COTÉ SÉR1EU3C DES CAPRICES
« — Qu'est-ce qu'un caprice?... Rien, n'est-ce pas.? C'est, du moins, ce que THumanité s'imagine. Constatons, respectons . et - passons. . . Ah ! vraiment un caprice est. une chose sans conséquence^ V ; ..■ . : .- .-.-/ ■< « Vous souvenez^vous des deux roubles laisses
par Pierre le Grand sur la table de. nuit d'une servante d'auberge qui lui avait . plu, en voyage ? Insignifiant caprice, n'est-ce pas? Mais . la servante d'auberge avait si bien profité de la nuit qu'elle devînt la grande Catherine II, de Russie, Catherine d'Alfendhel.... Vous souvenez-vous de : la petite servante de taverne, Emma Hairtê ?..„ une mauvaise petite brune, après tout, pour, ne pas dire plus ? Une nuit, un lord en fit son «caprice», moins que rien, comme on dit, — ce. qui lia conduisit naturellement,, cette fille de taverne, à faire vaincre la France à Trafalgar par Horace Nelson, à devenir la femme du lord comte William Hamilton, frère de lait du xoi Georges, ambassadeur et pair d'Angleterre, à devenir la favorite inséparable . de la. reine Marie-Caroline de Sicile, et à porter une vingtaine de .millions de diamants en broderies sur son tablier de cour, à. faire pendre, sur un signe de son éventail^ de \ vieux et bravés amiraux d'Italie, comme .Caraccioli, par exemple, à faire tomber sur les echàfauds toutes les têtes qui lui déplaisaieht, etc., etc. — - .Nous passons lés ducs et grands-ducs
ayant épousé les dugazons, tous les lords originaux, tous, les gentilshommes pour, rire, enfin ! ' L'Histoire fourmille de ces exemples, et, pour prendre le premier, si Agâr, seule, est si mal tombée, c est qu'Abraham était vieux : d'ailleurs, Ismaël vengea sa mère à travers les siècles, démontrant qu'un caprice peut devenir non seulement une chose grave, mais la chose du' monde la plus grave, attendu que toutes nos mauvaises habitudes ne naissent que d'un premier caprice insi- ■ gnifîant, et que le pli véniel contracté eh notre cœur par une seconde de faiblesse peut devenir une épouvantable fatalité dont nous ne pouvons plus secouer la chaîne de fer. » : * -
L'OMBRE DE L'ÙPA
«.... Leur soi-disant « opinion » ne portant en
réalité que sur des types imaginaires, surpris dans J Je vague de leur cerveau, ne présente absolument ' aucun sens applicable : je défie de me citer un seul exemple du fait dans toute l'histoire humaine.— Si quelqu'un médit : « Il n'est point rare qu'une femme très jolie, très aimable et regardée par tous comme vraiment exquise, ait, par malignité, coquetterie ou gaspillage, conduit un brave hom- ■ me, trop faible, à la potence, à la ruiné, àtt bagne" ou au suicide, — et j'en ai connu !...,, » Oui, si quelqu'un me dit cela, je déclare qu'il m'est tout à fait impossible de préciser une différence, appréciable au point de vue scientifique; entre ridée réeUe d'un homme qui me tient ce langage * et celle d'un homme qui me demande, tout bonnement, « Thème qu'il est ». Attendu que .l'entendement d'un lel individu se trouvant, à m on sens, comme offusqué et dans un état d'étouffément, grâce aux fumées de son propre sexe qui lui montent au cerveau,— : dès qu'il s'agit des femmes,, — il m'apparaît comme frappé, d'une sorte d'irrémédiable incapacité à. se rendre même le
plus lége/ compte de ce dont il me parle* Le bruit
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Tanimal initial qui est en- lui. Il; vient étaler ses goûts personnels et saisit. l'occasion de parler, enhomme' à succès, dans une discussion scientifique. Quel que soit son âge, il éveille en moi Pidée d'un éôolier qui, pour mériter l'estime de ses professeurs et la vénération de£es camarades, 1 se serait fait teindre les cheveux en blanc. Je me contente . de m'incliner, saluant en lui la forme humaine à l'état rudimentairè et m'écriaht : « Très judicieusement observé ! >> je le quitte, le laissant : tout heureux de ma félicitatiôn et ; me promet- ; taiît.bien d'éviter y à tout jamais, sa oiseuse com- . pagnie. ' / ■ •■
Lord Lyonnel,- malgré la gravité du récit, Tétrangeté du lieu et la solennité de la question, , ne put s'empêcher de rire à cette digressive hou- .
