SÛR MAURICE MAETERLINCK
. Le théâtre magnifique est le domaine des Idées Incanaèes.
(Les Incailhatioxs, ■ .
Préface inédite de 188 j,\
S.-P.-ÏU • ■ .'','.
rare
pas
dirent et des valets qui ---. r - - ; -
prévisager l'œuvré à venir des Chérubin il sufht de reconnaître que Mauclair,: comme aussi les meilleurs de ses pairs en âge, ont -gagné, dès leurs prunes armes, une grandiose place dans 1 estime des aînés. Serait-ce une génération d'Enfants Sublimes ?.. Mais attendons qu'ils aient quitté là Chiméne tapissée d'illusions et d'hypothèses pour entrer dans • l'expérience aux pluies et rayons nécessaires : la vie,, n'est-ce pas ttiôtel-de-la-monnoye où, frappé au sceau de la personnalité, le lingot du rêve obtient cours dans l'espace et le temps imrnortel.s ? . ; .
Quoi qu'il advienne, on peut d'ores et déjà tenir ladite e-énératiôn po ùr acquise à cette religion de la flamme divine â- l'usage' de l'homme, dont les résolus poètes se disposent à Faction spontanée de l'œuvre ; par Vœuvre- Prévenus contre l'extrême mystique de 1 idéalisme et contre Textrême athée du réalisme, ces jeunes - esprits viennent délibérément à Hdéoréalisme, présomptif étincelant et salutaire des deux confessions
ennemies •
Le positivisme fut : : aussi moindre, écrivons relatif en entiers succès d'art que le mètaphysicisme : deux domaines trop abstrait ou trop imparfait dans chacun desquels foisïf égoïste et taciturne a pu.se complaire, mais où le créateur éloquent et généreux perdait sinon la somme de sa vigueur du moins, une part àe cette somme. Uœuvre issue soit d'uni matérialisme
Si'ti'aîTP à franc iuèer, une œuvre incomplète, sï voulue SSÎe,^ Sié dVùvre.Cest pourquoi la synthétique foule se ; montre insuffisamment convaincue par l2 cVuptd'ailë de Pathmoset parles coups deçioche dé San- peut-être cela tient-il à ce que son esprit si Sut 2dlé devant l'œuvre de matière brute comme, ses senVÏttouvent proscrits devant l'œuvre^ ^transcendance pure : Tune et l'autre œuvres, pour êtte. homogène chacune en soi, n'apparaissent pas ^moins à ,cei>mas.de corps et d'âmes, la foule, amputées et
userait, je le. conçois, facile de me lapider ^ deLhefe-d'œuvrè empruntés d'une part aux réalistes et de l'autre aux idéalistes; iP^rtanV su* ^J™**? rendre le souffle sous tant de merveilles, je raierais aùand même que les'cbefs-d'œuvreengendréspar un S ^conciliant a la fois la vision des apparences et ïSotion des idéessèront chefs-tfœuvre davantage.
Est-ce péché de souscrire au mieux 7 . . . .
Ce mieux, l'Idëoréalisme le promet ; il: doit tenu-
P ©°aucuns pourraient m'objeçter tels drames glo-.. rieux. Gesdrames, volontiers je les reconnais idéorgïtes ; néanmoins cet idéorëalisme . JT^W^J* qu'un idëorèalisme, si je puis dire, d avantlajettre : 1 s'aeit,-dâns ma pensée, d'un idéorëalisme autrement IllStif S saisfesable, bref il s'agit d'autre chose que nous exposerons un jour. . .. . ■ - -,. ww
• Qu'on, ne s'y méprenne point v 1 ideoreateme n est t>as une citadelle de faiblesse, un système, de con- Ss^Tcedi, a cela, ^ mdigne ^^ste-m^ieu ^ou n'aurait que. -faire un poète fier, certes non, c est le , ïefuge légitime du génie, la patne de l'audace, yore delà témérité, praticable aux setds Promettes . il y sSigit de l'au-aelà descendu et de l'ici,bas rele> e
s exprime entre la Dassc-tum <^ *«* «.ww—w, - __- - - jt
îâ^mégiaturé de la Beauté chezl'homme rédime . Louvre espérée, mon inébranlable conviction est qu'e^SlÊÎ du creuset où l'idéalisme et le réalisme . : auront été jetés au nom de la perfection, ji).
