DUX POPULÏ ET. TURBA
' Voici le Salut ! Alleiuiah ! '.
' (Les murs -de la maison où agonise rhië rognante se disjoi-; gnent, il voit Tàpotliéose et 'se dresse hagardJ) .
UtTIMUS HlEROPHANTA
La Nuit, la Nuit souveraine a conquis leurs âmes 1 .
. ." " CHORUS ÏDEARmi iETERNARUM
Ils meurent à jamais et ils croient renaître ! les voiles autour <T eux ^'épaississent et ils croient voir la lumière ! ils sombrent au néant et ils croient toucher : ■ au bonheur ! Ils abandonnent la voie royale,- ils chas-- ' sent loin d'eux les essences- guérisseuses et douces, ■ ils naissent pour la douleur et pour la peur farouche. , Le geste tendu de nos mains se retire d'eux. Et vous, lès bien-aimés. î yenèz-vèrs' les gloires infaillibles I.
: -■■ ." Priots "Poeta ■ ■■ *
. Viens, mon fils !
Chorus Idearum.JEternarum, Chorus A^gelortjm,
;'.■; ;■ * \ 'Chorus C amp anartjm -
Vous renoncez les formes transitoires et basses, vous êtes affranchis de la terre abjecte .L'heure des délivrances â sonné. La vie bienheureuse est proche. \ Alleiuiah! THeure est venue T Alleiuiah !
.'■"'' {Le Poète: Koi. -descend, suivi 'des "chœurs- divihs,précédé des • rousses abeilles messagères; l'hiérophante tend les mains vers., la cohorte,, ^et la. Mort paraît; virginale et telle, ceinte d'e myrtes* - *■ ■ . *
■ U.LTIMUS HlEROPHANTA
Voici le Jour I (Il meurt.) .■',*'
(A ce moment, un héraut sur la placé jette une torche sur la maison deThiérophantè^et la flamme dévastatrice consume, les œuvres préservées par la pïéto du dernier servant.)
• .Chorus Ldearum Servarum:: '
Vers notre. Père, nous remontons^; vers l'Absolu, ;.. vers la Lumière, vers FIncréé, nous ïncr.éées. Captives aux maisons de détresse, nous échappons des. mains ennemies. ■'" -
PrIOTS POETA
Venez à moi, 'mes filles souveraines ! .
Ul-TIMTJS HlEROPBCANTA
Venez à moi, ô mères de douceur ! .
. : Chorus ïpE^MiExE^AKUM ' ■
Nos sœurs perdues, venez à nous!
Primus. Poeta, Ultimxts Hierophanta et Choregorum
.Personne
Allons vers Lui 1 .
Bern ard . Lazare .
L'AME SÂISISSÀBLE
A Henri de Régnier. .
Sous les tuiles sanguinolentes du Marché / — pyramidale carapace que supportent quatre piliers chamarrés .d'oignons, <Tails et de. foulards criards. — un Saltimbanque érigea, ses Tréteaux:
Au fond, à gauche, à droite du haut sol de planchesque fouleront les bizarres bariolés comme des oiseaui précieux ou des batraciens magiques, Tine toile enfantinement peinte s'éploie, sur laquelle : une Princesse Naine épousant utn Roi Géant ; un Explorateur en houppelande bleu barbeau , et sous le bras un j aune parapluie, englouti par un crocodile couleur d'herbe tendre ; un Peau-Rougè qui se débat dans la colique abominable d'un reptile aux écailles d'huîtres; et autres parodies d'é- -
pouvantes, : . ; . .
Devant l'estrade, deux musiciens déments. L'un, tape à coups redoublés sur un âne métamorphosé . en tambour, l'autre, m'évô quant une dérisoire caricature dé Saint Jean Ohfysostômë, avance et ramène de grandes lèvres de cuivré ; une sonore grêle de rayons de soleil méridional dégringole du métallique pavillon,- et ce trombone qui brait çomplëmente lé tambour. ,,
Maintenant, sur les pierres réelles, un troupeau de Simples en blouse, figés dans l'extase, sans haleine j avec le coeur qui çapriquë à s'esquiver par l'ombreux losange de ta bouche,, contemple les bateleurs afficher leur fantastique besogne, aux " cabrioles éblouissantes**.
Je me pris, à penser que, ■ces.-* manifestations extraordinaires, les Simples les devaient chérir
? 8 MESCVRE DE FRANCE
comme étantsans. doute, l'estampe finie del'infini itS^-tT 16 J isible de Visible, :k pantoS
nieroglypnes, la démonstration présumablè ou ; suggestive desthéorêmes rebelles à leursmX^res
aes ailticultes a acquérir, l'impossible entrevu absolu dévisagé l'au-delà concret; j'en v£sà inférer que la foule se délectait devant 1 i fatorue évidemment douloureuse des jongleur, et Ss
satfXS^ 7 - nt ' P ° U / Sa P r °P re ^victorieuse sanction, qu a regarder superficiellement,
— « CesSimples, clos, en le vallon ducontin^ent parmi la même heure de leur banale vie?°on?în- '
peu"ventd e V^ bltan + tS ^ <? résent transitoire^, peuvent décemment goûter les fruits de ma Raison point assez de leur âge puisqu'elle participe de toujours vassale à la fois de^aveniret du p? S sé
béants in. l? Ue - UD W, e ^ de l^ur co rps f rô ie nt .. Sm/n? ^ r m ^entendre, mon énigme
subtîl d4 !- eSSlble aUX ca P ables sensd'un esprit subtil, dévotieux et servi par cette fiancée du génie, a Compréhension. Que si même je tentai/de 1 inviter a me connaître, certes la multitude évi- "-' ■îg? 1 * a f . lè P^ ,^vine. Il appert donc qnela Cha-
quî dfeÏÏÏÏ d' arté ^ U P î èt6 ' **»«>« passant ' qui devine la désintéressée vertu de l'aumône
épouvante le profane lâchement fier; l'œS de & ' P* ur v 7 a °? rugir un sac de charbons ?ù sourit .
