‹ Mercure de France, tome 5Chapitre 41 sur 109 · THEATRE D'ART · texte numérisé non relu

THEATRE D'ART

£»es NO06ft de flathàn, pièce csptérique en im acte et \ tableaux* en vers, do Juras Bots ; partie musicale de Hknky Quitta»; décors et costumes artistiques de Hknry Côj.as. — Deux scènes tirée* de VerciagétorfK, drame en ver* d'H- DouAJto S<ihrk ; partie musicale de Dutiui, d'OgÀMtw ; décor

artistique de Paii, Shrv/ikr. ~ Le Premier chant de VI -

Utile, interprétation théâtrale on. 4 tableaux, .en vers, par Jiîlrs M«ry et Victok Mwi.no mt; partie «ymphonique de GànniKL Faurh ; partie décorative étanlic par Chaumes GuiUoux.

Tel le programme de la Soirée poqr laquelle,, le 30 nia r s dernier» M. Paul Fort avait trouve très an 1 lisant de réunir ,8oopcrs«>nnes dans une sallo construite .pour contenir au plu* 700 spectateurs. Dès 8 heures on s'écrasa il aux portes ; fauteuil* et chaises lurent pris d assaut par une nuée do barbares» et la plupart des invités/ munis d'authentiques coupons dûment numérotés, cherchèrent vainement, comme toujours, les sièges qui leur étaient dévolus. ,

Après avoir écouté debout» aplati contre un mur et serre entre de viguureuses épaules, une conférence où M. Jules Bois, sous prétexte d'expliquer' aux profanes les Mystères. d'Eleusis, dauha discrètement sur te compte de MM. Locontç de Lislc, Renan et Paul Bourgèt, je dus quitter la place; ct,.en attendant un eriit'aete propice pour, récupérer le fauteuil auquel. Savais droit» j'allai rejoindre les aînés en peine qui depuis te lever du rideau ambulaicnt dans le» galeries, heureusement très vastes, du Théâtre d'application, sous les regards narquois des pastels de Gyp. *

Ce fut de la que j'assistai, si je puis m'exprimer ainsi/ aux NùtfS- dt Satfutt <t de Psyché* . . ' - •

En ce poème, -M. Jules Boisa commente, .parait-Il, le dogme de U Chute et de l'Ascension ^achevant dans le mystère, de la Rédemption. Sathan svmbolisc l'Humanité palpitante d'inquiétude et de révolte, l'Anarchie contemporaine avec sa foi brutale et son nihilisme de dîHettuntc. Psyché,. qui fut autrer fois la Perséphonv soumise au va-cr>vicnt fatal de la nuit et de la lumière, est aujourd'hui la Médiatrice de Dieu, Timagç affaiblie du. Paraclet. Elle descendra dans les bras de Sathan, et le Révolté vaincu et racheté par cet amour divin deviendra le Messie qui se lèvera dans les nuages du. Péché comme le soleil sort de lu prison du matinal crépuscule.

Bien entendu, je ne parle dc ta tout ceci que diaprés la glose insérée dans le programme. J<Tne. doute point que .M. Jules Bois n'ait déployé beaucoup de. talent dans la facture de ce mystère, mais, n'ayant pas été a même d'en juger pour la raison que j'ai mentionnée plus avant, je ne saurais en écrire davantage sans compromettre ma bonne foi.

V-* v «r* iiu ' VêiùÏÊtrtiorix »oot d'une fort hoiinêt» tMOio*

„n Jramé, carc'e.tune grave erreur do «pire ■«J^JJ'yj- «nr*»entcr une .cène ou deux d'une- «envre 9 u * icoim *?T-5jifffa^ïpV&to? léi qualité.. Ce procédé 3. ^«f"?**' c^oitWcVpcut avolr»a «lion d'être dan. ««•^°»«%^S nïïomiux « le. -toMe. familiale.. n»l. *$*• * tt ll "* , goftté du public auquel .'adresse M. Paul Fart.

Avec le Pr^»«r ck«ia UtlH^, n °« ^2"}^^*!

