‹ Mercure de France, tome 4Chapitre 97 sur 140 · THEATRE D'ART · texte numérisé non relu

THEATRE D'ART

La Tragique Histoire du Docteur Faust, drame de Christophe Màjrxowe, traduction (prose et vers). de François de.Nion et Casimir. Stryiénski. — ; Vers 1587, parut, en Allemagne une .légende intitulée.: Histoire du Docteur Faust \ le fameux magicien et maître y èn.l\qrt thnébf eux ; comment il se vendît au diable pour un temps marque ; quelles furent pendant ce temps-là Tes étranges* aventures dont il fut témoin où ■qu'il rèaHsa^ et pratiqua lui-même, jusqu'à ce qu'en^ ; -fin il reçût sa récompense bien méritée. Recueillie surfout de ses propres écrits quHl à laissées comme un terrible exemple et une utile leçon à tous les hommes arrogants, insolents et athées. — « Soumette^ ' vous à DïeU) résiste^ au Diable et il. fuira JLoin de vous. » Sainte-Jacques, TV, ?.* Cette légende (i),œûvrè, ;

(1 ) On la trouvera entièrement traduite et très savamment * commentée dans l'ouvrage de M. Faligan, Histoire de la Légende de Faust (1887).'

*Tû MERCVRE DE FRANCE

dfJ« D e , $se, ?, ce > de; l'imagination populaire était ré digée selon l'esprit d'un pamphlétaire lutheries r cîtït

core a ffl- è ^ de *W d " S e " re dè cei dont sont S! core affligés, maintenant, les pays nrotest/nt*.

II les envJrr. ^ U v s d ? m °n s commis à ses ordres ? i-„ J J P nv F r ?" à la recherche de l'or- des nerïpV/rn nent.des fruits du No U veau-Mond« l-« „ii£ ? , d °" princièrement délicats : monde> les P lus suaves et

(i) Dans le Theatrnm Poetarùm (xfa*\ ~-Cf Ci 7 ± Predecessor* in fhe Enviai, n ( 7 5,, t^ Ct * Shakespeare s roonds. Ay/«* IW«, by John Addington Sy-

MARS 189a a? j

H! haye them fly to iBdia for gold iRansack the océan for Orient pëarl

Andsearch ail corners ofthe new-found world . , . : For pleasant.' fruits and princely délicates. .

Comme tous les hommes profondément sensuels, il est mélancolique et s'imagine que des plaisirs nouveaux etrares le guénront- Jadis (et maintenant encore, on en citerait des exemples), ces sortes d'inquiets se tournaient volontiers vers là magie, comme Fa noté Wierus, lequel est d'ailleurs assez sceptique sur là valeur même des conjurations démoniaques/ Au neuvième chapitre de son traité De Lâmiis, il caractérise le^naturel de ceux qui ont descendances diaboliques * « iyusmodx sûnt mélanchojici et ob jacturam vel qualemcunique aliam causam tristes ; item.Deodiffidentes .irapii, illicite curiosi,... malitiosi, vix mentis com- ■P°. te . s -v*- <-es traits conviennent assez bien au docteur Faust : il a : vraiment ,V esprit un peu aliéné, vix mtntts campas; il conclut un réel marché de dupé: en ses rodomontades avec MephistophUis, c^est le dé- ^■■'•..P 1 nous apparut sous la forme d'un troublant moinillon) qm est le sage ; et quand, après une longue succession de parades,tfaust tombe dans les enfers M on éprouve plus de pitié que. de peur et- on plaint le. pauvre fol qui n'en eut pas pour son argent.

Le .« formidable drame » que Màrlowe a certainement^entrevu; nous n'en retrouvons pas l'impression, A la dernière scène, c'est un conte qui finit. Comme - 1 écrivit r auteur en égUogUe.: ■ -,.

Terminât hora diern, terminât author opus, .

■ Et c'est tout.* . , . ; / *

C'est que, hormis en littérature anglaise, texte clas^ sique date et point de départ ou de comparaison le F< *?$t de .Marlowe, n'existe plus : Goethe, delà première à la dernière lettre, l'effaça, de même que, an~ teneurs ou postérieurs au. sien,, tous les . autres « *aiists > anglais ou allemands, de Soane, de^ Klingeman ou de Lenau; — il les effaça par un * Faust » qui est Le Faust, 1 œuvre qui rénova l'art idéaliste,

:(i) Cet épisode serait bien illustré -"par le dessin de Martin bcaongauer que -Ion voit, au Louvre, des diables à ailes de c^uves-souns, a- mamelles inguinales, i œil au nombril,erilevaut un Faust grotesque et récalcitrant*

*7a MERCVRE DE FRANCE

restaura la foi en ridée, remit à leurs places logiques le Monde,qui est l'apparence, et ridée, qui est l'être.