(!) Le subjectif dans l'objectif : ^W r £lX*£tiè£SZ* sinage étrange, semble presse se. spintuahset la mataere et se
matérialiser ridée. — S..-P.rR*
Unité faite de tant de choses, telle une symphonie grande comme l'univers laquelle tiendrait dans la main d'un fantôme, Part de demain sera peut-être indéfinissable universitairément. Qu'est-ce eh vérité* sinon de couler.du verbe en les tuyaux du Silence? de gaver de chair les baudruches éparses de l'Absence ? de . traire 1* énorme mamelle du Mystère et. d'en nourrir les Vivants, ces bébés de la Mort ? Qu ? est-cè, sinon les Idées Pures arrachées au temple d'éternité par lé Poète au cours de sa révolte ou de son héroïsme et moulées, durant leur étrange captivité, dans notre argile profane, qui, dèslors > moyennant une suprême métamorphose, suscitera des adorateurs et né connaîtra plus le trépas des choses périssables ?qu'est-ce,/ Fart de demain, sinon Dieu pris comme otage et rançonné, sinon la révélation de la permanente Vérité qui, par cela même, sera la Beauté retrouvée ? (i) .
Voici que nous touchons, à la. grande loides Magrii- . fiques : l'Incarnation" I ■
Loi toute de joie artistique et, consëqûemment, de
vertu sociale.
Incarnation: sculpture d'éternité, modelé de Fabs^
trait, plastique de l'absolu, architecture de l'infini 1... "là est le secret; du théâtre nouveau dont la pensée .
fleurit depuis longtemps ma solitude et dont je crois
ne devoir livrer la théorie sereine qu'après les dangers
de l'aventure.
D'ailleurs lé Verbe, hors même du théâtre, le Verbe pris en soi appareille ..aussi pour la sculpturalité : la : ; forme apparente, une sorte de lâpidificâtiqn, sera son triomphe futur. Poéèie [création), la. signification de ce terme n'est pas un mythe; îlest manifeste que sa créature sera sensible dans, un avenir — lointain, il est vrai, La parole est appelée à s'objectiver, L'œuvre
{Progresse ver» un état de fruit, fruit réel chu de 'arbre de Pensée. Mais des temps et dès temps sont nécessaires. Les mots prononcés depuis. .les origines par les générations d'hommes sont une seule et continue évocation, laquelle d'âge en âge amasse des forces virtuelles, si bien qu'un jour, le pouvoir magique étant à son paroxysme, êtres et choses évoquées pren-
. (i) Le rôle du Poète consiste en ceci; réaliser Dieu. — S.-P.-R.
JUIN i^ i*9
drorit corps, d'abord à. peiné, . puis davantage, et ce
e.incontespas ! C'est 'œuvrèjus-
qùlci latente s'affirment de plus en plus, ils se dégagent de rinciïbation. Les trois périodes de. notre art subjectif sont la période de brise r la. période S! onde t la période de glace \ Une visibilité s'accusant de siècles en siècles; Nos maîtres récurent la période deSrw, nous sommes au bord de la période d'onde r nos dis-, ciples très lointains connaîtront: la période de glacz* "c'est-à-dire de tangîbilité, la période sculpturale. Cette , /
. sculpture, qui plus tard sera réelle, n'est actuellement, J par! l'effort, que dans notre ". désir ; nous nous con-
. solons devant la sculpture illusoirement préludive du
'théâtre (i). . -, -;./: ' .■■'••■-■":
Par ; ce temps de canàUleries confraternelles et d'enthousiasme apeuré, pn ae saurait assez rendre , grâces au poète qui parle bellement d'un poète : tel Camille Mauclaïrde Maurice Maeterlinck, .