-«otoaaae. A* cour» d'un article que publia * *£'**"<£ fendemain de 1* représentation, ■ ^JjJ» -J^UffîME-- «plrltuellement du re»te. d.avolr port* de» main* Pj"""~ tut le chef-d'œuvro de» âge* antique». Cela "•^ ,, Wj ■ffié, et, puUque M. Méry ne te fait aucune »!«^.«"£ valeur do son adaptation , )e ne crol» pa. le trop Ç^f »i»«« écrivant ici tout le mal que je penae du trlpatou »»ttj»^ rique qùtil commit de complicité we^. Jlct or »•£«**; \ vr!il dire, et pour être Impartial, *>ut «!»»VP« «**«*»; ment 'condamnable, dam ee pensum qu 'taftlge* ^""nSS! M. Paul Fort a deux poète» non dépourvu» de talent, Quelque» scènessont bien traitée., «t «n rencon «. de cl g* plusieurs vers de bonne qualité; mai», héla. 1 il. ^, *fiî» ment égaillés eh tirailleurs tout e long des 4 ^«""V"* ÏÏSS »&ien perdu, parmi le» plat» a exaudrin» 5^™»* lo gros de l'armée, qu'il faut une orelUe V*rit»blement e» f cée et une attention .outenue pour le. discerner au mlltou de ce classique fatra*. Le pire de cette interprétation ic«««% oit nlu.d'ttti côté, elle fait Invinciblement songer aux 1«- Subrt farc^ qu'élaborèrent Of&nbach. ^ .è» acolyte, pour fajoio des crapuleux goujat, du second empire. La mise en

scène d'ailleurs n'étaifpa. faite W^^^ 'ÏÏJSïr' et il eut fallu ètrc,surérogatoirement naïf pour ..en rapporter au programme, qui annonçait tollacieu.ement « de» coeWmw reconstitué» d'àpré. le. document* authentique. -..Le. ca*que d'Akllleu» copiait fidèlement le casque de pompier de»- Boussigncul /an. la facétieuse comble qu'on .art, «.pour le ; reste, certainjournaliste a pu dire, sans, altérer ^jM q« Li scène du Théâtre d'Art, ce solr-là, ressemblait à » y méprendre à un char -do mi-carême. . . . i femt à Apre» avoir assisté au partage du butin et avoir écouté paisiblement le récit de U peste, le public ^«f»*™* ï -." . Homerder ferme; loraqu un; monsieur correct, gagné sànë SSZ ! par là colère du* bouillant rAWUeu... •*«*«« un inoffensif jeune homme, son voisin, et le gifla d importance. Flïc, flac... Cela fit diversion.!*» »P* et «* u ".^*î r ^ ' se» se hissèrent incontinent >ur les fauteuil», et, suivent te» us et coutume», dé» cri. d'animaux furent proféré». Cet intermède rasséréna tous le» visages, et, è part quelque, ftihiste» qui continuèrent à»e souffleter pour * ire dan. une loge dd fond, on écouta jusqu'au bout sans broncher. Ouu en Olympe simulant de remarquable façon la façafe^e U Cour de» Compte» (le parapet du quai n avait pa» «*«*«* oublié), oh assista au* agape. des dieux, puw la toile toniM au milieu d'un tonnerre d'applaudissement, folâtre.

7 a MERCVRE DE FRANCE

En somme, on se demande quel était le but des auteurs en œuvrant semblable machine. Ce ne fut à coup sur une tentative biati méritoire; Toute la littérature grecque a vécu d*Ho-

. mère et les classiques de France et des autres pays en ont fait leurs choux gras. A quoi bon y revenir, tes poètes d'aujourd'hui ont mieux à faire, j'imagine,' que de retourner en arrière. Laissons cela, aux précieux de TEcole Romane; M* Méry,- croyez-moi. Noyons-nous plutôt dans le MagnifLcisme ' ' - "et la Théorie des. Cinq Sehs, cela vaudra mieux que de vivre des dépouilles d autrui. Ce sera plus noble, sans compter plus intéressant.

