‹ Mercure de France, tome 2Chapitre 77 sur 127 · MAI 1S91 3A · texte numérisé non relu

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« homme sans nom ^ choque, par un articule!

aussitôt oublié que fini, le plus formidable de nos préjugés, renie publiquement le faux dieu Patriotisme : tout de suite M- Nestor lui dispense une large part de réclame. D'où cette morale, recommandée aux jeunes chercheurs de notoriété :

« Des œuvres? Peuh! Le moindre pétard ferait bien mieux votre affaire. > Et Ton sait si M. de Gourmont, une manière de moine constamment plongé en d'érudits travaux, de qui Savine éditera cet automne Le Latin mystique, étude sur les poètes latins du iii € au xni e siècles, est un habituel allumeur de pétards.*.

Au fait; nul doute que Minerve, sa pourtant vigilante patronne, ne vaquât à d'autres soins quand .M.-- "Nestor écrivait son article, « •♦. je commence « à trouver, y est-ril dit, que notre patience induire gente (?) envers tous ces prétentieux farceurs |

« doit prendre fin* Tous, tant que nous sommes, « et moi le piremier, nous avons souri à leurs « œuvres vides et obscures, nuit d'où, dans notre ^ naïveté (!) bienveillante (??), nous espérions <k toujours voir surgir quelque clarté- Mais d'inu- « tïles et de ridicules,*, & etc. Ce sont là des appréciations critiques qu'il ne m'appartient pas de discuter; cependant, une remarqué ; ces « prétentieux farceurs », en moins de dix-huit mois, ont publié six volumes de prose : Vieux (Savine), Al* bert (Bib. artistique et littéraire), Stxtine (Savine), La sanglante ironie (Genonceaux), Sourires pinces (Lemerre), Le Vierge (Tresse et Stock); et trois de vers ' La Neva (Savine), Les Cornes du Faune (Bib.; .artistique et littéraire), Au Pays du Mufle (Vanier). Avant Fêté paraîtront encore, signés d'eux, quatre livres de vers et trois de prose : I*èsTrëves 9 — Quand les violons sont partis, — Lassitudes (Pérrin et C ie ), Strophes d* Amant (Lemerre),£ , j&/^A^«/(Savine)^^V^r;(PerrinetC ,e ), et un volume de Théâtre (Savine). Total : seize ouvrages. Pour des « larves d'hommes » y on avouera que c'est joli. Et je ne cite, bien entendu, que les

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productions des rédacteurs en titre du Mercure de France, non les livres de ceux d'entre nos confrères qui nous font Thonneur de collaborera notre recueil. Or, la plus stricte sapience ne coiiseilie-t-elle point d'espérer en des gens d'une bonne volonté si manifeste? Et puis, est-il bien prouvé que leurs œuvres d'aujourd'hui soient tant que, cela « vides et obscures »? Ne serait-ce point plutôt que M. Nestor n'en a pas même ouvert une seule?... En somme, cette nullité générale exigerait la réunion des douze crétins de lettres les plus crétinisants que la terre eût jamais portés, ce : qui est presque aussi drôle que l'accaparement du dilettantisme par 'M. Nestor, et d'ignorer « le tendre et ironique » Laforgue — dont hier encore, dans VEcho de Paris, MM, J.-K. Huysmans, Lucien Descaves, Jean Ajalbert, proclamaient le talent.

Je dirai pour finir — car, persévérants dans nos. us, nous n'avons l'intention de reparler .de nous de longtemps — que la désignation de Symbolistes nous étiquette tout juste aussi exactement que celle de Jeunes. Il faut bien le répéter, puisque le.s i qui ont perdu leur: point sont de simples bâtons pour cette s agace fin de siècle : ce n'est pas en vue de prosélytisme au profit d'une esthétique déterminée, du triomphe d'une école, pas même par sympathie de talents que nous nous sommes groupés, niais uniquement et plus modestement pour avoir un coin propre où imprimer, sans craindre les refus, coupures et tripatouillages d'un directeur, ce qu'il nous plaît écrire* Est-ce clair ? Au début, toutefois, tel était le hic .- aurait-on des lecteurs? — On en a.

Alfrep Vallette.

lit

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Incomparable effroi, l'effroi bref du Réveil ! L'instant qui nous arrache aux Semblances heureuses De la couche sans", mémoire, ô Mort que iu creuses ? Ouatée et grise au fond du Silence éternel ! , *

*■ d • ii

Frisson rompant les nerfs, rêchè frisson de Ta me Glissante et s'agrippante aux franges de l'Oubli Où se redissolvait— . si doucement!... sa trame Moite d'un lourd relent de fruit blet amolli !

Ali, ce premier regard du jour qui souffre à naître!

Sipallide, si débile!... plus sépulcral

Qu'un cierge verdissant le rigide Peut-être

Du. Dormeur dont l'œil clos s'ouvre au Possible astral !

Ah, rouler aux brumes blêmes, aux défaillances Charnelles L« ah, jamais s'éveiller I.. Plus gravir! Plus Etre!., rien vouloir!... rien., pas même ravir Vers-un féroce azur ses fugaces Croyances !

Ne plus voir sur les mers virer le Boulet d r or > Ne plus sentir la froide rosée aurorale Leurrant Phorrible soif qui ne meurt pas... encor Glacer mon cœur forçat de chaque Aube spectrale !!

TOLA DûRIAN.

ajo MERCVRE DE FRANCE

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