‹ Mercure de France, tome 5Chapitre 100 sur 109 · IL G · texte numérisé non relu

IL G

La Bohême diplomatique, par le comte P*Q£o& (Perrih}. — *,H*lè comte Prozôr, qui,, par de consciencieuses traductions les premières faîtes en' notre langue, contribua fort à propager, parmi rions les .œuvres .d'Ibsen, nous donné aujourd'hui un roman où sont dessinées de manié re assez vive et assez am usan te quelques silhouettes de ces im portants nomades, bohèmes à ris^ . tocrates, qu'on nomme diplomates, et où nous, aimons à lire/ attribué à l'un d'eux; un tel aven.; « Est-ce que les ambassadeurs savent' seulement ce qui se négocie par-dessus leurs tètes ?„ A moins qu'ils ne rapprennent par Un journal... Rouage inutile^ mon bon ami, rouage inutile,.» »

I*« Rythme poétique, par Robert db Souzx* ( Perrui et. Ciè). — Dans le marais poétique .où ..chacun coasse selon la force de ses poumons et le caprice de son génie, il est de mode depuis quelques années dé discuter les questions de métrique» de parler nombre, rhythme, . assonance, allitération, Matas, apocope, quelquefois à to/t et à travers ;■ mais toujours chacun de : ceux qui parlent est rongé par le désir secret et légitime, d'imposer à autrui comme une règle ..absolue sa méthode par- . ticulièïre de. chant. Le reste dés hommes passe le long d^s berges et ne comprend rien à tout cela ; pour lui toutes ces bêtes bruyantes sont des grenouilles, de simples grenouilles, et à moins d'être soi-même grenouille on né peut distinguer. nettement une rainette d'une grenouille -taureau. Au contraire delà plupart d'entre nous,. M. de Souza connaît la valeur des; . mots techniques qu'il emploie, et son livre est fortement sou- . tenu par de bonnes lectures et. de salaces réflexions personnelles* J'avouerai cependant qu n il interesse rplus comme ymè tentative désintéressée que comme une œuvre d'utilité pra-. tique et immédiate. Qu un philologue considère révolution ■du vers français, depuis son origine jusqu'à, nos jours, qu'il constate l'apparition, la mort ou la survivance de telle ou telle forme, sans avoir d'autre souci que de dire comment les. choses se 5ônt passées : soit/ lé chercheur et le sa vaut profiteront à le lire /s' il est consciencieux et bien informée ôùNin esthète, survie nue. qui essaie d^interpréter les faits recueillis par le philologue et montré que- ces accidents ne sont accî» . . dents qu'en apparence, et que; les formes abandonnées ont

Ïiéri soit par uu vice congénital ou bien parce que ceux qui . es employèrent manquaient de talent, quil prétende découvrir le fpurquùi, j 1 y consens encore* Mais ce qui me semble aventureux' et vain, c'est d'édifier par avance, même eri pàrrtant de révolution antérieure^ la théorie d'un vers futur. Jamais les arguments, les plus spécieux, les plus logiques, ne. détermineront la naissance d'une oeuvre: un poème est une . création organique et vivante t et nul ne peut dire ce qu'il sera avant qu'il né soit; .pas plus qu'on ne connaît exactement r*rt de , faire des enfants mâles ou femelles.

Nous nous heurtons d'abord à deux lois contradictoires, toutes deux rigoureusement exactes ; « Le rhythme n'est Jjerj» que par la répétition * r et «Tout rhythme trop souvent répète

devient une habitude et n'est plus perçu en tant que rhythme. » Selon que Tune des deux lois s'impose, plus .vivement au poète, l'ordonnance sévère ou la liberté l'emporte, et, pour nous restreindre à ce siècle, nous avons successivement le vers monotone du premier empire, le vers parfois désarticulé outre mesure des romantiques, puis le retour du Parnasse à plus de régularité, et enfin les velléités actuelles d'émancipation. ML de Souza, tant qu'il interprète les faits anciens ou présents, est en général un observateur avisé et un esthète délicat (encore pourrait-on lui chercher, noise parfois; p. ex. le vers de Racine est peut-être, contrairement à ce qu'il pense, d'une variété plus réelle que celui de La Fontaine \ Mais dès qu'il en vient à formuler une loi positivé, cette loi est insuffisante ou discutable. Selon lui : « Ce n'est que le jeu des accents forts et dés accents faibles qui peut achever d * animer le mouvement rythmique.» Par accent, M. de Souza entend l'accent oratoire et non le simple accent tonique : ne voit- il pas qu'ainsi, il songe seulement à l'élément pathétique du vers, ce par quoi il cesserait d'être une transposition de la vie pour devenir la vie elle-même, et qu'en acceptant cette loi unique on arriverait à la négation même de 1 art, tandis que certaines déclamations du vers rendues obligatoires non parja passion ou la logique, mais par une nécessité musicale voulue du poète,, créent vraiment un autre monde par une audacieuse transfiguration de la vie ?

