MAT
Mme Jeanne Jacquemin. — Exilée de la Rose -[* Croix, où les femmes ne- furent admises (quoique cela foisonne <T oeuvres peu viriles), Mme Jacqueinîn. s'est réfugiée chez M, Le Barc. de Bouttèvïlle, où elle expose quelques pastefe. A première (ou à secondé) vue, on imagine (plutôt que l'on ne découvre) en les œuvres singulières de cette jeunet ■. femme la double iiifluençe de Gustave Moreaù et d'Odiïpn Redon; -^r-
' mais c'est du Moreàu bien moins pacifique et du Redon bien plus hautement mystique ; de sorte que, si l'originalité n'est, pas ^stricte, l'effet produit est cependant : de pleine et pure; "nouveauté, .d'un, réel inattendu, ^— ■ tant il y a de rêve, dansjces yerdâtres luminosités,— tant il y a d'ingéniosité en ces. hardies $ymboli£ations quTse résument toutes en. une figure humaine^ une.
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Mélange de catholicisme et de perversité ; son œuvre
* semble faite pour illustrer , Baudelaire et Barbey d'Aurevilly, et j'y sens quelque chose d'encore, pins maladif., une exquise putréfaction qui yâ jusqu*à devenir somptueuse, .une immoralité charmante qui .se préoccupé . très peu de .préciser lés sexes et qùï
. laisse lé doute des androgynats flotter comme une buée de désirs malsains et adorable autour des têtes irifi-, nimènt lasses de vivre; quelle précise en des pastels d'une science technique très rare chez une femme.
On peut regretter un peu de monotonie, mais il: s'agit (je crois) "d^un début, et nous verrons de la même main, .non plus uniquement des -têtes,, mais des êtres entiers, dés groupes, des compositions : si ses doigts ne s'ornent pàfc enfcqre de multiples joailleries, mais d^ùne bagué unique, c*e3t bien celle, alléguée en un vers exquis piar Charles Coran :. ;
Je n'ai "pour bague au doigt qu\ine couleuvre d'or,
Et couleuvre aux yeux paiement et chimériquement . verts ! '■'.■ . ' <■- , ■-■,; , •■ : . :' '■' ■
Les pastels exposés sont : UExil 1 l'enfant glauque tombée sous les eaux glauques ; tête de cadavre idéalisée par la douleur, penchée soiis la pression des injustices; Le Calice : un calice, et en émerge la tête sanglante.de Jésus...
66 MERCVRE DE ERANCE
Salve; cap ut cruentatum, Toturà spinis coronatum, .
Conquassatum, yulneratum, Arundine verberatum, Facie sputis illita... . ,
... Tête si ravagée par la souffrance que sa hidëur devient extra-humaine, — et divinement adorable.; La Fin d'un Jour : une tête lumineusement triste atix yeux de bleu lapis (i); V Enfant prodigue, qu-auréole l'ennui de toutes les joies, — aux yeux morts à tout désir, ; — ■ à la bouché . vitupératrice de tout baiser ; Scraphitus Scraphiia^ être inquiétant, sans âge ni sexe; laid, étrange, à la main une fleur iricorinue,signe de son impossible amour, vêtu de violet pâle, les yeux mélancoliques de ne pas vivre ; VAmî ; derrière des barreaux, se meurt l'intangible ami aux yeux clos par le désespoir ;. Le Cantique^ une femin.ë dont, toute la face et les lèvres chantent le chant de l'extase attristée vers Tau-delà... Ces pastels ont dit cela et bieîitT autres . choses* "■ ' ■