LORD LYONNEL
In^, ?V* £ mt > lo W f veillé par les .premiers aquilons d oc tobre heurtant es jalousies, lord LyS nnel.considéraitsa maîtresse endormie, il lui arrivait de se demander obscurément s'il avait bien Je droit de se prêter à l'œuvre/au moins étrange, qu essayait Edison ;.-^s'il n'était pas, lui, lord Lyonnet, coupable d'une duplicité tacite- — et chose encore plus grave, si, en définitive, ce n'était pas', oui, si ce n'était pas tenter Dieu. ' . " pas >
doYte W?^" 61 "- (Un * ^ e Ce â mîlle incidences, sans . dïïÏÏnS™ T*' mta * *">-?><** à. la longue, digne, d attention,— se produisent toujours d'uni manière :
^^Ta™*^^*?* 1 ***?*** en Proie a su" nt^' , m * u "*? lie ««ulté,, -un fait dès plus sai-. s.ssants s accompht;une nuit, où il avait exprime pour la première fois cette pensée à voix basse et se pariant l
^ntnt me - i av ? l M ormu ^ *» paroles . précises, és p( J rant que cette précision même dissiperait le vague et le trop lourd d'une conjecture de. cet ordre. . ë .
Comme elle persistait, sa conscience lui suggéra l'idée
vZ^ r}Te Tï e " cham P *-Bdison «H voulaitluspendre 1 exécution de l'œuvre terrible). Il ne pouvait supporter de s endormir avec cette obsession. S'étant donc levé' il passa une robe de cham bre, s'approcha de son secré- .
(r) A quelle œuvre de Vtlliers de risle-Àdam se ,- nn . rfl , ce ft Fragment ? ProbabLenxent à 1'^, /«t«, m "is à rn^veï sion de ce hvre très antérieure à la définitive rédaction très
c^dTcêite r: r ses àé ^*™**>™ ^rï%5ï
eue, ae celle que nous connaissons. Peut-être ne s'am^ait il que d'une nouvelle, ou d'une étude du gn'eetdeKn
fattachir T"*"^ ^"f""*" ? Dans Ie d ° ute . ^ ne P ouvanUe S soÏÏ un nt^n^T ^°r Dli0nS CeS c » rie Wpages Wevies ' : IJiï- J? î spécial. Elles nous semblent caractéristiaues de-
nW f^ e /V 0a, ? ntisme Particulier à Villiers, oùl^science
SSS tflT dC Pr ? duire des ^,-nuHement scienunques, — de fantasmagorie psychique. — R. G.
: MAI 1S91 a *,
taire, trempa la plume dans l'encrier. A<ie moment précis, et comme il fermait ù demi les yeux, regardant un point .fixe dans l'angle de la muraille, comme un homme qui cherche ses expressions et les pèse avant d'écrire, il aperçut d'abord vaguement, puis distinctement, un objet qui d'abord l'étohna, puis le stupéfia, — puis le glaça d'une impression inconnue.
C'était la chose du monde la plus simple, une tête de
m mort, oh ! tout bonnement, très grise, d'aspect ancien et qui semblait faire effort pour apparaître sur la trame de
■ .l'obscurité, en cet angle du .mur, Détail d'une absurdité sinistre, elle semblait porter une forte paire de besicles .devant les deux trous de ses yeux. .
. Lord Lyqnnel était non seulement un homme coura- . geux, mais un homme intrépide. La force d'une fière devise amalgamée à son sang par l'action des siècles courait dans ses veines, —il se remit, bien qu'un peu pâlissant, et considéra l'objet en silence.
En essayant d analyser la provenance de ses sensations, il se convainquit très vite que. son hallucination était due a certaine lassitude nerveuse qu'entraîne parfois le plaisir et qui détermine alors, sinon une perversion visuelle, du moins une sorte d'excitation très intense des prunelles. En ces instants, en effet, pour peu que les yeux se referment à demi, la rétine est sujette à une sorte dé mémoire, qui ressuscite des objets en les agrandissant, comme sous l'influence de l'opium. — Des panoramas de paysages, d'arbres, de rochers, d'avenues lointaines s évoquent sous les paupières ; de grandes villes mortes, des Pompeïas, des Atlantides, des Palmyres se prolongent resplendissantes ; des Thëbaïdes, à perte de vue s'étendent, où passent, à perte de vue, d'étranges , caravanes; des Pactoles roulant leurs vagues aux paillettes d or etincellent sous des rives ombreuses, — et toutes ces visions sont rapides*
! Celle-ci était, d'un ordre funèbre, voilà tout Cela te-" na, x %r l *\ cauUur ^imagination qu'il avait en cet instant. Voila tout. Certes, c'était, tout. Néanmoins, il ne se dissimulait pas que la vision, était moins rapide et plus intense que les autres : Ouï ! mais cela pouvait venir aussi de 1 intensïvité même gravée en sa pensée tout à 1 heure et qui fixait l'image plus profondément en sa . correspondance visuelle.