doim^c f ir f la - defî ance aux prisonniers, des .
deS? i^°- UtUmierS *, et ce sa S e Paraît malin, hideux, illogique : un fantôme. !»
Sur l'estrade goguenardait un paillasse. '• '■■•'• Le clavecin de sa frimousse exprimait la eramme
des^macesîrhistriônnebouchL'étonaifeS :
de poule ou bien se cornait jusqu'aux oreilles,
de telles manières que les Simples, ma quilles par le graduel arc-en-ciel du.rire, virevoltaient dans l'ouragan des singeries.
. A-part mioi, je continuai: r*- .-, ■ . "
— « L'incompris, somme toute, est IVnnemL Raisons raisonnables un peu. Vraiment, car nous
'sommes/ eux l'ittimédiate patrie, moi" l'exil, A . chaque abord je leur- figure l'homme qui revient . d'une terre surnaturelle:, masqué d'un idiome sûrhumain; aussi ma bonne nouvelle sestérilise-t-elle
; sur- leurs sables inhospitaliers : je suis là Voix, mais ils sont le Désert. >>
Agitant à travers lé vide, une danseuse de cordes à la mise de libellule: faisait maintenant aboyer d'émerveillement les mains calleuses,— quand une lumière subite me. traversa, .glaive inspirateur !
J'avais trouvé le terrain dé traduction silr lequel on pourrait s'eiitendre. ' ■ .
M'allarit réfugier sous les Tréteaux, dans une '. obscurité propice aux enchantements, j'enjoignis, avec Timpérieùsè volonté d'un dieu, j'enjoignis à mpn Ame d'apparaître, dé vivre !
. Soudain, jaillit de mk tour [^d'argile une Vierge; fabuleuse ! Ma Sagesse lui^tenait lieu de Beauté, .mes passions vivifiaient de Vérité sa forme; et si parfaite était- la statué vivante que- je la crus chaussée d'écume .ami ère. .
Vite je l'entraînai derrière la toile erifantinement
peinte JUncostùme émanant, aurore de tulle, d'une
malle 'entrouverte, j'en revêtis mon Ame,, puis je
jetai la' psyché,, comme une poignée de fortune,
* sur les planches libres. :
A son apparition, Pexdamation de là foule fut. teUé que j'entendis ~un silence gLandiose;;
Alors mon Ame, par un jeu d'une séraphique prestesse, par des tours en quelque sorte résolus avec dès membres dé hfise, se traduit, . se \définit \ auxyeuxdes Simples pantelant devant l'adaman- * tine saltation. comme s'ils avaient été vivement ■penchés sur un puits' dé trésors. . . ..'■.* : '
4° MERCTRE DE FRANCE
^mS^JtJS^A ^ int . em S en «* brève" un Kaléidoscope ou, dans une ht^r^f^„ *A,.
fidèle, 'accéssibij figura-
que tracé par
noire est 1er^£ -ÎÀ i - , 11L ' ue craie s *r rardoîse traction et Si 5 ? + de( l uat et spontané d'une abs- :
gel du formel dessin aux lignes miVacfleuses
Ainsi mon Ame difficile, à travers cette t™™» de phénomènes faciles, se vulgarisa "sou ?T J3£2 "
cils , et, moyennant ce commentaire à Tusatt If . leur compréhension relative, voilà qu'ils dlcïfw ax IO me charitable et nécessaire mon Rêve l ,W ravant négligeable et. banni. Ve aupa "
présent la désirent et plussent U T P ^ S à
reS^fif- 01111 ^ ^ titUWs ' l6S Sim ^ '<*>*&'
consumer si ne cessent tesTervellfei f"/ B ° n . Exorable, mon Ame salua la muïtffn^ -„ j -i- ' "
faîr" roîr 6 - "**? ^^tSJdïïSS taire la quête ordinaire avec l'idée mat^ii d'évaluer A son apothéose.. matérielle
JANVIER 189a
Or, afin de défrayer suffisamment Plcône, afin - aussi de, rie rien plus voir désormais, les Simples désenchâssèréntleurs yeux et bellement les mirent dans l'assiette tendue.
Puis, à la merci des tâtons, les Simples s'éparpillèrent, — ma Vision dans leur mémoire.
Saint-Henry .91.
Sajnt-Pql-Roux.
& '. MERCVRJE DE FRANCE