‹ Mercure de France, tome 3Chapitre 31 sur 111 · CŒUR DOUBLE · texte numérisé non relu

CŒUR DOUBLE

L'Homme funèbre, dont le nom est un aboiement, se leva, se promena, les mains dans ses poche», et dit : ■.« Voilà, je. m^explique.: exemple.;. * .

Je Farrêiai ; '■ ' ■" *

— < D'abord, que signifie Cœur double ?Vn coeur, je ts ce que c'est Bourget, /Maupassant, tant d'autre»! tt fait sur le cœur un cours que je croyais complet, ais qu'est-^e 'qu'un cœur double ? »

cnaritaoïe r voire ame va ae 1 expansion a* sa propre vie à l'expansion de la vie de tous. Mais-,par quel chemin ? Mon livre vous le dira- JEgôlste, vous éprouvez des craintes personnelle^, c'est le sentiment que nous appelons Ttr~ reur* * "

— % Je vois : vous allez essayer de me faire peux/ Ça . ne prend guère avec un Français. Maïs soit, »

It me raconta Les Siryge^ L'homme y est le joitët de ses superstitions, et son âme lui monte au nez, de frayeur; Le Sabot : une petite fiïle : renonce, au prix de sa damnation, à la misérable vie que le Diable lui fait entrevoir ; tes trots Gaèeïous : ime nuit,ils se lancent à la poursuite de. 1 or, et « quand le jour gris se lève, parmi les traînées de nuages noirâtresi au bout de la mer, Us. se réveillent, ia tête vide, la bouche mauvaise, les yeux fiévreux *+ sombrent en pleine désolation. » J . ™™*f <*

L Homme funèbre parlait J enteraent, d^nne voîi «rrele comme une sonnerie de clochette. SouVent je vo y JT ! bnut de cette voix, sans Ten tendre. Jl ne U S*ï pas,- afin de me laisser frissonner à mon aise Œ^f-

« autour (Telle cdnZrT « cncûart les enveloppes

(î) UfflTFol., parMiTlm, cZT •■''•'■ ■'" ^ " '■

La mer se peuplait dé ïanies à tête frisée tT,'" montrau par une trouée son orbe 2JÎ !!' 7± > e

* montrait par une trouée son orbe lavé ni , " -

^ îïïef nt S 5516 *" 6114 ' -^^ ? P^" -P^uTo" < du leu. — Sa voix avait le doux son des <**«« „ ■

* sont près de se briser. - La situation d'un ^nK

gcuse. --- Il „ avait plus un cheveu vaillant.— Sa voix. *• ressemblait a s v méprendre au RÎffl» m »nt t™*^ a*''

- ressemblait a s'y méprendre au sifflement triste d'une

* pipe qui jute — La seule chose qui m'offusquait était ■'

- que Tom Bobbins persistait à cligner de l'œil gauche, ■

* bien qu il n eut plus aucune espèce d'oeil. Mais je ' me <r. rassurai en me rappelant que mon autre ami Coili- ' wobles, le banquier, avait coutume de donner sa paro Le- *• d'honneur, bien qu'il n'en eût pas plus que Bobbins ■

* d ceil gauche. — II mordit si heureusement une .balle *: qui lui avait traverse la joue droite qu'il l'empêcha de k trouer sa joue gauche, et se la fit monter" au cerveau

qui

« d'ôterle voile du palais, répondait d'une voix sifflante,

»r comme une pompe qui fuît : «II... est... deux heures! *

. — k Vous n'avez pas peur, au moins?» dît l'Homme

funèbre* » "'.**'■•.

— « Pas encore ! » lui répondis-je crânement.

— « Voici Le train 081, * dit-il. .

-r Tout à coup (c'est un mécanicien qui parle), j'entends souffler mie machine sur la double voie... avec un élan subit le train rattrapa le nôtre et roula de front avec lui. Il était tout enveloppé d'un brouillard rougeâtre. Lavapeur fusait sans bruit sur le timbre. Deux hommes noirs dans la brume s'agitaient sûr la plate-forme. Ils nous faisaient face et répondaient à nos gestes. Nous avions sur une ardoise le numéro du tram, marque a la craie . i»o - vis-à-vis de nous, à la même place, un grand tableau blanc s'étalait, avec ces chiffr es en noir : o8i 1 » __

tible.

AOUT i&ji "i^-— '—'

c On les ramassa tous »™-j "^ det6 i e d'acier- leur rherbe brûlée ,^ avait emporté la figure... U ne w« 1 OSmbulancc

Lttes, plèvres, ^S'^ e X^^; * V/ les noms de Sans-Gue uUn 1 ^ intérèt(r ol -.

