COMEDIES D'ARISTOPHANE
Les Belles Infidèles ont fait leur temps; c'est les traductions que je veux dire : la Littérature est en progrès sur la Vie. En ce siècle photographe, le Réalisme a gagné l'Archéologie, même le doux songe virgilien (un peu fade et pâlot) des Humanités : le traducteur est exact, il veut l'être, et, maussade comme les lunettes d'un Privat-docent, TAlceste intellectuel, gavé de grec, a dé plus rares occasions de crier k la prose française, frivole Célimène : « Ah ! traîtresse 1 ». » Que Perrot d'Ablancourt soit mort sans postérité, vous en
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voulez la preuve? Dans l'Aristophane, on la trouve, dam 1 Aristophane dont M.J. Denis, doyen de la Faculté de Caen, vient déditer une traduction posthume, confectionnée de grand ahan par Ch. Zévort; 1* Introduction, aux documentations copieuses, a même la mélancolie romantique des choses inachevées* * . Pendent. . .
Ouvrez ce bouquin; comparer c'est comprendre; choisissez donc un passage à votre goût [non Lyststrata, puisqu'on cette année de pudeurs éperdues la Fille EU sa 5C fait in lettre, mais, par exemple, les Grenouilles et leur querelle si Femme*- Savantes des deux Poésies Eschyle -Leconte de Lisle et Euripide-Coppee (le cri barbare yUrroÔpotT opposé au refrain faubourien >^xuOov ànrttosaev « il a perdu sa fiole »}, ou bien les chœurs des Thcsmophorïes, ceux des Oiseaux surtout qui yous édifieront sur l'Atticîsme.. jugé la plus belle des choses humaines par Anatole France; ou encore les Nuées, au bouffon débordant de lyrisme, Falstaff jouant ArieL « Nuées immortelles, prenons notre essor sur cette* humide et légère parure qui nous révèle aux regards... »]
Votre choix fait, coflationnez le passage lu dans les traductions précédentes : Artaud vous paraîtra douloureusement vieux jeu; Poyard plus terne; Fallex plus lâche (et fourmillant, d ailleurs, d'extraordinaires strophes si pompier!) Ardant d un fier courage, le valeureux Zévort a combattu le mons • tre; précis, nerveux, érudit, philologue, archéologue, U n'a rien épargné pour nous donner une idée exacte de ce Rabe- — lais antique, le charme de la canaille et le mets des Jules Lemaître.
Une idée exacte? parbleu; tout calque est un Idéal! Son portrait du Sophocle scurille, ennemi forcené de toutes les décadences qui subtilisent, xou^evptiuxw*, n'évoque pas, ne pouvait absolument évoquer l'Athénien du v* siècle, voisin de Phidias, dont les lèvres devinrent le sanctuaire favori des Kharites. Mais l'effort est louable, encore un coup.
Très utile, la Préface, indispensable aux pères de famille qui pourront y puiser des renseignements ! faute desquels ils seraient exposés à demeurer quinauds devant leurs fils, bacheliers récents. La mort ayant trop tôt fauché le professeur févort, ils ignoreront toujours ce que fut la Parabase; mais il leur sera désormais loisible de lever des épaules méprisantes en lisant, dans les Manuels, que ce réactionnaire enragé propriétaire foncier à Egine, plus rétrograde que M. Sardou, plus artiste aussi, moins gêné parla loi <t«s Trente que 1 auteur de Thermidor par la Censure, causa la mort du grand Novateur. Doctorale ment, Us exposeront, entre le Chester et le Beurré gris, à leurs invités stupéfait», un peu vexés peut-être de découvrir che* leur tmphytrion tant de science, que vingt-quatre ans seulement âpre* les tfuétst — vingt-quatre ans, mon cher, ç* compte! — Sothrate bu gaiement la coupe empoisonnée, le matin où : la 'blanche théorie revint de Délos à travers la bienveillante lumière
Au pittoresque argotier de Truandailles, à l'helléniste ar-
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souille dont on connaît la- si jWeofontiste dissertation, honneur du largonji platonicien, sur 6 Tt dtvcux*û; au licencié es lettres touranien des Blasphèmes, qui, dans sa « Réponse du Cyclope » :
Le tonnerre ^ fit~il<, voilà : c'est quand je pète,
manifesta clairement un état d'âme idoine à la compréhension du drame satyrique» pourquoi diable un éditeur intelligent (mais si. mais si, il s'en trouve encore) ne demanderait-il pas une traduction d'Aristophane? Commenté par les amusantes reconstitutions de Roc heg rosse — au besoin, on appellerait à la rescousse,, pour Lysistraia, le phallomane Félicien Rops — : Pouvrage se vendrait comme du (Monté). pin.
