‹ Mercure de France, tome 3Chapitre 55 sur 111 · LETTRES DE MON ERMITAGES · texte numérisé non relu

LETTRES DE MON ERMITAGES

. . PREMIÈRE A DOM CUCUPHAS

DU TIERS-ORDRE DE l/AMOU£t SOLITAIRE

Sur le mode ternaire si Plein de candeur et de merci, Je vous épistole. Voici.

Fêtè-Dieu-pleine-de-relique I Par la caboche de Jamblique, Je suis Mgrement catholique!

Laissant les fils de Bélial, Pour un Port^Royal lîlial, Je hàntè le veau cordial

Et j'assume — avec quelles joies ! —

La fréquentation des oies. ;

Ma foi rayonne! dans leurs" foies*

J'invoque, pour le mal au cou, Saint-Maclou couleur de roucou, Sàint-Mitrophane de Moscou,

Et j'éructe, d'après les rites, Toutes les oraisons prescrites . Par quoi s'augmentent nos mérites,

« O heaia Soîituio! »

Ne plus remorquer ce fardeau,

Margot en. quête d'un chaudeau;

Ne plus rencontrer chez Arsène.

La congrégation malsaine Des Ephestions de la Seine ;

Ignorer, quand elle opéra, .

Le labeur de dire à Clara :

a BclValmd que mf.inamorà »•

Et, loin des quais .où. la Tour darde Sa conformation hagarde De cathédrale pignouflarde,

(1) Voir, Mercure de France, août 1890 (n* 8).

Oublier quel puffiste los Maurras,casuiste à Délos, Prodigue aux Symbolopoulos !

Enfoncer des pointes égales ' Dans son cul ï Vivre plein de gales Mystiques et théologales!

Fuir la table, ses' agréments,

Et parfumer tous aliments

De petits morceaux d'excréments!

Supporter le nom d'Anatole Baju ! pour un quart de pistole, Ceindre le cordon et Tétole :

Ainsi, dans les plaisirs dévots, Sans lire de fableaux nouveaux, Coulent nos soirs, auprès des veaux

Les gens du monde, sur les plages, Cèdent a maints peniers volages Et gaspillent leurs pucelages.

D'Hendaye a Lock-Maria-Ker," Tels messieurs d'un équivoque air (ï) Amènent des « fuils » au pocter. .

Il en est T aux bords de la Manche Qui, sans nul respect du dimanche Font sortir le Roi de leur Manche/

D'aucuns, venus de Bourganeuf, Pour s'acheter un complet neuf,' Comme des sourds abatteut neuf.

(ï) Le R R Junipérieu, à. qui n'échappe aucun effort de* « Vie Partstenne s, il y a quelque douze mois : **

Quand on veut jouer an pocker, II Jaut attendre un sort précaire Ça peut vous mener à Necker Ou à la Charité, pécairef Quand on veut jouer au pocher.

Car a Paris, à Gap, au Caire, Des messieurs d'un équivoque air Ont tôt /ait de vous^pickpockèr, .

Quand on veut jouer au pocker]

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Magicien aux sept baisâmes, Le Péladotson chasseur d'Ames Tâte la chair des vieilles dames.

Des gentlemen « tramés-coton »

Que sangle un inouï veston Appliquent lès lois du boston.

Cependant qu'aux jours de tuerie, Monsieur Prud'homme se récrie, Frascuelo! sur ta boucherie,

Et qu'un très jeune Pédero, Comme l'Alexis de Maro, S'exerce à « toucher le taureau $;

Mais nous, qu'un Lumignon éclaire Et qui marchons avec Hilatre Sur tes pas, Agneau Vexillaire,

Nous que la pudeur a conduits Méprisant ces impurs déduits, Employons saintement les nuits :

Mugissons la prose et l'antienne, Frère.] Que ma prière obtienne Pour vous cette vertu chrétienne!

Et que, l'esprit réconforté, Dom Cucuphas soit exalté Dans la benoîte éternité.

Son âme que l'Espoir désigne ^outrera la blancheur du cygne,' Les trois Vertus avec le Signe,

A l'heure où moqués des Vertus, Quand les buccins se seront tus, Cherront les pêcheurs abattus,

Et que, les enfants de Voltaire, Dans l*«nfer plein d'un noir mystère, Subiront le. thermocautère,

Xa broche et i'écumoire, hélas I Des cuisiniers de Sàtanas. ' Valc, mon frère Cucuphas.

DoM JUNIPÉRIEN,

2oS MERCVRE DE FRANCE

LÈS. TROIS ^M^E^gN^DEUTZ.

. :Les trois, femmes ..en deuil mar client' sur- là chaussée d'herbe.'

La rivière miroite au soleil et semble une princesse vêtue de soie changeante, qui tient sur sa main pâle, au lieu de l'épervier de chasse, une palombe familière ; dans sa robe lumineuse, dans sa robe de soie et de joie, la rivière se hâte vers la mer prochaine.

Les trois femmes en deuil marchent sur la chaussée d'herbe.

t Mais de l'autre côté du chemin, le marécage s endort dans sa chape d'acier ; vieux roi si l encieux, il darde ses prunelles blanches : les opales tristes qui pleurent sur sa poitrine, muette sont brûlées par des flammes obscures : la guerre le meurtre et le viol hantent son sommeil. '

Les trois femmes en deuil marchent sur la.

chaussée d herbe.

Mystérieusement, elles vont ; leurs monotones pas s assourdissent et glissent comme dans une chambre où repose un mort bien-aimé, un mort aux mains tièdes encore ; elles vont vers la cam-

OCTOBRE i8$i ,.' 309

pagne, loin de la mer et loin de l'écume, mvsté— neusement, sans se retourner. /

Les trois femmes en. deuil marchent sur la chaussée d herbe. • -••.-.. \7- "t

manteau flotte en. plis -funèbres: : << t-*--'?- : : -^v"- . ^''-Va'

Lés trois femmes en deuil marchent sur là ■ chaussée d herbe.

La troisième fleurit et sourit ; sa chevelure d aube ra 7 onEe^sur,so^ou. ël^oreille tendu** ■:.;.-. la chanson^du- fleuve^ j<% j.^Éisftû' i fi*iè'-.-a«vfi v : mer, attend la barque d'àmbur, Ta barque d'amour et de jour, qui l'emportera loin dés pleurs oublies. * . . .

Les trois femmes en deuil marchent sur la chaussée d herbe. .

Pierre Qui llard.

= x<> MERGVRE DE FRANCE

CONTES D'AU DELA

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