‹ Mercure de France, tome 5Chapitre 61 sur 109 · CHOSES P'ART · texte numérisé non relu

CHOSES P'ART

Nous avons parlé, dans le dernier numéro, des Mayt de Notre-Dame, ou tableaux que; de 1630 à 1701, la corporation des Orfèvres offrit annuellement au Chapitre. En i86a, Viollet-lc-Duc les fit transporter au Louvre ; depuis, quelquesuns furent donné» à des églises, à des musées de province ; mais la plupart sont toujours roulés, A la poussière et à l'humidité, dans un grand magasin situé exactement «eus le dôme central du palais (1). Il est possible que leur vaieùr soit médiocre ; il. est possible aussi eue telle de ces toile* seit fort intéressante ^incompétence de Vad min ist ration du Louvre est notoire ; elle a un faible connu pour la mauvaise peinture; si on né iieut la rendre responsable de Teffra van te quantité de Guido Reni et de C arrache qui encombre 'le Musée, c'est pourtant sa faute si on les voit si bien; elle les expose aux meilleures places et relègue â six mètre» de haut 4e s toiles que le nom du peintre . seul qualifie de curieuses, — mais nul ne les verra jamais. Il faut bien reconnaître aussi que le Louvre est peut-être, de tous les palais de l'uni vers, celui qui convenait le moins pour un musée de peinture; les gale* ries sont en hauteur; elles devraient être en longueur, afiîy que tous les tableaux fussent également à portée de Tceil ; . Tel qu 'on , l'a o rganisé , le Lou vre n'est pas une exposU tipn de tableaux, ce sont des murs ornés de tableaux» Bans ce- genre^. la grande salle des portraits est stupéfiante: on dirait une collection de timbres-poste collés sur les murs pat un maniaque du dernier degré; —

En Tactile! état des choses, — et la Démocratie bourgeoise ne. livrant- son boù argent que pouf, faire des canons ou décerner déi prix aux jokéys de l'Institut et aux académiciens du Turf,-. — pu pourrait néanmoins organiser au Louvre un vrai, mùs^e, en; ouvrant une salle nouvelle où seraient v exposées, à tour de rôle, foutes lés toiles maintenant invisibles, qu'elles soient mal placées ou pas placées du tout. Mais ce serait trop simple, t '— et sans doute pas assez administratif,... '■■■".■

{ï) On dit que la salle des Etats, libérée des bureaux, Va être consacrée à l'exhibition de ce « fonds des Greniers K

i8fi MERCVRB DE FRANCE

Voici la liste ûmMays, — ces refusés éternel», réduite au nom du peintre et a la date de leur etitrec à Notre-Dame; le» sujets sont généralement tiré» de la' vie de* apôtre* ;'

1634: Blanchard; — 1637 : La Hyre. +- 1645; Pofirson. ~ 1644'; -Michel Corneille. ^- 1648 : Lou i* Boulogne- -— 1650 : NiciLiH Loir, — 'ïM* ■; Të^tclin. — 16*6: Villcquin. — 1680; . Paillet, — 1061 : Coypel pt-rè (nttribué à Corneille père), — ■ îfi6a': Daniel .Ha lie..— 1665; Ijbnchet; ~ 1670: Jacques Blaudurii. — inp: Michel Corneille. — 1674: Claude^ Audrait. —-467^: Honaasc, — 1678 : Bon Boulogne. -~ 1679: L-B. Corneille. — 1680: Antoine Coypel.— 1686: Louis Boulogne.— 1687; Claude Halle.— r688;Chéron.-- 1689: Vernansal.— ï6gu : Chérnn,-— 1094 : Joseph Parrocçl. — 1696; Chris* - tophu, - iïhjH; Vivien, —1689: Tavernier. — 1703 -r Silvcstre. '— i7i>4 : Claude Sînipol. — 1705; Gallochc.-— 1706; Cazc»; Quatre 'May* seulement sont cxp.isés dans les galerie» du Louvre : ceux de<t années : tdys \ Saint Pierre guérissant les. maLiddê par son amhre, par La Hirc; — 1643 : le Crucifiement de saint Pierre, par Bourdon; — 1649: Saint Paul faisant hrMtr la hihliaihtyH* fEphèsé^iï Eustache Lesueur. — i6M : Le Martyre de saint Etienne, par Le Brun.

