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A «e ùiiû^'^siiiy^'cbSthqîfesqucs^ par Atrao$5£ Allais (Ôiicndorff);. r4- Là ^UbèaïrïeÔUendbrÉf public \ra recueil des
ûge sitai longuement entre l'é tat- ecclésiastique et la chaçcl le rie, '■» Alphonse Allais' lui aussi a hésite : après avoir fait, dit-on, d'excellentes études chimiques, il finît par' suivre tout ^bonnement son penchant et laissa déborder la verve drolatique et le comique de bon aloi dont la nature l'avait si abondamment pourvu. Et si ie parle de l'auteur c'est que, comme l'observe Camille de Sainte-Croix, il est peu d'hommes dont l'écriture renferme aussi absolument les. attitudes, les gestes, les inflexions de voix, la manière d'être enfin, la personnalité toute entière. Nous n'essaierons pas de dire de quoi est fait Firrésïstïbic et singulier comique de. ces histoires. Cela est drôle d'une drôlerie aussi spontanée qu*imprévue,faite de rapprochements inattendus, de détails d'une précision cocasse et d'ineffables a-parto-. « Il était vraiment temps, que. je fisse d'Angéline ma maîtresse, car, le lendemain même, elle allait mal tourner!», Alphonse Allais, même quand il frise le macabre, comme dans Collage ton Pour en avoir le cœur n£t t reste drôle et donae le rire r mais ne l'arrache^ pas. Il né faut pas dédaigner le rire, !*• D"
xzo MERCVRE DE FRANCE
Trois stations de psychothérapie, par Maurice Barrés (Ferrin et C"). — Ce livret (80 pages d'un format exigu) se présente tel qu'un petit manuel de morale en -action, je veux dire de morale mondaine et nouvelle expliquée par des exemples. On nous prie de nous délecter avec l'auteur aux' chastes et ambiguës peintures de Léonard, aux pastels de Latour, à la vie de Marie BashHrtseff, — et c'est tout. Léonard de Vinci et Maurice-Quentin de Latoar, ce sont deux époques ; l'autre, la jeune russe, la « Notre-Datne-du-sleej>ing-ear y> > ce ne fut qu'un accident, un accident exquis. On" se souvient de ses lettres àM. G. de M... le romancier très connu, — lettres que le Figaro publia en un pas très ancien Supplément: elles étaient d'une impertinence divine* Oui, mais en tout cela je ne vois aucune « thérapie » pour ma maladie d^âme, ni poulies maladies d'ânae des autres, de ceux que je connais. Le voîumetto les distraira, en les inquiétant, mais l'absorption de ces trois pilules d*ironie dorée ne modifiera guère leur incurable anémie. Se nèque est dans la préface allégué; est-ce vraiment si ambitieux que cela parait ? Oui, sans doute^uis-*que Sénèqne est éternel et toujours actuel,— mais se proposer d'être encore ce que fut cet adorable rhéteur, ce n'est pas faire un choix médiocre, Sénèqué n'écrivait pas de vaines choses ; il savait, par exemple, que la joie n'est pas toute la joie : « La tristesse a ses plaisirs aussi bien que la joie » {L Esprit de Sènèque, oit les plus belles pensées' de ce .grand Philosophe^ par Monsieur de la Serre, conseiller ordinaire du Rojr en ses Conseils, et historiographe de France. — A Paris, chez André Soubron, M. DC. LVIII). R. G.
