LE SUBSTITUT
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mouchai °de l™*?™™ ^^f^^le^s^ préoccuDée sucrî^ PS ° e , rveuse f- Son attitude triste et
— « Pensez donc, Paty, fît une commère en se haussant à l'oreille de son voisin, c'est-y cruel, qui faut qu'ça soye lui qui fasse l'enquête sur la mort de sa pâuvr'chere femme !..„« » ■",
Paty releva ses sourcils, en hochant la tête avec un plis* sèment amer de lèvres.
Quand le greffier, une serviette collée à son 'flanc gauche, eut franchi le marchepied, M. le commissaire salua, demeurant avec ses agents, et la voiture s'ébranla, au trot de deux bons chevaux, fendant le flot humain qui s'écartait ayec des mines curieuses et grand respect. . Après une petite toux, préambule oratoire, le procureur parla le premier, tandis. que. l'antique véhicule longeait rapidement un mur bas que surplombaient d'épais marronniers ombreux. î l
. -^— ^ Voyons,, mon cher JVlersôl, dit-il en se tournant vers lie substitut, il faut être plus,.» plus homme, que diable! Jecomprehdsvotredou!eur r etau besoin,, même, je la partage; Vous aimiez votre épouse, c'est tout naturel, mais devant lé crime, hum !. l'homme, c'est-à-dire le mari doit céder Iaplace au magistrat... >
Après une pause :
■ — ■"« ...Aucun indice ?,.. » .
.. Lé greffier répéta vaguement : , ' -
— « Aucun indice „.♦"».
— « Et ce qui rend la question plus obscure., .c'est que — comme le disait si bien monsieur le commissaire, et du reste, moi-même, j'aidais, de suite remarqué la similitude de ces deux cas — nous retrouvons ici la même manière de faire que dans ce premier crime, également commis chez "vous^ monsieur Merspl... >
Le jeune homme se leva à demi, et regardant son interlocuteur :
— € J'ai dirigé en personne, monsieur le procureur, l'enquête sur le meurtre de ma bonne, et crois l'avoir
. menée à bonne fin : certes, puisque le coupable, est à l'instruction... »
■-r— < Lé prévenu, voulez-vous dire ? Eh bien, il me paraît résulter, hifm ! .. il me semble devoir être induit de ma proposition précédente que ce vagabond pourrait fort bien ne pas être l'auteur de l'assassinat de la demoiselle Louise Peirtaut, votre servante. Ce n'est cas tant parcequ'il persiste. ayec fermeté dans ses dénégations, mais le même instrument. a dû servir aux deux crimes. Or, cet homme est arrêté depuis quinze jours. »
. ■— « Cette affaire se présente très complexes >
— « L'on croirait à une fatalité mystérieuse^ qui plane" sur notre demeure. »
— «Néanmoins, reprit-il aussitôt, avec ungeste de suffisance, j'espère que nous arriverons à débrouiller tout cela.l, Huml.o Assurément, dans ma longue carrière j'ai, eu l'occasion de rencontrer des. cas d'apparence aussi inexplicables,.. .» \
Et M, le procureur raconta à ses compagnons, qui n*en étaient pas à là première, audition, l'histoire de cet épouvantable égorgement, dont il avait découvert l'auteur grâce à son incomparable sagacité-
. L'enquête, décidément, aboutissait peu. L'on ne pouvait relever la moindre trace de l'audacieux criminel dont les forfaits avaient troublé la paix de la sous-préfecture.
Coup sur coup, deux assassinats commis à quelques semaines d'intervalle, et par le même individu,, fort probablement, faisaient naître une sérieuse inquiétude. Car, après la bonne du procureur, qu'on trouva, un matin, dans sa chambre,, la tête, à demi, détachée du tronc par une formidable entaille, ce fût la femme même de M, Mersol, présentant une semblable blessure.