ExpOiltionBrétroipectivei; ArKoou vus BnMSXrAUr^ (ouvre» de Th. Ribot, Ta peinture réaliste,

dure et forte que

Oatni ^rmiAUcrij p«u -vu » iikuruiv *v «%»■'«/* *»^*», t» v »» } n »«

tranchait si impérieusement sur les clairi salons de ce* dermerci aimées, ta curiosité de cette exposition, assez complète comme ensemble, était la Pastorale, tableau de première manière, où le peintre «'ingéniait, un; peu lourdement/ à imiter Watteau. ; . /

A la Gauuuk-Pbtit, œuvres de Ra1Tet.Cc sont -de curicïwcs illustrations a l'histoire militaire de la Révolution et :dc TEnipirc. Alignées sans légende, sans titre explicatif, elles perdant singulièrement de leur valeur. Néanmoins, c'est instructif: on y voit le troupeau humain aussi Ktupidc que vaniteux, satisfait de la gloriole, même sans pain et voué à se faire éternellement massacrer pour plaire â un maître qui le* 0atte et qui. le bat. Comme le Napoléon de Raffet comprend bien, et quel souverain méprit dan» «es yeux pour la brute qu- il envoie à la mort! Ils sont héroïques, oui, les pauvres bougre», mai* ce qu'ils sont bètes! .

Récemment, on a vendu à l'Hôtel Drouot,. 6.100 francs, un marbre de Clésingcr, le Triomphe d* Ariane,

Paul Séruzicr abandonne le tableau pour la décoration^ Il *st décidé à couvrir de fresques tous les' mur» qu'on lui confiera.

Chez Durand Ruel, exposition de tableaux de Renoir. Nous renvoyous au récent article 1) d'Albert Âurier sur Renoir,

(1) Mercure de France, t. III, p. "103.

JUI* t*9* »*7

^^ r Alml-VWH-

•; À voix; '

ao, rueLaffitte, de* Corot.

Cher Boumod rr Vàladou, de* Whitfler, de* Gaugat», Forain, -etc. *'■"'.-

Un trè» riche américain fit vœu, *i sa fille, fort malade, gné* ridait, de donne* un Détaille au Luxembourg. Il fut exaucé (par .qnï?). — "et ladite -galerie de* Horreur* va # •'enrichir » 4 un mauvaU tableau de plu», Sortie de lagarnteon de Humugue (ad août 181s), payé une centaine de mille franc*.

ENQUÊTES ET CURIOSITÉS

Marti* — Daprè» le Nouveau Guide, de* chemins dm royaume 4e France* contenant toute* set routes, tant générale* que particulières f par le sieur Daudet de Ni*me* f ingénieur géographe de Sa Majesté fà Pari*, chez Etienne Gannaaii, rue Saiut~Jacquc*,vU-a-vi*U fontaine Saint Se ver in)/ on comptait en moyenne cinquânte~ciuq heure* de po*te de Pari*. aux différent* port* du Nord~Oue*t(Pari* k Calais, 60 lieue* ; à Boulogne, 52 lieue* :à Dieppe, 41 Heuc* • au Havre de Grâce, 47 licùc* i/a; âHarfleur, 4}, et â Honflcur, 46 lieue*; à l»»igny, 64 lieue»); avec dé* relai* nombreux et toute* le* re**ource* de l'ancienne, Po*te f admirablement organisée, c'était, du Havre à Pari*, *ept ou huit heure», neaf heure* au plu», de trajet, moin* d'une nuit ; actuellement, le*

/train* ommihu* mettent *cpt et huit heure». Il faut noter encore que la distance était calculée de lVgli*e du Havre k Notre-Dame; — Je vou» enverrai prochainement, *i von* le

. désirez, des. ren*eignemeixt* plu* préci*.

A,~D*WL v Arthur Rimbaud, ."— L'explication demandée de certain* ver» ^Arthur Rimbaud c*t bien simple. Je ferai *u ivre chacun de* deux texte* de sa para phrase ; le* root* qui «^trouveront en italique* »dnt ceux-là même* ou le* analogue* à ceux employé* par Rimbaud, ■■.

■ i*r textk";- ■ -'■:;-'■';■-"■'

Et dès lors Je me euh baigné dans le poème

De ta méri„ :

: ... • , Ou* teignant tout h coup Je* éternité* f délire*:

Et rythme* Uni* *ou* Je* futilement* du jour,

Plus forte* que l'alcool, plu* vaste* que vos Jyrss§ .