Enfin, ce n'était qu'une hallucination comme une autre, plus fiévreuse, se disait-ih Et il regardait toujours là tête de mort qui persistait.
En ce moment, miss Evelyn, qu'il voyait endormie et qui, dans l'alcôve, avait le dos tourné à'-lord Xyonnel,!>; lui cria, f d'une voix un peu ensommeillée et banales
« — Oh ! . , ; Ly o n nel L. . Si tu savais. . ~ c'est drô \ ë. . . Je vois un tas de choses depuis un moment... Tiens!. »' Une tête de mort!». Oh! elle est toute grise!... Elle est vieille, hein?... On dirait qu'elle a des lunettes! ,. Ah!-, mais, — c'est ennuyeux! Elle ne veut pas, s'en aller!...»
Le jeune homme avait jeté sa plumé en écoutant ces" petites phrases horribles, et s'était levé, mais sans, prononcer une parole..." '■*"-
Elle saisit le candélabreet marcha vers l'angle* . .
Le mouvement, sans doute, avait dissipé là vision : 1 a tête de mort avait disparu.
« » Eh bien! qu'est-ce que tu as? qu'est-ce que tu lais donc? Tu es tout singulier, depuis quelques jours?., dit miss Evelyii, en écartant le rideau. Comment! tu te
lèves pour écrire la nuit?... > .
Et l'espiègle fut prise d'une espèce de fou rire qui sonna dans l'ombre de l'alcôve.
^ — Votre rire tombe mal cette nuit, chère !...>. dit lord, Lyohnel., d'un ton qui calma subitement F intempestive, gaîté de la frivole enfant.
Laissant le. candélabre allumé, il la rejoignit, sans rien ajouter, lui tourna le dos, s'accouda, se mit à réfléchir à l'incident.
« -r- Quel dommage, se disait miss Evelyn, en bâillant et se rendormant, qu'un si beau garçon, si riche* soit un peu fou!,.»
Au bout de quelques minutes» lord Lyon nel se rendit . compte du fait de la manière suivante :
« — C'est un phénomène curieûx,.très curieux même, mais ce n'est qu'un phénomène de l'ordre des halluciri at\oi\s magnétiques. Voilà tout; C'est la simultanéité, l'ubiquité de la vision partagée entre Eveîyn et moi qui m'a impresionné tout à l'heure. Et c'est à cause de Tétàt de mes pensées, que la. nature de la vision, — la tête de mort, — jointe à ces deux circonstances ultérieures, m V. si fort impressionné. En effet, j'ai eule premier cette . hallucination dont je crois bien m'être nettifié l'origine probable. Or, un courant de magnétisme très intense, une chaîne d'affinités, renforcé d'un demi somnambulisme, était encore établi entre miss Evelyn et moi, 77ne. s'était pas encore, dissipé, enfin — -, au moment ou le phénomène se produisit pour moi. L'émotion sensorielle.
qu'il me* causa, par sa soudaineté, et lé caractère de solennité presque surnaturel que mon esprit, alors soua l'influence de la pensée de Dieu, lui attribua, dont il la revêtit alors, pour mieux dire,; dans son état d'irréflexion, dé prostration même, cette tète de mort, objectivée par mon cerveau, incarnation de mon idée,— cette émotion, dis-je, passai par sa violence même, dans ce courant intime et occulte q[ui unissait nos deux systèmes nerveux. Cela est sûr... Le fait est du domaine magnétique, — ; non encore très élucidé, — mais c*esjt de ce domaine!... J'ai été contagieux pour elle, j'ai été électrique : bref* elle a vu comme moi, par moi, cjette tète de mort dont les terrifiantes lunettes devaient prbvènir de mon lorgnon;
.= ^ elle l'a vue, dis-jé, par la même raison que deux personnes, vivant ensemble, ont souvent, a la fois, la même idée, laquelle est, parfois, fort difficile, à ramener à un point de départ appréciable. » . , !
