F^NÇOK TRISTAN L'HERMITTE DE SOLIERS
Tristan qui chante comme un anae
Voici, lecteur, un poète pour oui la viV fi,* „,*- Jiche. en douleurs etW humilia& et la S S S»L* cruellement oublieuse après des Titf—Î if. P u *?'* et beaucoup de gloire Ss lSdemafn nÏM 1 ^ race, ou qui se voulait teUe? il eût unî^uît«! b . ° ne d>ventures et de ^tumultes'; pSSïSîïXftïï*
gentuhomme. pauvre, attaché à la maison <£ ni?.»
îè^rs^ssSai^r '**"* de ^ -^ à *q™ - w. r- !• ssu , raient 4e se survivre. Mais il s'était 2?
* mer son nom quandjeb $6 SSÊdS'/«*r* C #' *«>»« fut représentée.. ■ ■ ' ' année *? Ctd,LaMa- Sa biographie, assez difficile â établir ™™- i'« ut, est, au contraire, aisément . ÎLSïSjSS.HP
propre qui est très grande et aussi ï cXSd.înSS?' au chaseau di SoKers *5%?ji2ffi3* Sï
<x) Toir Mtrmre de Fï&ncc,\*xK
■M. Tristan. ttfiJBPTKS Lf **£*^«Ï«,P« parae, deux ans aorès la m „i7 î?^ — Une antre édition,
:|ré riouton^fŒ^ chez A.!
donnent la clé du roman; rem ? r ^ ues *>* précieuses, qui
3*8 MERCVRJE DE FRANCE
prétendait remonter à Pierre I/Hermitte et à ce Tristan qui fut compère dfe Louis XI (i). Le plus certain c test que les seigneurs de Soliers n'étaient pas très lourds d argent, ni leur château. très somptueux. Tristan eut dès r enfance, sous lés yeux, le spectacle de la gène domestique, et ces' impressions moroses furent aggravées sans doute par la tristesse habituelle du paysage, qu'il décrivait ainsi plus tard à Monsieur de Chaudebonne :
■. Sous des' monts tels' que ceux de Tnrace Ou le froid est presque tousiours^ On descouure de vieilles tours Où i'e puis cacher ma- disgrâce. \ Tous les ans près de ce château, Le do s^d'u a assez, grand coteau ' D'une blonde javelle éclate,
Et si Tair n'est bien, en fureur
Cette terre n'est guère ingrate -
A la peine du- laboureur.
' .• (La Lyre.) ' ■-
Puisa fut pris par sa graiidfmère maternelle et emmené a Chartres, où son grand-père était bailli/Là il. se montra un assez mauvais écolier : .«. Fappïehbîs dit-il, pour ce que ie craignois les .verges. > Mais, en même temps, il avait l'esprit en éveil, lisait tous les- • romans qui lui. venaient sous la main et n'était pas lom de douter qtfil y eût des ténèbres en enfer à cause de& flammes, . ■"
Comme il avait une dizaine d'années, il fut présenté a . He ™" ■ \y et ûommé ^ gentilhomme .dTioiuieur à la suite de Henri de Bourbon,, marquis de Verneuil, fils du rm et d'Henjnette d^ritragues, qui avait à peu. près le même âge. Leur précepteur commun tétait un homme de lettres « point pédant -et fort poly >.,
(i) Il fautun peu.se méfier dé cette généalogie. Slle pourrait bien avoir ete inventée par le frète cadet du poète, Jean- Uaptiste L^Hermitte , qui fut un assez pauvre diable lui aussi mais un généalogiste vénal. A propos d'un livre de ce J.-a. L Hermatte (La Toscane Françoise et la Ligurië Frànfotsc, : Arles, 1658} , Guichenon écrivait à Antoine de Ruffi; auteur de 1 histoire de .Marseille et des comtés de Provence : « L Hermitte de SoEers, dont la plume est vénale s'il en fut jamais..... Dans une République bien -ordonnée, on devroxfc défendre d écrire a des gens faits comme cela. » Cf.. Paul Allect . Recherches sur la vie et sur les ctwôres du P„ Claude J?r+ Menestrier\ pp. 31-32 (note). .