Fermentent lé* rou**eur* amere* de Vautour* Vamjlthmxsb : Et de* lors Je me sut* baigné dan* le poème de la mer; là, teignant tout h coup le* vague* bleues f de* tache* rousse* *e montrent, et *or le viril- Océan, qui «emble en rut, elle* flottent comme. un ferment amer d'amour ; cm dirait un liquide «émanai jailli de *e* flanc* mowtraetrx. Rutilante* *oni le* feux an jour, tantôt ce* rousseur* parai*- •ent tourbillonner en délire* 1 tantôt elle* ondulent*» rythme*

l88 MERCVRE DE FRANCE

/«•'» 11.1i.um, que me fait votre alcool/ jamais u ne me

Sonnera u»e ivresse aussi /oW, que celé qu'elles me corn-

Squent. Et vous, poètes, combien vos lyres sont mesqu mes

eorariréei i à celle» que ce» immenses tramée* rousse» ^des-

Œt *û" la mer. et que le chant de vos instruments est peu

"eTho se devaTit la vaste mélodie de ces lyres imaginaires que.

mes veux aperçoivent sur. les flots ! ,'.'„■.- „„»

Ces rousseurs auxquelles Rimbaud fait allusion ne sont

autres que les amas d'algues gigantesques et brunes que les

navigateurs rencontrent eh traversant l océan. .

«ma TEXTE : ' ■ ** * *» '7

Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et l exrles, Million dT oiseaux d'or, 6 future vigueur.

■ Paxaphrasb- Retrouvcrai-je sous ces climats nouveaux nne

nZvèÙevi/ueur? Dorl-cllé, ma force future, en ces nuits. . iTfihiel, dans ces contrées inconnues où peut-être comme une . troupe d'oiseaux précieux ùm^rc, clic s est exilée f ■ .■

Arthur Rimbaud étant, comme le dit excellemment. Verlaine le poète de la Force.splendide, il n est pas ftonnant qu'il la comnaro non pas à un, ma s à un million 4 oiseaux Tôt Cos deux vers- sont un cri de lassitude confirmé par la fin du poème. Tout cela n'ost-il pas clair Y

' Louis de Sa.ikt-Jacqubs.

Curiosités:

La Lient de la Croix-BUnche. — Certaines pièces imprimées du sciz&me siècle excitent maintenant la curiosité des ama- SirsetTe vendent plus que leur poids. d>r. Celle dontvoici . H description est sans Soute déjà, rare et sûrement tri.

eU C«t e une brochure de 1 6 pages in-j», timbrée sur la cou- . verture d'un écusson qui se lit : de. gueules a la croix dar-. »«t Leci^uc sans grillé et tourné à senestre, est celui SgïifU ^I q es nouveaux anoblis, et le ^ porte en légende : Tiens ferme ! ■ -

. ^L%ll C Fr.Zi»'de la Croix-Blanche, fondée le ro mars . /.Woin existe en Angleterre, en Suisse, en Allemagne et ailleurs, des Sociétés de jeunes gens dont lc^membres twESnt à observer rigoureusement les lois de la pureté. Lesfeunes gens qui forit g partie de ces .Sociétés ont fait l'expèSr que cet engagement d'honneur était une force SdTrable pour ceux qui veulent résister à l'eutrainemenj

* V lfeiî£ pat cette expérience et désireux de .fortifier en eux-mêmes et chez les autres le sentiment et la pratique de la pureté, dos jeunes gens français ont constitue une associattorsemhlablé' sous le nom de Ligue Française de la Croix- ,

B1 rito e sadressent donc à tous les jeunes, gens, qui habitent :. la France sans distinction de religion ni do nationalité, et ils leur disent ? Entrez dans notrt Ligue, Aidez-nous, nous

juin 189a ; >*<>

vous aiderons et nous combattrons ensemble Ko difficile et glorieux combat de lesprit contre la chair , » . . ■■ , " ,

