THÉÂTRE LIBRE
Cœurs simples, de M. Sumk^ûmKa; Le Pendu* de M. Eugène Bourgeois.; Bans le Revende M. Locis
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La saison du Théâtre Libre! n'aura pas été cette année bien brillante, 11 est vrai qu'il; nous a donné le Canard sauvage, ce che£-d-œuvre, et que V Honneur f La MeuU et ta Fille Elisa ne sont pas des pièces moins bonnes que tant d'autres jouées ailleurs. Est-ce que, parmi les jeunes dramaturges, il y aurait déjà, pénurie de manuscrits? En ce cas, je plaindrais ïôrt M. Antoine, dont la seule raison d'être est de. mettre à la scène des œuvres de nouveaux venu* généralement maltraités. Ce huitième et dermer spectacle est d'une médiocrité décowaiceante Dans Cceurs simples, sujet banal traité d'une fi*5> n £* nale, on devine, a cause dû titre, l'intention de M lZ maun. Les gêna simples de cœur pardonnent "tendu «*~ les autres gens (financiers, 'vfJ^S^^
ordonnent pas, n'étant point simples.de ceeur ««rJi \oi a d'où est parti l'auteur, et, certes Û l SSSÏ? ' quelque œuvre belle à écrire, ^ais M/LrS?Kï
dépasse son intention. Ni " lWs
t n j , rompt un peu la banalité
Le fendu est <Tune bouffonnerie macabre qui a beaucoup amuse la salle. Dans la facture de ces deux petites choses il n'y a rien qui dénote une compréhension de Tari dramatique. Ni pensée, ni action, observation maladroite, sans profondeur, sans acuité.: rien, quoi!
M, Louis Mullem est un psychologue^ mais je crois bien qu'il n'entend rien non plus à Fart du théâtre. Il a le défaut grave déborder la scène en romancier et non en dramaturge. C*est Terreur de tous ceux qui sont partis du roman moderne pour créer une œuvre de théâtre. Ils sont d'une pauvreté de développements qui stupéfie. Au théâtre, l'émotion ne s'obtient que par des accords ou des heurts de personnages ; le côté descriptif compte pour peu, puisqu'il est limité au décor. Dans le romande personnage et le milieu sont mobiles, le milieu e$t l'ombre du personnage et marche avec lui, mais le décor est immobile et rarement psychologique. Si les romanciers se trouvent désorientés à la scène, c~est précisément parce qu'ils n'ont pas la ressource de multiplier les descriptions, et ils eu sont si fort troublés qu'il y en a, comme M Mullem, qui oublient qu ils ont pourtant la ressource de changer deux, trois, quatre et même cinq fois de décor pour affirmer des sentiments en les montrant sous différents jours. Au théâtre, il faut m outrer ntrodun-e entre deux scènes un monologue ou Ton dit tout, ce ne pas faire du théâtre, surtout dans un «J^"Jg£ î-V-t A* renfantiUaire que cette intervention d ombres co^me dans ' uÏÏ &2 Restons dans la *<£*£»
on bien, alors, sortons-en tout a **•*"* «,^K sant de; qualités à l'auteur, Z> «»**^ ; ^ «^ * drame, ni rien dn tout qu» soit du heâtre te colossal, mais !« bjj. i e gj, ^ ok ,^ un art,ste qui «^"JJ'^ia de. bureau dans «ne vent ses journées, âpre Hte «^ ^ ^pendante,
AOUT i«9> ■
• ' «„*tû<ih oeu fortement «rpnrflc est doblbureœe, ma» ««J^r lequel M. M»K méet C'est un scénano ^ ^SÏÏr^ouM.A*lem pourra écrire un ^"1 le t& qVil i «*«»«» de
son »ng dans la peau de ce PH ff ™°^ a *b T >B fa* des- mauvaises années de ^J> £££.„*&*» ., «oir, à perte malheureusement, tant ce long ro ™ »
r 1, .rraciease Meuris, à la dharmante »erean, » »»
^jnSTA ainsi qu'à ■*****&!££* ÂSuMière, Renard 'et Ppns^l^, toute» «oa>l.c^n» pol la iaçôn dont il» seconde^ M. Antoine, B bonne chance pour l'an.prochain I. .
JULIE* LeCLBXÇQ,
LES LIVRES <ï)
Cœur double» par Mabcel Schwob, avec une Préfet de. l'auteur (Ûllendorfl). — Voir oagej 107.
Mœurs littéraires, tes lundis de « Lu Bataille *>, ~ i8ço-ifyi t par Camille db Sahs^e-Ceoi*, avec un ayante propos de Vaut cuir (Savine). — Voir page 65. ..
l/Élêphant, par Ghaiîles Mbeki et Jias Cotntr (Savine). .
— Voir page 112.