Balzac socialiste ( Extrait de là « Revue socialiste »), r>ar RoiiwtT Bernier (Se vin). — Il y a quelques années, on feuilletait les auteurs célèbres , anciens et modernes, pour trouver en leurs ctuvres des traces de la manie alors dominante, l'anti- cléricalisme; et on en trouvait — jusque dans Pascal, jusque, dans BossuetI Aujourd'hui que la. mode est au . socialisme, il sied que ces mêmes auteurs nous soient affirmés tels que des socialistes,— au moins, inconscients: Dirais -je de ce genre d'étude qu'il me semble particulièrement inutile? Si je voulais prouver Balzac monarchiste ou théocratique, catholique ou athée, anarchiste ou républicain, — ; par un ha^ bile choix de phrases j'en viendrais à bout facilement , et je convaincrais les gens faciles à convaincre. D'ailleurs , comme tous les hommes d'une très vaste/ intelligence, Balzac devait avoir, non pas une, mais cinq ou six cents opinions:

Jiue lé socialisme se trouvât dans cette collection, cela est ort admissible, ■— et, en son ingénieuse et paradoxale

étude, M, Bernier a raison. :

Nobles et Noblesse, par Db Nntix (Savïne). '— Recueil de faits et surtout d'anecdotes touchant ràncienne noblesse française et la nouvelle. Des appendices intéressants; beaur coup de renseignements curieux ; encore plus de scandaleux racontars. L'auteur nV pas compris ceci : une société aristocratique est à peu près au-dessus des lois; elle n'a que des usages et vit dans une relative anarchie :' c'est pourquoi les

AOUT 189a '■' / 36}

^ «yi^ — — — — — 1 ■ h ■ I ^ U 1^.1 ^ 1 m .1 1 .1. 1 jlH U^ ^ I „ »%imi»^ — —M .

vices et les passions /aussi bien , que .l'héroïsme et 1* libre esprit d^nitiâtivè) s y développent " très heureusement, — loin des vertus moyennes .et des vices moyens., également .: voroitoires. -

. ; "■-'•.- • : ■■* ".-.- ■ ■ VW R, G. ■■■■■*'.. : --\

Expiation } par Guy ra Chaiùkacb: (Savïne). r~ Ce roman est de la plus radie nie banalité; pour preuve de notre dire, nous en citerons le premier alinéa : « Les' hommes de ma génération se souviennent encore du drame „ lugubre où sombra la carrière îd'un des jeunes, diplomates iés plus distingués du règne de Louis Philippe; Le cercueil d^uue jeune femme, admirablement belle > mariée' tn extremis^ et celui d'un enfant nouveau-né, se dirigeaient un soir s à la lumière des torchés, vers le cimetière o'uh village italien. Un homme accablé par la douleur et: par le remords suivait, seul, le funèbre convoi* A la même heure, une autre femme, soeur de cette morte, victime , elle aussi , de cette triste situation qui nt si grand bruit en 18. .,, tombait presque sans vie ..-dans", la dernière scène, »

Comic-Salbn, par Wiixy, dessins dé Christophe (Léon Vanter). — A HenTy Gauthier la providence a ajouté Vil-art, et c'est par un, sentiment de respect excessif pour un illustre poe'te qui se nommait tout simplement Gautier que l'auteur de Comic-Salon signe Willy des œuvres peu recommandables.

érudition constate sait pas fairfe un choix, et c'est, surtout ;. aux auteurs anciens des.

