‹ Mercure de France, tome 4Chapitre 42 sur 140 · SUR U AMOUR-PROPRE · texte numérisé non relu

SUR U AMOUR-PROPRE

L'homme est un mécanisme que Tamour-propre remonte chaque jour.

Nos mérites, nos désirs, nos prétentions et jusqu'à nos fautes, nous faisons tout entrer dans le piédestal de la statue que nous nous, élevons à nous-mêmes.

On renonce au monde plus facilement qu'à soi-même.

A" On sacrifie ses goûts à ses préjugés, moins souvent ses intérêts, jamais son amour-propre, vu que Ton se fait gloire justement d'avoir de tels préjugés.

La satisfaction personnelle que Ton apporte. à

la vie est le meilleur moyen de la supporter allègrement. ' " " ■ ■

Nous nous méprenons souvent à nos capacités . et toujours à notre mérite. Nous rangeons à l'actif de celui-ci non seulement ce que nous accom- . plissons réellement, mais encore tout ce que nous voudrions accomplir.

Il y a dés hommes qui ignorent leur véritable mérite; il n'y en a pas qui soient exempts de prétentions. .

Lorsque Ton s'mdigne contre le pharisien, n est-on pas soi-même pharisien., et ne dit-on pas comme lui : Je te rends grâce, ô Dieu, de ce que je ne suis pas comme cet homme4à? ■ .

Celui qui est vraiment humble ïie blâme per- ; sonne.. Il se garde niême de se blâmer soi, car, en le faisaïit, if se ^diviserait en deux personnalités, dont Funè [blâmant Vautre manquerait par cela

d'humilité. ...

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