WltLY.
LES LIVRES (1
la vtE ÔRt$£? Le Vierge, par Alfred Vallbtxe {Tresse et Stock)* — V. page 167.
Le Curé d'Anchelles, par Georges oe PeYREBRuma (Den* tu). — En lisant le Curé d'Anchellcs, on se croirait en train de rêver devant l'un de ces beaux paysages peints selon la méthode du grand siècle pour des chambres a coucher de rois sévères ou des boudoirs de princesses vertueuses; et on ressent, au cours de cette rêverie de luxe, un plaisir secret qui peut aller, ma foi, jusqu'à l'attendrissement. Le roman ne sort-il pas de la légende héroïque ou des contes de fées? Considérer le roman comme un décor ayant le devoir d'offrir, a un pnblic généralement vil le spectacle de cette féerique richesse qu'on appelle la vertu y rien de plus fou... mais aussi rien de plus noble. Le Curé <f Anch elles est un prêtre chaste. Il aime une femme chaste et finit par se faire tuer à. la place du fils de cette femme eu un jour de guerre. Religion, amour ^ ' maternité* patriotisme, tout est sans défaillance dans ce livre exceptionnel, d* ailleurs d'une sereine beauté classique. Et pourquoi pas? Ces ouvrages-là sont de plus en plus rares, ils ont leurs amateurs enthousiastes. Je ne parle pas ici de la
(1) Nous sommes obligés de remettre au prochain fascicule les notes bibliographiques annoncées sur : Le Pèlerin Pas* sionné (Jean Moréas), Le Don d* Enfance (Fernand Severin), et Peines du caur (Jean Surya). — Au mois prochain également : Vieux (G. -Albert Aurier); La flûte à Siehel (Max Waller); Les Confessions. Souvenirs â*ùn demi-siècle, *8jol8ço (Arsène Houssaye); Talleyranû , Mémoires, lettres inédites et papiers secrets -, accompagnés de notes explicatives (Jean Gorsas); Presque (Francis Poictevin); Le Jardin de Bérénice (MauTice Barrés) ; Femmes et Paysages (Jean Ajalbert) ; Le Bonheur de mourir (Auguste Ch au vigne)*
morale banalement étalée pout les fontes, uni, 4W «unie «Î.JL S»?* ? artiste, sans parti pri»; peut de^mTi! phrase élégante «t le mot génial. IJs^Da 'Sut W^^hTiet byoux longtemps gardés Su fond d'un éSta dBS'Sfï" coup exposes dans la vitrine d'un motet, rendu. roblic7J devenant presque scandaleux à forée d'éclat *S , enaS?0^n«. nous ayons motif de sourire ? Cortea, il existe d*Tlrt5*«S*
dites Mies le* amours sentimentaux ; alors je ne a&Mundrau point qu'on eut envie de ««!« la <rèi ao*W1E£î aSmiffi ^ 1<S «-"—»* « ta. detoutes'leï^S.
Si les très pures mains de George» de Pevrebrni» ' -«. croyant fouiller des chairs humaiaes^élèvent ^ Sïïe's Z
LaS^M ! m !r ^i** 6 ' P " H ^ CBJ1 ? ,! f*«« de Chou,
v%? *Artt, parlant d'un ronum 1 par une femm*, M. D» " Valcarenghi reprochait A l'anteur de n'avoir pas posé 'de ihfeïè! en d autres termes de n'avoir pas bien su c* qsTil T SSlt
?«« A" "" ? •** ô ui ^ bat ' écrire nn aombîe moywX £ ?£ * M ? tnire »«Wlde en a^ des thèses ; elle en a pfeta la tête, et ce hvre en développe plusieurs: !• qu'un assaateat simple et propre n'est pas sans beauté; a» que la.mdrHoit être a:mée absolument, étant l'Absolue! Voila &£KM?