S'étant donc expliqué scientifiquement le phénomène, lord Lyonnel, subissant encore, malgré lui, un reste d'anxiété nerveuse, regarda fixement, entre ses cils, brûler leslbqu&ies ;du candélabre jusqu'au petit jour. Il souriait à. l'idée qu'elles] prenaient pour.lui des aspects dé cîergès brûlant devant un catafalque. II savait maintepant d'où c.es sortes d'idées lui venaient. A lalongue, il s'endormit aussi, pensiant 'que le soleil de l'aurore dissiperait son fastidieux cauchemar, — ce qui eut lieu .: seulement, lord Lyonnel, eh sa subtile et très raisonna* We analyse, n'avait ças.fait attention à cette petite chose, c'est que le phénomène, d*où qu'il vint,: en distrayant sa conscience, lui avait fait oublier d'écrire. la lettre en question; Les jours se succédèrent, 4 et, soit par respect humain j sôit par. oubli, soit par négligence, il laissa les
. choses s-accomplir. '= .
VltLÏBRS DE lIsLE-AdàM.
SIRENE
A Rémjr de Goùrmonï.
Ainsi par les brûlants soirs de, rêve, Psalmodiant tous les vœux railleurs, Comme un décor d'opéra, se lève L ironique beauté- de r Ailleurs .
— Jeune homme! ton désir j carie et vague.
Vole à l'inconnu de in a beauté. ' Partons; la mer, est bleue. et la vague '\ Soupire à ton départ enchanté. •
Pourquoi rester dans la cage- noire Où ta fierté s'a nkylose en vain?
Ma voix t'ouvre une porte de gloire Sur l'horizon frais de mon matin. , .
Viens : Le matin frais comme un sourire Berce la trame frêle des mâts. - Lés mâts frêles ont,, comme les lyres,' 'Des cordes où le vent rit, là-bas. ■
Oh! là-bas, le soir, la voile rose A le vol d'un oiseau fabuleux, D'un, oiseau qui jamais ne se pose Sur l'Iccberg-Réel, trop frileux.
Tes désirs du Réel, éphémères»
Sont morts, dans .les dégoûts gangrenés.
Pleure. On a bien vu pleurer- dés mères • Sur la tombe des enfants mal-nés*.
Oh! bien morts, tes désirs misérables !
. Les amours de jadis sont bien morts!
Mais lés nefs aux voiles secourables
Ré vent là-bas, prêtes aux essors.
Viens : on mettra des tapis de mousse.
Sous tes pieds qu'ont meurtris les graviers.
N'est-ce pas que ma chanson est douce?
A mes concerts peu sonteonviés. ■■
Viens dans mon empire inaccessible* L'empire du désir immortel, . ?
Du désir, voyageur inflexible , ., ■ ^ Qui ne dort pas au mauvais hôtek .
MAL 1891 a^n
J'ai dans mes magiques crépuscules Des philtres pour tous les vœux agents.
Mais les satiétés ridicules . '■' . N'ont pas osé pénétrer dedans.
Oh! viens : Les ombres de mes allées Ont des violets inespérés.
Combien dé flottes s*eu sont allées Loin... sans trouver, mes récifs dorés?
Combien ont sombre de ces nefs frêles Où gémissaient les héros-amants, Cœur las des cœurs et des voix trop grêles.
Fauchés, par le flot aigu, charmants ! .
Ne m'entènds-tu pas, Fils de la terre, Cœur ouvert au scrupule* alarmant ?
Ou craindraià-tu d'ouvrir le mystère Où t'attend la Belle-au-bois-dormant ? ;
Faut-il; chanter toutes les musiques ? / Nommer tous les plaisirs de mes seins, Et mes délices métaphysiques . Dont l'extase a trompé tant de Saints ?
.Désir profond qui passe et caresse Silencieuse méat,, ignoré '. De là pauvre âme folle qu'il presse,' Comme un lourd vendangeur altéré...'.- .
Je suis Celle en la mer solitaire Qni t'attend pour rire et pour, s'offrir.
Je suis, o mon cœur trop las, le Mystère Qui peut dire son nom sans mourir.
Oh. L viens : L'écrin brillant de tes rêves, Tes imaginations des soirs " Pâliront, quand tu toucheras- nies grèves, À. ïembràsement : de tes espoirs. ,— '
1 Ainsi par les brûlants soirs de rêve t Psalmodiant tous les vœux railleurs , Comme un décor jcTopèra^ se lève . >
Uxromqiu beauté de VÀïlleurs;
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