Ayant ses . Notes, èparses sur Je Barrésisme çt son ; Essai de dramaturgie symbolique, pages d'une pénétrance forte, Si attelai* avait publié sur Maeterlinck une étude qui charma les amis du poète de Gand. * Au Théâtre d'^rt, au cours de sa conférence, Mauclair nous offrit* avec une intense judiciosïté,, l'analyse . et rintimë raison dé \^PrincêsseMaleine t deYIntruse,
(i\ Xa diye Beauté, que les mortels -n*ont encore vne.qu'avec lès braves, yèirx de rcphémêre foi dans le temple abstrait dé la chimère, lés Magnifiques l'inviteront ici-bas le plus notablement possible. Ils; veulent que, par. la fée Poésie, la Beauté : descende, s'asseoir parmi les hommes, ainsi que Jésus s'asseyait parmi les pêcheurs «4e la GàHlée; Déjà ces poètes regrettent le vieil avenir: éloigné Chanaan où les oeuvres d'art seront: des Idées senslfiées ayant l'existante vertu d'une source, d*un amour, d'un triomphe, d'une colline ou d'un océan, Chanaan où les Odes se mireront dans les fontaines, les Elégies deperleront sur les colonnes -abattues, lès Passions s'agiteront sur ;■ la scène des vallons. Oui, je prédis une époque lointaine où lé pur Absolu descendra cher laMatière, pour, à la longue, « y substituer, de par l'effort accumulé des poètes de* siècles: révolus. Oui, s epanbuiTa cette heure miraculeuse où, uyant; été sollicitées chaque jour davantage par la génération des ~ élus, mesdemoiselles les; Idées voyageront réetteanent en
.- notre ruonde»-. . ' tf
; [Enquête sur V évolution ; littéraire jpage 158 : 5--SVK.)
l6o MERCVRE DE FRANCE
des Aveugles et des Sept Princesses. Rappelons le sens . ' subtil que le conférencier prête amSept Princesses : « Schopenhauer' a écrit quelque part que le monde des Idées est semblable à une forteresse sans ■P?»*"»^" *'**:.• : aucllc un guerrier tourneraiten vain.MaiSjapute-t-il,Uy aun
Souterrain par ^ el on peut entrer ... au ^.^ I ?? e ^ e > olace J'imaaine que ce symbole va. nous eclaircir. bien des
choses L? salle des Princesses, voilà /bien notre monde idéal; rautre'côïé du mur de cristall voilà bien le monde recl ;<* . ce souterrain, quel est-il ? Il y faut passer par les .tombe* des ancêtres. Cest donc la mort. Ce jeune prince ,q»£ de-, barque, voit le navire s'en aller, voit en même temps s éloigner l'Action, il n'est plus ici que pour retrouver sa fiancée, ou,, si vouVîe préférez, l'Idée qu'il rêve ; et voici qu'il ne peut passer que P par la Mort pou/l'atteindre. Mais comme sa forme . matérielle ne s'est pas dissoute en ce trajet^ comme il est Se un homme, dès qu'il touche son. Idée, elle meurt et les hommes restés de l'autre, côté, dans le monde réel, assistent à. cette mort sans' pouvoir l'empêcher. »
. Plus loin, parlant du théâtre :
• « Certes, l'homme y conservera son thème individuel sur l'orchestration de la nature, mais l'homme ne sera plus étudie L°^r"?C s.-, manifestation humaine et dans une époque
nera.»
Puis: • ■
« Voici qu'un Art est créé, en qui la peinture, la musique, la plastique, le rhythme et la parole se symphonisent ind ssolublement, et tout le monde est appelc.au ^atr£ ^jourlà ce n'est plus à des consciences solitaires et méditant sur uq IWre quelle Poète s'adresse, c'est à cette Ame de la Foule «S'il adresse la Parole. Et ce jour'-Ià, il n'est plus temps Féiudicr d'analyser ou.de livrer au spectateur des vérités îaiÏÏelles et des certitudes fragiles : ce qu'il.faut lu. montrer S une Vérité universelle, en qui chacun de nous pourra se . reconnaître et prendre conscience -de lui-même; c est. une. V^tTen qui chacun pourra s'abreuver et vers qm tous pourront aller, comme les organismes au grand SoleU. »
Le sympathique conférencier n'a pu nous entretenir
. nettement de l'idéoréàlisme,. sentant sans doute que
Maeterlinck,pour tout enclin qu'il y soit, hante encore,
à vrai dire et malgré telles scènes d'exception, la spé-
CU Des t,ue r ndéôréalisme l'aura pénétré, Maeterlinck, alors grand dramaturge dans tout le marbre de 1 ex-
JtîlN."i89fl ; ' 161
pression, épousera . l'immortalité* Pour: nous , avoir montré les causes '.: par '"-'leurs' seuls effets ; à tra- *; vers un art délicieusement subtil où ; l'Idée : rôde, . occulte, Maeterlinck ne nous offrit jusqu'ici que les fêtes galantes du Tragique et ft"e ridus fit savourer que le:menûet de la Alort. Son génie est tout de suggestivité, génie qui indique ne voulant réaliser ; de la . sorte /il obtient d'étraiigés nuances dont le secret lui appartient; mais/, faute d'un corps à corps résolu, une terreur rose* plutôt qu*une terreur noire persiste, en. son spectateur : on peut faire d.es/:bouquets avec les fleurs dé' ses divins cimetières, — c'est un charme de plus, charme inattendu.
