UNE LETTRE INÉDITE DE BALZAC
La lettre suivante, cachetée à l'initiale h surmontée d'une couronne vicomtaïe, se rapporte à la période de juin 1832, pendant laquelle Balzac, à la suite d'un accident de voiture, était au lit, <t saigné, à la diète et sous la défense la plus sévère de. lire, décrire et de penser. » (Corr." I. 14$). Elle provient d'un monsieur Galîsset, mort président du tribunal civil de Pithiviers, et peut intéresser les Balzaciens. "
« Mon cher monsieur Galîsset, la dernière fois « que j'eus le plaisir de vous voir, vous m'avez « parlé d'un terrain quer vous possédiez rue « Notre-Dame-des-Champs et que vous vouliez:
« vendre; l'on vous proposait en échange des « valeurs qui ne vous plaisaient pas, mais qui « représentaient huit à neuf mille francs. — Or, si « y/, terrain est toujours à vendre, je viens « vous confier assez bonnassement (sic) qu'il me « conviendrait de l'acquérir et que je vous don- « nerai par portions égales le pauvre argent du « poète , afin de thésauriser un peu au lieu de « dépenser les revenus incertains de la plume,
« Si donc ma proposition vous agréait, ayez la « complaisance de nf écrire un mot rue Cassini, « numéro i, avant le I er juillet. — Comme il « s agit pour moi de l'emploi d'une somme très « modique, qui doit m'arriver partiellement et « que je voudrais l'utiliser, ma proposition et « mes moyens sont bornés et ne me permettraient « pas d'aller au delà. — Je voudrais bien que vous « m'indiquassiez promptement le gisement* de « v/. propriété afin de la faire examiner.
« J'imagine qu'en cas d'affaire vous me donne-
« riez toutes les facilités possibles pour les paie- « mens qui seraient soumis à mes rentrées, et « ces rentrées sont des restes de liquidations assez «: difficiles à arracher deis mains de mes débite teurs* \ [
<£ Agréez mes compiimens sincères* -i— Je sou- « haite q e ma lettre vous trouve heureux etb^en « portant au milieu de vos domaines. » i
dé Balzac,
« 2 Juin
<£ J'ai dédaigné de vous dire en style d'acqué- « reur que tout ici est mort et que les affairespoli- % tiques ont porté tout au plus mal dans lesaffaires «: immobilières et commerciales, attendu (jue vous « êtes homme d'aflajres et moi homme d'imagîna- «r tion! > -
On voit comment £ écrivain savait augmenter ses
dettes, en achetant sans argent des terrains inconnus,
S R. MïNHAR.