Un chirurgien ançlais, ^rpris ûu j p ft - de

g ait les plaies ,les 9 pansa et «^£2 . perfbrfeà. an -, chair, concaves et rouges, f^^^â^Uthoc fond comme les fonmeaux d p çjc» *q ^

terrible avait : anéanti le sens de ^loue ^g^*^ de ne se manifestait en eux ^J^J 1 ^^^.^^ leurs membres, et par un douK jc«m ^^J^^ ^intervalles^ .,

lei pour rejoindre les bords de la ptee de ieur bouche, Accroupis dans les couvertures, : ifa respiraient le Ub* c, et des jets de fumée fusaient par les orifices de » w *«: / par le double trou du nez, par les pu* s jumeaux de leurs orbites par les commissures des mâchoires, entre I«3 squelettes, de leurs dents. Et chaque échappement du brouillard grîs qui jaillissait entre )es. craquelures de tes masses rouges était salué d'un rire extra-humain, glou*sement.de la luette qui tressaillait, tandis que leur reste de langue clapotait faiblement 1 >

. Comme je haletais : -. ■ . ' ' '" ' '■

— « Nous ne sommes que tous les deux, me dit l'Homme funèbre : vous pouvez hurler d'horreur, vous soulager, et reprendre des forces, car ce qui suit est pin» effroyable encore. »

Il continua. Avec l'extraordinaire fin des Sans-Gutute., • avec L'Homme: double y U Homme voilé f Béatrice^ ££-■ litlij Les Portes Je Vopium'y il me traîna jusqu'aux som- ' mets de. l'Epouvante. ■- "... \ ' ' ■■' ' .

-r < Vous criez: Assez! dit-il enfin. Je pense que votre . âme est pleine de trouble, jusqu'au bord, mais je veux lui Tendre le calme, t'âmè doit; être une harmonie, w» chose symétrique, équilibrée, La purgation des .pansions, ainsi que rentendait Aristote, cette purification de lâroe n'était peut-être que le calme ramené dans un cœur pal* :

lit»

* Crachez, monsieur, voici la cuvette > ; VHommèG^ qm devint ma lg re grâce à l'homme u^ZZ^ et souleva piteusement la nappe de peau oui pendaif^

Snïîï" M h l3iSSa rCt0mber '■ LeC °^ rf - «S commodes a la quarante-et-unième manière pour terminer le Carême — à la manière des œufs routes ■ ■ Un Squelette*.. >

-~Ti* ** alte ~ là > s1iI vous P Iaît ' je connais! ce genre. De vieilles femmes m/ont aussi tenu dans leurs bras et les maisons hantées ne m'effraient plus. >

— « Mais non, répondit simplement l'Homme funèbre, point froissé. Ma maison à moi n'était pas' un château vermoulu, perché sur une colline boisée au bord d'un précipe ténébreux. Elle n'avait pas été abandonnée depuis plusieurs siècles. Son dernier propriétaire n'était pas mort d'une manière mystérieuse. Les paysans ne se signaient pas avec effroi en passant devant. Aucune lumière blafarde ne se montrait à ses fenêtres en ruines quand le beffroi du village sonnait minuit. Lès arbres du parc n'étaient pas des ifs, et les enfants peureux ne venaient pas guetter à travers les haies des. formes blanches à la nuit tombante. Je n'arrivai pas dans une hôtellerie . où toutes les chambres étaient retenues* L'aubergiste lie se gratta pas longtemps la tête, une chandelle à la main, et. ne finit pas par me proposer, en hésitant/de me dresser un Ht dans la salle basse du donjon. Il n'ajouta pas d une mine effarée que de tous les voyageurs qui y avaient couché aucun n'était revenu pour raconter sa fin terrible Il ne me parla pas des bruits diaboliques qu'on entendait la nuit dans le vieux manoir. Je Réprouvai pas un sentiment intime de bravoure, qui me poussait a tenter iaventure. Et je n'eus pas 'ridée ingénieuse de me mumr d'une paire de flambeaux et d un pistolet a pierre j mm pris pas non plus la ferme résolution de veiller jusqu a KJt en liait un volume dépareillé de : ^^£ je ne sentis pas vers minuit moins trois un sommeil plomb s'abattre sur mes paupières. »

r Je riais, un instant ragaillardi de

* Assez ri, dit l'Homme funèbre. Il pst *m P

vous représenter dans les ^^ m n U e voi.saw.ipa

éprouver, la longue série aes * » ^ 8 ^

re P prod«ite S /âge en *gVHfofoTd2 Vha&& fofnr àxasTleur de ctnq pierres^ >usqu* .

