I.R POÈME DES VENTS
— Ecoute? Je vais te narrer l'histoire d'un preux chevalier, qui... '"'.'.„ • ■ -ftc J-
— Non, laisse-moi:.. Ne veudle point que j écoute : j'aime mieux regarder les arbres qui s'agitent au vent accouru des tempêtes lointaines.,.
— Ecoute? et tu sauras l'histoire des. amours de la
blonde Astine et...
— Non, je t'en prie: je préfère ouïr le chutemeirt du vent qui blanchit les feuilles des bouleaux et anime les cimes rondes et somptueuses des hêtres.'..
— Oh écoute! Je te remémorerai ce que ton âme a souffert dans l'isolement des tendresses, et les larmes voluptueuses que...
— Oh non, je t'en supplie! Il me plaît davantage que mes yeux errent aux puissants balancements des
DECEMBRE xBgz > , 34$
chênes aiicêtres, et que mon âme s'épe'ure .parmi les chevelures soudainement bouleversées des larges et fragiles racacias... -' ' .■■*."' ■'■*.■
— O toi, qui yeux tressaillir, écoute le beaii poème surhumain de rinconmij le sublime poème où...
.— Oh par pitié, tais-toi! et me. permets de me perdire dps l'infini des vivantes, feuillées frissonnantes des vies du temps, éveillées au souvenir des ouragans éloignés... ... -. *
■ — Mais ces choses que tu dis, que tu veux, ne sontelles pas des poèmes?
— Peut-être ; je ne sais pas... Je veux ignorer si la forêt est^. poème et le vent aède. Laisse-moi, me» croyant seul, loin des poèmes conscients, me baigner dans les nûances'innombrables de la forêt tremblante, dé la forêt... de la forêt
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