. Extrait de* Statuts ï «Article ». La Ligue se compose d* membres actif s, de membres honoraire» et de meftibw S;dheS rents. -± Art. 3.. Le» jeunes £ens qui veulent favçnfc- « membres actifs #, quelle qu'ait clé ie,ùr conduite antérieure, doivent; i°n -être pas marié»; a° être Agés de moins de, trente-rcinq ans ; 3* signer rengagement suivant ; Considéra^ que l'homme qui : résiste à .ses passions, est plus noble ftie celui qui se laissa asservir par elles ; que, etc* ; que l'horone, qui contribue à l>vtti*sement d'une femme est responsable de la dégradation de celle-ci ; que le jeune homme doit lui* :mème se conserver pur en songeant ..à celle qui sera sa femme, etc.; que l'impureté" peut nuire à notre santé et A celle de nos descendants '■; que, etc; ; qu'elle est pour la patrie une, cause certaine, d'affaiblissement et. de décadence, etc*: Je déclare, etc., etje promets sur l'honneur de ne commettre, avec. l'aide, de Dieu,, aucun acte contraire A la pureté, ~ Art. 4. Le membre actif qui aurait eu la faiblesse et le **& m heu r de manquer à sa parole, est invité, sans, f être contraint, . à rayer sa signature sur sa carte de membre et à la renvoyer au bureau de la. Direction centrale, etc. *~* Art. 5* Sont *i membres honoraires » les membres actifs lorsqu'ils se- hwk rient ou qu'ils atteignent l'Age de trente-cinq ans. ».

Suivent les listes des membres .de» comités de Paris et des. départements. et diverses formules d'adhésion.

.ù Tiens ferme ! » '. ;' "* ■

ÉCHOS DIVERS Et COMMIINÏGATIONS

l*e Latin Myetique,

. La souscription aux exemplaires sur papier couleur violet évèquè est close. Pour donner satisfaction à quelques bibliophiles^ il sera tiré- 7,exemplaires sur papier couleur pourpre cardinalice, à souscrire au prix dé. jj francs» ' Liste des souscriptions (suite; y. notre dernière livraison) : Exemplaire sur pawbk pourpre carxkkaucr (à jj fr): MM t Jules Renard/ François Coûton*

Exhmflair&s sur papier vioLHT-tvtojb* (à 30 fr) ; MM. Alfred T. îwann, Jules Méry, Marcel Boulenger, Librairie Flammarion, ■' - .'■.'■' ■'.'■''-.■. '/' .■'■"' •* "

Exemplaires sur papier fqrt, traité fi 16 fr): MM. Edmond Bîgaud-Kairë, A, Demare^ Gabriel Vicaire, J.-CamlU* Chaigneau, Paul Desjardins, Maurice Barrés, Joseph DecUreuil, -Willem Witsen 1% ex.), Jean Casier, Georges Jttferv, R. Génes- .tâl, Pierre-M. Oïin, Paul Gérardy, Laurent Taïlhade, Fraaçois Alicpt» L. P. de Efrinn'Gaubast

'.( V. renseignements aux " annonces, . en tête Ju prêtent ■ numéro*) ■ -\ *

I9 o MERCVRE DH FRANCE

/ Paris, ce 8 mai 1893.

Mon cher ami, ; J*ai dans mes carton», terminé depuis quelque temps déjà, un petit travail qui s'appellera, si vous le voulez bien, ta mer- . veilleuse Doxologie du Lapidaire. Je m'y suis essaye à déga-

Îfer des pierres précieuses, de leurs vertus légendaires, de ours couleurs, etc., un certain symbolisme qui m'est, je crois, à .peu prés personnel. Il n'y a donc, sans aucun doute, rien, de commun entre cela et le chapitre : Marbode et la symbô- . lique des pierres prêteuses du Latin my&tique, de Remy.de Gourmont. Toutefois^ pour prendre date — le: Figaro vientil pas t dans son supplément dû 7 mai, de publier un article sur ces somptueux joujoux? — je vous, «aurai £ré de publier ■ cette lettre et d'annoncer comme à paraître (??:*) la Doxologie en question. .

Amitiés à Gourmont et à vous, ..

: Loyi£ Dcnise.

, Mon cher Vallctte, Ce mois, je comptais anaïy&er la Vie du Poète, symphoniedrame dé Gustave Charpentier, le Gluck des. Magnifiques. Par malheur, lors' de sa lumineuse audition au Conservatoire, j'étais en train, Jonas en pantalon rôugé, d'être digéré par une de ces baleines de pierre, parquées à travers la Patrie, que clairement l'on nomme des casernes. .