Des comédiens, je ne peux dire grand' chose. Les; malheureux ! ils furent à la hauteur de la tâche qui leur avait été confiée; c'est faire comprendre, n'est-ce pas ? qu'ils furent franchement abominables. Exceptons pourtant M* Fàvre- Akilieus et surtout Mme Suzanne Gay, qui, au dire de plusieurs personnes peu susceptibles de partialité, déclame ad- :

. mirablement "les vers d'Ennoïa, dans le mystère de M. Jules Bois. Ce n'est pas la première fois du reste que cette jeune artiste se distingue sur la scènedu. Théâtre d'Art; dont elle est dès à présent la seconde étoile — Mlle Camée restant la première* Je né mentionne point M: Jules Méry , qui jouait le' rôle de Kalichas. M. Méry est un poète, il disait ses vers, il n'a donc aucun mérite à s'être . distingué entré les autres edm- : parses. .-..'. -. ■ -,''".'..■

Tout compte fuit, cette dixième représentation est désas- \. treuse. Le Théâtre d'Art, va périclitant de~ mois en mois,. et sa déchéance est proche. Déjà nombre d'artistes, et tfe s meilleurs, se désintéressent de cette entreprise. Si M .^ Paul Fort n'y remédie au plus tôt en changeant de voie, le chiffre des défections ira s accroissant jusqu'au jour où, complètement abandonné des intellectuels, le Théâtre; d'Art ne sera plus qu'une boîte à chahut, un grotesque guignol, voué- aux. sarcasmes et aux éclats de rire des seuls philistins. Ce qui serait une lamentable destinée pour un théâtre qui devait être initialement, dans l'esprit de son directeur, le Théâtre dés Poètes. * .'"■.■.'.'■"'■ \ ■' '

Jean Court.

LES LIVRES d)

Il nous revient de divers côtés, après publication de chacune de nos livraisons, qu'il y a désaccord entre certains auteurs et nops sur leurs mérites : malentendu déplorable et où

Ji) Aux ; prochaines livraisons : , Les Chansons naïves (Paul Gerardy); Dominical (Max Elskamp); Chères Amours {Ai Maffre* de Baugé); Une ^Eiles (Paul de Garros) ; So?iges creux (Georges Moussoir) ; Théâtre contemporain. 1870-X883 (J. Barbey d Aurevil^); la Conquête du pain (Pierre Kropot-

MAI 189a 7?

il semble, bien qu'ils aient mauvaise grâce, puisque nous tâchons précise ment à leur découvrir des qualités qu'ils s'ignoraient^ ne les ayant point notées sur ces petits papiers qu'Us redisent pour la presse et. crue. r>our êtr* i^rAnKU« à «#«;

ingratitude : alors* que nulle part «»»•> W9 journaux on ne, lit plus les livres,, que partout on escamoté là moitié des envois pour ne publier qu'un passage delà « prière d'insérer » de ceux qu'on retient, nous lisons en effet et nous signalons, tous (i) les onvràgesiruï nous parviennent; et, notre Recueil étant une des très rares publications où il soit permis de dire ce qu'on pense, les auteurs sont avec nous à l'abri de ces bordées dé louanges, inconsidérées dont on blesse si sou- . vent leur légitime orgueil; et as ont 1 assurance d une opimon. toujours sincère =— sinon, hélas ! toujours juste" Au reste, cette; liberté de tout dire, un peu notre raison d*étre, nous ayons la conviction de nen jamais avoir mésusé, par comparaison surtout avec la parfaite 'muflerie de notre exquise époque. Que si, cependant^ des auteurs croient avoir à se plaindre de nos procèdes, -il leur est loisible : x* ou de ne pomt nous envoyer leurs livres, auquel cas r n'ayant point coutume de les aller solliciter chez les éditeurs et né rendant compté que tout à fait exceptionnellement d'un ouvrage que nous navons pas reçu, ils peuvent tenir pont à peu près certain qu il ne sera soufflé mot dé leur «. vient de: paraître r- a* ou de demander dés explications au fauteur de la bibliographie jugée malséante : tous nos échos sont signés d'initiales le signe.*** appartenant au surplus à un seul rédacteur* et quant aux rares notes qui, pour une raison quelconque' sont anonymes, le rédacteur se dérobàt-il — supposition que nen jusqu ici n'autorise— ; ou fut-il un mineur ou une femme, qu on trouverait sans doute encore avec qui; s'entendre.

