'église, des soupirs d'or-

fties. Et la ville meurt, meurt de Pehnui de sa solitude.. : Ile semble sommeiller; mais les canaux et le frêle tissu des flottantes fumées s^ènroulént en formant des bandelettes d'eau et de brouillard autour, de la chère endormie. Et voici le suaire des neiges qui choit du ciel désolé pour l'ensevelir dans l'hiémale fourrure, l'impériale blancheur, des frimas,;. " .

jurN 1891 -■'•* fa

G neige, toi la douce endormeuse des bruits Si douce, toi la sœur pensive du silence, ■ .O toi l'immaculée en manteau d'indolence

Qui gardés ta pâleur même à travers les nuits. I Douce ! tu les éteins et tu les atténues 1 Les tumultes épars, les contours, les rumeurs; O neige vacillante, on dirait que tu meurs Loin,, tout au loin, dans le vague des avenues! Et tu. meurs, d'une mort comme nous l'invoquons, Une mort blanche et lente et pieuse et sereine, Une mort pardonnée et dont le calme égrène Un chapelet de ouate, un rosaire en flocons.

Et c'est là fin >; lé ciel sous de funèbres toiles Est trépassé...

Votre |ine,îui écrivit M. Mallarmé, donne toujours cette haute impression de luxe qu'elle a le temps* Parole affectueuse et juste. Le temps, oui, le temps de rêver son revende scruter et de comprendre la vie des choses, d'apparier leur mélancolie et sa mélancolie. S'il s'éloigne des villes défuntes et s'égare le long des canaux, s'il écoute la plainte murmurée des rivières, il entend ces voix et ces plaintes : .

Là voix de l'eau 'qui passe; est triste et mire en elle La moindre affliction qui -l'a frôlée un peu—

La voilà s ? affligeant du départ en exil \ De la fumée, au loin, que J* bise balaie Et qui, Violentée,. abandonné dans l'air Ses voiles-,, et dans l'eau vient mourir toute nue...

: . Voix qui prolonge un peu les voix qui se sont tues,

Voix triste qu'on dirait posthume et d'autrefois, 7 Voix qui parlé comme regardent les statues.:*

Surtout il y suit encore son rêve, il y voit le reflet dé son âme; les mots se répètent comme en des litanies. Ce cœur de Teau-c souvent malade et sans mémoire >, de l'eau si pâle, «qui parfois en des frissons, en des remous >^ crispe sa nudité d'une douleur charnelle, qui dort en un miroir c où les choses se font l'effet d'être posthumes >, il nous le révèle en cette seconde partie du poème, une des plus belles, et en tous cas d'une émotion neuve. Subtile psychologie de Teau vivante et vraiment fémi- . nirie, aimant le ciel comme en un hymen consenti, qui sanglote dTêtre seule « en ce grand calme qui lui fait mal », qui. pense et se lamente et se souvient, — c'est la psycho-

logie du rêve. Et c'est bien une littérature du nord, d'un pays de perpétuel hiver, la nostalgie de l'action et du soleih « La tristesse de cette poésie frissonnante et si belle à la fin nous gagne, dit M. Montorgueil- Le livre achevé, on sent peser sur soi la glace des mélancolies ; on se surprend à parler bas et à poursuivre des rêves înfor mules, car les mots pour les dire sont par le froid cris . tallisés sur les lèvres. C'est un délicieux engourdissements de l'être et la chère souffrance d'Oswaïd dans les Revenants d'Ibsen^ qui a vu la lumière de nos contrées et à son retour dans sa Norvège en meurt, >

Pour rendre cette sensation, il faudrait trop citer. Encore les pièces ne se détachent guère. Le Règne du Silence — on doit préciser par ce temps de minuscules plaquettes, de petits recueils disparates et nuls — est un poème synthétique, entier et complet, où, chaque notation vient concourir à Peffet d'ensemble. On le lit, et l'on aimerait renvoyer à M.Rodenbach le propos de Sainte- Beuve, qu'il ■ réclamait pour Verlaine : Il sait si bien son*, âme. — - Ame insaisissable et mobile d'une poésie de rêve. Ces vers doux, tristes, .mélancoliques, il mè semble toujours; qu'il serait bon de les entendre dire à voix basse, au coin d'un feu tombant et-sous la lampe très; baissée, par une chambre silencieuse, les soirs de neige, dans la convalescence dé quelque maladie terrible d'où, l'on serait miraculeusement sorti...