Certes, j'eusse désiré parler d'abord deTïdéè en musique — : « le vioîon est un crâne et l'archet, un scalpel, musiciens, contez-nous le cerveau », — puis de l'orientation de cet art vers une scuîpturalité singulière, mais Déroulèdc ne Ta pas voulu. . \ '. ■ '

L'occasion m'était pourtant heureuse, envisageant la mu-, sique aux points de vue abstrait et concret, à traiter de son avenir idéo réaliste, car, ne cessons de le constater, l'équilibre où se dirigent tous les arts jusqu'ici boiteux, c'est Tidéoréalisme, je veux dire lé magnificlsme. .■ ' ' ' . ;

. En. peinture, tenez,- cet avènement est-il pas saisissabîement préparé par l'impressionnisme (réalistes) et' par le mysticisme [idéalistes) ? Le peintre magnifique combinera, les parfaisant, -, la vertu de ceux-ci avec l^ffort de ceux-là; dès lors nous ..tomberons à genoux devant ses manifestations comme nous tombons à genoux devant une vierge sortie des hommes qui par sa beauté descend de Dieu. Cet espéré peintre nous permettra d'habiter ses. toiles ou bien d'en détacher les relief* héroïques pour nous refaire une nature, une famille. Et nous . serons enfin sauvés de tnt de lèpres accrochées aux murailles!.., . ' ■

En attendant le jour ou je pourrai développer ces points, que Charpentier et. que ceux, qui me lisent trouvent ici mas . - excuses ■ K

• Cordialement,

S àiht-Poi>Rou X.

Il nous revient qu'après avoir été brutalement arrêtés, conduits, à Mazas et gardés au secret préventivement pendant

plusieurs semaines,les compagnons Grave, de la Révolu, *t-2od Axa, de lEndekors, sont menace de poursuites, tout l'inculpation d'avoir contrevenu, parla voie de la presse, aux article» >6<j et 'suivants du code pénal, que voici :

365, Toute association de malfaiteurs envers lès personnes ou les propriétés est un crime contre la paix publique.

a66\ Ce crime existe par le seul fait d'organisation de bandes ou de correspondance entre elles et. leurs chefs ou commandants;; ou de conventions tendant à rendre compte ou à faire distribution ou partage du produit des méfaits, -, a ^7* Quand le crime n'aura pas été accompagné ni suivi . d'aucun autre, les auteurs, directeurs de l'association, et l^% commandants en chef ou en sou s- ordre de ces bandes, seront punis des travaux forcés i temps.

à6& Seront punis de la réclusion tous autres individus chargés d'un service quelconque dans ces bandes et ceux qui auront sciemment et volontairement fourni aux bandes on à leurs divisions des armes, munitions, instruments de crime, iogement t retraite ou lieu de réunion.

Il est inutile même de protester et de s'indigner : une fantaisie aussi grandiose ne peut avoir été imaginée que pour desopïler la -rate de la bourgeoisie j fâcheusement obstinée -depuis les derniers incidents. ?> Q..

On annonce, de Gabriel Randon f uu.roman*pamphlet t F7«fostcur, destiné, croyoris-nôus,. à faire quelque bruit. L'auteur suppose la réincarnation, ou et plus théôlôgiqûement (Jésus-

* Christ étant monté charnellement au ciel) la re- venue de Jésus sur la te rre^ — croyance ou rèvè que professent encore quelques .Millénaires. ^Christ est ressusetié^-^et il se promène à travers notre époque parmi des aventures identiques; des personnages identiques aux aventures et aux personnages evangéliques. Les temps sont les mêmes, les persécutions

. sont les mêmes, mais pins âpres et plus stupidés.; on applique le code pénal à sa seconde tentative de rénovation, on le poursuit pour, ses prétendues violations présentes delà loi, et at îf SÎ ■— cela, c'est, une trouvaille - pour ses agissements de jadis. Que ne fera-t-on pas contre Jésus ? Sur.Ta proposition de M. Quesnay de Beaurepaire, la prescription est abolie en ce qui le concerne, et, par exemple, avoir ressuscité Laiare, cest, lui clame l'insigne procureur, s*être rendu coupable de violation de sépulture !

La peine de -mort; abolie de fait (en lés temps proches que devance Yltiifasteur), est rétablie spécialement à l'intention ' de ce gêneur, — et c'est le crûcifîment La Croix se dresse sur les hauteurs de Montmartre ; pour la seconde fois Jésus expie le crime d'avoir aimé les hommes;

■L^BataiîU et le Mo* d'Ordre, ont fusionné en la Mar§til~ tatse. Nous avons constaté avec plaisir que, H, Camille de Sainte-Croix continue ses « Lundis littéraires » au nouveau

journal. ' , .;

.Notre, confrère Jules Méry va passer en cour d'assises sous 1 inculpation de je ne sais quel crime d anarchie, sans doute

i rtlll»P<t>

pqpt avoir, de complicité avec M. Melnottc, transporté le yWl Homère chez M. Paul Fort. Po**le, littérature, ttf&tre, jM^occupation» d'art, le plu» sagace minUtére jjfablic . aura mJWi du nul a trouver autre chose chez M, Méry, et son ■ actoritUment n'est pas douteux. '.."