./nî&^î?' le ^ Côlons sont partis, : par Edouard Dubus ^Bibliothèque Artistique et: Littéraire). — Voir page ï. :

Rose et Ninette, Mœurs du- Jour, par Aiphosse Daudet, avec un frontispice de Marolb (E. Flammarion. — Collection CrmUaume). .— L intolérance, pour ne pas dire plus, des très jeunes, g^ens envers M. Alphonse Daudet a son exacte contrepartie dans la flagornerie universelle de la;« grande V

presse, et j'imagine que cette constance des uns à tout esti-

kine); Z« Chansons d'un Rustre (Auguste Gaud}.; ? Ironie du w^ (Sutter Laumann)- Dàisj (Max Waller); Regain, d'amour (Olivier du Chàstèl) ; Un .Hollandais à Paris en 1891. <W G U Uvvanck) ; Versiculets (Alfred, Poussin) ; Cas Passionnels «en* Maizeroy); les sept Sages et la Jeunesse contemporaine, UuUen Leclercq^ ; Heures de Mélancolie J Jules Grizez-Droz) - Dames de Volupté (Camille Lemonnîe T }; tel q Mensonge (Henri ne Kegnierjfi ■■-,.. ">. : *'■!---,

(i) Ilne s'agit ici que des ouvrages reçus par le Recueîï,et non <te ceux qu on adresse seulement à tel ou tel rédacteur.

74 MSRCVRË DE FRANGE

mer pouf le mieux dans le meilleur des mondes est pour

3uelque chose dans l'intransigeance des autres. Jti» w cause e leur attitude dédaigneuse réside surtout en ces profondes différences morales qui séparent Thomme d'hier dé l'homme d'aujourd'hui, au point qu'ils ne se comprennent pas plus que des individus de latitudes très distantes* Un peu moins même. Pouf nous en tenir à lu littérature, si; convaincus quelles ahoses n'or une couvre

quelconque^ r w^. j • - --*-■■- ■

n'est pas douteux que les hommes delà génération de M. Alphonse Daudet nous jugeront prétentieux et soporifiques; par contre, beaucoup d'écrivains de notre génération à nous, et la grosse majorité de ceux qui viennent actuellement au monde littéraire, comptent absoluriient pour rien — quel que soit du reste le talent de l'auteur — l'ouvrage qui est un simple tableau de mœurs et relate les incidents de la vie quotidienne dans le déedr où nous nous mouvons habituellement. Il faut à un tel livre de bien spéciales qualités A coté, d'humour par exemple, pour qu'il soit apprécie des jeunes critiques — lesquels ne sont point que critiques ^ma^auteurs de livres iïusm, et qui, arrivant à l'heure où se précise un mouvement qu'il* trouvent T>on de réaliser, adoptent presaue tous la critique dogmati s te préconisée par M- Bernard Lazare (i) : hors de mon esthétique; rien n existe. Critique de combat et tout à fait légitimé ; elle fut celle de M. Zolà-et- Taida au. triomphe. Mais, à l'appliquer aux; écrivains d il va vingt ans — si Ton excepte les deux ou trois génies qu on sait î nous commettons une sûre injustice, et mieux vaut alors ne point parler d'eux : ils avaient en effet et ils ont garde sur la littérature des idées opposées aux nôtres, ils sont différents de nous* — Voici Rose et NincUc : aux yeux de la critique dogmatiste actuelle, ce livre, a priori t en dehors de ses qualités ou de" ses défauts d'exécution, « n existe jpas », puisqu'il est le simple tableau de moeurs et que nous n admettpns plus ce genre. Une critique moins volontairement étroite y regarderait déplus près et, quitte à se prononcer ensuite *ur la valeur du sujet, rechercherait d'abord ce que l'auteur avoulu, et silaréussi cequd a voulu. J3r, qu a voulu ici M. Alphonse,. Daudet? Poser, sans le résoudre, le problème d\in cas — d un seul — de la question des enfants dans le divorce. A-t-il réussi? Incontestablement, au point de vue de l'expression totale. Restent les critiques de détail : la grossièreté sans doute trop forcée du petit baron Rouchouie, l'épisode bizarre non du voyage de Fagàn en Corse, ainsi qu'on Ta dit, mais de son inuoduction sous un déguisement au bal de la préfecture d Aiaccio, enfin le suicide à point nommé de ce Hulin, séparé de « femme, qui la reprend un soir et ne veut survivre a cette dernière nuit de délices; Tous ces gens -la font 1 effet d être