I*e Canard Sauvage — Rosmersholm, par Henrik Ibsen, traduction de M. Prozor (Savine). — M. Albert Aurier a parlé du Canard Sauvage , dans un précédent numéro du Mercure , à propos de la représentation^ Antoine ; il n'est pas . utile d'y revenir* La seconde de ces pièces, Ro$metsholnt 9 aurait sa place au Théâtre d'Art, avant des poèmes peut-être plus beaux, mais qui ne furent pas écrits pour la scène et qu'il est toujours pénible de voir massacrer- Rosrnersholin, le vieux domaine de Rosmer, c'est pour Ibsen l'emblème de l'ancien esprit familial et religieux qui agonise, harcelé encore parles démocraties du progrès, les idées nouvelles, les grandes et creuses déclamations de la sociologie» Ces âmes de Norvège en sont encore à se passionner pour l'émancipatk>n intellectuelle, le combat des principes» le rachat de Thunismité, et antres calembredaines que nous laissons depuis longtemps aux politiciens des feuilles à un sou. Kroll le conservateur et Mortensgaard le progressite (encore un qui est disqualifié !)se livrent de sérieuses batailles avec le Phare et le Journal dit District, Le drame est d'ailleurs tout dans l'antagonisme du nouvel esprit, inquiet et avide — personnifié dans Rebecca "Wfcst l'aventurière — et du milieu poétique et dissolvant, séducteur et morbide de Rosmersholm, sur quoi pèse l'esprit de renoncement et de sacrifice de dix . générations. Rébecca veut conquérir Rosnrer, conscience poïntîl-
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leuse, être versatile et faible, et se trouve à son tour gagnée. Mais le vieil esprit d'abnégation ne connaît bas le bonheur ; il est trop pointilleux, trop à la recherche de la conscience pure» Par les. circonstances de l'action* Rosmer et Rebecca doivent lancer par-dessus bord le bagage des préjugés, devenir amant et maîtresse, .s'en aller loin du pays hostile à ces escapades. En Norvège, on est resté romanesque* Ils ne trou* vent la liberté que dans la mort.
Symboliques où non — aujourd'hui on fourre du symbolisme partout t— les personnages de' ce drame donnent bien Tâme du Nord. Ce Rosmer, cette Rébecca m?arrêtent et m'amusent ::-■— Ils vivent unis, deux ans, dans la même maison, porte àpoirte ; ils s'aiment et se tutoient.fière et soeur en Saint- Simon, et ne songent même pas à coucher ensemble ;— moi, ie trouve ça très curieux K,. C- MJci,
Les Idées moules du temps présent, parÉnôcARD Rob, professeur à VUniversiie de Genève (Perrin et .C*«). — Livre très attirant par l'originalité de la pensée, non moins que par la nouveauté et Fà-prnpos des sujets traités; — que voici: M. Renan, Schopenhauer, MM, Zola, Bpurget, lemâitre, Scherér, A- Dumas fils, BrunetièrCi Tolstoï, de Vogué. Articles de revue réunis sous un titré factice qui veut prendre des airs de nécessité; ■— car,, enfin, les idées morales de M. Zola? Tout. cela est d'un pédantisme qui avoisïne le comique, d'un trissotinisme dé sacristie universitaire drôle â force d'être lamentable. M. Rod est vieux, vieux, vieux, plus vieux d'idées et de stylé que feu M. Caro, — et il a encore moins de talent ; II en a si peu que c'en est scandaleux. Il y a une Conclusion qui préconise le Médiocre i « Les isolés ne sont que des excentriques : c'est avoir tort que d'avoir raison tout, seul.*, » M, Rod a raison, — oï î comme il a raison : recon- . naissons-le pour finir* . rf " R- G..
P. S ; . — La Préface porte que M. Jules Lemaître est surtout un a intellectuel ».
Suggestion, par Heoti Nizêt (Tresse et Stock), — L'auteur a pris comme sujet l'histoire, d'un cas pathologique entièrement rare, car, a notre : connaissance, il n'en existe guère dans la science que ides exe.mples, peu nombreux, raç-, portés ientr'âutres par Ramsbdtham (i) et Qùain (a). U candidat névropathe. PattI Leharrois^ rencontre au cours d'un. voyagé en Bukovine m '.~ le hasard est un bien.- complaisant metteur en scène — un é jeune. feminë faciieîn ent hyp no tisable •. Naturellement, il profite de ces dispositions particulièrement . commodes pour £enter dé pénétrer, dans son intimté. Cependant il n'y parviendra pas entièrement ; Séphorah, en effet, '* '* curieuse malformation physique, né saurait
par suite de sa
U> Médical fômes and Go*, 20 décembre 1855 —.p. 642. (a) Transact. i?/ ihe patltoL Soc* London+ i8$6 vol. VU/ p. 371. ■ '. .■•■'■■.■