Îlus mauvais almànachs qtfil emprunte. Il doit à son savoir e bon accueil oue lui fit la presse quotidienne, mais il nous étonne que, doué d*un talent aussi productif, il s'adresse avec un désintéressement inopportun à certaines revues sans rubriques pour son emploi. C'est là une erreur dont il reviendra, M. Willy , dans .ses écrits, .ménage ses lecteurs* Comtc-$alon f par exemple, engendre plutôt cette mélancolie qui est de la ttstésse indifférente que le rire qui distrait et détourne des travaux graves; Ce genre de lectures est utile surtout à ceux qui écrivent et qu'inspirent lès toutes petites vanités, de ce monde. Il, arrive 1 parfois que Ton se trompe sur la valeur des styles/ et je dois à' M. WUly . de reconnaître . aujourd'hui combien je me suis mépris, vers mes douze ans. sur Vimportance d'une publication périodique, lu Lanterne de Boquillon^ que je lisais assidûment à cause d'opinions républicaines et anti-cléricales que j'affichais au lendemain de ma première communion. Je parlerais volontiers des dessins jle M. Christophe; .mais mon ami Albert Aurier fait ici la critiquerait et je ne veux pas empiéter sur son domaine.

1*68 Illuminés, par Jac Ahrbhbe&g et "FtàxuLsaa m Ltsls (H. SïmonivEmpis). -~ Scènes de la vie des Hihulites, dit le sous-titre.; et peut-être le seul intérêt de ce roman est-U

rt>4 MERCVRE DE FRANCE

de nous révéler l'existence d'une secte de salutistes, de méthodistes aux prédications ambulantes, dans les Villages perdus et les neiges de la Finlande — L'histoire, qui pourrait être*curieuse, est parfaitement insignifiante, écrite pour les jeunes filles de six ans, et d'une moralité, incontestable ; paysans, maquignons^ pasteur ivrogne; amourette contrariée,

vieux serviteur. de hi tarit des proverbes et coup de fusil pour le dénouement. M ,ne Fernande de Lysle, dont je me garderai de médire,. — j'ai toujours peur de nfattaquer à une

Ç, Mkï.

Soleil d'Afrique, par Jeandb ViixEtms (Lemerre). — Le colonel de P.„ est, au dire de M. François Coppée, dans la .Préface de ce. livre, un « superbe colonel » fc Peut-être ; mais,. comme poète, il n'a aucun talent, et il devrait, bien s'abstenir de montrer au public les niaiseries que, sous le pseudonyme- de . Jean de Villeurs, il écrit entre deux commandements.

-j. Le s Ames noires, par Géouges Poùi-et (Lemérre), — Si.

[ .l'auteur de ce livre y montrait quelque part les dangereuses

i qualités d'artiste et de poète, il serait infailliblement pour-

suivi, sous le chef d'outragés. aux bonnes mœurs, et s'en irait pour de longues années dans les geôles de notre libre Repu- Mique. Mais des vers tels que

Car ht semence humaine est la même en 1ous.tien)t„.

(Le vol) . .

Sachons donc arrêter le travail qui s 3 opère £)ans-lcs flancs fécondes par un- amour ardent. Qui nous retient la main?,.:

cette apostrophe à Pasiphaé :

E freins de tes cuisses vermeilles Les flancs de ton beau lévrier .„

(Père)

(Pasiphaé)

l'apologie du vampirisme :

J aime les vierges refroidies Que ta Mort Jalouse a roidie$/. T

(Vampire) le. proxénétisme maternel offrant à un jeune cavalier une gamine de quinte ans :

S* abandonnant sans les comprendre

A tes baisers les pins savants .^

Si tu la veux, je te là vends* '

(Courtage) toutes * ces petites drôleries trouveront la magistrature indulgente et tacitement sympathique, à cause de leur louable et obstinée platitude. "Dieu est grand ! s'écrierait Raoul Ponchon.

■ " REEDITIONS ; <.:,

Verslcalèts, par Axoted Poussm, Préfacées* Jkah Richvww, Notice d'Au^n Vai^êtte, avc< deux Portraits de Tau teur {dans 50 exemplaires de luxe, uti. seul dans les exemplaires ordinaires ), par EvÉat vah Kuyûbiî (Genève : Imprimerie Centrale Genevoise, ~ Paris : Léon . Varier)/ — Je ne sais pas de livre qui re&ète mieux son auteur que ces, Versiculeis dont voici une troisième édition, et c est unie histoire tragi -comique que la' leur ; ils la racontent eux-mêmes* , Chaque fois quelles reimprime, Poussin les élague et y ajoute; ainsi pût disparu de la seconde édition quelques, pièces aiser, factices qu'on lit dans la première, et il est exact de dire que la troisième, encore expurgée , n'est plus Faite que de moments d*une vie. — .déjà longue* Il n*est point jusqu'aùi'con- ' tin u elles modifications dé à dédicaces qui ne. soient .significatives de quelque incident -7- accident serait plus juste v— cle cette vie a fa fois bohème et très ordonnée; Ht. le livre offre un mélange de naïveté, de pessimisme sans amertume, de fierté parfois^ défaillante, d'amour dê'l'art/dè détestation, du IJûfle, de mélancolie pôktt pleurnichârdie, d'esprit, câ et là. : Poussin eût excellé dans un. genre secondaire bien délaissé . aujourd'hui, tépigrammé. En ! voici deux: :

