CHARLES MORICE
A L'ÉCART >o>
Un homme en étrangle un autre. II est incommodé que que temps par le souvenir de son crime. Enfin il oublie. La chose ne l'intéresse plus. Il se tranquillise jusqu a s abandonner aux pacifiques plantes. La botanique
(i; i vol. par R. Minhar et A. Vâllette .(Pèrria et .O) .
- Un homme tue des tableaux, assassine des photographies.. Il finit par le suicide.
Telle est la double action de ce livre à double signa** ture, ILe remords y est tenu pour une infirmité de Tes* prit, mais discrètement. Les auteurs ont ' eu la préoccupation d'éviter le paradoxe tapageur. Ils concluent à peine, uniquement soucieux d'avoir, mené avec méthode les deux analyses parallèles. Celle du premier cas semble plus nette. L'assassin « pour de bon » remporte en logique sur rimaginaïre assassin. D'ailleurs, il tient dans .l'œuvré une place plus importante, et prend :■ au début la parole, pour la garder jusqu'à la fin.
. Le meurtre est accompli. M au chat desserre les mains, Vautre ne l'insultera plus. Y? autre ^ c'est la victime. Désormais, le lieu du çjrinie, ce serai' 'endroit , et le crime, ce sera là chose. Parmi ses impressions fugaces, Mauchat ne distingue tout d'abord que celle-ci : Il n'est plus comme tout le monde. Les transes commencent. Les passants, cela est sûr, le dévisagent et peut-être parlent delutAl rentre, et sa porte lui paraît cacher sournoisement quelque chose. Son concierge lui remet une enveloppe où éclate le mot Urgence : elle renferme un prospectus. Il veut revoir V endroit y lequel est absolument après comme avant. Un ami luî propose de tuer le ver 7 et s'écrie, buvant du mauvais madère d*épicier : « Il y a de quoi vous étrangler net ! > un autre lui demande : c Tu 7? es donc pas mort? v.
Le temps passe, Mauchat n'est pas inquiété. Mais il s'ennuie et se décide à voyager, arrive à Tunis, s'installe à Fhôtel. Il n*à plus que la peur d'utie peur possible. Cependant, quand la pluie tombe, les go iitt es lourdes, égales, lui semblent des pas d'hommes approchant toujours sans arriver Jamais. Soudain un voisin de table lui dit : ..„,.
— « Monsieur, vous avez l'air de vous ennuyer» Je m'ennuie aussi beaucoup ; si vous le trouvez bon, nous
; unirons nos ennuis. > ,
.. C'est Malone, sujet irlandais, le tueur de tableaux*. .
— « Il ne faut pas être seul 1 II ne faut pas être seul ! » . Tépètè-t-il à. Mauchat.
Ils se lient, et, spontanément, Mauchat détaille la cho-
• se 9 comment la chose ^ toute la. chose. ^
•4- « Pourquoi ni'avez-vous raconté cette histoire, dit
Malone, est-ce pour me faire avouer, moi aussi?... Lès
bustes et les portraits; avez-vous remarqué comme ils
parlent I... Quand j'étais tout enfant, déjà ils grimaçaient
?«, s ?V™ ieat lorsqu'ils me voyaient seul... Je finis P à r
pu s me maudirent, et, lorsque j'eus assez de leur torture e les aneanfcs cruellement, un à un... Mais pour qui V-l tue, le mort n est pas mort. » H
, En effet, Malone entend des voix, et. bien qu'innnocent de toute faute, il est le plus gravement atteint Apres une assez longue période^ inW.TpnSd?* de nouvelles exécutions. Une photographie est Se sur
SS hîST: « ET n? 16 U IUi Cn, K la , P-ie suture h!nf T? •♦ n , e n , OUS re S ard era plus. » D'une autre
balle il fait sau ter le bas du visage : « Elle ne pariera P us.» Mauchat finit par trouver ce? halluciné dangereux
.ue ,e L q e UI r "cit°de, S n t ' e <"™««»t. Malon *> încu ~ b1 ' se i„.?\ ™ Clt ° es ,P re P a ratifs de sa mort est une des meilleures pages du hvre. Au contraire Mauchat guérit Terbonse l'été, et l'hiver classe ses herbes dansée convel nables cartons méticuleusement étiquetés
,7/ C ° m ™ e »t> dit-il, en face de la lutte éternelle des p antes, ou s avère si clairement la fatalité de la Loi du plus fort, aurais-je eu le moindre regret de \* chose*
J toTL Ste Uûe h£lbe pbS Vivace <* ue V'utreTZl
tout. »
J ai voulu extraire simplement de « A L'Ecart» ce oui m en a puru le plus original. Il semble que le li gagnerait a n'être qu'une nouvelle. Tant que dure ïeuî association maladive, Mauchat et Malone tiennent S u.?a vie la femme, la littérature, des propos de tabe dé â ^tendus. On pourrait même leur faire ce reproche qu?U se montrent trop sains d'esprit, raisonnables. Crime ?acof de £T u \ h ^™e.davrait être une excellente laçon de se desembourgeoiser. Je me passerais encore
se^^f 7 UO " S ^ T m " S ' d6S décorS ^milieu desqueU se pose et se résout le problême cérébral. Enfin je trouve qua notre époque on de doit plus (mais pourquoi ?) écrire : « mon logis, réintégrer ma demeure, mes ïdenil gèrent proférer des paroles, pétrifié de Payeur
Page du livre de la viel»- On dirait de ces expressions qu elles sont les rossignols du style expressions
Voila sans doute de la copie sévèrement corrigée et un dur « eremtement », digne du Mercure. Il reste toutefo.s que « A L'Ecart» est un livre remarquable!? selon e mot de Malone, il existe, car celui qu'on né 5 t pas est le seul à ne point exister : or, on le lira!
Les deux collaborateurs ont collaboré comme il convient, c est-a-dire qu'il serait malaisé de fixer nettement î a ff"* d t, c . hacun - ïe P eux ain » fa i« un gros compliment a M, K. Mmnar *ar j ai une admiration protestante pour « Le Vierge», d'Alfred Vallette. . -
Jui.es Renard.. ,