. Maeterlinck est un musical;
. Le théâtre se peut définir le gymnase des Idées, et l'on comparera raisonnablement la scène â une placé
d* Athènes àorit les statues seraient. vivantes- Point ne suffit au dramaturge d'insinuer le& coups d'aile des aigles invisibles; avant de rassembler la Joule, il doit avoir, au préalable s'entend, capturé ces aigles, et. noué devons les contempler- dans la cage du décor> queiqû'iLsoit. La fatalité ne saurait reéter dans lés frises, sorv xôle. est d'ambulér stir les planches
banales. Le théâtre n'est pas un art concave, maïs convexe: il est encore Fart du raccourci des distances. Le gland en puissance y devient le chêne éh . acte. Que le dramaturge se dévoile donc . entièrement, tel un Slave (Jui se confessé, et que son œuvre soit une synthèse massive offerte sous toutes ses faces et dans ses multiples variations. Montrer les phénomènes, c'est bien; montrer leur substrattim, . c'est ' mieux encore. Un drame est une série de pugilats entrete transitoire et le permanent : iftëoralisme ! Au théâtre, il sied que cela se passe ici,. non là-bas; il . faut. y être l'Évidence - même, et. la foule est à bon droit fille de saint Thomas. Le pur métaphysicien ressemblé au mort de Gœthe qui, soulevant le rideau, passé derrière et ne revient plus ; le dramaturge parfait^ c'est un mort qui revient : son génie consiste . à mourir à condition de ressusciter.
Réprenant ce mot d'évidence, je déclare qu'il faut transformer la scène en alcôve de Son Altesse la Nudité; il doit y avoir de. la nuit de noces dans. une salle de spectacle.. - ; . .-'-■
,6, MERÇVfcE DE FRANCE
Ces règles csaontiellcSjMaeterlinck les pressent plus et mieux que personne. N'ayant pohtt voulu, par une pudeur bizarre, nous divulguer encore cette Nudité, il nous a, grâce a un -subterfuge merveilleux, plongés dans la nuit et nous a dit: Voyez avec les yeux de Tîime ! Cette Nudité, il la soumettra demain aux yen* de -nos aens, et le soleil éclairera, son œuvre. .
Si j'exprimais toute l'affection dont j'environne I auteur des Sept Princesses, je rie tarirais certes pas. Je l'aime pour sa farce et pour sa prrjbité. Joue-t-U pas cloricuflemcnt de la flûte d'ébéne en. notre Vallée de Larmes, ce noble berger qui regarde avec la prunelle naïve de ses agneaux et pour qui tout est loup ici-bas? Ses phrases,sont-elles pas courtes, et jolies comme des;
bêlements? ■/ ' .'--.V' r "1
Un tel ami nous console d'une époque ou beaucoup , d'ignorants blasphèment et souillent cet art sacerdotal
et premier, le Théâtre. , ^ - 'j,' A +
Camille Mauclair écrivait un jour dans les Essais d A rt .
libre : . . . , ■- r -
<. Saluons, en Maeterlinck, riîidéniaMe génie d'un de ces artistes que Saint-Pol-Roux, par une divination du Futur, a denomwiés du seul nom qui conviendra a leur épanouissement sur les âges à venir : les Magnifiques! »
Ou'on.me pardonne cette citation ! Je la devais à la perspicacité dé Mauclair quis'autoriae.si bien de cette
lucide phrase de -Tainfc.: ' ..'■ , '• : " .