pour le prémunir de toute chute dans le banal. Teodant * EffiS" M ° la,d< l nr *. Verf *. excessive, le meurtre u« doh ÎSÎ^""*! l! peUt même "«l^rir une 'valeur morale pu esthéflque. Il y eut un adis où tout homme vivaiteous la perpétuelle menace d'être tué : cela donnait aux actes min-' ^,i^ an T> ac î? Urs Bne r e s P° ns »WlHé que l'ordre *obÎ.I w • enlevés. Un homme qui par son caractère et ses «estes nous reporte en ces temps {tel l'Homme delà Songlantllmù) est donc fait pour intéresser comme tranchant violemment sur
en images un épisode vers la fin du tome (uo épisode, il nous !/!!?■ 'm / M,1 « ,lante , amertume), est plus discutable et même niable Ta mort n'existant pas nr elle-même, n'étant quune simple négation (1 t — c ). Pnis en ce gftut do la mort, je vois moins de logique et de goût réel que d'uxasoération et de coquetterie, dUerration un peu pervers», « même temps un peu simpliste : c'est un Désir qui, en route »ur l Au-delà, s embourbe et se réjouit de «'être embourbé 1 ensemble du livre, on reprocherait de ne pas donner toiit que promet l'introduction; s'il n'était évident que rjttteur puisant pour une partie en les souvwutï d'UnWe et tfB^S-"
pour
ce
(1) Voir cette, de Frànte, p. 6'^
Préface dans le dernier numéro du Mercure
fairftrop aLhhU°£?' -^ï Z? ™* de démonstrations, =^£^ ^^^^^^^ Ta
v*-:*, i«v«5^s panâtes, un rythme varié nàr de hnM^c
d.gahté, l'économe, - de cette exubéranfe' l7d?, c £ P T
L repasser des choses qu'on n'ira point vérifia K
SlJ "*'*. C- 1 ""'/' «* l'histoïre d'un philoZhe cam^f
euv ^t ««!; * -, du souffnr «n certain temps parmi quelle trou profond, tous l^Lrta^Lffi^Z empSnneTa crê^î ! ^ soumoise ^nt, devant eux,
«o„ ^e le Po'ète ^ttÏÏ^ SS«STS iSSf S M G S £ C ° n H™ POraiaS ' tout an mo^sT Lùr ind^é-
MARS 1891 lBy
d'eux-mêmes qui furent le plus étrangers à tut » Bt a choisit quatre noms fameux f Théodore *,h*^&Z
îeôr r °Â P £' i m A aDd Silve , stre ' CatuU * Mendès~ÏÏràohS; ™/t~ f ommé * A à „ c « 1°'"*' représentent cha«n on, 7S,
«« Infreilf"^ P ^ d,aill «> re > 1« M. BeiïïS Si <li V?u " § ne , c * rtaia « convenances trop dédtkséM
Nature dt„« y / 1 art e ** Urt et «^ »«our profond de* Aature dans ce volume: a Les Pommiers tn fleur ». ane
tadiri «t™-*? ! H S™ W*« «1° il ««ne à la façon d&n ci- Ion l'a for? % £ lhl , Ver ' à la J vie d * «"■ Ses ™» ™£* ,1 dit Ils évoouLTI!:' la - < ' 1 gran ! e "î er retentis **»te », comme
des mou-tte^/t V C1Cls ^ S - du vo1 des ^rondelles «t ues mouettes et des coins délicieux de boi*. où des lonrent
Pleurent sous les mousses. M. Blémont célèbre? en «te. -^a
ï" ménJ£~rJZ f'*'^ N «>™-»< u *. s » fiÙ" accourt s -s ménagères robustes. Il est de ceux qui placent dans la
etc î cft âèta l' I e VCrs : a Oforttnoto* nimiumî
Savent %ul iîîïf SU, ? Ut 1 n lî-y^Ptle. Ses tableautin.
dernière Z.k ^ *""**««*► parfois, se fait jour, à la
Sa» • m-E ^ ^'1 - eS VCfS de P ure «Portion métaphy- '
sique mais c est le moins souvent possible. Toute une wg.