(t) Entrktib^s Poi.îtiq^ues kt Uttbrmkês : Des Critiques et dé U Critique (vol IV, p. 170)-

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un peu toqués, et M. Alphonse .Daudet, en maintenante personnages dan» la vraisemblance et en in venttnt d antre* événements, nous eût tout aussi bien montré I affection de Pasan pour ses filles» son abandon, son isolement et sa* detresse de coeur au milieu d^unê vie enviable d apparence ; et le roman eût profité d'une intégrité qui lui manque,

te Cuirassier blanc, par Pavl Mà*Qvn*yn* JU cène et Oudin). — Des nouvelles senti tiientales écrites avec la désinvolture d'un auteur de bonne compagnie, oui se sent un peu fourvoyé dans le journalisme prétendu littéraire. Xa moin» solide est, je crois, le Cuirassier blanc: Une des meUIéeres, Prés de ta mort, contient deux ou trois touches savantes et fines dignes du peintre de T0its Quatre. I Insette, Co**m* Mad, Grand Garçon, sont d'un joli ton de névrose enfanUnej simples, claires^ pourtant angoissantes, Le stylé de Paul Margueritte est doux- fleurant comme une fleur maUde r une, belle fleur de couronne mortuaire qui évoque des souvenirs d ! enfance troublée par de solennelles catastrophes et des* craintes de revenant glorieux. Ce qu'on peut dire de plus juste sur cet état d'àme littéraire est ce que 1 auteur en dit lui-même dans sa première nouvelle : * le pensais trop* «* • chose s- là. Elles mfentouraient d'une, atntospkère derfvassertes pâtes le jour et de songes fièvrtu* la nuit. *

Il est î souhaiter bué Vauteur: pense /moins à ces choses : nous préférons les rudes franchises de Tous Quatre à certaines mélancolies qui sembleraient trop voulues, ^

TJôgende» jp^éltlesypar Pirâuei-M^Ou*. (Bruxelles, imprimerie de M* 1 * Veuve Mpnnom.) Les sept brèves histoires, plus des poèmes que des contés, rassemblées ici par M. P. -M. Oliri forment une des plus , exquises "petites œuvres où se puissent distraire lès imaginations à la fois ingénues et perverses. Transposer dans rame de couples enfantins, pour qui tout le ïiiystère du monde réside dans le spectacle de là nier et de la for^t, les aventurés' cruelles que les jour réservent aux hommes, les montrer qui jouent avec les vagues et en meurent, comme plus tard ils joueraient avec la douleur et en mourraient, simplement, sans avoir même conscience que cette fantasmagorie est fort pénible, en sol, cest . d'un artiste très inquiétant et très . subtil, et j'en. sais peu. qui puissent donner un plaisir aussi ambigu de résignation, de tendresse et d'ironie. M. Théo van Rysselberghe a composé, : pour illustrer ce livret d'une admirable exécution typographique, sept frontispices, d'un charnte égal à celui de l«nvre commentée, ■ __ ■■ , ■* -. " "•

p çy .

Selon mon rêve, par Eixbàiu» Rotowk (Sa vinej,— Selon le rêve deM JElzéard Rougiér,un prince russe fait bitir un théâtre à Miramarë et engage tout un corps de ballet. pour représenter le ^hef-d*œuvre inconnu d'un jeune auteur, plein de génie. ( Voilà , certes ; un de ces rêvés irréalisables, ou je ne ro> connais pas t...) ïl y aia Sérapis, une danseuse de voluptés.