— Les principes qui doivent régner sur. les esprits ù, une certaine époque possèdent une force latente, et, a l'instant fixe pour leur éclosion, suscitent des hommes pour les incarner, les exalter et. .préparer leur tri-
° mphe ' ■'■■■/ . : Saïn^Po^Roux.
sua '■
«UN HOLLANDAIS A PARIS EN * 89 i » (*).
Ce livre, dont nous avons publié (2) un fragment alors inédit en notre langue, a paru à.Leyde quelques semaines ayant d e, nous être donné en France, et -les
(i) x vol. par W. G. C. Byvanck, avec une préface «L'Anatole France (Pcrriu et Ciel.
(a) Poésie Romane (t. IV t p. 309).
■JTJTNtî89* ' . ■ ' rt ?
compatriotes, de Fauteur , Font déjà jugé ..— et con-
damné. ■ '* / "' ■ T ,t A „
, ia critique *ffio*elie, < par : la (tante 4e M- \m s l*n Brmk, stot égayée que \M..Byr*n*k ait >jm* «ouf i de i tant de. gens obscure, ^.«wids^ hoDM»tB g*™»inconnus (Eugène Carrière, Auguste KooiO t .utwiue Mendès, Stéphane Mallarmé,; P*ul Vexiaiiiçy Maurice ; Barrés, jean,<Richei>io; JkB> Roany , etc.)* «*****£-
nous l'avoua naguère iij — ae •«; w» »-w^«QX
M* Stéphane Mallarmé, M. JanTep Bn^aamuM***
en pasaaut une. volée de bois vert a Verlaine, tout -en
bétonnant que M; Byyancjc ait manqué dcppntdâ
Sopos jusqu'à ne point jeter son bock au vi**fciûv oréa& i Texpôeé \dè se» théories. £e .dernier dé*atf f afltfgeant surtout, en ce qu^il abolit ju>a.-iUuaiona *ur la proverbiale placidité des mœurs hoUandfciseij, a suggéré à l'un de nos.amU cette réflexion que>M**Ten Bnnk , comme notre cher maatre M . Francisque Sarcey , „ discerne ,dii premier - coup la scène à faire*
,i,a jeuue critique hollandaise, celle de la revuea/5 Néêum* GÎ4s* n'est pas non plus Arec le Hollandais àyPtris, qu'elle éreïnte aussi et plus violemment peutêtre ; maïs, si elle a d'autres raisons, ses arguments ne sont pas meilleurs, M. L. van I>sv#eei ! ^wswte principalement sur deux points : M. Byvaricfcna pas : plus réellement vu fe*. gens dont il pairie qu'entendu Jes discours qu'il rapporte ; il a prisses matériaux dans divers articles et ouvrages, par exemple ¥BnquH*A& M. Jules Huretetleé Confessions Ae OeojrgfrMoore. De telles affirmations, faciles â contrôler, sont pour île jnoins imprudentes : nui n'ignore ici queM.Byvancka parfaitement vu etentendujes personnes ûu il cite, ; et, comme maint fait relaté p*r lui fut accompli .-dp puis les Confusions, déjà anciennes, depuis VEnqudtc^hxs récente, et encore depuis certains, articles du. Nttmv* Qids 'l'imputation tombe jd'elle-itième^ En conscience, on ne saurait inférerJa nullité de Vouvrage de ce que Fauteur, après vérification, confirme? tel caractènstique détail noté ailleurs, ou se sert d!un mot typique employé par M. Jules Lemaitre ou M*- If enam
Il y avait sans douté autre chose & dire du livre de M. ByvancW m ême àVen tenir, jt" la critique de fait,
,. {i) Mercure dt-Frdnte (t. V^. p.8i); i*) De Nsjeùwc Gids (avril 189a, pp, 76 et saiv.).