IRcho de Parh commence dan» son supplément littéraire la . jMibîication de \Kcornijfl«nr^ de julc# Renard. Notons en paesant que la censure de Russie arrêta au pansage ce roman de notre collaborateur. — Vive l'Alliance franco-russe font d* mifoe\„.

M* Henri Mazcl fait tirer à ^q exemplaires (500 sur beau papier, à 3 fr; T et yr sur papier de Hollande, à * fr.) La Fin de* Uirux, drame en prose qu'il publia naguère à VErtniiage. Chaque exemplaire contient un dessin. d'Alexandre Séon. — Adresser les souscription» à la revue -V ^Hrmitàgt '; rue de Varenne % 36.

Une intéressante affaire a été récemment jugée en police correctionnelle. M, Jogaml, dit Léo Taxtl, a poursuivi pour abus de confiance, ses éditeurs, les sieurs Lctouzey et Ané, le» accusant d'avoir fait tirer des éditions subrepticc* de plusieurs de ses ouvrages et de l'avoir frustre d'environ, 40,000 franc». Le tribunal, tout en rcconnai*»ant les fait», a conclu qu'aucun texte du code pénal n'était applicable en . l'espèce, et t renvoyant les prévenus, a condamné le plaignant aux dépens. .

Ce jugement entassez grave pour les gens de lettres, puisqu'il annule, si l'éditeur est de mauvaise foi, tout traité fixant le» honoraires dus a l'auteur selon le chiffre du tirage. Il est permis à un éditeur, qui vous accuse un tirage de 1,300, de faire en secret un tirage de 10,000 et de le vendre sans von» donner un sou. Cela ne constitue, à proféré M, de Boislisle, « ni le délit d'abus de confiance, nî celui de contre* façon, o En d'autres termes, malgré tout les traités, le* exemplaires d'un ouvrage tirés par les soins et aux frais d'un éditeur appartiennent audit "éditeur. Ce», messieurs, nous paient par' pure bonté d'ime; l'a loi les autorise, a nous envoyer promener. •

L'auteur a-t- il au moins un' recours au civil, — et à ouel prfat>... ' M

Sur ses vieux jours, M mt Adam devient spiritc, occultiste, magiate, astrologistc, — et comique. Elle veut voir la luriç, et,/*«/r généreuse, a versé cent mille franc» aux main» des successeurs desintéressé» de Cornélius Agrippa; Titre de la revue qui émerge incessamment ; La Lumière... Mais> un recueil spiritc bien connu paraissant depuis plusieurs années «m* ce même vocable, il est probable que M«f Adam ne «'entêtera pas à faire enfin flamboyer ce mot (qu'elle met de-puis vingt ans sous le boisseau) : La Lumière?

Littérature des journaux. De M. Michel Delines (Paris, 3 mai): « Non, la peur n'a jamais été et ne sera jamais un élément de progrés social* »

■Dp

Le Gérant : A. Vaù-bt™.

Pari», — Typ. A. DAVY, 5a, rue Madame. —T*Unio».

LA /FÊTE NA flONALË

> ta tète roula, et ce qn'U y

. ■•'•'■ /payait Jà s'enfuit avec le

,.■:•.; ;'.}:.■"■; -\ ' sang,.»-'.'

• ■ . ■ -&~ m Vian, Sttlb. ■

La Démocratie mitoyenne (entre le marécage et le carnage, -^ entre Panama et Fourmies) s enquiertd^ne définitive date où se commémorer fw^ em i e ' dun ,»i"aérQ du calendrier qui synthétise la joviale bassesse de ses aspirations. Ayant pris le , fouet, la Bourgeoisie cherche, en des souvenirs pseudo-historiques, la légitimation de son despotisme avare; elle cherche et se demande sl-Io iï septembre (où Ton tua dès Prus- ™ïi- w *?&' pas 4 ar aison suffisante, ou le quoi ( ° U lont,ia 3ès fisses), ou n'importe

tto^^N^^^/i^ 111 ^' ? ui cëlèbre **'■ destruction d un chef-d œuvre d'architecture, mais il

est convenu que c'est pour le peuple, - qni

?4Ï?t UrS S i? n !?^ eet troquerait volontiers

SJ^Î 1 ^ ré J?V ssance obligatoire contre un peu de justice sociale. ■ .