Les habitants, jusque-là si confiants et paisibles, étaient devenus anxieux, terrifiés. Maintenant, tous les soirs, chacun se verrouillait hermétiquement en sa demeure» Il circulait d^invraisemblables histoires, et les conjectures habituelles allaient leur train*. ,
Mais rien, sauf d'insignifiants détails, n'était aperçu v qui fût de nature à éclairer les magistrats. Les journaux eux-mêmes avaient renoncé à instruire une aussi mystérieuse affaire, se réservant seulement les clichés ordinairement us;tis en pareil cas, et daubant la justice, comme de coutume. ! .
C'est en vain qu'on avait expédié de Paris à la police découragée un inspecteur renommé : il n'avait rien trouvé de plus.
Ce policier é mérite venait d'assister à un nouvel interrogatoire du vagabond arrêté à l'occasion du premier meurtre. Après que l'on eut reconduit le prévenu dans sa cellule, M. le juge d'instruction demeura très embarrassé, regardant son auxiliaire d'un air anxieux :,ce dernier demeura muet et parut fort perplexe.
Lorsque, un bruit de pas ayant résonné dans l'escalier gémissant, Ja porte s'ouvrit, livrant passage au substitut*
De suite, il demanda froidement aux deux hommes ;
JUILLET 1891 a 7
r— «Ab-so-ïu-m^nt rien?» * ,
Puis, devant le signe de tête qu'ils lui firent, il continua, sans attendre une plus longue réponse, s'animant
peu à peu : l . i ' j
— « Eh bien \ messieurs, je vais vous dire, moi, je vais vous dire comment ont été commis les deux crimes.. + — . Il faut que je vous le dise-. Ha! reprit-il en ricanant, c'est que je. vois les scènes sanglantes, comme si j'y avais assisté. Tenez... la première, n'est-ce pas?.,. Il est onze heures.,, — C'est le soin.. Louise vient de monter dans sa chambre,' et sa. porte n'est pas fermée... elle attend son amant... je vous assure, moi, que c'est son amant qui l'a tuée... Les pieds nus, il gravit les marches grinçantes de chêne, lentement. IL évite tout bruit. — Si madame Mersol se réveillait!... Vous voyez comme il se glisse là-haut, le long du corridor; elle 1 éclaire avec précaution^. Ce soïr-là — ; vous m'écoutez? — ce soir-là, ' comme il la renversait d'un baiser sur le lit, un sinistre rayon de lune perça le nuage noir, le funèbre nuage; et sa lumière,. qui était d'argent lamé de reflets bleus, et sa lumière triste vint frapper le cou de la jeune fille qui riait, la figure dans l'ombre. Ce cou s'offrait livide, avec le brillant satiné de la nacré, et ses veines gonflées y mettaient de vagues dessins violets, le marbrant. Ah ! la neige attirante de ce cou, si pâle f... Alors, il eut la féroce envie de tein dre tout ce blanc de pourpre ; Car, souvent, bien 3 ouvenVrWi(î de cri me s'était implantée en lui, impérieuse, promettant d'inconnues féJicités... Vidée, voluptueuse de crime, la reptation destructrice, combien de fois s'étaitelle ainsi présentée qu'il n'avait su repousser dé son esprit !.,. Et s'il gardait constamment sur lui un rasoir, n'était-ce pas qu'il croyait que la possession platonique de cette arme apaiserait cette obsession monstrueuse?..