l6t MERÇVRE DE 'FRANCE
la plus déplorable de toutes avec ;. Laquelle or île. . ,-r.mhat M van Deyssel part de ce gnef,, que je réSmt «Quand M? ByWnck écrit d£bjeg «n me *nnt chers il me les amoindrit ». Parbleu! Lias- que ■3S- on se forme d'objets qu vous sont chers est à là vulgaire exactitude- comme l'illusion est a la rélltté tangible. Achevons, le syllogisme : comme il . Sî certï^que l'objet rfa point de réalité propre, et auela seule vérité réside dans l'idée quon. s'en forme, U esttbSt â fait légitime d'excommunier quiconque aurï ?ous prétexte- ae vérité .^ vérité . de sens com- '= In' vérité de vision du plus -grand nombre,, fausse vérité en un mot -, adultéré, amoindri,, avili ou detm7t notre\oi. M., van Déyssel a gardé la sienne mais ifs-Lt dispersé en ces maladroites ins lg nifiances ■-nu : iï n'est pas vrai que les discours.:, rapportés l>ar M Byvanck aient été tenus soit devant m, sort- dans înn entourage - qu'il est ridicule de prétendre quun •pros^eurde premier ordre. comme . Jules .Renard se • Kit épanché en sa présence ; qu'i ; voudrait bien faire Soire qu'il a invita Verlaine à dîner; T au heu de,. " " ïmïïeraent et conséquemment à ses prémisses, .pro- ■' nSerTanathème contre le livreen bloc, comme.res- : sortÏÏLnt à ■ un or dre d Wages d'autant plus conidamnaoles qu'ils sont + plus -sincères et P^s exacg,
hommes et choses ayant tout %? cv ^lTr>llt A vîl de trop près. J'eusse alors ete, pour ma part^avec S van Deysseï contre >L Byvanck. de même que contre toul ■ ceux qui montrent des Jg™™. «££ -,r.+j c +f.« d-ins leur ordinaire humanité. Me le vois • £ tSs l'écrivaS, à travers ses œuvres ?. Et je.suis ScSVaîJïïS^qu'aèst bossu, ou épileptique ou . . beaï comme un-garçon coiffeur .pour ^^° n ... "■ tnwn e t de lalieuepour le relèvement de la Morale Saue - et cejendlnt pédéraste. Ah! l'èreaimable 5SvLs et Se photographies, ' dé. clichages, de . Î^Ties^es,li^t, eq gestigeauj ar- +;<;tf.s ce Qu'elle leur prodigue en reclame, gloire de mïcraSâ absolument digne de; ce temps ruveleur ïhomnS laurier banal, vénal souvent, dont, furent couronnés tant de fronts stupides qu'il commencera nrodun-e l'effet opposé au seul résultat qui le mstifie- " - S non seulement l'acheteur n'y croitplus ma^ il ?èn méfie. Et, trompé sur la marchandise . le , public «>st nas renseigné plus exactement sur 1 homme : les
/juin i8pa". ';■■'■■: '", i6 *
mal.le bustes ne ressemblent jàmais,les statues posent en des attitudes dont rougiraieritles malheureux qu elles
« restituent >.. Quant aux interviews, maint sujet de de-M.Huret, si scrupuleux pourtant dans son Enquête, ressentit à lire ïè chapitre qu'il avait. « parié > le même plaisir, ou, selon l'humeur, lemême dépitqu on éprouverait a reconnaître un esprit orienté à peu près
comme lèvôtré, avec qui l'on aurait même quelques communes habitudes de pensée ■■; .— et le mois dernier : Tean Moréas Hie confiait que 1 Anglais Moorc était un <■'■ garçon tout à fait charmant,- qur avait, eu ■ cependant lé tort deTàccommoder d'étrange, sorte .
dans ses Confessions.' . .'■'.' ■
. Mais si l'on admette* genre d ouvrages auquel ap- , ■•'■• partient lé Hollandais . à Paris, quoi lui reprocher ? Outre les. noms * obscurs » cités déjà, on y voit figurer MM. Georges dé Porto-Riche, Ernest Raynaud, •Alphonse Mais,' Maurice Donnay, Aristide. Bruant, Claude 'Mbhét, Léon Cahùn : de la confusion, sans doute- mais un volume sous-titré Sensations de Litte-. rature et #Art n'est pas un livre de critique raisonnee ou de discussion méthodique;. et, si l'on peut regretter .