«î™ d< î nC *&¥' quôique^es questions mé passionnent modérément, - et pardéyouement pur

i 9 4 MERCYRE DE FRANCE

même. ;

* la restauration de la gloire obscurcie de ma patrie, — de venir en aide à la faible imagination des Pupazzi du pont delà Concorde, en leur soumettant très humblement le prcfjet de loi dont voici le sommaire.

% La Fête Nationale est transférée du 14 au 25 juillet. Elle solennise par des réjouissances j«h bHques l'assassinat d'André Chénier, c'est-à-dire, symboliquement, delà Poésies

]e le sais,. André Chéniër. ne fut cas un grand poète, maïs saint Etienne, non plus r simple diacre de Jérusalem, ne fut ni une haute intelligence ni un saint d'une excessive élévation, et pourtant son martyre Ta splendidement auréolé/ Donc, je répète : . ■

« ... et, symboliquement, de la Poésie. >v En un certain sens, la Poésie est l'art mê__ T elle est Târne de l'art ; fêter l'assasinat de la Poésie, c'est bien fêter l'assassinat de l'art, assassinat ra- . tionnel et.de principe, destruction préméditée de la plus redoutable Hydre qui ait jamais fait trembler pour sa médiocrité essentielle une société démocratique. Une telle Fête ne pourrait donc soulever que des objections rares, xar ses avantages seraient, immenses^ elle rappellerait incessamment à la Bourgeoisie mitoyenne son de-, , voir, qui est la destruction de tout idéal, la persécution (et au besoin la suppression) de tout représentant de cette foi suirannée, de toute aristocrate mentale, de toute supériorité intellectuelle. • '':.■:'"■ •

Cette Eête^ je la voudrais savoureuse ; je la voudrais surtout piquante ; que le souvenir en restât planté comme une aiguille dans l'épidémie, ou mieux encore telle qu'un formidable clduenr foncé par un gigantesque marteau dans ;le dur crâne de la Foule* J'ai remarqué en effet qu!aux Quatorze-Juillets cpe je vécus, le clou manquait (comme disent les journalistes): on célébrait la dé- ■ molition d'un assemblage de pierres, mais selon ittiA «*ii v-ii^rtTïf/^tanteTriétaDhore: on ne démolis-*

yunxET 1893

sait nulle réelle Bastille; on n^rtSKsaït la Joiexta Peuple à raser ni le Sénat, ni la Chambre, ni les divers ministères, ni les différentes bâtisses officielles où les honorables Mandrins de la démocratie entretiennent leurs pierreuses avec l'argent du Pauvre : force perdue, fête manqnée.

Il s'agit donc ; de trouver nn réel clou, «ToflEnx au ïenjile antre chose que des drapeaux (jplHSi hurlants que^ les phrases patriotiques de M. ueschànmesj, que des lampions (plus ternes que lès idées de M, LèpeHetîer), que des feux d'artifices (plus ratés que M. Henry Fpuquiêr) .... Or^ le voici : v '. .- ■ ■; ,

Tous les ans, le 25 juillet, on guillotinerait un ..Poète.; ,: --; . ; . :: y ; '. ' ,-."" ■: /.■'.■■'■

Décapiter les écrivains de talent, annihiler les aristocrates de la pensée, la joie est profonde et sa profondeur est double;: morte -la .-bête, mort le venin ; en tuant l'homme on tue rceuvre:

nk Encore toi qui tf écrira plus de chefe-d'œuvrel * On suppose que "Vingt ans ( çrt mains ) de ce système progêraart entièrement la France dé tons ces êtres dangefreitx etîtrarûKsables qui rôdentavecdes yeux doux et àp menaçantes paroles autour de la, table des Noces de Cana. le premier ban épuisé, on aviserai*, J ^- et qnî sait? les poètes sont si ;vamtenx : : ils se feraient donner dn génie par leurs amis r pdw la gloire dune consécration sanglante, poux rhosmeur d'une mémorable décapitation X-r- Et puis, les têtes;— ça repousse. : Ahl Si "Villiers vivait encore! Qxiel heureux débtrt pour cette nouvelle ^ machine à gloire >î„ lia Démocratie dirt se borner à le condamner an supplice delà iaim. Oest lent et sans joies — qne finales. Oh ne peut pas toroottrs épier une vietimë*T*;mêmeTîâtioBale ^^\ te «ttppfice de la feim ". impîfîqne Ta liberté de , coucher dehors et de x;li0Îsir FhôfStal où Ton vous autopsiera l'estomac Pour Villiers, certains journalistes (messagers de la Bourgeoiae) «e oMrteritaient, quand il descendait sur le/boulevard, de nEre, en méditant lenrmenn^