Les Fastes,' par Stuart Meemix (Vaaîer). — C'est une facétie, déjà traditionnelle parmi les princes de la critique, que de reprocher, a certains: des poètes nouveaux -de. n^etxe point nés à Paris et par conséquent. de né pas savoir le fran- . çais spécial a Henry Fouquïer; Hector Pessard .et autresmaîtres : lés Allemands, moins subtils il est vrai, n'ont point
(1) Aux prochainsjfascicnles : ÉèiVtsimts (Pierre-M. CMin)- -
ï^v^u n t"*"-*"*; Ptofa-KVm** (Albert Mot .
Paul); L'Heure en Extt (Daupnin Meunier) ; ZiW-W„^âmi Redonnel) ; Hutotres normandes , (U Trtenïk et VÏÏfo?- Promenades sentimental** i\~~ -r^^i™i£ ■** "«Tl»
„, „, f «„»„„„ nvrmanaes ,0e Tréxeaïk et Wïîtv
Promenades sentimentales (Jean IWU ^ZtW./ TtY
études au Lycée Condorcet, où dès ses quinze aus'il eut l'ambition de devenir poète français; et qu'en 1887 il montra • dans un -volume intitulé Les Gammes, qu'il conn/issaitS coup mieux « notre langue » que les plus éminents des chroniqueurs. =
Les poèmes réunis dans Les Fastes ne mentent point à leur titre: c'est un charme de danses crépusculaires (TAyrses) d'aventures héroïques {Sceptres), de sanglantes fêtes {Torches). Viennent d'abord, en des parcs où pâlissent les marbres, sous les charmilles caressées par les gavottes et les pavanes, des bouffons mélancoliques et des princesses vêtue^ de frissonnante soie, qui glissent au clair de lune et éccjutent. un jet d'eau qui charma quelque royalloisir. Puis ce sont les Sceptres, la partie capitale du livre, une série de mythes, empruntés à Wagner ou — ce qui est mieux — créés ; là, (Seui poèmes arrêtent Fadini ration : Le Palais désert — une enfant de rêve pleurant le prince de son désir — et surtout leîGmfr, dédié à la mémoire d'Ephraïm Mikhaël — le chevalier qui meurt . près de la mer en se souvenant de celle qu'il' aima mysti-, quement, et dont le cor vermeil fait surgir des vagues le cortège des sirènes. 1
Le troupeau des Triions soufflait, l'écume aux tempes , Dans les conques; le vent y secouant l son sommeil \ Soulevait l'algue échevéUe au bout des hampes. Et vers le crépuscule, en ce noble appareil) La barque déroula son lumineux sillage:
Et le Héros entra dans l'orbe du soleil.
Enfin dans un décor de pompeuses funéraïUes, sous un ciel de sable et de gueules, là cavalcade de la mojrt passe, des reines mauvaises cueillent la fleur d enfer j
Au bord du fleuve noir ou stagne Vor des astres,
la cité rou K e des damnés s'étagè ^' monte M et réterneUe ■ dole enarfée de rubis, regarde silencieusement les danses
un Vrcncontrefortu,te avec u^uae des #. v .,
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RÊYËRI1,
V?rsï/Pri*c< t parti pom ^presHoptes - DonlVttcndard^arntilaJomp'^ Ondule^n piis d^Mr purs de iouiy^^ Contre Tor et le sang d'un dernier crèpusaUt- .
Ce qui renaît toujours, par Jbah Gah*h: ^ v J«jJ "J
volume de vers dont la couverture ne ^"^RJ^g? d'éditeur, d'ancune adresse de librame achalandée
L'auteur a pris le parti de se passer purement et simple ment de cet intermédiaire inutile. C'est un acte de courage dont il faut luk^savoîr gré." Si Ton s'en tenait à la préface qui oUTie le volume, oh serait tenté de le fermer sans le lire. * Le hyre que je Renvoie, dit Jean Carrère, n'est pas un livre littéraire* . et je serais navre qu'on put. le prcnàre pour une œuvre tfart. » Voila .qui est -net. Mais rassurons-nous,, il y y a là qu'un malentendu ; question de définition; « L'art, poursùïi-ilj est une échappée hors de. nous-mêmes, un . repos cherché : dans la- ; splendeur ou le charme indifférent des choses... » Or, pour . Jean Carrère
Le poëtè est celui qui penché, sur la foule f Sentant monter V appel houleux de ses s&ngtots, Va projeter, malgré T écume qu'elle roule, Le flambeau de justice au, plus noir de ses flots.
Et le voila qui échafande une généreuse théorie d'écriture d'action, —je n'ose dire utilitaire; — s'érige ant en une sorte de Tyrtée d'une foi d'ailleurs mal définie, et contondant, en sa hâtive indignation, le dilettantisme et l'art. De la, nouvelle contusion : par horreur de la poésie de mots, de l'art poétique;
o«tïî~ T rtre J»^JP«q«-to» l'éloquence, dans- fart oratoire,. Je ne vois pas *ien ce que nous pouvons y «Kner Heureusement, et malgré ses théories, Jean cTrxè»^ nu
nS MERCVRE DE FRANCE
vrai poète, et si, contemplant les bassesses de l'humanité, il rêve pour elle une renaissance de foi et de vaillance morale, il a pris sur lui ces douleurs et ces espérances, les a faites siennes, et les a exprimées avec un lyrisme toujours pénétrant. Le Sermon sur la montagne. Hymne d*hi rondelles , A* Lamartine \ Prière du soir^ Vitai lampada, nous ont parus les plus significatifs poèmes de ce très inattendu recueil. L. D He .
