‹ Mercure de France, tome 2Chapitre 30 sur 127 · POÉSIES W · texte numérisé non relu

POÉSIES W

Les perturbations, les anxiétés, les dépravations, la mort, les exceptions dans Tordre physique ou moral, Pesprxt de négation} les abrutissements, les hallucinations servies par la volonté, les tourments, la destruction, les renversements, les larmes, les insatiabilités, les asservissements, les imaginations creusantes, les romans, ce qui est inattendu, ce. qu'il ne faut pas faire, les singularités chimiques du vautour mystérieux qui guette la charogne de quelque illusion morte, les expériences précoces et avortées, les obscurités à carapace de, punaise, la monomanie terrible de l'orgueil, l'inoculation des stupeurs profondes, les oraisons funèbres, les envies, les trahisons, les tyrannies, les impiétés, les irritations, les acrimonies, les incartades agressives, la, démence, Je spleen,, les épouvantements raisonnes, les inquiétudes étranges, que. le lecteur préférerait ne pas éprouver, les grimaces, les névroses, les filières sanglantes parles* quelles on fait passer la logique aux abois^ les exagérations, Fabsence de sincérité, les scies, les platitudes, le sombre, le lugubre, les enfantements pires que les meurtres* les passions, le clan des romanciers de cour d'as*, sises, les tragédies, les <*des, les mélodrames, les extrêmes présentés à perpétuité T la raison impunément sifflée, les odeurs de poule moujllée, les affadissements, 4es grenouilles", les poulpes, les irequins, le simoun des déserts, ce qui est somnambule, louche, nocturne, somnifère,, noctambule, visqueux, phoque parlant, équivoque, poitrinaire^ spasmodique, aphrodisiaque, anémique, borgne, hermaphrodite, bâtard, albinos, pédéraste, phénomène d'aquarium et femme à barbe, les heures soûles du découragement taciturne, les fantaisies, les âcretés, les monstres, les syllogismes 'démoralisateurs, les ordures,, ce qui ne réfléchit pas comme . l'enfant, J a désolation, ce manceniïlier intellectuel, les chancres parfumés, les cuisses aux camélias, la culpabilité d'un écrivain qui roule sur la pente du néant et se méprise lui-même avec des cris joyeux, les remords, les hypocrisies, les perspectives vagues qui vous broient dans leurs engrenages imperceptibles, les crachats sérieux sur les axiomes sacrés, la vermine et ses chatouillements insinuants, les préfaces insensées comme celles de Cromwelï,de 'Mademoiselle de Maupin et de Dumas fils, les caducités, les

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impuissances, les blasphèmes, les asphyxies, les étouffe^ ments T les rages, — devantces charnier* immondes, que je rougis de nommer, il est temps de réagir enfin contre ce ce qui nous choque et nous courbe souverainement.

Je viens renier, avec une volonté indomptable et une ténacité de fer, le passé hideux de l'humanité pleurarde. Oui, je veux proclamer le beau sur une lyre d'or, défalcation faite des tristesses goitreuses et des fiertés stupides qui décomposent, à sa source, la poésie marécageuse de ce siècle. C'est avec les pieds que je foulerai les stances aigres du scepticisme, qui n'ont pas leur motif d'être. Le jugement, une fois entré dans l'efflorescence de son énergie, impérieux et résolu, sans balancer une seconde dans les incertitudes dérisoires d'une pitié mal placée, comme un procureur général fatidiquement les condamne* Il faut veiller sans relâche sur les insomnies purulentes et les cauchemars atrabilaires. Je méprise et : j'exècre l'orgueil et les voluptés infâmes d'une ironie, '. faite éteignoir, qui déplace la justesse de la pensée,

La révolte féroce des Troppmânn, des Napolépn I er des Papavoine, des Byron, des Victor Noir et des Charlotte Corday sera contenue à distance de mon regard sévère* Ces grands criminels, à des titres si divers, je les écarte d'un geste. Qui croit-on tromper ici, je le demande avec une lenteur qui s'interpose ? O dadas de bagne! Bulles de savon ! Pantins en baudruche ! Ficelles usées ! Qu'ils s'approchent, les Konrad, les Manfred,les Lara, les marins qui ressemblent au corsaire, les Méphistophélès, les Don Juan, les Faust, les IagO, les Rodin, les Calïgula t les Caïn, les Iridion, les mégères à Finstar de Colomba, les Ahrimane. les manitous manichéens, bar- * bouilles de cervelle^ qui cuvent le sang de leurs victimes dans les pagodes sacrées de THindoustan^ le serpent, le crapaud et le crocodile, divinités, considérées comme anormales, de l'antique Egypte, les sorciers et les puissances démoniaques du moyen âge, les Promethée, les Titans de la mythologie foudroyés par Jupiter, les Dieux méchants vomis par l'imagination primitive des peuples barbares, — toute la série bruyante des diables en carton. Avec la certitude de les vaincre, je saisis la cravache de l'indignation et de la concentration qui soupèse, et j'attends ces monstres de pied ferme, comme leur dompteur prévu.