" __, û«ella fede

Che principio aUa viadi salvazione (i) C'est Gœthe qui libéra les sept esprits que Pierre d'Apone (croyance italienne du XIV e siècle) tenait enfermés dans une fiole de crislal ; — et d'un ■ sujet que Marlowe laissa à l'état de légende dialoguéë il fr3/,A " no 7 e symbole même çh ~- jlj -- ** ■■■ -•• '

sommes tous, et qi

quatrième fois que „ ^ ^ „ tmvtt ^

Marlowe. Leplus ancien traducteur fut J. -P. A, Bazy (2W puis vinrent F.-V. Hugo (3) et M. F. Rabbe (4). Etaitil nécessaire de recommencer un tel travail ? L'interprétation fut pleine de bonne, volonté.

,. Hermès. .

Les FlaireurB. — Les Flaireurs sont une œuvre

- sobre et puissante. On les a souvent comparés à V Intruse, et, en effet, il y a d'évidents rapports entre les deux drames, mais Tart de Van Lerberghe est plus simple encore et plus primitif que celui de Maeterlinck, plus, encore il rappelle la chanson populaire; ses moyens de suggestion sont plus directs; aussi Van Lerberghe n'est-il pas tenu. d'accumuler les répétitions de détails comme le fait Maeterlinck, et son drame, avec une étrange rapidité, vous émeut d'une émotion violente — on pourrait presque dire brutale. . D'ailleurs, l'œuvre est des mieux composées : une

n gradation croissante .y est strictement observée, et â^chaque épisode, l'idée suggérée devient plus nette; Chacun des trois symboles — l'eau avec l'éponge, le linge, le cercueil — nous- montre la mort de plus en plus proche, de plus en plus implacable. Le même progrès se marque dans les illusions et les visions de

(iV Dante, Inf* 11.

(2) Etudes historiques, littéraires et. philosophiques sur C Marlowe et Gœthe et sur les seizième et dix-neuvième siècles suivies de la Vte et de la Mort du Docteur Faust, drame de Christophe Marlowe, traduit pour la première fois avec des notes explicatives (1850}. ..-'-■

(3) Le Faust de Christophe Marlowe (18^8).

(4" Christophe Marlowe. Théâtre* Traduction de Félix Kabbe, avec une préface, de Jean Richepin (Savine, 1880 - 3 vol. in-18); — I/exceliente introduction historique du traducteur a été souvent mise à contribution pour ces notes

la Mère, suggestives elles aussi — d'une manière moins directe — de l'idée de mort, mais transformée, et de terrible devenue souriante. Et c'est un beau contraste qu'il y a entre les peurs de la vivante et la sérénité de Fagoirisanté. Tout ceïa n'est pas d'un art aussi facile que Fa dit un nommé Fôuquier, qui nV consacré que deux lignes aux Flair eurs, sans d'ailleurs les avoir vu représenter, et. presque certainement, sans les avoir lus.

^ kes Fïàirèurs ont . été parfaitement joués par

M me Suzanne Gay.et'M 11 ^ Georgette Gamée. M^Gay a

composé lé rôle de la Mère avec beaucoup de scien ce :

. elle a mis un charme infini à dire les douces ". visions

où passent la belle Dame du château et les Anges du

Paradis, et, au moment de. la suprême agonie, elle a

été. simple et tragique. M IIe Camée a rendu avec son

talent coutumier les effarements et les angoisses de la . Fille, ■ . ■-■

Pour les Flaïreurs^û faut de la. musique de scène, suivant les indications mêmes de M. Van Lerberghe, , La partition qu-a écrite M. DûteiTd'Ozànne est distinguée, et elle a été fort bien exécutée par .l'excellent quatuor Gelosp-Tracôl-Fernandez-Schnecklud.

La mise en scène a été suffisante, â peu près ; cependant, les rideaux de serge noire manquaient an lit, la .-. porte ne s'est pas brisée au dénouement, et les coups frappés n'ont pas été gradués comine il aurait couvenu: ils ont,4ès le. début, été trop violents et trop précipités.

Bateau ivre. — Il n'y apas lieu de disserter sur un poème aussi, connu que Bateau ivre, et aussi parfaitement clair, quoi qu'en pense le nommé Fouqûier,

, qui, sans douté, ne Fa. pas compris par la simple raison qu'il ne Fa pas lu; et il vaut mieux ne point parler de là médiocre interprétation qu'en a donnée M. Prad. Pour ce poème, M; Paul Rànson avait peint un décor d'une, brillante fantaisie, mais que

. malheureusement, dans la hâte et le désarroi de cette .fin de représentation, on ne plantapas avec le soin qu'il aurait fallu. . ^

..'"■ A^Ferdinanû Herold .

T ' + I * ' + ■ Il H

Page 1