que tel portrait manquera la galerie, -M. Byvanckest. fondé à répondre qu'il le regrette tout le premier, mais que son unique souci lut dé rassembler les sou-
. venirs et lesVimprèssioas que lui laissèrent d eux, lors de ses promenades dans Paris, ceux que les circonstances avaient placés sur. son chemin, sans quil les cherchât. Ôu:on ne le soupçonné point, au surplus, d'avoir découvert Baruch. Longuement, à plusieurs,
. reprises, il nous entretient d ? un .des esprits les plus intéressants de notre époque, et qui à jusqu à présent . négligé de. faire parler de. lui autrement qtt a propos . : d'uta livre de qualité rare, Cœur double : ] ai nonrmé ce Marcel Schwobsi mal avec les nerfs de M. Jan len Brink. Le Hollandais à Paris nous rapporte 1 appréciation, peu connue, de M. Maurice Barres .sur le ,
■'■'.. théâtre contemporain^ sa conception d un théâtre à venir. Il nous révèle les études histonquesde -M. Léon Gahun. Il nous initie a quantité de détails inédits sur. : l'art, lès idées et l'intimité de. jeunes .gens a qui la célébrité viendra peut-être demain. EtM. Byvanck.dit M. Anatole : France, < doué de ce sens héréditaire du . vrai qui anime tout l'art hollandais, découvre et dépeint - avec l'exactitude d'un Téniers les coins littéraires de :
: là capitale, cafés, brasseries, et la maisonnette rus-
l66 MERCVKE Dl FRANCE
ïl^S^t^ri^^Z teUé tournure de^rasé
raeoût pour le lecteur blasé. En somme , * •""JE"* de g lettr?s nlgnoraientpas absolument la P£Pg.^| choses que fauteur a -notées ; . le public ne-iessai* ™ère et trouvera de l'intérêt :à les -lire.
. AlfreciVâllette; . .
AUTRES ET DERNIERES AL0NS: (i)
1 champs-ÉlyBées. - ^GHw^d^few^
chés am min. tendus *> <gg»g I **J Sjluiagéi par s A où la même "^'umSS'Srre^Swe-
Gérôme est une tentative ratée, ae iuttnT-jFTUT , .
deSe, *st,ùne œuvre ; la D6«»«^ de Boucner,
^Habnefts-le sont presque tous,: ces .rkneS; seùlg
agrç-u ^ car, -pour la plupart, Hs-segar-
? ni rSi'pTdè feSè euïmêmes leurs statues; sï^ en. SSconniences 3 d'un praticien^ort- connu-dans .
u mrtn ^ de la elàiseet-du marbre^ - ; ".*,-- Vo? fvoule^ g sachant de-dessin et -de- modelage : ce
?" (,> V. Livraison de mai, page 60 : Zes'Prem^Sahn*.. .
■JXÎ-B8, r»9»V ■'-. ■ ." 167
MAM|V>4i^
," * - fc " ^ I ' 1 '
qtCon en. apprend au collège; étonnervo^amïs parun Apollon radiant dei la: lyre^ voici la, récette; :> !
Sur, la vu (Futl vagite, dessus un serrurier; spécial vous/ fabriqué; une armature,; moi*te la carcasse, de . votre; dfeu;; çécï fait,, vous, appelez-, un. praticien qui : . établit . le squelette; avec des* cotrets, des treillis en. fil * de, fer j si là cfierL qui. Le, héros est. à. cheval* on. foutre un.toniieaiLdajïslfi.&tux ventre ^dfe bu monture ^cTe.st économique et ç^ porte très bien la . glaises ,\ Votre. squelette ajant, pote une convenables forme, . . uu autre praticien: accumule sur Içs cotrets, la glaire, façonne fe modèles efc si vous ceignez de Vous salir . -fes 5 doigta, vous vous; bornez à donner i&u maître: ou,-* vrièr quelques petits conseils, qu'il reçoit avec: un: mépris, déférent . -
'Eê modèle, est, moulé et te moule* est. envoyé au bronze*, ait- s -agit d'orner de votre fcmhomme la ; grand'place d'une sous^préfectùre ; . si vous visez le musée dé Chicago^ vous avel recours au metteur au point, A Italien anonyme qui .< fait les- points, * sur le modèle,, puis le réproduit eu marbre* • Ce maxbre, Taxtistèv parfois,, fait- semblaut de le ; retoucher, -; surtout s ! ïl s'agit: d'un buste^ d'un por- ■ trait; i devant la « Madame *,. il gratté de la, poussière, \ mais peu^ ; se méfiant de son , incompétence, eounaxssaut le prix du marbre, et le prix dés praticiens. Enfin* il signé- ^— Toeuvrêqu il u'a pas faite. : Un bon metteur au point se pàiede dix â.'viôgt francs . par jour • Léonard touche jusqu'àtrente francs, et u faut le retenir dés années d'avance. Avoir sa collaboration, c'èst^assurériaréput^tion d'un bon artfete,c est pouvoir viser, sans "ridicule, a là troisième médaille, c'est faire enrager les.coufrères trop pauses pour payer leur gloire huit cents femcs par mois.