ras MERCVRE ÛE FRANCE
jamais devenir complètement femme. Suit alors un amas insuffisamment digéré de notions médicales, surnageant sur un. fonds d'hypothèses très peu vérifiées. Nous assistons ainsi, à de multiples expériences de suggestion et de télépathie — à ce propos « Pkantasm of ihe Livtnjr» doit difficilement se'- trouver sur les quais, la traduction française de ce travail, dû à la Soc. for Psych Res de Londres, venant seulement de : paraître — et même à des séances d'occultisme^ le tout du reste des
£lus intéressants. Enfin, comme un dénouement s'impose, ebarrois, non sans de longues hésitations, fait, fort ingénieusement, se tuer sa maîtresse, qui commence à l'embarras^ ser. Nous nous attendions plutôt* étaiat. donné . le genre dangereux des distractions auxquelles ils. s'adonnaient, à une folie à deux, ou à un crime plus impulsif,, semblant 'indiqué. Bien que ce livre soit écrit dans .une manière aisée, souvent agréable, on y sent peut-être trop, non seulement cette constante préoccupation d'étalage pseu do -scientifique, mais encoreune facile complaisance en des détails 'plus que légers. 1 Au fait, ce dernier défaut paraîtra sans doute "un mérite à. quelques-uns. ' ■■,-.. G; D. v ■;
Les Bons Parents, par Hubert Kraiïîs, {Bruxelles, Alfred Castaïgne). — Quatre nouvelles : Les Bon* Parents, Çonso~ lairix, Le Bonheur des autres et La Cité- .Mercantile, remarquablement écrites. Les Bons Parent s , ces .. m.èuriîers . qui vendent leur fils bossu à un saltimbanque, ont d'es remords,, puis finissent par ne plus en avoir, sont , deux types bien" trouvés et bien rendus. Pas de psychologie entortillée, sur ellemême, mais des laits bien nature qui en prouvent plus long que les plus longues dissertations. Un style d'une pureté triste et froide, une ironie d'autant plusforte qu'elle semblé s'ignorer : on aperçoit l'œuvre tout de suite comme une statue couchée au fo^nd d'une eau limpide, cela vous repose et Vous. fait froid' 1 en même temps. Les quatre nouvelles de M. Hubert Krains valent une trentaine de ce qu'on appelle communément de bons livres. Il convient d'ajouter, en 'passant, que l'auteur belge a toujours à un plus haut degré que Fauteur français le
sentiment de sa dignité d'écrivain.
La Comédie des Amours, par Edouard Dujardïn (Vanier). — Le vers libre, et même libertin, préconisé par M. Dujardin et en ce tome, après d'autres, offert à nos Icisirs, n T est pas médiocrement distrayant, ni réconfortant. Distrayant, parce qu'il assume des formes telles que :
„,. Oh sont vos cavaliers si beaux?
Ils hovoent le Montebcllo ;
ou que
Ré, mz/ ? ja 7 soi..,
Ton âme a quitté le soL
Fillette , Jïlleite^ Dans Ftnconnu
tu te jettes.
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Réconfortant, parce que, tontes les vieilles chinoiseries de la versification tant vieille que neuve se trouvant abolies, chacun, désormais, peut faire des vers, sans même avoir appris à lire {sic).. Maintenant, peut-être ta ut -il être réellement doué de talent pour en montrer si peu? Mon avis est que. M. Dujardin se trompe de route et je crois qu'il finira bien par le reconnaître, car il est très intelligent.
Elévations poétiques, |>ar Paul Gabiliabd (Sauvaitre).
— Un volume compact de. vers qui sont toute la prime jeunesse littéraire de. Fauteur. Beaucoup de ces poésies sont datées, et, à comparer les premières nées aux dernières écloses, on regrette que M, Paul Ga billard ne se soit point résolu à quelques sacrifices nécessaires. De ci de là de belles promesses, que, nous n'en doutons pas, Fauteur des Vtilleiuti -saura tenir. À. V. ■
La France politique et sociale. Année x8qo\ a vol. in-i$, par A. Hamon et G. Bachot (Savine). — Les auteurs sont persuadés que lorsque Tannée politique est finie, le moment est venu de la revivre- Pour cela, ils on* rédigé ces deux volumes, au moyen, de quoi no as pouvons, par exemple, assister à la séance de. la Chambré du ao octobre défunt, séance, à ce qu'il parait, digne de mémoire. II ne faut pas davantage médire de ce travail qui sera grandement scrviable pour tous les hommes politiques, administrateurs Journalistes, chroniqueurs, historiens. C'est la condensation en 700 pages de deux ou trois mille numéros de journaux: Chacun, a l'occasion, peut avoir à consulter tels chapitres 06 sont détaillées d'intéressantes questions : ainsi, en le chapitre.. XI (novembre), sur la dépopulation, 1 infécondité, le malthusianisme, des documents sont collectés dont je prétends user un jour