Au terme d T urie étude sur des mystiques, — M, Verlaine, hier M. Rodenbach dans la Jeunesse . Blanche

religi

mysticisme d'art i par delà les dogmes, retour au spiritualisme qui est la plus haute et la plus, éclatante manifestation de la littérarure présente; Ce mysticisme (Part imprègne et illumine le Règne du Silence, et d'autant mieux reconnaissable qu*il y est presque dégagé de toutes les évocations de la symbolique* chrétienne, — si délicieuses, mais qui favorisaient la confusion. Les. mots -ont disparu, le frisson est resté. :

Et puis', ce désir de savoir au juste était secondaire* :i Que l'artiste fasse œuvre d 7 artistê, j 1 estime que c'est toute sa tâche. Il est sincère ainsi et nous n'avons rien ,

de plus à lui demander* Enseigner ou conseiller n'est pas son lait. Il n'est pas tenu déjouer au. philosophe, de crier la sagesse dès le seuil de la vie* Et nous subissons assez de moralistes, de normaliens, de pédagogues, pour qu'il nous soit permis de répéter quelques beaux vers dans . l'oubli des pédants. Ils souffrirent, ces sensitifs, jet le disent. C'est tout leur génie. Peut-être même de recherchèrent-ils de précieuses aventures que pour rendre plus cherl'alanguissement de leurs couplets. Et nous savons qu'ils n?y trouvèrent pas le bonheur. Pour avoir, lui aussi, poursuivi la Béatrice, pour s'être enfiévré de fugitives et merveilleuses visions j Rodenbach coule à d'inguérissables mélancolies. Il tenta bien d'échapper ; il proclama ses voix trompeuses ; malgré cette conversion, de tardifs repentirs, je le crois impénitent : il se souvient trop. L'art qui lui parut un inviolable asile ne peut lui donner qu'une partie de son rêvé. Dans le refuge de repos et de silence il reste désolé VMa vie n'est qu'un grand canal mort: .!

, O ville, toi ma sœur, à qui je suis pareil, . VÏ&e déchue, en proie aux cloches tous les deux. Nous ne connaissons plus les vaisseaux hasardeux Tendant comme des seins leurs voiles au soleil, Comme des seins gonflés par l'amour de la nier ï Nous sommes tous les deux la ville en deuil qui dort.»*.

Il n'a. pas besoin de nous dire : regardez, ceci est mon cœur I Voyez, ceci est mon âme; nous le savons déjà. Il a vécu aux frontières de l'imxnétariel et

\ pleure encore des songes avortés; cette vie et ces songes seront ses poèmes; On ne saurait prétendre, certes, qu'il souhaitait naguère d'épouser la Vierge et la Madone, d*enlacer ces royales phtisiques dont il racontait la chambre d'agonie, ou quelque sainte descendue d'un vitrail, — car ses femmes ne pouvaient . prendre corps» Elles étaient loin 1 des plus désirables amantes, loin même de celles qui furent la possession miraculeuse dont le caprice, nous hantait aux heures de fortune favorable. Charnelle, leur apparition survenue les ravalait à la misère du possible ; il s'en détournait comme des maîtresses qu'il leur opposa si en vain. Le mieux est de dire qu'il aimait vraiment l'irréalisable. Et nous lecomprenonsainsi, ce doux rêveur, et nous mettons notre main dans sa main crispée. Ses incertitudes, ses inassouvissements, ne sont* ils pas un commun héritage ? Son sentimentalisme subtil et la vague illusion de l'Idole, quels sont ceux qui :n'en futent pas éprouvés? Toute la littérature du siècle

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l'affirme, dans le désenchantement de l'amour et la tra-. hison des devoirs attendus. Et son malaise d'artiste, ses doutes,se répercutent encore dans nos consciences et pè- • sent au point douloureux de notre être.