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Il y a des écrivains ravalés, dangereux loustic*, farceurs au quarteron, sombres mystificateurs, véritables aliénés qui mériteraient de peupler Bicêtre, Leurs tètes crétinisantes, d'où une tuile a été enlevée, créent des fantômes gigantesques, qui' descendent au lieu de mon* ter. Exercice scabreux, gymnastique spécieuse*

Figurez-vous les, un instant, réunis en société avec des substances qui seraient leurs semblable). C'est une succession non interrompue de combats, dont né rêveront pas les boule-dogues, interdits en France, les requins ek les macrocéphales-caehalots. Ce sont des torrents âk sang, dans ces régions cahotiques pleines d'hydres et de minotaures, et d'où la colombe effarée sans retour s'enfuit à tire d'aile C'est un entassement de bêtes apocalyptiques qui n'ignorent pas ce qu'elles font. Ce sont des chocs de passions, d'irréconciliabilités et d'ambitions, à travers les hurlements d'un orgueil qui ne se laisse pas lire, se contient et dont personne ne peut, même approximativement, sonder les écueils et les bas-fonds*

Mais ils ne n^en imposeront plus. Souffrir est une faiblesse, lorsqu'on peut s'en empêcher et faire quelque chose de mieux. Exhaler les souffrances d'une splendeur non équilibrée, c'est prouver, ô.j moribonds des maremmes perverses I moins de résistance, et de courage encore. Avec ma voix et ma solennité des grands jours, je te rappelle dans mes foyers déserts,. glorieux espoir. Viens t'asseoir à mes côtés, enveloppé dti manteau des illusions, sur le trépied raisonnable des apaisements. Comme un meuble de rebut, je t'ai chassé de ma demeure avec un fouet aux cordes de scorpions* Si tu souhaites que je sois persuadé que tu as oublié, en revenant chez moi, les chagrins que, sous l'indice des repentirs, je t'ai causés autrefois, crebleu, ramène alors, avec toi, cortège sublime, — soutenez-moi, je m'évanouis! - — les vertus offensées et leurs inépuisables redressements. !

Oui, bonnes gens, c'est moi qui vous ordonne de brûler, sur une pelle rougi e au feu, avec un peu de sucre jaune, le canard du doute, aux lèvres de vermouth, qui, répandant dans une lutte mélancolique entre le bien et le mal, des larmes qui ne viennent pas du cœur, sans machine pneumatique, fait, partout, le. vide universel, C'est ce que vous avez de mieux à' faire. -

Le désespoir se nourrissant, avec un parti-pris, de ses

»«Cw i a l » eon 5 ue et P»tique. Eu un mot, fait prédominer le derrière humain dans les raisonnements Allez et passez-moi le mot! L'on devient méchant, je le répète, et les gens prennent la teinte des condamne* a mort. Je ne rehrerai pas ce que j'avance. Je veux que ma poésie puisse être lue par une jeune fille de quatorze ans

■__,. /-> « , — ...-vo-.vKj-muiics ue notre

tf«£ ™ ? Ce , aUX femmelettes : Chateaubriand, le Mohican-Mdancolique ; Sénancourt, I'Homme-en-Jupon; Jean-Jacques Rousseau, le Socialiste-Grincheur ■ âS'dït ^ ffe ' Jf Sp^tre-Toqué ; Edgar Poe, le Mame^ luck-des-Reves-d'Alcool ; Mathurin, le Compère-des-

tS™EÎ ; r G T geS ,,T Sand ' l Hermaphrodite-Circoncis ; ' cÏIÎSa [ i? a K. tier ' l I nc °mparable-Epicier ; Leconie, lé Captif-du-Diable; Goethe, le Suicidé-pour-PIeurér •' Sainte-Beuve, le Suicidé-pour-Rire ; Lamartine, la Sol gne-Larmoyante ; Lermontoff, le Tigre-qui-Rugit; Victor £ÏÏ^' fe/unebre-Echalas-Vert; Misckiewic!, l'Imita. IZul ? C i a n " : Ml î^ et> ,e Gan din-^ns.Chemise-Intellec^ tuelle , et Byron, I Hippopotame-des-Jungles-Infernales.

Chaque fois que j'ai lu Shakespeare, il m'a semblé que je déchiqueté la cervelle d'un jaguar.

Je me figure Elo hïm plutôt froid q ue sentimental.

Le sommeil est une récompense pour les uns, un supplice pour les autres^Pmn^ousJlest une sanction.

fj- i 3 , m ° rale de Ç"éopâtre eût été moins courte, la . face de la terre aurait changé. Son nez n'eii serait P as devenu plus long. . . i otlrtil P*s

dm, e ^^L Perm * tS .* P ersonne » pas même à Elohïm, de douter de ma sincérité. '

-ifv, 01 ""! 6 J CS tur PÏ tudes <•" roman s'accroupissent aux etaiages ! Pour un homme qui se perd, comme un autre

H ™-!" 16 I?- 16 " de Cent sous ' H me semble P^ois qu'on

tuerait un livre, :|T -

- Lautréamont .

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