Céleste Lepage, une danseuse de puretés...et toutes les deux tombent en les bras du prince au premier faux pas, naturellement Lune est la maîtresse, l'autre devient la femme, puis meurt bien tragiquement après Un second mariage in extremis avec 1 auteur du ballet perfectionné. Autour de cette intrigue tourbillonnent a vous en donner le vertige les jupes de tulle, et les chevelures folles,et les jolies jambes, roses! Le fond de la mer est toujours bleu, le théâtre est toujours ruisselant de dorures, de scupltures, de peintures superbes. Oii mangetout le temps des bouchées à la Montglas^ bref, à là fin du livre, on a une indigestion de belles choses et.de belles filles comme si on avait mangé de la crème à la vanille depuis huit jours !... Çest charmant !„. . :

Le Mouvement néo-chrétien daus là Littérature contemporaine, par labbé Félix Klein (Perrin efD?) — Avec une sympathie assez narquoise, M, l'abbé Félix Klein se demande ce qu'il, faut penser du « mouvement néo-chrètien » Il rejnarque que les apôtres d'une rénovation morale sont de fois assez différentes et étudie rapidement les idées tu vaudrait mieux dire les apparences d'idées de MM..Rod: Uesjardins, de Vogué, Bérenger et. même G. Duruy. Il en arrive a reconnaître que la plupart de ces messieurs sont certainement nc'o, mais qu'ils rie. furent mie chrétiens, puisqu'ils repoussent tout simplement le dogme et que quelques-uns m n m f ne ,^ennent. que fort peu à l'existence deDieu.

Ml suffisait de professer le dégoût du naturalisme et de i abjecte hbre-pensee orthodoxe pour se croire chrétien, les neur dixièmes des jeunes littérateurs actuels seraient déjà convertis. Mais à nombre d'entre eux la sottise manifeste des « chrétiens de lettres >, inspire un dégoût égal.: : îts se sont açerçus que,à tout bien prendre, sous prétexte d^vangile, les néophytes restauraient de leur mieux une sorte de morale bourgeoise, orléaniste, cousinienrie, julèssimoniaque, qui ne , saurait leur plaire. Et s'ils trouvent, par goût de spéculation métaphysique, un certain plaisir à l'examen de difficultés theologiques — le mystère de la Trinité, par exemple, con- . cilié assez bien la vieille antinomie de l'un et du multiple — il leur manquerait encore : la foi/ M. Fabbé Klein a laisse de cote ce genre plus noble d'esprits qui s'intéressent au christianisme, peut-être parce que ceux-là se manifestent moins bruyamment et n'ornent pas leur tètë de plumes de paon, liturgiques. Sa brochure n'en est "pas moins intéressante et d une critique subtile et avisée, encore qu'il montre un peu trop de révérence pour un littérateur aussi médiocre que M. Cieorges Duruy. p Q

Le faux et lo vrai Positivisme, par Johge Xagakjugpe "" it positiviste). — Cette brochi

te Sophiste Pierre Laffitte nom, . ège de France. — * Programmé „ „,*

enseignement fosiiivisfe. Elle est datée : ipjfi année de ta yrande Crtse. Nous souhaitons, de bon cœur l'abolition du faux positivisme et aussi celle du vrai.' . R. G.

■" '■'*.:" ' MAI 189a 77.

L»a Passion de Jésus , drame en vcr&jpar Antoine Chansrovx (Savine). — A l'usagé des théâtres forains munis de marionnettes rudimentaires.

- Scène XI. ."'■;-; \-

Jésus, PîEtt)a:E y .GAiPHÊ, Foras, Sou>ats, ■' Çoq. .

"... *..'■"■ /' : * • '" ■' ■"■ ' ,: " la -Coq,* V. - ■'-.