* Mais là, ce fut trop fort : il prit l'instrument dangereux, et, : avec un tressaillement d'infini plaisir qui vibra longuement en ses moelles, i! enfonça fa lame, si facilement qu'il s'étonna de la résistance dernière des vertèbres... Celui qui n'a pas connu la joie de tuer ne peut savoir à quel point il était pantelant de bonheur, lorsque lé sang jaillit. La rouge liqueur gicla d'abord avec force et par saccadés rhytmées hors des carotides tranchées, venant inonder là face, de suite blêmie. Puis, avec des dégradations insensibles, le double jet diminua d'intensité,ruisselant enfin en minuscules gouttelettes de rubis sur la gorge tiède, vêtue ainsi d'un splendide filigrane de velours incarnat, rapidement foncé. Non, en vérité,
vous, à qui jamais pareille chose n'arriva, vous ne vom"
et rwf ? f p ' ' • ,endei ? ai n 7 «1 jugea cet acte abominable,
W Or 1 ™ " C ° m ™ 1S - Pizarre contradiction de ce fi ame - ° r > remarquez, je vous prie, remarquez âttei.tïv*
ment comme étaient vacillantes ses pauvrTpensées oui se heurtaient follement -l'une l'autre, à ^J^^'J^'
vrfL a t A- pa délicieusement obéi à l'injonction dé Mdee de l'alhçiante et despotique Idée de crime ? an to cela reparaissait angoissant et affreux caïïcTemaT
outrée S !?r eS -i ^^^ d °^ ««oluWÏÏStout ceci, ajoutez-yle désarroi moral qui en résultait
foree o e rsauV Prendre T" /* h ° mm « " »^ÏÏÏS; > lorce, lorsquune seconde fois Vidée revint immil
sive... Alors, plus d'hésitation : le meurtre auSsWt que conçu est exécuté — l'occulte démon qui armait ?! rn^FT ' d > 6 tr0 P^ invincib ^P-^ce,Tnt èo n- £m„^ f / resister - De nouveau, il se dé ecta à contempler la fumante cascade d'écarlate, frangée d'écume sombre, emperer de ses feux dlaurore sanglaSe I'alSe des cnairs moite». Mais, lorsqu'elles furent tout à fS
en't SûsTa '? PrUneHeS ' V °¥ eS de ^rt, ne Regardé. si se P ïuf il S? qm 1 martelaît ,es temp'és-de fusasses larmes* '^f™---; 1 W^ps; et je vous jure que ses J armes étaient aussi sincères que les miennes I A™
m ' m m °r^ r 1S jU ^> d0 ^ez-m2t don^,^ 44 plaît iLS^ 6 '^ quej>inscrive.le nom du £5 trier Je tiens, assurément,- à l'écrire moi-même. »
panier aux 1 d , e n u? U L tremb,ait, ? ri pen j *" SUbstitut te ^it le papier aux deux hommes; et, pendant qu'ils y liaient :
Roger Mersol!
part ÎSg% f^ tï »Sr- " Pré " Fi ""
Gaston Banville.
NA ÛFRAGE
.,* . ■ Pour Louis Dumur*
De bons aventuriers écoutèrent la mèr, Dont les flots soupiraient : «Abandonnez la grève, « Noms vous emporterons vers des îles de rêve, « Où jamais un réveil n'a de sourire amer .»
Un soir que dans l'azur palpitaient tous les astres, Ils ont gaîment appareillé pour l'inconnu, .
Et c'était fête à bord quand Forage est venu Précipiter sur leur vaisseaa tous les désastres. .
La tourmente les a jetés près d'archipels Dont les bois exhalaient de vagues symphonies Et des parfums chargés de langueurs infinies, Accompagnant des/ voix aux magiques appels.
C'était le chant suave et mortel des Si rênes* Qui s'avançaient, avec d'ineffables lenteurs, Les bras en lyre et les regards fascinateurs, Dans les râles du vent divinement sereines.
Les naufragés, déjà sombres, se révoltant, '•: ■ Luttaient contre la mort* à mains désespérées; Elles, les enlaçaient sur les vagues cabrées Et les ensorcelaient de ciel pour un instant/
Puis les jetaient sans âme .aux- rages de la mer, Qui soupirait jadis : «Abandonnez la grève,/ « Mes fLots vous berceront vers des îles de rêve/ « Où jamais un réveil n'a de sourire amer. »
* - Edouard, Dubùs.