Je vous ï demarid&is. Excellence t

. Un lonis sur votre tre*sor ; Mdi$) sachant bien que le silence est dor f Vous juge f bon de. garder U silence*

. . A VS-GXBC M XX I),BCAJDBMfCE

Je fis bien lorsque tu flagelles ,/ " Musset , qu* on admire Partout ; * , ^

., Ses vers inspirés ont des ailes , Et les tiens n'ànt que des ficelles Et dts pieds h dormir debout,

La prosodie d'Alfred Poussin, tout à fait simple, ne relève > de personne, et s'il a* des vers malheureux, par exemple celui-ci ■ :- ; ■ < ' * ' , * ' - \ ' ■'

)*embràs$ai tout enfant le culte d Apollon t *

il en a qui dçnçteat sinon la scieuce, du moins ïe sentiment du rythmé^ Mais les , Vèr&icult& valent surtout en tant que confession ; ^chacune de leurs courtes pièces est * une . échappéje sur une vie absolument unique ..en notre ère bourgeoise .; — ainsii du resté, que l'auteur fui- même, le reconnaît;

- Si ma conduite est étrange et permet

A quelques-uns de la trouver blàmabU, -, — Jf leur réponds .pour couper court et net:

je ne suis pas cotre semblable. ,

L'Anarchie dans l'Évolution aocialiate, — Ksprit de Révolte, par Pier*e J&opotkinb \ au bureau dé la MU-

volt* 14b, rue Mouffetard ; '.- Deux brochures de propànoùveUe? ne ««ite et l'imminence d'une révolution

JOURNAUX ET REVUES

(iiït)™ tI& coUaborateur lauréat Tailhade, dans ^Initiation

- En ce temps de banquîsme, de niaiserie et de stupéfiante

les boniments péladasinesques, la peinture d'Henri de Grbux et la musique d'Achille dte Buss/; où le félibrige iutemV tional conduit sous un même penh'on Belges, S&sei 2^vantins, heureux de saluer chez M. Moréas le plus parfait virtuose en logomachie que Ronsard ait enfante^eft une

rU°i- P ° U /. les W* curieu *- des <*<«es litteiS que 1 apparition d'un poète exempt de mangimsme, d'un noSe qui ne se proclame roman , symboliste, *î rené K hilieh dont ies humanités s'effectuèrent ailleurs , qu'à la bibffièâue en

se donna le soin d apprendre la grammaire. Tel est M. Edou«A Dubus dont le récent volume enrichit d'un frète et" fin JOT £ bibliothèque de. La Plume, où les mfidafts de

de "fête ïaiante ^K^Ît?^. légêre ' aY * c ^ressouvenir «oJ! - g j« I e , 3 11 , 11 faatd accent cavalier en un ieune

po &> ¥*** d emblé e le milieu quintessencié les barcs ^ nsuM-d'«&«w«M, les mirages "^ncie, .es parcs lu-

. Conseilleurs dejolts. frojéts un peu hardis ou se développent les quarante poèmes d'Edouard Dubus

■■'•■-■-'' 5 ^^ CS î l w de facture > mais »*«» entre eux pa° une

V •-•::,•; :™, en J« ^ robuste inspiration. . ■ . ■ ■ par aae

....;-.:, - c L amour de la femme emplit eé livré ; de nrint™™ a*. 1, - > ,- "femme tantôt perfide. QBnâàe-£i:iia^iÔ r ^K,^ i 5 de sa lèvre morte e. rouge sang des cieurs et Want de S son, insidieuses le sommeil *dès pécheurs SoÛtîT* SSî fardée et peinte comme une vierge byzantine ' ■ ■