B «S U ' a Y« ;des grâces chVrmantes, des m^tih^e ces vers f 10 "' de chanson . s Populaires, dont me restent
Tant qu* on, n'aime pas y On est Barahbas; Aussitôt qu'on atme, On est Jésus mente,
"de Victor Ti«« J £ î » t ra P? eitent P« trop la manière fi J £ g °' du H ™8° de ** àkamtmi des rues et des tois
bien S nneTl/ 6 TFÏÏl *' î* P ^ art deS ™ tres . nM ™to Sa faS à ^t;„ M - B i émo ? t e « ™ formiste remarquable. ™Wn£îl, t disp ° ser d « "mes et des rythmes est presque miraculeuse. Il 3 des vers comme celui-ci : ^
... Z* firmament mêle à la forêt mouillée ■Ues palpitations de clarté pâte.
Somme toute, un livre de vrai poète, à lire et 4 relire et
VZ2SS2 f"""" M A-^ *■ * & *£
Gramf de Villiers de l*Xala»Jkd»m ddor T>r T.» -*» B XINK . (Extrait de la revue . yj£?l Amste^m?,^
iSS
tuelle de Viffiers, montr^mm^t "^ S""**** Selléeet de Poë, de B.odalito a^T^fc^TlSF* $» Hoffmann lyse les œuvres, en rarmelant -«™ ^' i etc 'V lauteur a *»adoivent à telles' st teîkf fn£nce S v ■EL**' C f, qn ' Clles
dais, ViUiers fut un romantiot,* »îît£ ■ cntl 1 ue i°llan- . énîginatique et ironique S^™* ' ï** ron ^tique
écrits, en un temps de nat n«l,- ^ PraSCnce ' la P arole et les «ne iaute proStion Et entï^ «»▼«* tris ba?> forent naturalisme n'estoC' # t *2* enih, « : car Villiers reste et le caM'observatioï fe- ddnfM | a o t ?»* ™ hisser! parfaitement — date, -semble-f- fi' £ * " - aiUeMs i se n>oque loin. Lire de « 2W&.& flÏÏS £*£ P6 j?' U ? ?«» plus gris canaux de. Leyde (°b dem» J w T° g t eS SI „ ca ln»es, si. . page d' «.^ca ».W te ^w'ïv Jan ^ Brink ).'"«- % tourdnBurs — et *h „L * lees «^tournent au- -
. Pr^ûe avenues oltes^rS ITJ^ lsS *»^™ ' ouverte •: dans cette ^ll^virill^f 1* nt 1 ^ ïtrte déèo ™ais . sique, janséniste et wotestLi "^ *« l 9*i« et cW
cial : et pour cela , sans ;w? % "li ^ doit êtr ® b e ° *P*- ,
• La brève notij £ *\f < *' * artcle est Pressant; "■■
surtout fine et sJiritueUe?" Symons «* ^dotique.:! elle est '.
René GliiL Henri Heine <;i,77^ t> "* vers * ûo AJ ^ <>ici la Juste :
Glatigny, Matfcurin Régnier sS V, s e î - lon > Mllsset ' Vigny, Banville et Ronsard Âw£ °'u ?an ^ eIa:re f Verlaine, Il emprunte le fond de l'un * ^SiE 018 "* 1 * \ eur doit tont l'autre ce qui lui permet de parcourir en v^V ™' de nne dextérité .méritoire,toutes les ^mme?™,f P!eCeS ' aVec çaat au naturalisme et finisse* I ?f T? ■ connues, commen-
wi™ « -n nnissant * -h dehquescence. E.D.
«lumen, par Pierre Devoïcy ~n U-' composant des poèmes bien ryttmés d„ï t^ VefS J* 1 **"*». : . uns avec les autres afin dWnK ' 3 5- s har ™onîsent les
idée dofflmatrice^rôbTto^^^ 1 ^^™ 8 seule Verlaine- ^.to^-îoî^^SîaSSf^* 1 ^ .
%£ s générations en flottilles contactes . .
