‹ Mercure de France, tome 3Chapitre 20 sur 111 · LA LIBRE CRITIQUE · texte numérisé non relu

LA LIBRE CRITIQUE

Camille de Sainte-Croix a débuté dans les lettres par deux romans d'un art et d'un style très personnels : La Mauvaise Aventure et CSnîemfiler * CS f . r ? m * ns > con ÇW* d'après, une vision neuve etspécialedela vie, écrits avec le burin ferme

1 # a 7 eur dn , V m ™ siècle > n'obtinrent pas immédiatement de la presse et du public la justice qu ils mentaient, du moins leur valeur, consacrée

ÎOÏJÏ^ * ? CS Canidés, sert d'assise hautement littéraire a ces Lundis de la Bataille, "à ces Mœurs Littéraires que, romancier hier, polémiste aujourdhui, notre ami vient de publier en un volume de notes sèches, vibrantes et moqueuses pleines de dédain et de bravoure, chez l'éditeur oavine.

Là, comme dans La Mauvaise Aventure, comme dans Contempler, s'affirme un exceptionnel tempérament de jeune lutteur, épris d'action, de vie maie et faere, une de ces natures vers qui — souvenez-vous—à l'école, s'empressent les sympathies d enfant, parce qu'elles pressentent là un généreux et nardi camarade, narguant le pion, emboursant parfois les punitions des autres, défendant les

faibles, bourrant les forts, loyal avant tout ! Tel homme, reste et apparaît Sainte-Croix. Nul Doï Qu,chott. Sme pomt d'apostolat dans son attitude" batailleuseet libre : elle ne fait qu'attester un shl cere et noble esprit, soucieux uniquement de d £

îaisseî eZ« "„? Ce qU>U P ense d ' eu * sans K laisser entamer par aucune compromission d'irtté

ret,aucun leurre de vanité. Désintéressée L oe rH~ nente et hautaine s'affiche, avanM^eSEST que qu un des écrivains du Mercure, M Rem y de Gourmont, qualifiait très bien d' « incorruptSfet et q U1 serait périlleuse en d'autres tem^si Yon se battait encore pour ses idées. Ces P nôtès de

i n d'll% ° nt " elleS paS Valu dé & à l ™ Séur!

au«nd?5^ mil i Iede Sa \" te - Cro ^ ne nous laisse aucun doute sur la manière dont il entend <:nn

nti no U int a t dent , eI - * ****•■ de P^stl Ce n est point pour lui une fonction, une de ces

Rieurs le:^" 6 ^ 6 ^ C ° mme entendent mes!

sieuis les critiques; il ne sent là qu'une occasion

de dire, au hasard de l'actualité, ce qV^voî « dZ

es faits journaliers de la vie des îlttresTparis *

kâcrt Vlt r e '- net et cl ™- Sacrânerie est Site dielegance. Injuste, ou plutôt extrême, comme les passzonnés au nom de la justice et pour Zou

tant, n sait ce qu jï aime et ce qu'il détesta - c^n patron, s'il en avait un, serait sînïftS^f^

pré^ïeTo n nHa *Sh% ^"^î quelques citations préciseront la physionomie de ce rare et vî<m»

reux écrivain. Ses idées sur la polém^ue, A'Sirt:.

« Je veux largement admettre que, par le fait « de ses tendances instinctives, un éWvfin s'txtt

î ÏÏZÎ&V 1 ^?*^}* 11 * 1 »»*' certainsS « e succès 1 obsède ;■ j'admets que cela monte en « lui comme un ferment et que, un beau four il y '< a,t éclatement. Ce sont 3es mo vemen?s dorit « on n est pas maître -et je connais tro^ iTsouf-

« £*?«* d'étouffer une telle colère pour n'être pas « indulgent à ceux qui lui cèdent. r

«Mais, de grâce, que cela n'ait pas dé suites ! « Que 1 auteur de quelques chroniques ardentes « et qui auront amusé la galerie par leur élov « quence d'indigestion, aitgarde de se croire, par « ce fait, armé pour la défense de tout ce qui « existe, hommes et œuvres I Qu'il ne fasse pas «. série !.„• ■,'..••. r

c Car un polémiste littéraire qui n'est que « polémiste ne peut compter qu'à la condition « d être un polémiste pour rire 1 » ' ,

N'est-ce pas très significatif ?, Dans son interview; del'£cho de Paris, une des seules où fussent exprimées des idées, au lieu des injures et des dénigrements qui trop sou vent remplirent le blocknotes de M. Jules Huret, dans son interview Sainte-Croix appuyait aussi sur cette élégance de ne pas prendre la littérature au sérieux, de n'y point voir un métier plus ou moins productif mais une. des formes de la vie, pensée qui l'occupe et qui revient souvent dans les Mœurs Littéraires, comme en cette phrase, d'un contour si bref et d'un sens si pur :

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