taded'Edison; ..;.;..■ #
; .<<-..- Comme si dans un problème de cette importance,poursuivit l^lectrieien,— et qui de sa nature -est double, 1 indissolublement double en son ; . unité, — il était permis d'éliminer à ce point tout examen de la rnoitié masculine delà question L.v Comme si la. nature privée de. Pâmant était défi- ; nie par ce mot :>I1 était faible L... » Comme s'il n'était pas plus qu'évident, au Qontraire,que, dans -■ le genre d'aventures'" dont on veut ! parler, cette femme/ aimable ou non, n'a jamais été autre chose que le prétexte (ainsi que l'eût été n'importe quelle autre à sa place) du développement ■ inévitable des mauvais instincts de ce coquin, . d'apparence bonhomme, en qui la potence ou le. reste furent toujours en gerpies potentiels! — et que, dès lors," il devient aussi absurde d'accuser . la jolie, aimable et charmante femme des malheurs naturels de ce scélérat masqué de faiblesse que . d'eu accuser toute autre. Et si l'on objecte : « Mais il y a eu réciprocité d'action, l'amant a perverti là femme, etc. •»,— je répondrai;- — * Donc, n*attri~ ■'
Ia MERCVRE DE ERANCE
buez plus alors à cette femme des qualités devenues mensongères par le fait même que vous signalez; ne la posez plus comme une vraiment jolie, exquise et aimable femme, puisque, désorganisée par le malheureux en question, elle n'a pas de droits réels à ces titres dont vous ne l'affublez que pour pouvoir l'accuser tout à votre aisé Vons constatez simplement ici que non seule- ■■'■■ . pent le coquin est coupable de sa propre ruine, a lui, mais encore de la déchéance dé celle qu'il a faussée, et voilà tout. '•-. .
« Donc, si un homme sérieux vient me dire que l amour dune femme vraiment aimable, sédui- S + n f e + e i t e3Ç( l ulse vPeut devenir nuisible, avilissant et latal pour une vraiment noble nature, dans quelque situation sociale que ce soit, — ceci est totalement inintelligible pour moi et je parierais au besoin la tête de cet homme sérieux contre un penny que dans son propre entendement- ces ' paroles n obtiennent que le même accueil. '
« Non ! non ! je dis, moi, qu'au commencement, ■ une temme, pour jolie même et séduisante qu'elle apparaisse, si sa possession produit de ces résul-' tats horribles, flétrissants et funestes, en une nature primitivement riche, élevée et saine, je dis qu elle ne peut être au physique, voyez-vous bien
comme au moral, d'après preuves à TappuLqu'un ensemble de laideurs masquées dont l'occulte secret dupe tout le monde, et dont l'aspect eût écœuré sa victime s'il eût été donné à celle-ci d'apercevoir dun seul coup la totalité de ces laideurs, avant Savoir été graduellement familia-
« Pénétré de cet axiome qui me paraît aussi indiscutable quelaloi d'Archimèdé,je mé misa réfléchir sur 1 aventure que je viens de vous raconter, et, des la première réflexion, je Tayouè, je me sentis tressaillir de surprise. ' ■
.' ;« Regardez bien, voici lé problème : — je l'ai : résolu. Je vous déclare d'avance que sa solution que je vous ferai voir et toucher, est effrayante et
que ce qui me fit tressaillir fût l'immédiat près- . sentiment de cette solution. Voyons si vous la de-
.viuerez.v - ., : ■ - ' ■'.:,'*. ^ n :
« Un jeune, homme, plein de ]ugement, de, force et de droiture jusque-là, beau, courageux, . travailleur, aimant et aimé, père et citoyen, arrivé. ■ à Téstinie de tous, a été dissous jusqu'à la mort par un. alcaloïâè féminiq 5j nécessairement d'un genre de puissance tout à fait anormale et extraor- * dinaire, ■— et voici que tous, ainsi que lui-même, après une expérience de trois années, m'affirment: que cet être n'est,au physique et au itioral f qu'une jeune fille des. plus jolies, des plus spirituelles et des plus aimables, — et que^ c'est toutl / ,
« Allons donc! Elle doit être autre chose encore, que personne ne voit I
« Lel mystère de cette absolue impossibilité m'intriguait : lie tenant . donc aucune espèce de . •compte de tout ce que. Ton me disait au sujet de miss Evelyn.*. » . '' ' r < ; : " y- , .
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. Et cet absurde jeu de mots, fondé sur l'image d'une balance (Libra), n?est-il pas la cause unique du mal Universel? C'est le vrai Satan, .cette idéelà : elle est éparse dans l'univers, depuis le cixon jusqu'à l'étoile. Et pourtant, de même que le faux n^st qu'une partie du vrai prise pour le vrai tout entier, de même le mal n'est que la résultante de là façon absolue d'entendre l'erreur, qui fait que
- chaque être qui juge:ainsi £on semblable se substitue à Dieu. Or, je dis que la libprté.n.'est que la délivrance? de tout jugement absolu et dei sesré-
* sultantes, La*bâlaiiee, vous le savez* est d'avance l'esclave du poids qui doit la faire «penëher l Elle est viciée par cette nécessité interne et éternelle. Vous ne choisissez que mû par une tendance, sans quoi r vous ne choisiriez pas. Ôr, que ditesvous au prisonnier qui a fait son temps ? —Ceci: * Tu es délivré du ifîal de. ta prison : tu es. libre...
MEReVRE DE FRANCE
L'amour rvraï, dans sbn infinie miséricorde, ne reproche qjue pour réclamer un regret et voulant déjà pardonner !♦.. Unmotrudê 7 jsiais aimant, l'eût désarmé. Qui peut sonder les trésors de tendresse que v la nature a mis. dans le cœur d'une honnête femme !.. /Toute blessure d'amôur-prôpre, elle l'oubliera, car elle se sent aimée plus haut!.*. Une honnête femme peut tout pardonner* Elle n'a que faire du silence. Mais il ne suffit pas d'être une nature simple, logique et solide, mais supérieure, pour comprendre tout ce que cache de maternel et d'enfant à la foisl..
VlIXIERS DE L-IsLÎS-AdAK.
PETITS APHOR1SMES