Droite en son vêtement d'impassibilité

Sn"Si. 1C i S ï ardin ' c . orusc «te des verrières et l'outremer in«ré- ™r 1. T onc, ^ es î taj »tôt fugitive et doucement pleuflë

s^jïss ~l£isœ ja%~ p f

AOUT 189a 367

sons jolies », les lia <* pareils à de vivantes opales », tout ce .décor d'apothéose et de féerie auquel M, Charles , Moricè reproche avec Quelque dureté,ma.is non sans raison peutêtro; d avoir longuement servi aux artifices parnassiens, tout ce décor enluminé de pourpres hiératiques » ce décor .fleuri; composite et chantourné encadre un seul drame de jeunesse»

le ptanctus éternel du désir inconsolé. ; . *

« Quel succès prédire au recueil d'Edouard Dùbus ? Parmi les abominables gentillesses des- imbéciles rimeurs . contemporains, cette voix, pure,; fraîche . et. déjà promise aux . , magnificences lyriques, os màgnà spnaturum- se fera-t-elte : entendre par delà les« Brékékékex» des grenouilles romanes : et le renaclement dès bourriques symbolistes ? Il serait audacieux de Tespérer. D'ailleurs là chose semble de minime importance, lés vers, de notre Du bus étant de ceux qui peur vent r attendre les consécrations futures et la j ustice ...du lendemain. » ' - ;■',". . ■ -/ \". ,

-.-' DeNieuwe Grids (Juin)/— ' Aêî vraàgstuh van den Krafts , par Ch. M. van. Devénter ; -~~La Conquête du"Pâm 9 critique du livre de Kropotkine, par F. J. van Uîldriks ; — Nederlandsche PoUtiek, par. P. L Tak, un des défenseurs du radicalisme en Hollande ; • — Kcedzefjt^ Zieïe. bewe^en , par Delang ; — X>ragampsùs (première partie), par. AryPnns, récit historique presque entièrement descriptif et qui témoigne d^ne grande puissance .de vision; une particularité: le verbe, . au Heu d'être à ^imparfait, est souvent à l'infinitif; d'ailleurs,, style un. peu fatigant et bu. Von sent trop l'effort, ,; — deux

. poèmes en prose : Het Idioptje et Gondtang, par Frans Breus; ;-— Ecti Soczàaî. W't&hjadi par F* van.der Goèsvqtti fait aussi

. la critique d*un drame de M. W, G» van Nouhuijs : Het ' Gàndtàschjci ; représenté avec un gros succès pendant la dernière saison*

Dans Les Hommes d'Aujourd'hui (^° 4<?5j:: José-M*~- . ria.de JÈerrdm^ dessin jde, F.-À. C axais, biographie par Panl Verlaine, - — « ♦..,,* Quelle forme magistrale drapant quelle grandesse. fastueuse et généreuse l Une clarté, une sonorité! .un éclat de, cristal ! Des couleurs, des formés, des attitudes du plus pur Antique, du plus fier xv* siècle castillan, de la plus raffinée, et , capricieuse Renaissance' qu'aient vues resplendir v chatoyer^ réj^er, lès bords du Loir et de TÀrno l Et ces parfums des Iles et ces merveilleux paysages volcaniques ■. ■ . aux fleurs violentes, aux pampres d'émeraude, de topaze et d'or! Tous lès. oiseaux prestigieux, toutes les;. mers enchanteresses ï Encore, Tame loyale et dure des vieux Ricoshombres dans la haute aisance du gentilhomme, non sans ? parfois, *. telle grâce, brève ï du gentleman ! »

Le&Entretieus Politiques et Littéraire» (juin) s'ourçênt

par un article de M* Stéphane Mallarmé, Vers et Musique en

France, Originairement publié en français dans le National

Observer f et ■■; contiennent un'> curieux inédit de Laforgue :.

V Pierrot /fumiste* — En tête de la livraison, de juillet.

M. Francs \ielc-Gnffin donne cette avertissement.-* Nous élargissons le cadre de ce périodique en en respectant les les proportions premières : et. si, d'une part, la Théorie socif politique y doit trouver une plus large placefrA^ dans" n expression absolue - le Poème s'y manifestera nous l'es" perons d.gnement „ Et, pour commencer, voici 'un poème de M. Emile Vcrhaeren ; U Mort, et une lettre d^isée Reclus « Aux compagnons rédacteurs, des Entretiens. » *

Amusant numéro de La Plume f Te intn \ ---.r,*.,.. • la rédaction en chef de B.-ïSî£lU™tâ2™? &%] et contenant^ avec des poésies et des chanson- *, L poftrTJ

v,„l. v n c * lame 1 U1 Paraîtra prochainement chez Léon

Stirck et un portait dOwen St.rck par Louise Abbemapoesie de Stuart Merrill : A U femme ^Automne; un P oème en prose écrit en frança s par un étranger M TT-UÂu £

w# es ^ 0lphe J^.Vfl«-^' , âuSî a5Srï

William Rater, ce dernier sur Louis Brichosal à propos de

let n P s 1 t V ^n eCCn - : f^T ■ tnch <" M <- ~ I* numéro duT juUlet est consacre a la Magie, sous la direction de M. Papus

