HEURES
... A voir cette page si blanche, jusqu'alors intacte de toute souillure, préservée des taches dégradantes — ah ! pourquoi mon âme ne lui ressemble-t-elle pas! ■ — il* me vient presque un remords de porter sur elle une plume sacrilège et qui la noircira du trop plein . d^amertume impossible a conserver de par moi- Je sens que si je n'exprimais pas ces méchantes pensées, soudainement écloses, et avec la force que'le Mal possède seul, elles m'oppresseraient tant quHl me faudrait les- crier tout, haut, pour en éprouver un soulagement. Il ne m'est pas permis de m'opposer en raisonnant à leur croissance, dont la constatation m'emplit d'anxiété. Peut-être qu'une, fois jetées sur ces feuilles, elles pâliront avec le temps, comme l'encre qui les traduit*
Et puis, si, par le monde, il est d'autres malheureux comme moi, leurs souffrances s'allégeront au récit, des miennes : cela me console un peu de songer à;ce temps où je ne serai plus, mais où ces paroles résonneront pour eux — et je les aime déjà, ces inconnus — écho de leur propre cœur en atténuant le bruit. Il est si do.ux de ne pas souffrir seul,..
Je viens de relire ces lignes et m'étonne d'avoir pu les écrire. Non, je ne veux pas que l'on sache; ma maladie est de celles qui se gardent secrètes. Il faudra que je cache ce cahier. Ce sera mieux, plutôt, de ,1e brûler, 'au dernier moment. Ne me tiendrait-on point pour fou? Comme si je n'étais pas en possession de toute ma
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traignant à réfléchir a^cn" es ^ Sd^ ^ C ° a ~ jamais bannir de mon S I T desirer aïs à tout le suis pas. Le mméur mîw °" 1 ass, »ément je ne
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pénible, la première où se u demon que je porte en .moi, ae sa souveraineté perverse.
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pétait bi^ ennuyeux que xua S œa r &r?ûT S T? ^ je ne pouvais plus jouer avec : 35 £?■ ma a<ïe ' «"" demeurait alitée. ^ * ' puls °, a mois qu'elle*
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.. ^es, mé dit-eUe^iî neÇ? a L S',* '' J *°" ■ sœur est maintenant au Jm r rv * ffai aansi * votre plus longtemps^ cëttTiet" ï *" vouIu , Ia ^«ser Plus.* jfsenfàisdTjà £À™LZllo^kl° * ^ ' ma poitrine, vite devenue fourde ^t moS^ *?* jusqu'à ma c-onré îor.srti,» 'Y ura «> . et monter, monter le parc, me ietfnt £, ffi * " b ° J nd » Je m ' e ^«« dans car 1 if J - plas e P ais dés -taillis dénouillés
aSocëment - u^^fou ^ ^K * * -^
un nre fou, zmpossible, à réprimer, sortait
en cascades bruyantes de mes lèvres serrées, malgré tous mes efforts et*ma réelle douleur. Oui, je l'entends encore résonner dans la sanglante agonie crépusculaire, tandis que le vent hurlait aux branches, et que les mornes feuillages claquaient, claquaient comme des ossements qui s'entrechoquent.
Je frissonne à me rappeler ces moments d'angoisse, . et le sentiment de mon impuissance ajoute encore à ma tristesse. C'est que, sur moi, retombent les fautes d'une * vicieuse ascendance : corrompu par elle, ce sang qui me martèle les tempes, se traîne dans mes artères, trop lent ou fiévreusement rapide... et je me heurte là, désarmé, ;iu mur noir des fatalités qui ne se laissent pas attendrir ou prier, des hérédités implacables, dont je ne puis rejeter les apports mauvais. Ah, ceux qui dorment maintenant sous les cyprès — et je les envie — , ceux qui m'ont fait le don funeste de la vie, comme je voudrais les maudire! Car est-il supplice plus cruel" que le mien... avoir à se défendre de l'obsession constante qui vous hante, vous harcèle, allant presque jusque l'impulsion. L'idée du suicide s'impose à moi avec une persistance telle, que ce sera une délivrance lorsque j'y satisferai. Mais, jusqu'à présent, mon cœur de lâche s'estjâérobé devant l'accomplissement de l'acte, librementconsenti, voulu, -appelé à certaines heures de toutes les forces de mon être qui souffre. Et, plus malheureux que les damnés du Dante, je me débats, plein d'horreur, dans ce cercle impossible; à rompre ; la mort m'apparaît tantôt douce libératrice, tantôt cruelle ennemie, cependant que toujours présente à mon esprit, y veillant implacable; et ma volonté affaiblie ne peut plus reconquérir une suffisante énergie pour me soustraire à ces affres et me procurer le repos bienfaisant du Léthé auquel on ne boit pas deux fois ! Chancelant et faible sous le contradictoire de cette effrayante situation, je conserve juste assez de raison pour en prendre une amère conscience, sans qu'elle me permette d'agir plus.../*? ne peux pas. Ma volonté est à la fois désarmée contre cette pensée qui m'assiège, cette affreuse pensée de suicide, et inapte à l'accomplir.
Parfois, il me semble que je suis suspendu au-dessus d'un gouffre profond. Un frêle lien, si frêle qtfà tout moment je crois qu'il va se rompre, me laisse balancer par les bises froides, et qui m'apportent les fines gouttelettes d'écume rejaillisant de je ne sais quel torrent proche* Et j'entends bruire, très loin dans l'ombre. Tonde noire qui refermera sur moi les plis de son linceul
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sur le roc, cette eSSati?e ^'v™ i? °? c ° rp V ebondira que la chose même lï ■ -^ de ? lus d * terreurs
Poumons SeSnS ne parvS oa!^^ f^T- ^ ^
sang, qui bout d W *£! lî J rafraîchir mon
. frissonnant ° . ete * ne,le fiè vre sous mon crâne
le» vilains fantômes qui errï,i fS hl^f 8 " y ° n& et nocturnes ! Vivre assurée? " f j silencieuses