. .' Càcaràca /...-■'...■' ./.' ."'.■"■''- -

'-■>*- .'■■ Pierre, pleurant, fuît : . •

Où donc cacher ma; honte éternelle en ce jieit* . Dans mon aveuglement, j'ai renié mon Dieu,

Giovailld,par ANTONTÀu©iK(SaTine).--L 1 !auteutaura très probablement introduit son drame dans un roman d'action après un refus, non motivé du reste, de la Comédie Française. Cela ; se passe à Nâples, sons la domination espagnole, et en tre grands peintres tels que le Dominiquin, JRibeira, Salvator Rosa et""' Giovanni, le \h*érbs principal, qui semble personnifier le génie italien, dans ce qu'il a de pur et de tendrement amoureux. ;■" Masaniello, le duc d'Arcos,Don Juan ,représëntent,d'autre part, les personnages politiques. Ni moins ni plus . intéressant que ces sortes d'épopées où le manteau rahaitu -sur le visage alterne avec le coup de dague porté à l'italienne, c'est-à-dire dans le dos. Quelques jolis morceaux descriptifs et des dialo-

: : Trp-Brelz, par A- Cixkjakdet G. Bèault (Fischbacher).— ; MM. A. Clbûard et G. Brault ont voulu, disent-ils,, refaire en « vrais bretons » le pèlerinage, des Sept-Saints, fort célèbre an Moyen- Age. Ils a vouent- avec beaucoup d'ingénuité — ua peu d'hypocrisie religieuse siérait en cet âge de néo-christia- ■ nisme -^ qu'ils s'y décidèrent pour des raisons assez profanes : .un désir dartistefr.de vivre quelques semaines hors des villes trop modernes et monotones, et de se distraire du monde banal . par dç? spectacles . inattend iis, des monuments et des légendes. Pùisi le. pèlerinage accompli, comme les pèlerins,

Farmi les hommes^ appartenaient à l'espèce singulière dont habitude est d'écrire dés livrés, ceux-ci racontèrent, non "sans talent et sans/bônne grâce, les diverses choses d'autrefois et d'aujourd'hui qui leur étaient apparues sur la routé et l'impression qu'ilis en avaient gardée " Le^danger . de pareils livres serait de ressembler aux guides Joanne, si précieux à leur manière,; ce n'est point le ca& pour Tro-Breiz; le souci de faire; honneur à leur pensée par. le prestige au langage n'abandonne jamais les deux collaborateurs, et, soit . qu'ils citent directement ou qu'ils paraphrasent la légende, la chro-. nique ou l'histoire, ils prennent soifi de l'harmonie et de la c6mpositîon v Ie plaisir dé les lire est fort grand, même pour qui connaîtrait .déjà Dom.Morice et Dbm Lobineau, voire MM.de La Villemarqué et Luzel, érudits contradictoires et

bataillant», Je dirais Volontiers, si réloge no risquait d'être trop strictement interprété et de devenir maladroitement excessif. 00*00 prouverait là un peu du charme des plus anciens ReisebiUtr du Voyag0 dans les .montagnes du Har\ f par exemple : mais j'indique une analogie dans la façon do conter . et ne prétends point faire de comparaisons;

Le* Charneux, par Gapacas Gabnik (Lacomblcz). — r La maîtresse d'un homme, une veuve, a une fille, et réponse de ce même homme à un fils. L'époux connaît la trahison, dont elle garde le secret ; mais la fatalité veut que lès deux enfant», qui ne sont pourtant pas frères, se rencontrent un jour et s'aiment. De la un drame... inévitable Et c'est Justement cet inévitable drame voulu qui gâte un peu la psychologie de l'oravre. Tout est bien écrit, correct, longuement expliqué, poignant, maissressemble à du bon Zola propre; Or, on aimerait- peut-être mieux du. mauvais belge, s il y en a, que du bon Zola, même première qualité.