V«miw,*«„ /„ Toï*,™ ^ Fnûïs fastueux Jettent par-dessus tord argile S»JS^L ■
Tzennent la barre sur F effroi des catarS" ' ■
-M.. Devoluy nous révèle là bien du talent r~ m ^- ,
en montrerait-il s'il ne subissait l'înflJLj Comblen pte qni proclame-* la n7e ? thod^e é™w^ ^ C l du grand P^tife .. poésie rationneHel fl etùode ^o^tive-mstrumentiste d'une
ïP9
Les Suppliantes d*E$etyle y drame lyrique en de** **-
a * C if n WSy ir £ duit eî àda P !é P 0Hr ' la *'**' fi*r Paul àbaur (Marpon et Flammarion.) Des trois tragiques grec», deux sont d'habiles dramaturges, pleins de talent et de ressources, connaissant à fond le métier; Sophocle est un peu dur et amer ; Euripide, pour plaire àl un public devenu pitoyable, se fleurit de sentiment, intercale dans telle sombre iéirende des amourettes et dp* tmloni-».-;/»* : j - .
^^ |V ^ jjwcj. xibcnyie a eent le Promëthé*, la seule 11 œuvre grecque qui soit redevenue adéquate à notre besoin, I en littérature de l'horrible et du fantastique, du rêve trouble ï et de 1 inexpliqué. Sans avoir le même intérêt de mystère les Suppliantes ont, néanmoins, une grande valeur trafique et lyrique : c est faire preuve de hautes préoccupations d\rt que de les adapter pour tenter, je suppose, la Comédie Française. Les traductions en vers ne me séduisent tfuère "• on v prend trop de libertés, à moins d'une méthode sociale' aVec le texte : celle-ci vaut bien celles de M. Lacroix R G
CHOSES D'ART
Voici que s inaugure la fatale saison des expositions. A peine closes les salles de Durand- Rue l, où, parmi d'authentiques horreurs, on pouvait voir àeiRodim, des Carrière (portrait de Verlaine) et un beau tombeau de femme de Bartkohmé ce sont les petits salons des cercles qui ouvrent leurs portes' IhPATAiïT, le Volney, sans compter I'Exposittok d*s Aquarellistes, le tout encombré jdes coutumiers chefs-d'œuvre que Ton sait. \ .. ■' |
Paul Gauguin vient de terminer un portrait à Teau-forte du maître Stéphane Mallarmé.
Nécrologie i^Mcissonmer, Chaplin -^ mais heureusement Pierre Petit et Fragonard vivent encore, r
Nous apprenons la mort de Théodore Van Go#h; le sympathique et intelligent expert qui s'employa tant pour faire connaître au public les cèuvres des artistes indépendants les plus audacieux d'aujourd'hui, pendant les trop courtes années qu il resta directeur de la maison Boussod et Valadon du Boulevard Montmartre. , G.-À. A.
Echos divers et communications
ii ^
n^,?"* 1 ™', da Z ' évriw - -h « «rait bien oiseux de narrer tout au long, après tant d'antres, la fête organisée par le groupe symboliste en l'honneur de Jean Moréas, et que présidart M. Stéphane Mallarmé. Toutefois, avant de pubfër la bste complète - on à peu près! -L des personnes présentes, nous noterons les toasts. *
*9<> MHRCVRB.DE FRANCE
M. Stéphane Mallarmé :
ci A Jean Moréas L , qui y le premier f a fait d'un repas la canin séquence d'un livre de vers, et uni, four fêter le P&le&iv « Passionné, toute une jeunesse aurorale à quelques ancêtres,
« Ce toast,
a Au nom du cher ah sent Verlaine t des Arts Camarades et de « plusieurs de la Presse , au m hn , de grand cœur, »
Jean Moréas répond :
ti Seul, un silence ému saurait signifier combien je garde rat « doux le souvenir de cette je te. Je me lairai donc, mais non .1 « avant d* avoir porté la santé de Paul Verlaine. * j
M. Henri de Régnier remercie l'assistance de la faveur avec laquelle fut accueillie l'invitation au banquet; il remercie spécialement M. Stéphane Mallarmé, « qui a bien voulu, en acceptant de présider cette réunion , l'honorer de l*autorité de sa présence ». Puis il nomme Théodore de Banville, Sully Prudhomiue, Léon Dicrx, de Hérédia, André de Guerne, Philippe Gille, Francis Poictevin, Armand Silvestre, qui, empêchés, ont « notifié leur absence par les lettres les plus courtoises » T M. Henri de Régnier termine en buvant « aux uns et aux autres, et à Leconte de Lisle, le doyen des? Lettres françaises, et aussi à notre ami Jean Moréas. 3)