Sommes-nous bien certains, en effet, de .Ravoir pas. pris la mauvaise route? L'art vaut-il que nous défendions avec tant d'ardeur son .évangile ?N'aiirons-n bus pasla persuasion, quelque jour, de nous être mépris ? - — Des voix profondes, parfois, nous avertissent, et nous n'y trouvons ,. qu'une courte déchéance. Tandis que la jeunesse passe et s'enfuit à jamais, nous adorons de brillants simulacres. Quoique nous cherchions, notre effort nous lasse sans nous satisfaire. Par le dédain que la foule nous prodigue cependant, nousdevrions apprendre que nous sommes les vaincus de cette vie que nous n'avons pas voulu accepter comme les autres — et qu'il était préférable, de suivre le Troupeau. Voyez, les folles aspirations de. gloire qui consolèrent nos aînés nous font presque sourire ! Nous savons trop de quoi elle est faite, la gloire , de quels obscurs, trafics et de quels grossiers triomphes.- Superficielle toujours, elle exige encofeiies concessions. Pour ceux que ' les discours officiels épargnent) c'est l'opprobre des réparations posthumes, les dénigrements et les commérages, la blague d'une génération neuve, qui n'a plus vos idées et condamne avec les siennes.. C'est, pour d'autres, les suffrages des pions, des éclaircissements de cuistres, plus . ' tard Y œuvre choisie^ devenue classique, donnée en péri- - . sum. C'est enfin pour les révoltés dont le front garde dans 7 la mort le signe fatal dé leur 'mécompte, quelques dévots qui redisent des phrases, qui annoncent le Maître et semblent parler une langue inconnue. Dans, la tumultueuse cohue d'un siècle,roubli ne laisse pas surnager dix noms. La gloire, c'est de servir aux recherches maniaques des vieux érudits et aux fabricants d'éditions compactes !— Je sais que, malgré sesabdicatïons,M. Rodeubach le regrette, « le noble effort de se survivre, en l*œuvre terminée » ; il Ta compris pourtant :

...c'est la fia de cet espoir; du grand espoir

Et c'est la fin d'un rêve aussi vain que les autres:;

; Le nom du dieu s'efface aux. lèvres des apôtres

! Et le plus vigilant trahit avant le soir.

! Guirlandes deiîa gloire/ ah ! vaines, toujours vaines ! - } Mais c'est triste pourtant quand on avait rêvé De ne pas trop mourir et d'être un peu sauvé Et de, laisser de soi dans les barques humaines..- ■*]

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Qu'il se console. Les tristes et les rêveurs qui le lisent

lui sont un meilleur apanage, l

Solitaires de qui la jeunesse rêva '■

Un départ fabuleux vers quelque ville, immense, Dont lé songe à présent sur l'eau jpâle s'en va, . L'eau pâle qui s'allonge* en chemins de silence.*.

Pour moi, j'avouerai facilement m'être complu T autre- . ; fois, à des essais de paraphrases qui me laissaient pénétrer ',. glus intimement l'âme de ses livres. Sans doute, Tinconyénient du système c*est qu'on .détraque de. bons vers ^our construire de la méchante ! prose ; Il est dans tout poète^ — et dans celui-ci combien — de l'intraduisible, un fréjnissement que sa formule seulement parvient à rendre. Puis on risque d'habiller les gens avec trop de fantaisie. C^estmême le propre des commentateurs de découvrir des. choses que l'artiste en créant ne soupçonnait . point. Mais les textes demeurent pour de plus habiles, ■ ■ -. — J'aurais seulement un peu de reconnaissance au bon ,-' chroniqueur 'qui s'égarerait dans ces notes un soir de . copie laborieuse et s'en servirait pour apprendre à quelques-uns encore les dolents poèmes de Georges Rodenbach, ,

Chakles Merki.

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