L'Ermitage (juin) publie la traduction, par M . Henrv Berenger, duwjtade sur- Walt Whitman' lue à un 1S écrivain anglais M. Havelock Eli is. Nous avons cité Lu méiose m"t&1? r l .£ M *?'V">P*g de Wah.Wkitman insérée pï M. Viele-Gnffin dans les Entretiens Politiques et LittZ*£% Nous extrairons de Fétude de M. Havelocg Elï^e ^S physique du poète américain ■ ponrait

« /Hhitman était arrivé à Washington, jeune dans la perfection de la force physique [ « Voici un J homme Taisait de lui. le sagacc Lincoln, à qui Whitman était inconnu et Q "î le vu par hasard passer devant sa fenêtre ) : il en 'repartit ' v.cux et affaibli, ayant atteint le sommet^ 'de sa vie P oo'r redescendre ensuite le chemin qui décline Sa puissance phv sique res a pourtant imposante, alors et toujote îl « t d ecS après cette époque comme ayant six pieds de haut «t ™„ vant porter des poids d'environ déuxS Uvres " avecTs

ES£ * f0rtCmeat "qnés ;les yeux d'un bleu clair, plutôt pelaus, cmoussçs et mornes ..ce trait est assez curieux car on associe ffeneralement les grandes imaginations créatrice avec t uJ : Je % bnUan . ts ); la l'orne largement couplé awc de larges oreilles aussi et des sens exceptionnellement affinés Le teint particulier de sa face, tel aue Pi «Wîn HlJ ■ ?'

feur de son coros était « d'un rose délicat mais bîen accen t -» e .^ C °T?\ le teint b ^nnique.ou germaTn sa àmvîhl ffnr^ 11 ' le P h ? nt " Aucune description, disent ses biographe

Î.-I1, extraordinaire puissance de séduction physique de

Sïs"»ïss r .rr • qui ne furent ea contJt »- ft

AOUT 189a 369

Pousser l'honnêteté biographique jusqu'à notée la couleur du corps d'un poète est d'un asse* joli ragoût; mais le* biographes eussent peut-être mieux fait de négliger ce détail, et Se Tiré vêler par quel mystère une personne qui a les yen* « plutôt petits, émoussés et mornes *,; de larges oreilles et la démarche d'un éléphant, est douée de puissance de fédaction physique. ^

La Révolte (35 juin) publie un intéressant fragment inédit de Michel Bakounine, £4. **«£»* dès Temps- Le résultat de la Révolution française a été tout négatif; «U* * cep£n$*at rendu un service immense, en enlevatft pour 1 avenir toute possibilité de gouvernement : * Elle a toé en principe, sinon encore dans lelait, le cauchemar des siècles, le maudit frtncipe d'autorité* » p n

La troisième livraison de Vidée libre (jain) contint do» poésies et des proses de MM.JEdouard Schuré,. Alber Jboaney , Emile Besnus, Jules Bois, Maurice Pottecher, B. Guinaudea*, et de très intéressantes Notes littéraires sur rAUem*gn*