Théâtre (Madame la Mort, Le Vendeur de Soleil, La Voix du Sang), par Rachilde, avec une préface de l'auteur et un dessin inédit de Paux. Gauguin (Savine). — Le misonéisme^ c'est-à-dire la haine du nouveau, telle est la caractéristique intellectuelle de la critique actuelle en France et spécialement de la critique dramatique. Oh ! un tour nouveau, oui ! une idée nouvelle, non ! une forme nouvelle à cette idée, non ! ïl y, avait du neuf d'intention et défait dans cette Madame la Mort que nous applaudîmes cet hiver au Théâtre d'Art, pièce' réellement dramatique et savamment agencée pour la scène, mai* sans nulle concession de moyens , \ — au contraire. Le second sete se passe dans un cerveau ; ce cerveau est un jardin ; nn homme est assis sur un banc dans son! propre cerveau, — là converse avec deux femmes élémentaires, aussi élémentaires que la Vie et la Mort : M. Pessard, qui comprend les dires de Kam-Hill, ne comprendra jamais cela : ce n'est pas assez banal. Maintenant, Rachilde a -t-elle f absolument réussi son" drame, cérébral ? n'y a-t-il rien à reprendre dans les idées exprimée s ,:. dans , l'es ■ arguments, des deux Femmes élémentaires, dans leur tenue ? La Mort fut, je ciois;,biensûpériéure à.la Vie, — mais" ri^est-cé . point fatal? ; Tout de même'. ; ■ il'" 1 demeurera plus "que flatteur, presque glorieux, .si Ton 1 permet, pour Rachilde, d'avoir émiscetté belle ironie.' — J*aime beaucoup moins, la Voix du Sang, — mais le Vendeur de Soleil est une merveille d'ingéniosité. — Trop de documents au commencement du volume et surtout à. la *£n : l!es vrais documents, pour l'histoire du théâtre, ce sont les; trois pièces,
Flb-oenix, s eu N uni tu s latinus internationales ^ Lan don, 1890-1891, fasekuli I, II, III). — Est organum cpnsociatioms cui tit'ulus Soc te t as intcrnaiionalis latinitatis modernae et eujus finis est reddere latinitati pristinam practîcam utilitatem nuper abolitam prout lingua universalis. Tentenda via est ! Per se enim taie conatum non venit vanum, sed diffîcilis erit effteientia nisi onmes qui sciunt latine ad illud cOncurrere dignentur. Volapuckus, credo , mortuus est rïdîculo strangulatus ; latïnitas au te m quae non potest mori, invïto odio fatuorum, ignarorum neenon ludimagîstruin, clare signata est ut locum occupet. Lingua maxime flexibilis, apta ad omnia enuntianda, mater verbalitatis scientificae, receptaculum neologicum ubi hausit indesinenter antlia necessitatis, ditata tandem îitte ratura iranien sa, ex quo dodrans ignotus, laîmitas restauranda esti — Àdhaesio ad dictam Societatem est omnino gratuita: acciprftur apud Davidem Nutt, 270, Strand, Landon*
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Quantum effici potest, latine scribitote, dûuifnodo ut nomîna locorum vci pcrsonarum scryavcrint vulgarciu et patiohaleni seu gentilitiain aut barba ram. qrthographiani. R, G.
Sommeil, par Robebt Scheffee (Librairie des Bibliophiles]» — Pas du tout mauvais, ce livret^ et meme. plutôt très séduisant par un exc.es d'art, et aussi un peu monotone, .-?- mai* dans les notes hautes. Suite de réves : voilà le factice. Cela doit-il vraiment flous déplaire à nous qui rêvons,. sinon d'une vie, d'une façon de vivre en pensée purgée des ré;ililés\ tant illogiques. Dei pages sont très telles* toile là page où les ùmes mortes boivent la joie dunouveau hiort, mort nouvelle ; puis la douleur .du nouveau mort,— douleur supicmr, < .*.J;t quand e\' "
rrcs; ensuite unipotrnie en prose d'une noble lartgUcur d'a< niour inespérant : des poèmes, encore, prose -ou .'vers, avec des
venances de poésies populaires. inte - - - -*-- "~ --—:-.
originalité du iirc traditionnel, Çâ<
plaisanta — qui n'est peut-être que
volume en effet nous vient de fiùcharcst, des en tours de Sa Littéraire Majesté la reine de Roumanie, Œuvre, en; somme, peut-être pas assez personnelle, troc objective, mais pourtant grandement louable, d'une qualité d'art pas fréquente.