— avec la permission des auteurs : — pour dire le contraire de ce qu'ils laissent entendre. Livre utile, très bien ordonné»
l-è Péché d* Autrui, par Pierre Bertraud (Savîneï, — Ce livre pourrait s'appeler La mère coupable* ou Les suites d'une faute y ou La faute d'une mère^ titres d'un sentimentalisme pins alléchant ; M. D'Ennery en tirerait un feuilleton de vingt mois, une pièce pour l'Ambigu et trois tomes chex Dentu, lesquels feraient bien ensuite 12 volumes dans les auteurs célèbres de Marpon et 300 livraisons à deux sous. — Par cela, il-faut avoir quelque reconnaissance à M. Pierre . Bertrand ; ■* son roman n'a que trois cents pages ; sur un sujet horrible* inent quelconque^ il a écrit un peu de littérature ; même, de fines et jolies pages comme la Confession de JFrancine (cap. xuc) -r~ -nous prouvent que les femmes, surtout f près le péché, sont capables de - tous les dévouements et qu'un bon jeune homme très riche sera très malheureux s'il ne sait pas employer sa fortune. — Ceci ne me ferait point de peine si je n'y voyais beaucoup de talent gaspillé. Voyons, M. Bertrand, laissez les. Delpit, Ohnet et Rameau s'ébattre dans la
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porc&erxe ; îîs mangent du gland et font caca des histoires imoiales; nfaTOns pas I*air; an: moins^de jalouser leur: industrie.. " " CL.MîàL-
man -pîttui ei iipB- Ix ZËbnce iE&jaite^ par^xDB rscfeife ^^ qui est bâen iaite pour désarmer tout -un ^peuple île c rit i qu es ; grincheux. Un dompteur, le nommé Chausser ouge^ jette à ses fauves qui crèvent de faim un vieil usurier dont la. dureté remplace à merveille le traditionnel morceau de cheval... Par ci par là s'ouvre, comme un myosotis au milieu des chardons, l'oeil limpide et pur de Zé$etUj.z fille de Chausserouge, qui a vu le crime et doit venger la morale. L'étude des mœurs foraines est faite avec des documents sérieux, et par instant on laisse le drame pour s'occuper de jolis tableaux peints d'après nature : la baraque des photographes, la roulotte des femmes algériennes, les grands théâtres du Voyage, et leurs dessous, l'éducation de Tours la Grandeur ^ si connu , ce bon ours, de tous les amateurs de la foire au Pain. d'Epiée !,.. Eh bien ! mais, j'aime mieux ça que l'éternelle psychologie: c'est plus propre. . ■', - *■ ' ***
Désarmement ? Parfaitement, par Henry Fèvrb (chez tous les libraires: 25 cent.), — : Fantaisie pleine de bon sens, dans laquelle Fauteur se raille des braillards du patriotisme et démontre la sottise, au point de vue social, des idées revanchardes, îi n'est pas mauvais que soient dites de temps à autres ces choses que pensent tant de gens. A. V.
La Peur de la mort, par François db Nioîï, Préface de Camille Lemotttîier (Savine).— La vie d'un homme du monde intelligent ombrée par la terreur du grand X qu'est la mort. Le comte de Feysin-Cransac ne représente pas un névrosé. Il mène une existence normale et un naïf se contenterait de sa part de bonheur, mais différentes circonstances, le font se pencher sur Ta bime, peu à peu l'abîme lui donne le vertige et finit parl'absorber. Il meurt d'avoir eu peur de mourir. Il ne s'agit pas d'un efféminé ou d'un fou, il sVgit d'un homme sain qui tombe naturellement pour s'être, un jour, trop penchée Ce roman est le livre qu'il fallait écrire sur ce sujet, et non pas une histoire quelconque, de parti-pris paradoxale. Solidement écrit, il se termine par des pages : Les Helminthes, qui sont les plus rationnelles explications de Tau-de.là qu'un artiste philosophe puisse fournir. Une belle œuvre pour ceux que l'état de vivant ', c'est-à-dire de condamné à mort, n'épouvante point. ***
Histoires à* Amour, par Pierre Bujon (Vanier). — Titre insidieux, quoique simple, car il évoquerait de ces choses croustillantes qu'une stricte morale réprouve.,. Mais qu'on se rassure : il est l'étiquette nullement fallacieuse d'une dizaine de nouvelles simplettes, écrites sans prétention, parmi lès-
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quelles je citerai V Ombrelle de ma Cousine et Les Deux Ïmséparablcs, .'*
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