Léonard .(jque les sculpteurs amateurs et gens du monde connaissent bien) e>q?ose pour son propre dompté,/— ':miùs on ne remarque ses- œu.vrea que signées dTunàom célèbre* x» A
Michel-Ange, Coysevox, - David d'Angers, Kude,
Oésinger Êsûsaientletùrs marbres, taillaient tous, la
:■■ dure matière les formes ébauchées déjà de leurs pro-
. : près mains j qiiel sculpteur aujourd'hui eu est capa-
- ■ hle? >.. ' Y"' '"' '/', — '
ïl f a beaucoup de sculpture aux Champs-Elj-s ée^ ;
fl y en à peu au Champ-de-Màrs, mais ce sontaes
œuvrer de Kodin, Baffier, Dalôu 7 Eartholome, ^ar-
l6y MERCVRE DE FRANCE
«entier N'en moins intéressants (et peut-être plus) ïoît les boîs sculptés de .Rûpert-Carabin, une table et ïn coffre où s'affirme la volonté de créer une decora- Sn orïSnale qui ne doiverien aux modèles, du passe 22 meubles et objets dits, de style, ™» ^^^ ■ . fuit site sont imités. Egalement marques dumeme souci du neuf et du spécial lés meubles en marquettene de MM de Montesquieu et GaUé, les étains de Desbois de Baffier et de Charpentier, les émaux, de Th^mar et enfin les admirables grès émailles de . cSf sci eS et ses bronzes patines (ceci en collaboration avec M. Bingen, le fo»dent-4 cngpgd ug, qui sont la joie et la gloire du salon du Champ-de
M Cest beaucoup dire, peut-être, car Voici Y.#iW de •; Pnvi de Chavannes, l'Océan de Whistler ,Jfatermt c ^Carrière^ote . chef s-d'cëuvre dont il suffit de cons r
tat Fnsukc S \?fo; met également hors de pair lesmer- JtoS^'liïMm àa Cathédrales de Ml Helleu, reste , Ïnoter une quantité d'œuvres intéressantes ;eu seideinent honorables, de^Sisiey, de. ; Sargent, des Cazm, ri^ttWnrhe deâ Labre, des Boldini, etc. ...
AT Rc-raud •• cela «"appelle exactement le Christ a ...
■ [ Acheté par M. de Mun pour les .cercles ^™J-„ . Parmi les- «ravures, des eaux-fortes de Whistler, d c r pentes saches de 'Norbert-Gœuneutte et Helleu ; . H<^ bois de Valoton, etc. . ■ . '..
beaux dessins. , À i. . christ aux
Comme nous levons annonce déjà Je CI '.^ ? J* ■■ n „iraacs de Henrv.. de Groux, refuse par le jui) au C^mî-de-Mati; trouva un asile (en bien mauvaise ■ comP^nUdaris les salles du. Palais .des Arts Libérnu? A ce tableau -déjà célèbre, au moins par son odyssée M. de Groux a joint les cartons d'une vaste composition (un triptyque en quatre panneaux, aurait
SoerWolf)^^^^^
C'est une vaste scène d'un large réalisme, ou 1 ori au
™u P de hardiesse et de vérité : dans le' g"*»P«gJ . • des personnages. L'œuvre définitive est en Bel.
. gi Av e ecM.de Groux nous voici revenus àrartnou-