LES CORNES DU FAUNE
tr« e l Vr i' S ?0h i es de , ce tem P s > a la différence des autres, ou de nombreux devanciers proclamenMe souci de
te? LsT iTSS 1 Un ' titre qUi Cn ^S^Ziâî pensée. Aussi, la lecture ae ces mots : Les cornes m-
Faune, evoquera-t-elle immédiatement une Jrie^S vi- ™T s y m 5 oh q ues ». «à s'épanouira l'amour, en ce ou ? iI comporte de sensationnel, au détriment sinon à Pexdu- Mon de ce qu'il peut avoir de sentimental. C ' U
lin effet, M. Ernest Raynaud s'est proposé de chanta es contentements de la possession pnysf que et les £ £ tesses qui s ensuivent. H s
Son volume, divisé en quatre parties : Paysages Pastels les Cornes du Faune, Deuils et Joies (TntZ mode fine parodie de la 'manière de M CopÏ
tin, ZdSrîr^ débute ? ar Une «*• d. ÏÏÏÏS
tins . jardins, parcs, bosquets, palais, ruines qu'attrista
sas; ^r^^r^—" * ia
«-> guirlandes qui n'êtes plus que de sépulcres ! Et plus loin : . - •
, l'Antinous, au fond des Versailles perclus
Et £*T e - nC ° r ? triste d ' ua cuIte 1™ «'est' plus, Et de survivre a ceux des rois qui l'ont aimé. -
-, J* ^ e , distra < ction dans les innombrables jeux plasti- «n nsL î cï? ™ ^ ^P 033 ^ 1 ^ Ia d oIenti obseVsTon croyait TtùT* ^ tOUJ ° Ur5 ' là même ° Ù ^
rn i°^ d i dU la ° ex ? a °g ue > en des fleurs dWinthe l'JrZl 1 ST T °À 1 Am0Ur de P lât « n'est plus, ' Oui uî ^ U1 d °? t la - pUre gloire «t éteinte, ' Que les temps aient été si vite révolus; -
Pourtant il existe encore une sorte d'amour, qui a* pour objet la chair seule, et guère la chair fraîche ^'affirme
*arde ?U °u n n'I V m Pren , d la paroIe dans *««*• ™ feu C wT ÎT'ÏT l lut de la ba »erine lui importe
préoccupe : ** C ° StUme ' * 1 Uel détail » *« *»
raire) 1 ^ ^^^ Ratsacd ( Bi bHothèque artistique et litté-
FÉVRIER xt 9 x
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incontinent le pli de l'aîne s'aperçoit. ' '
Leur mine eMe es! de mime et sVffémine- an t««. Pas une soie |ain 5 i qu'il plairait à la Force Ne velouté de brun le sa fran de leurs ^
iJcVrSZ J tr r P° udrederi «s, maquillés et faisandés rendra? *«*"■* noM prennent quel «h, on £5
Moi, j' ? i me tout entier, au seul gré de la Loi
aux mit un cœur d'éphèbe antique en mV^oitriae, :
La plaisante églantine indolemment s'effeuille '
met'trM 1 ? 68 de luxure- sont vite suivis decbâti-
S ' cl «, ; £ l ï na 2 d J DO - US c <>»^s S e dans 2?«J& ,/ 7ot«. u e sont d'ahord des lanirueur«: H'„«- -^T,
équivoque, de viles «ti^tfc^JKTLiïïieÎTdf senchanter une vague conscience de leur naTu r " * dé "
'ii'bSÎ! qUC > j? Vai ? t0mb€r en d^iUance :
D« fleur, L°" '- e ?*? **?«* de ï'^souciance Des fleurs qui „ ont de soin que celui de s'ouvrir
maTnf^dï^ai^ iï™' P*?»"* **&&*, des flendeserônf £ ■ ,™ d am ° ur dans les c hairs roses. J Elles
sesse ; ' De tarderont P a » A lui révéler lew bE!
Et cette odeur, quoi que j'en aie et que ie fesse
MesTen,' f *"*«»«' rimét eQ *&*&* Mes sens, o quelle alerte d'eux ! dont ie n'ai oas Rassasie comme il fallait la pojnlace. P
Alors s'éveillent et crient tous les appétits mal 6n J n , S° e U ™ al étou ?f s de »» chair. Des v?fagèï eues cor S"
Son image vient s'accouder sur mon sommeil est-il écrit d'une amazone. ' ;
Toula la bèt, Tit an iimd des yeuI pa ; ens
de celle-ci* Cette autre est parfaitement sotte et indifférente à l'amour qu'elle inspire :
Et voici qu'elle laisse aller la "file «Foies . i
De gros rixes, à me conter les vaines joies
De sa vie, où mon sentiment n'entre pour rien. ! |i
Alors un cri de révolte s'échappe des lèvres de 1 amant : ■ ' .* / .
O pouvoir m'affrancHir 4u fol amour que fai . / ■
Ues corps charmants évoluant dans leur souplesse! ï
Il veut devenir : ' ':-
ce moine qui se levé . . : : ;ï
Et passe, ayant muré tout son corps au dehors, ■ ' «
Avec, aux yeux, la seule image de la mort r ■■
Maïs ces héroïques résolutions s'évanouissent en fu- : v mec. C'est folie d'entreprendre la lutte contré les impé- = rieuses habitudes qu'on s'est données. Il suffit d'un rire ' éclatant, de l'odeur énervante des bois pour réveiller dans leur fureur les vieux désirs éperdus.