moderne, par M. Henri-Albert Haug. L^emagac *>itaa~

iourd'hui seulement de u la torpeur intellectuelle 0% lanïongèrent ses victoires». Ce sont dès étrangers qui recOnwfcient sa littérature « en débâcle ». « Sous la triple taflueace d* Zola, Tolstoï et lbsên, ces trois pseudo-naturalistes (idéalistes abstraits, les a nommés M. de Hartmann), on a ryjB courage, et les premiers signés d'un renouveau littéraire ont apparu. .-.'- Mais les louables effortsde MWL Conrad et Bleictrên pour créer en leur revue, Die GeseUsekaft, un mmiwmentde réalisme national, n'ont encore abouti qu à des oravres grossières et inutiles. Le comte Tolstoï n'est guère populaire que depuis la Sonate à Kreutzer. S'il n'a pas luit école directement, son évangélisme, violemment discuté, a ramené l'attention sur des questions d'éthique,- grosses d*ôeuvres nonyelles. Eh sa patrie d'adoption, Henrik Ibsen fut plus intimement compris , Ses drames sociaux, hàbflement mis en lumière par quelques admirateurs, MM, Otto Bralttu , F jul Schlenther (pour ne citer qu'eux), représentés d abord sur de» scènes spéciales, sont maintenant du domaine public..* » fin somme, là-bas, comme ici, * les esthéticiens jacass ent e t les hypothèses s'entrechoquent » • M. K ?^.^°! te 7& **?* M, Huret avec une Enquête sur Favèmr hUératre {MJtgwn fur Littcratur) ; M- Hermann Baiur étudie « les formes d art qui naîtront au-delà du naturalisme » ; M. Ola Hansson essaie de fixer la future esthétique, mais «1 s arrête à ceci ; « La sensibilité moderne est encore dans son devenir ». — M.Henri-Albert Haug donne un aperçu des^ récentêanfo* dûctions et présente successivement M. Hein» T*v<>J*j « P le T ment influencé par Guy de Maupassant, Alphonse IHmaet et Paul Bourget ; — M. Gérard Hànptmann, un dramaturge qui marcha sur les traces d'Ibsen et a conquis une originalité

37o . MERCVRE DE FRANCE

complète ; — M. Sudennann ; — MM. Arno Holz et J. Schlaf, de qui le Papa Hamîet dont la Revu* Blanche vient de publier une traduction : «Volontiers» chez nous,, on les taxerait de fnmistes. . . Mais M. Holz est encore un esthéticien et même un poète intéressant. . . Avec MM. Liliencron* Jules Hart, Karl Henkell, Maurice de Stern , Bierbaum (dont nous inserons cinq poèmes en prose dans la présente livraison, p.^io), il tâtonne très efficacement sur la voie d'un, lyrisme nouveau ». — L'orientation nouvelle de il. Ola Hansson, de qui nous avons également publié, naguère huit poèmes (n* 30, p- 103 ; tes Chants £Ofeg\ parait être de « Rechercher , l'âme dans le domaine inexploré de l'Inconscient» ; Nietzsche et Lombroso ont été ses éducateurs. — M. Hermann Bahr est un enthousiaste de M. Barrés : il' promet un roman de psychologie nouvelle, « d^une psychologie qui analysera les plus, secrètes impulsions de l'âme, ira cueillir Vidée au seuil même de Finconsciènt, pour la poursuivre pas à pas , à travers un, labyrinthe d'influences diverses, jusqu'à sa maturité complète ». — M, Henry- Albert Haug étudie enfin, dans les revues, les préoccupations de l'époque; on abandonne assez, généralement le positivisme, et si — toujours comme ici — on ne saurait définir exactement où Ton va, les tendances sont cependant et sans aucun doute idéalistes.

La Cronaca d'Arte cesse de, paraître; ses services sont, dès ce jour, assurés par la Vît* Mqderna. Nous ferons bon accueil à la seconde de ces revues (dont nous ayons déjà parlée tout en regrettant là première. :

M, Ludovic Malquin est un des philosophes et des théoriciens de l'Anarchie les plus remarqués. S'il n*à pas encore beaucoup d'autorité, cela viendra : son petit article de IZEn- Dehors du 26 juin, intitulé Notre Avenir \ était excellent.

/ La Revue de l'Évolution. (1 er juillet) donne une traduction, par M* Alexandre Cohen, ^de V Histoire dt Saïâjak et . dAdindah, du hollandais Multatuïi ; des notes, et impressions . de M; Duc-Quercy sur la Hollande socialiste ; «*.- Elle àous apparaît si hiératique, si parfaitement immuable dans ses . formes, que la pensée ne vient pas d'un possible rajeunissement.;.— Eh bien, notre ignorance ou notre optique nous . : trompent. Dans ces villes oubliées, dont les maisons closes ■ suent Ter amassé au temps des splendeurs, un souffle nouveau circule; de très modernes batailles s'y livrent dé littérature et d-airt, et par-delà les cités, au cœur des provinces, en ces chàmps.immensément plats où frissonne la moire des canaux* tout un, peuple de terriens s^agite,saisî jde fièvre, et lui aussi entraîne, selon le. mot de Taine, dans le u grand branle universel »',- *,;

•r On croit le moment bon pour lé dire avec sincérité et avec. naïveté : à cette heure il y a deux classés d'écrivains, ceux qui ont du talent, — les Symbolistes ; ceux qui n'en