M. Maurice Barrés boit à un mort, à Charles Baudelaire , . — et M* Vanor à un autre défunt : Jules Laforgue. M. Albert Saint-Paul remercie les organisateurs de la fête. Charles Morice lit an beau sonnet : A Jean Moréas. M. Bernard Lazare boit à- M. Anatole France, « au très habile écrivain, au ; plus autorisé représentant de la critique parisienne* cette critique toujours bienveillante (sic) pour la jeune littérature, cette critique pour laquelle nous avons tous la stricte reconnaissance due à tant de si généreuse et vaillante bonne foi ». M. Achille Delaroche boit à la Poésie Symboliste et à Stéphane Mallarmé (longs applaudissements). Dauphin Meunier salue « les Arts camarades ». Maurice Duplessis Ht—trop vite — un superbe poème. M. Georges Lecomte boit « à ceux qui ne mangent pas ». Et M. Clovis Huges, après quelques mots drôles qui rattachent Marseille à la Grèce, dit avec chaleur une longue j oésie, — ce qui lui vaut un toast de M. F. Vielé-Griffin. M. Tellier boit à la Poésie. M. Emmanuel Chabrîer unit — avec quelque difficulté — la poésie et la musique, et boit' à Mallarmé et à Moréas, M. Daurelle ditqu' « il est ici un é minent journaliste et grand romancier », et il toaste en l'honneur d*Octave Mirbeau : applaudissements frénétiques, après lesquels R* Minhar et Raoul G in este col-v laborent à se rappeler tels vers de Baudelaire, avec quoi Gineste porte la santé de Félicien Rops .
Voici maintenant, telle que nous avons pu Pobtenir, la liste de Babel des personnes présentes :
Stéphane Mallarmé, Jean Moréas, J, Huret, Octave Mïjrbeau, Schuré, Henri Lavedan, P. Quillard, F* Herald, Gh. Morice, A- Delzant, Emm. Chabrier, Sherard, Hugues Rebell, G, Heymonet, Mathias Morhardt, Paul Percheron, Tausserat,
MA*S t%s ',,,
Albert Saint-Paul, Dufay, G. Sén4chal, Ach. DeUml». Gauguin, D» p h, n Meunier, Alexis Boudrot, Paul Sotaacd. fcrnest Ravnaud, Maurice dnJPlessys, Souda?, Attg. Germain
^°n5° n r£ on « ieux ' G T ™«*. *?• Quittai, sfgnae, f&l Renard,, Ch. Bouguereau, CnaindW, Meyerson, Cartier. V«erre Herroant, L. Barracand, Gayda, Eug. Tardieu, Bunand Léopold Lacour, Clovis Hugues, Dauwll», A. FÎwtai-
5™'J? Ji° n -^fnt G> J ta ? r ' J- Christophe, ». Giiwate, Seurat Mauncft Cabre, Maurice Barres, 4îenri de Régnier Bernard Lazare F. Vielé-Griffio, H. MaMl, 'Bwalti, RHti»: S".' ? JM>«rt. Lintilhac, Daniel Berthelot, Alfred Vallette Fehcien Rops, André Gide, Albert Samain, Raymond Bonheur! Qjiiquet, tfubreuilh, l'éditeur tacroix, docteur Baifeevara G. Lecomte, Jean Carrère, Collière, Fâcha, Fourert, Anatole France, Bartoux, Bonnet, Saint Silvestre, R. de Bonni*re», Capillan, Ch. Raymond, Félix Fénéon,- BaiUiot, J. Le Lorrain, La Tatlhède, J. Tellier. — M. Catuhe Mendèa est arrivé vers onze heures, descendant du train de Belgique. Ne quittons pasJUs chapitre des banquets sans parier du
Twl'T l nC - ^f S ?**" * *".'* < 5 févri «). ?■««' par' Jean Dolent, et ou l'oni remarquait lts peintres Eugène Carriè»,
Paul Gauguin; le poète Charles Morice; ^affichiste Jules Cheret; le statuaire Jean Dampt. Etaient là auasiMarc A marneux, Armand Renaud, Paul Dupray, Henry Piawa, Charles Masson Félicien Champsaur, P. Gbrt, Ernest Carrière, Attache Albert Maignan, Jules Valadon, Armand Berton,— Grand succès pour Charles Morice ; bon accueil à MM. Marc Amameux, Armand Renaud, Henry Piaara.
