‹ Mercure de France, tome 3Chapitre 46 sur 111 · LE CALVAIRE IMMÉMORIAL · texte numérisé non relu

LE CALVAIRE IMMÉMORIAL

. A José Maria de Hêrêâia.

La brise bonne de la Rêverie toe poussait à 1 aventure, emmi les fermes de pain . bis, sur le solide fleuve des routes qu'eurivage l'espérance « tendre où pâturent les moutons, ces quenouilles vivantes*

Un peu partout, sous les coqs de métal, en les donjons divins, tintaient, à rhythme égal, les gros sous d'existence versés par l'aile des moulins et la nageoire des charrues- *■■*;;

* Solitaire, j'allais ; m'effaçant une "fois, seule S ! " devant la naïve diligence vieille. :.guèf>e au; dard té de fouet qui, de village/ êri VÏKage^vcâ^ë^t ï cueille I animé butin qu'amassera taniôt la ruche j%.<

A certain coude du chemin, sans doute rendez- ^ vous de l'adieu des Conscrits, je vis un Calvaire • soudain. ' ■.'■•;

Le Christ était à deviner, tant il était usé ! . Cela s'arborait près d'un if séculaire aux petits fruits pareils à des gouttes de sang.

Or j'eus beaucoup de peine, car Jésus semblait davantage pâtir en sa décrépitude. Il n'était plus que quelque chose de pendu : comme un chiffon"de pierre oublié là jadis, et plus jadis encore, par un gars d'avant l'Age des Lances et des Clous.

Alentour... somnolaient les grandes fleurs de Solitude.

Je dis :

Que je te plains, Crucifié, d'être si dé vaste!... Mais pourquoi telle misère maigre?.. T'avait-on pas appendu bel et grandiose au Sycomore de granit où je te vois à peine avec lesyeux de l'âme ? Réponds,

SEPTEMBRE zSgr*

riSSL f.^P* 3 ?** ^ ^s, n'ayant pliis de lèvres

5K %' ^ t J cha q ue abeille était une voyelle avL deux ailés de consonnes. * voy eue avec

: Or ce miel j'entendis :

tempfflvn 11 . 5 1 *•* Ia plu h Qon ce »'«* pas le SI ± ïi ? J ç ? ols là depuis des siècles, •

vfeflles P s? eîW v — m !f Plés ^ ser ^ e ^ trèl Sait ^trlc ? viva1 ^ ^ore, et quiisont, en 'S r ! r - très - J eu?ies d êto * mortes. Non ce n'est pas le;temp Sj non ce n'est pasla pluie ?bÏÏi mMl - ! .^

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celaT m!u 1. 6S P 01 * 1 *^ ! Non, ce n'est pas 21 it S 3 — carre . fou ^ viennent depuis des

^cCLs^^ ee p yieime f tous les Morose* a ici-bas. Depuis des ans et des années, péierînent -

vers moi les Mendiants de l'âme et delSS :

£isénï 5 f^ USîgraViSS ^ tléS ^cheîdu^vfe baiserft fébrilement mon Image salubre. * *

™ïï* f^l énté > J ? sus > Ià Présence des baisers se lAvo.fe.mes yeuiy le Muet, ma bourtS S

sa L^ ncai ^ '#** i- .^chS

fâSlTi 1 '™' «mon cœnr a Iâicaresse

mfeûï^ ***** ^ r P^ S ^ ncôSrenS même but en labourant ma pierre bénévole;

— Ce but, quel est-il, Verbe fait essaim d'abeilles?

— C'est mon Ame ! mon Ame Divine qui couve ingénument sous la forme terrestre. Elle éstpour eux l'Espérance admirable, et s'ils savaient né pas la récolter un jour sous la charrue de leurs baisers, ces pèlerins adoreraient l'ivraie blasphématrice et perdraient à jamais la foi du Paradis;

— O ton Ame Divine ! clamai-je éperdu comme un amant divin.

Alors, gravissant les marches du Calvaire, j'étreignis le rédempteur Sycomore et j'y baisai avec ardence le chiffon de pierre à la place présumée des yeux, des mains, des pieds, du cœur, du front, — car le poète est la Souffrance Humaine tout entière.

Si nombreux furent mes baisers que, l'Image disparue de par la forme usée, jaillit T Ame Divine enfin, l'Ame espérée depuis des 'ans puis, des années par les Mendiants de lame et de la chair fanées...

Mon cœur, soudain ravi par ce Diamant premier de rinvisibilité, s'épanouit ainsi qu'un fanatique héliotrope vis-à-vis du Soleil. , „■""■.

Et je dus rester là, vierge, immuable, -séculaire* ment. j .

Seules m'avaient vu les grandes fleurs de Solitude, i

(les magnificences. — fin 188$)

SUR UN RU I S SE LE t

QUf PASSE DANS LA LUZERNE

A Francis Vtéli-Griffin* O l'Onde qui file et glisse, vive naïve et lisse I Parmi les prairies du Songe, des Filles se révèlent,

parfois, la chevelure tell $; *

SEPTEMfiRE ï89i : | j j

d'çril ferait s'ëvLE'? P *" le2ard «l»'»»» «iiaeell.

perruque printanîère' Sauves jabots «an» fc Ur

■.- — «Onde vraie, '".!■'■*■

Onde première, I .

Onde candide, ! ,

Onde lys et cygnes, <>; ;.

Onde sueur de l'ombre - Onde baudrier de la prairie,

Onde innocence qui passe, 1 '■ '

Onde lingot de firmament. j

Onde litanies de. matinée.

./ Onde choyée des vasques, .

Onde chérie par l'aiguière, ' :

Onde amante des jarres

Onde en vue du baptême, Onde pour les Statues à socle,

Onde psyché des Ames diaphanes, !

Onde pour les orteils des Fées, I

Onde pour les chevilles des Mendiantes, |

Onde pour les plumes des Anses, !

Onde pour l'exil des Idées, * ' '!

Onde bébé des pluies d'avril,

Qnde petite fille à la poupée' ■ V

Onae fiancée perlant sa missive.

Onde carmélite aux pieds du Crucifix,

Onde avance à la confesse,

Onde superbelance des Croisades,

Onde émanée d'une eloche tacite,

Onde humihté de la cime,

Onde éloquence des mamelles de pierre

*7» MERCVRJË DE FRANCE

Onde argenterie des tiroirs du vallon, Onde banderolle du vitrail rustique, Onde écharpe que gagne la Fatigue, Onde palme et rosaire dés yeux,

Onde en vacances des ruches sans épines, Onde versée par les* Charités simples, Onde rosée des Etoiles qui clignent, Onde pipi de la Lune-aux-mousselines, % Onde jouissance du Soleil-en-roue~de«paon,

, Onde pareille aux voix des Aimées sous le marbre, Onde qui bellement parais une brise solide, Onde semblable à des baisers visibles se courant après, Onde que Ton dirait du sang de Paradis-aux-clefs, *

3e te salue de TElseneur de mes Péchés !>

— Ce Ruisselet, fai su depuis, était mon Souvenir-dûpremier-âge.

O TOnde qui file et glisse, vive naïve et lisse î (Tablettes, 14 avril or).

Saint-Pol-Roux.

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