ÏÏSpaJs du meurtre, à mûi^qu. le. regard «b .

6 ySoinm, funèbre cessa de se promener,; s'assit, s'enfonça dans le fauteuil. Il me donna Tuijpressionr <Un milicien venu pour nie tourmenter, me faire, comme il disait hurler d'horreur, puis pleurer en abondance/Je ne voyais plus que ses yeux qui me rayaient comme Titre, ]attendaislè corbeàuqui devait se percher sur son épaule. Est-ce que déjà la lampe ne. charbonnait pas traditionnellement, près, de déteindre ? \^

— «Tout ça, dît-il' enfin'î c'est des bêtises; Concluons. Comment trouyez-vous mon livre ? » " .

— .« Ah ! dis^je, essuyant mes tempes, à mon tour, je vous tiens^ > , ' .';; , ' " '.*.';

— « Soyez franc 1 V

— « Et poli. Comment terminer par quelque chose qui ronfle' juste ? Si je m'écrie, vous serrant la main cordiaUmeni : «.Dieu que c'est beau f » les sots .'me gronr

. deront comme un petit garçoti. Dois-jè dire. plutôt, boti prince de. critique : « Il y a des choses bien > f ou : « E<fcgar Poe est dans nos murs », oû ? cpmme flairant un papier brûlé :« Gè livre a passé par PEnfer et. sent le roussi ? >' '"■".■.,. . ' "

— « Ami, si vous n'avez rien de gentil à me dire v tai$ezvouè.» . '-."*■' ■■

* ~~-k L'impartialité, entre amis, consiste peut-être à ne jamais s^accorder de talent. Ma foi, Homme funèbre dont le nom. aboie, afin.de conciliera grosse et intime Affection que j ai pour votre livre avec la pudeur que j* tne ma '«« &?? Mçaài > mn 5ans ™p6ase, mais sûr de

Jules Renard.

« L'ÉLÉPHANT » d)

s ïtï Vz r ' élép ^^ "^ tes

uire. li j a, dans la maçonnerie de cette ruâïs-indiae* pourquoi diab e,au lieu de les avoir, avec de !fi„s out

int'rV 56 ' i? *? r ° U d ' a ^ ent ' les a ™ r enfoncés coups de truelle, dans tout ce mortier? < .

Mais, parlons si vous le voulez bien, un langage moins imrtaphonque. L Eléphant à* MM.'MerkietCourt m'appanut comme un livre à la fois, sic'est possible, excellent et ■ détestable. Détestable, parce qu'il est informe, parce qufl est mal ou point composé, insuffisamment conçu, qu'il manque d'idée élémeutaire^'unitéjd'esprit de suïte,d'art, de tout ce qui constitue, d'abord, une oeuvre.; Excellent, parce qu'on y trouve souvent de jolies pages,bien venues et d'une couleur et d'un dessin particuliers, perdues hélas daiis un fatras de veuleries indigestes, parce qu'on y sent deux esprits très personnels, parce qu'il est ! débordant d'une verve juvénile très savoureuse, plein d'une exubérance, d'une vitalité joyeuses qui sont bonnes à rencontrer en ces temps de morne anémie et de névrose grognonne.

Quel* malheur, que ces désopilantes caricatures, si fantochement mouvementées, qui s'appellent Grïuoche, Svlvat, Max, Barascud,. Bouvrier, que cette émouvante, figure de Treillis, ne soient pas d'un dessin plus savant, qu'on ne les ait pas retirées de cet inextricable pataugis d'inutilités où elles barbotent, pourlesfaire agir, avec plus

» lt 1. —A *.— «lui.

de logique, en une œuvre plus rationnellement construite,

plus sobre et plus une !... . .

Par contre, récriture du roman de MM V Merki et Court me semble pleine de qualités. Leur style est abon-

dant'et vivace et nerveux et verveux, haut en cooleur agréablement pittoresque. Pourquoi faut-, qu ih j paient Sp souvent émaitlé de phrases unpeu contesttblesjdans Selles on voit des gens « remâchant nnejnteuse serie q d'éche CS > , des feuilles grav^ ^gW^an^Jj- " (0 Un vol., par Chyles ton.et i™ Cothj (5mnte..J

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