kjô MERCVRE DE FRANGE

« Ce cher Villiers, crève-rt-il assez de faim ! ^Mais il fallait aller dîner soi-même, et l'on passait.

Le système que je préconise est plus sérieux, plus logique efplus pratiqué,— puisque les victimes désignées (par le Suffrage universel) sont immédiatement appréhendées (parla Force publique), — et exécutées. La Victime à longue * échéance (des gens indélicats ont mis des quarante et des cinquante ans à .mourir. dé faip), là :' Victime en liberté n'est souvent qu'une, victime illusoire : elle peut faire un héritage, elle peut se suicider/ elle peut étnigrer vers des pays civilisés, — et Ton est frustré de l'indispensable spasme, de l'indispensable enfin. ;

Lorsque Villiers mourait, un cormoran alla pendant hrtit jours, trois fois j>ar jour, s'informer ^ si c'était fini » : plaisir solitaire, plaisir.de cormoran et auquel la majorité ne participé que par l'article nécrologique. ^ ;,; „

Non, la réjouissance doit être publique et elle doit être complète. Il faut que la foule soit là; il faut que les Tribunes soient pleines; il faut que la Pelouse soit pleine ; il faut que toutes ces noble? âmes vibrent à l'unisson, — au moment même où La pensée « s'enfuit avec le sang y>L / /

Ce clou, je le reconnais, demandera à être préparé/, il faut, selon l'esthétique d'Edgar Poç, pour que Y effet acquière toute son importance , tout son moment um, qu'il soit logiquement amené et apparaisse bien la nécessaire conclusion d une suite de déductions précises : Conférence £ar\ un écrivain aimé du Public ; — La Tête; —yie et Crimes de VElu ; — A la Jeunesse !

bohème sur la morale si pure et si distinguée des modernes Bourgepis, dotit il a corrompu les

fiis. ■ ' ■ '. ■ ■

A la Fête de là Foule s'adj oignait ainsi la Fête des Lettrés délicats : n'y pensons plus, —et désir-

JUILLET 189a : t „

gnons quelques victimes bien vivantes et aucunement chimériques :

M Mallarmé (ToûtindiquépourrinaùgurationV, ^ .conférencier : M. Hector Fessard. * J

Roux. * e ' ~ Conférencier : M. Hugues le

îî' îî^îflf nck ? ^conférencier : MÏSarcey.

: M. lailhade;— conférencière: Mme Adam.

, M. de Régnier; — conférencier: M. À. Delpit.

; Donc,; nous ne chômerons pis, — et ce sera

ces têtes, blêmir ces lèvres, tourner ces yeux aùi

?èSe e S ? U f- ^ éda l n P° tir la médiocrité heureuse de la troisième République !

Sï ? rf- ¥3 ssemeilt de cette fête d'une si baute , moralité démocratique. Néanmoins, il est possible + que des esprits chagrins allèguent son apparente ..incompatibilité avec nos pacifiques .^^«vl- argument serait spécieux, - car, lorsqua Fourmies.des soldats, se défendant contre 1 émeute tuèrent des petites filles de huit ans^t aes entants a la mamelle, ce massacre ne fut-il pas hautement approuvé par les honorables ministres émanation de la majorité de nos concitoyens ? Et lorsque M. le Procureur général assiste au 1 raccour-

ÎS ei ?^* d , è 9 uel <l ues pas-de-chance, le spectacle, relevé d ailleurs par une présence aussi insigne! a-t-il jamais été taxé d'immoral ou de contrafre à notre exquise sensibilité ? Eh bien, l'abolition d un aristocrate de l'art sera bien moins immorale encore, puisqu'elle supprimera une tète trop Haute et plus scandaleuse, certes, quelle grelot yide d'un médiocre chourineur. * rci ° l

REMY DE GotJRMONT. "

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