' AOUT i*o* ?7 X

ont «^ le» Antin». » Joli et briïbuit comme un piradore, ce mot par lequel Renay do GoOTunmt co u MP eu c n '■** article sur X* Symbolisme, dams la Revu» BlfladheQimVLiMtae revue a publié dans ses deux deniers umiéius H b*tiesau« T incohérente et très poignante histoire de P*p+ Hmmhi; traduite de l'allemand par }eaii de Néthy. MM. Ara© Holx et Johannes Schlaf la firent paraître à Leipzig, en 1S89, coume traduite du norvégien de M, Bjarne If. ïfoliBsen, avec un* introduction par le D r Bruno Fransius. La fumisterie réussit, et le Temps ou xa mars 1889J « rendant Justice à la saisissante originalité de cette nouvelle, qui a fait asseç grand' bruit en Norvège, ajoute aux fragments qu^il eu cite des passages empruntes, à la biographie: imaginaire de soin auteur ». La nouvelle vient d'être traduite en * = norvégien par M.. Harald * Ranson. ;. ■■[ ; : , , ;

..." <c L^e mois littéraire. appartient à Remy "de Gourmorit », dit la «Revue des : Revues» de la Revue de.rjBvalution.'S r oici,en effet, dans les Essais d'Art libre (juin)j encore un article de notre collaborateur iVArt libre et f Esthétique individuelle: «... L'Art est antérieur à . l'Esthétique . . ; L'Esthétique, doit être une explication et non une théorie de l'Art, . . L'Art est libre de toute la liberté de la conscience ; il est. son propre juge et son propre ^esthète ; il est personnel et individuel, comme l'âme,, comme resprit : et, fàme libérée de toute obligation qui n'est pas morale, l'esprit libéré de toute obligation qui n7est pas intellectuelle, V Art est libéré de toute obligation qui n'estpâs esthétique... Mais, l'Art étant « anormal, illogique et incompréhensible », bn peut tolérer qne des gens très, intelligents et capables de l'effort d'objectivité en éclairent : un peu — oh! très peu -^ les obscurités, et dévoilent au public distrait les secrets, de la . magique Lanterne.. » — Dans fa même livraison, une nouvelle de WC, Hugues, Rebell ; La Divine expérience ,un airticie de M. Henri Mazel: L'Anarckisme; . des vers de M^P.-N. Roinard : La Voyante^ etc.

, : Signalons encore t Revuto Indépendante (juin) r Le

Parnasse et les ' Parnassiens^ Notes àhm : . témoin, par M-. L-

Xayîer de Ricard ^ la/ traducrioh d'un conte de M. Holçer*

Drachtnauu : Elle mourut et on Tcitterra ; de M. Camille

Kauçlàii,Zdt Baignense.anx Cygnes; âè M. Bonhamour, Pré/ace

■éfun livre inédit, — Chimère (juin).: un article de M/ Paul

Redonne! sur le Socialisme Intégral ,■ de Benoit Malon ; des

. poésies de MM. Pierre Féline, Raoul Gïneste, Joseph Loubet.

— Ifcéyûe Jeune {jnOiet)^ de M.: Pierre Loti, une Lettre aux

Jettiùsi et de M, Maurice Pujo une Réponse a AT. Pierre

LotL — Magasin Littéraire (Gand-juin); Ballades Russes,

de Ml Hector. Hoornaert.. ^ Saint-Graal (Juin -juillet} ; Le

Ban Conseil, de Léon Bloy; des vers de MM., Emmanuel

Signbret, Paul Verlaine^ Retté, Henri Degrpn, Gabïllard, des

poèmes en prose de- MM- Gustave Robert,' Henri Màzel,

Joachim Gasquet. — Revue du Siècle. (Lyon-juin) : De la

: Rime pour les y eux dans le vers français, par M. Puitspelû ;

37* MRRCVRE DE-FRANCE

Le Portrait de la Marquise,- de M. Camille Roy. — Gfaat- Huant (Bordeaux-io juillet) : un dessin de M: Henri Gouné illustrant une poésie signée J. L., La Trompette. — Nouvel Echo, des poésies de M. Claude Couturier, — I/Art SOCÎal, un excellent article de P . N * Roinard : De la sincérité en «Art* — La Syrïnx (juin): traduction d'une poésie de M* Eu- .genio" de Castro, des poésies de MM. Paul Souchon, Henri Michel ,■ Joachim Gasquet, Léon Leclère, René Seyssaud, Marius André, et de M. Camille Rousset une page de prose un peu 'mièvre: La Reine an Bois rêvant* . ' .

Page 1