Quel parti prendre? - ," :
Redevenir plutôt la brute, d'autrefois,
Mais une âme désolée s'est trouvée dans cette brute,. et le mensonge de l'étreinte ne lui suffit plus* Seulement elle est en proie au juste désespoir d'avoir irrémédiable- ; •ment manqué sa destinée, et il ne lui reste un refuge que dans la mort, la mort sans courage ni grandeur, comme la désire un sybarite.': .. ■ • ■.-..-.
Les soirs exquis n'ont plus d'oreillers pour mes rêvés*
.La fcelle ileur que j'ai cueillie était trop brève. :
U quand— simplement comme un qui s'endort— mourir'
De cette analyse des. Comes\du Faune, il ressort que ! M. Ernest Raynaud, dédaignant le facile rassemblement ûe pièces disparates sous une étiquette quelconque a compose une œuvre d'une rigoureuse unité. Chacune t des parties de son volume concourt à l'exposition dé la thèse morale qu'il 1m a plu d'assumer, et toutes sont dé- > veloppees, les unes par rapport aux autres, . en proportions .harmoniques. •
S'il est fait mention ici d'une thèse, $avoir : la brève aeception des jotes de T amour charnelle n'est pas à dire que le poète se soit soucié de démontrer quelque proposition La poésie n'a rien à prouver, rien à" enseigner • ; — c est affaire aux sciences et à leurs méthodes •— elle a pour unique devoir de procurer l'émotion esthétique;
ni de 1 mjféuiositë d'analyse» pmh*
et de laqUahie des sensation» de .on Îtd-^KS* moyen desquelles sera taoéria m»LuL.i * : ^EWf *> Uelpr. : 0i cette &^^^SSS^tSS£
qualit/ de dominante fa 2ÏÏSÎ ? P ° S * r * f" iiv * «"
plus haut, hïîss; ^ co^x^a^r ,e *"P^
de son et de couleur C i^«™^l'!. * ** •«•«toiw
tement vers Ju Td?tS£ i^^ MI 5^* ,,ît ****-
aux spectacles symb6li qu .Mvoî»e*Vr1es1±r fiff en jugtj p»r cet «quï*poeniè : P **> qU ? n
' S?ckL é ?° d "f .* 5t i ,ene 4t «*« *»*<>« coté* da cuisse nue et son beau torse de héro* "
Opposent leur alt^e anx pourjw eÏÏtée.
Des rub,s doat palprt^ »p P rt s, H bSeÎTs.
Et n»n^i fl ? rit à ** dt ^ ""*" toisées £t, pantelante comme on cœur an baot aL ,«„„.. $a livre unit pour la prié» et les ££•„ ^ ' Jout e ssng JuCalvaL aùxVose, de^Attiqne.
!.« col blanc que Nisns aimait êtes E rvale
■Et ESF tt ^^-^-5=s.-*S
ners, les terminaisons féminines aux masculin*. - **.££ u succession, consacrée »ar un vieil a™ li-- * ^ * P cuHne, et féminines atî pas Ôbjerïef' ^ "**» "»*- . • bt la rime a pour seul but de satisfaire l'oreille, l'ai-
iU MEKCVRE DÎE FRANCE
liance de pluriels efcdè singuliers, dans les' mots h terminaison identiquement masculine ou identiquement féminine n a rien que de légitime. Dans ce cas, ce «ont toujours des syllabçs de même quantité qui sont accouplées, et, pourvu qu elles aient fa même articulation, en : d autres termes : quelles possèdent Ja consonne d'appui, elles seront irréprochables : < Héros» et « brasero » s'accorderont à merveille. /«*«» »
m J'? a " t à . la rime entre un mot à finale masculine et un mot a finale féminine, elle paraît devoir être absolument rejetee, par cette raison : que le nombre des vibrations. : sonores de. I une ne se trouve en aucun rapport avec les ' vibrations sonores de l'autre. « Côté » et « exajtées »
ne riment pas. Dans chacun de ces mots, la dernière syllabe est bien tonique, mais dans le premier elle est brève, tandu» que dans le second elle est longue lin ce qui concerne la succession -des rimes, "la ques-
fton est controversée et paraît dévoir demeurer insoluble Konsard, après n avoir tenu aucun compte de la rèjrfê aujourd hui classique : < q UÇ les masculine* et les fémi-
îsTreindre' 611 * 5 * ?UÇcéder in MacabIemeut >, finit par s'y ';
M. Ralynaud pourrait arguer en faveur, de sa manière , -.S!?f certaines terminaisons masculines donnent à l'oreille •■' -
1 illusion de féminines ; telles sont : tiïr± eil, et autres - analogues. - * -, '-• . "
D'ailleurs, il y aurait mauvaise grâce,, eh ce moment, ou notre poétique française est bouleversée de fond eiî comble, a trop approfondir la technique des Cornes du taune. bi 1 auteur a quelque peu violenté la rime, tout au moins a-t-il toujours respecté l'assonance, .qui est un mode légitime d'accoupler deux vers. -
.Ha cru aussi, et grâces lui en soient rendues I que les rythmesUes plus variés trouvaient leur compte et dans ' notre vieil alexandrin, et dans le poème à forme fixe II acompose tout son volume en sonnets, estimant qu'il ■: n est pas besoin de chercher de nouveaux vêtements littéraires lorsqu'on possède depuis le distique jusqu'au V : chant royal pour habiller, selon la nuance qui lui convient, chacune de ses pensées. ■ ;.'■"'.
M. Ernest Raynaud, bien qu'il ait délaissé la poétique de ses deux premières œuvres : le Signe et Chairs tro- ; fanes, est encore r plus traditionnel qùé novateur- un beau, souffle d'art passe à travers les Cornes du Faune : ' C est plus qu il .n'eu faut pour la joie des lettrés.
EDOUARD DuBUSi ■;."■' '.