LE VOYAGE QUI NE FINIRA PAS
Voici donc qu'ont' brillé les lanternes des phares Dans la livide nuit où mouraient les galères, , Et qu'oubliant ses peurs et ses blêmes colères L'équipage s'exalte eu hilares fanfares h..
C'est la. fin du voyage et des périls moroses, Et l'immense bonheur dû tardif arrivage!...
Sans doute des mouchoirs s'agitent, au rivage!,.. Ils re verront, enfin, des robes et des roses !,.♦
Et l'aube a coloré la lointaine jetée Où la mer monotone et méchante se brise.,* ,
Mais, hélas ! nul mouchoir ne flottait dans la brise,. ,\ Et sur les quais hurlait une foule emportée
Qui lançait des cailloux vers fleurs néfastes voiles!-.. .— Oh! les rêves, parmi les roses et les femmes!.., Faudra-t-il donc encor se courber sur les rames Et supplier des mains les propices étoiles?...
— Les matelots navrés ontS cessé^leurs fanfares : , Et, pour fuir le rivage aux sanglantes colères, Déjà, sous le ciel d'or, s'éloignent les galères Yejrs l'illusoire rive où brillent d'autres phares. . *
. G.-AlBERT àurier.
o Novembre z8$o, .
Io8 MERCVRE DE FRANCE