Une Conscience d'arttate, par Moktauat (Lemerrc), — Livre de nouvelle». Presque toutes les fcmmes.de cet auteur sont des institutrices plus ou moins perverses. Jolie écriture alerte, pleine de bavardages spirituels. Fond malsain et forme à la Drox, Pas pour un liard de sens moral, littéraire ou non, et brusquement des trous dans lesquels. sombrent a la fois le bon goût, et l esprit,' Amusant parce que toqué. Peut-être écrit par une institutrice genre Charlotte \ >**•'

tin Pèlerinage * Beyreuth, par Emiir pk Saint- Au ban

(SavincV De tous les livres quifurent publics sur Richard

Wagner, celui-ci est le mieux fait pour éveiller de désirables réflexions chez les pauvres gens qui, au mépris de Tart, ont gardé d'absurdes griefs contre ce haut musicien. C est 1 .œuvre d'un écrivain d'une' grande sensibilité, dont la compétence, jointe à une ardente admiration, est ;iussi profitable a ceux qui' 'possèdent le don malheureux d'admirer sans comprendre. On reprocherait seulement à M* de . Saint -Auban, — un des plus fins avocats du barreau ■ dcV Paris; ,— de laisser échapper quelquefois de. ces phrase* aux images connues qu'il n'emploie jamais dans Vimpro vis îtion d un plaidoyer, Ten cite une, non pas au hasard, car je suis, oblige de la chercher : * Voici M-. Vincent d'Indy, pour qui la cloche de la fcenommée sonna récemment l'heure de la notoriété. »

Le» Arlequlnadcs, par Reky Saint-Maurice (Lemerre) — Des vers à Ta façon de jadis, c'est-à-dire bien faits, jolis , spirituels parfois, mais n apportant aucun frisson nouveau, Pierrot sous toutes ses formes, Pierrette sous tous les atours, et du tragique dans un Polichinelle assez ambitieux pour vouloir synthétiser le mâle vis-à-vis de... Madame Pohckinellt, la femme. - En somme, un livre honorable, très honorable même, et dont l'auteur, devenu notaire ou: préfet de son département, pourra »t vanter à juste titre. . «,»

,;'■:,■-, ••■■■-mai «899 • : ; . , 79

Le» Bas-fond* de CoiuitTOttaople, par PAut n* R*ola (Tresse et Stock). — Préface curieuse o* fauteur nous raconte le» ennui» d'un écrivain édité malgré lui, En lisant ce» page* toutes vibrante» d'une indignation qui ; pont être très personnelle, n>n est pas motn» fort intéressante, on te demande mélancoliquement jusque» à quand U lïhrâîfjo ser* fette *n Fronce en dehors de toutes espèce* de lois commerciale* et jouira d'une liberté que n*ont ni le» épicier* ni le» tafU***** Il serait pourtant bien -simple d'assimiler une bonne foi» le livre au cornet dé- poivre ou à la paire de p^nUlona^ aul /*e vendent, et par conséquent s'achètent, et à^pitoir snmpkmem comme voîeur le marchand de livre» qui fraude ou qui refuie de solder à l'échéance. Dan» \*% Bas-ïond* de ConÈtSHfinMU^ des anecdotes sur les mceùr* et la politique aaaeî bien troussées. . "■•■ .■'■'-* ". * * ■ '■••*

Lee Chante du Divorce, par Hemi Nb& (Ollendor*). — D'après s* prtfacë, je tne représente volontiers M, n* «er comme un bon jeune nomme studieux, que les destin» dé 1 hu~ manité chagrinent et qui cherche à sondît le» grand» problèmes de la philosophie. 11 le déclare sans nulle contrainte, son volume nest pas un de ces recueil» que,... un de recueils qui, ,. Il a voulu construire un roman psychologique en vers et nous servir un petit plat de symbolisme social*

Là nuit de Noël, tanaïs que hou» autres profane» mangions le traditionnel boudin et l'oie farcie de châtaignes, M. Net réveillonnait frugalement d'une pièce A la Muse et de.diyer»^ félibres (oh'f ' ce» méridionaux!). Ayant ensuite évoque rame social* et \& synthèse humanitaire^ M se dit : — « En chantant le» douleurs d*un homme séparé de celle qu'il aime, je pense non seulement au* douleur» de chaque homme en face de 1* femme, mais aux douleurs de chaque, individu en face de la société »>.; ergo i chantons les douleurs et faisons un roman psychologique en vers! — Il ! convoque là-dessus la mer et le ciel, et la terre,, et les montagnes, et les /vallées fleurie», et la ■Vénus d'Arles:/ .'•/:• ^ ' : \ ■

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