, Ont paru ces derniers jours : chez L. Genonceaux, le Sanglant» ironte, par Rachilde ; chez Savine, Vieux, par G.
ValfeUe fler ' **" Tl **i W Ct St ° tk ' U Vier &> par Alfred
Le catalogue complet des œuvres cPOdilon Redon ~ tableaux, dessins et lithographies — sera prochainement publié par 1 éditeur Deman, à Bruxelles,
Ce n'est pas la première fois que, soit comme député soit comme avocat, M. Miilerand plaide « pour la Littérature » Dans la question de La Fille Elisa, mû par son respect de la liberté de Fart et de la pensée, il a prononcé a la Chambre quelques paroles spirituellement ironique» dont il fcut Le congratuler {Thermidor ne nous a pas fait oublier cet incident plus ancien, mais plus intéressant). Avec tact, il n'a pas trop insisté, comprenant qu'on ne raisonne pas avec l'hypocrisie et quon ne peut, en deux mots, instruire le provincialisme de gens ignorant que M. de Concourt a montré, depuis quarante ans, plus de talent et plus de courage qu'il n'en feut pour être, — de droit, — au-dessus de la critique préventive. Je me figure que tous les hommes de lettres désintéressés trouveraient en M. Miilerand, à l'occasion, un défenseur contre 1 arbitraire, la sottise ou la pudibonderie : c'est avoir choisi la bonne part. ^ fkt q #
Notre collaborateur. Laurent Thatlhade vient d'avnirii. douleur de perdre son père. Nous le prLs de trouver m 1 expression de nos plus cordiales condoïéWs * C1
■&$!£? f aV ° nS P " 1 * ymîa ' rautre mois < ï»q»er d'enterrer lStïJ* S-™ 6 Art et Cri ««™; >«ai» l'appel inclus eHa lettre très digne que son directeur, M. Jean Tullien ™m£ dans son fermer numéro n'a pas été entendu, et cette «S
7 h^uref ^u Lf^^T réttnis ? eBt fe dimanche, de 4 à v usures, au Café Gutenbeiy, a j T boulevard Poissonnière.
j «•«"on vient, par acte en date du la février d'rt,,
rB n ?^i Lan t Cle,U V erédaction s ' est retirée tout ënt'è^ !! Le CariUoa transformé (toujours as me .le I m. T a«-*
.Ams^rdanii, qui suit attentivement notre évolution liiS ^'■î; Rédaction : Frederik van Eeden F ,r,o ^îl /-
--Wilf-ni Kloos, etc. ' ?* der Gocs '
, Signalons dans Fin de Siècle hebdomadaire grand format dont le Rédacteur en chef est M. René Emere lu amusants devins de P. Balluriau. ^ [ les
Un des meileurs romanciers italiens, M. Uro Valcarenirhi a récemment fondé à Milan ttae intéressante r! vue rCront^l &££ ?** S ° CCU x? e beauco «P du mouvement Bttéra.>r5*£ ttst que francs Notre confrère M. Ernest Vinci est cha4é de la correspondance parisienne. — La Gaaatt* r»ltl*Z%î (Tunnj publie un article sur le Régiiï *£Î%£Tt£*
-SnS^rt Mat' J • e P ub / i 1 « t ' on dont le directeur littéraire est M. A. Lacroix. — Curieux numéro «î« fjiDu.,:.
contré à Aristide Bruant et au «^S. ^ (iîtosTSs
de Steinlen, Lautrec, Jean Caillou, etc.). Y lire une en?»
tionnante nouvelle d'AIcide Guérin : A >0*£« 'u„ JÏÏE
souple et nerveux et un article d'Ata^drê' BoutiqS -
ScVrc^l^^^
ri 4 ' *
Mercvrb,
Le Garant: A. Vaï.lbttb.
Vanves. -, Impr. Camille Dillet, 97> route de Ciamart.