^ , h fc ' 1 ■ * H ' ,
Claude du Pont, Mais celiii^î négligea un peu le petit hobereau, qui^ne fut pas. longtemps dans cette cour -r sans y toit dés p6stiqueries(ï) et sans y prendre la temture de: quelques petits . libertinages. » Il acquit ; surtout, entraîné par un autre page, un goût furieux pour les des et les cartes, qui ne le quitta plus dés lors , et 1 aida a se rendre malheureux. Cependant, a • lisait Homère , Ovide , Esope , ■ Peau d' Ane et son amour pour les œuvres d'imagination lui valut plus dune fois ,d éviter les verges. Ii charmait tellement par ses contes Henri de Bourbon ; enfant un beu mièvre, et maladif,. que celui-ci intervenait le plus . souvent quand le.pédagoguè aurait voulu sévir Pendant une" fièvre tierce du jeune prince, Tristan, inten- ; dant de ses. plaisirs, lui acheta fort cher une véritable ménagerie ; cailles dressées au combat, coqs et poules . de Barbarie, smges, petits ours privés. Il gaénait lâdessus quelque pistole < qui, avoue-t-il ingénuement, ne couchpit pas souvent avecinoi ». Mal lui en prit f e r ce ^afiG vun jour où il avait perdu l'argent destiné a lâchât dune linotte savante et substitué à celle-cî un moineau des plus ignares, il fut convaincu de ce crime et sévèrement fouetté; Dès lors, il renonça pour toujours a cette manière incorrecte de subvenu: à ses besdms de jeu. Mais il demeurait indocile et fantasque et se plaisait singulièrement dans la compagnie des comédiens et de leur poète ordinaire, qui suivaient son maître. Il était batailleur à l'extrême. Une première fois, û avait blessé grièvement un cuisinier qui lui avait joué un mauvais tour; un autre jour, il tua presque un garde qui l'avait heurté dans un couloir ^V?" de Peur, s'enfuit de Fontainebleau a Rouen'
«^^? a ^ ^- or ? tteLte ans - A R ouén, il rencontra une^ sorte, d alchimiste , s'en, enthousiasma; et passa
, fo.^Sleterre sur la promesse, que l'autre lui fit de f ^er Jrejomare et qu'il rie tînt jamais. Seul à Londres 11 avait .pris logement chez un marchand. Là il eut une première aventure amoureuse qu'A narre, sans en être trop fier, mais avec beaucoup de verve burlesque La femme de son hôte s'éprit de lui, et fin soir que son man et. elle étaient confortablement ivres aie voulut quasi assaillir le vertueux jeune homme : Ji Ma ^acchante comme transportée de le ne: scay quelle tureur me mit les deux mains dans les cheueux et
(1) Gamineries.
m'approchant la teste de son visage me fit un hocquet au nez qui tie me fut point agréable* Je xia'efforçay de m'en dépestrer; mais elle me tenoit si fort qu'il ne fùst pas possible et là-dessus il luy prit un certain mal de coeur qui déshonora toute ma teste ; tout le vîn qu'elle auoit beû lui sortit tout à coup -de la bouche et j'eus les cheveux tout trempés de cet ■ orage*- > ■■ ..
Pour éviter le retour d'incidents aussi contraires à la saine morale, Tristan abandonna bientôt ce couple d'ivrognes et. pendant plusieurs mois vécut dans un rêve enchanté. Il devint professeur de français auprès d'une jeune fille de haute lignée; non point cuistre adolescent, maïs plutôt élégant page qui se souvenait d'être gentilhomme, prince en exil servant une reine belle comme celle des contes féeriques. Et ce fut bien en effet une féerie dans lé décor, dans leur chair et dans , leur âme. Les deux enfants s'aimèrent avec toutes sortes de grâces et la passion aussi s'en mêla. Le joli page disait avec tant de tendresse l'histoire de Psyché que nulle -personne un peu sensible n'y aurait pu résister. Il ne se savait point encore aimé que déjà on voulait lui faire comprendre combien il était aimable; et par mille détours subtils, pour ne point froisser sa fierté, la jeune fille, qui le désirait vêtir ainsi qu'un vrai prince, lui donnait dé riches étoffes , des bijoux, des boîtes de IjLque parfumées d'essence rare. Elle lui fit accepter une bague sans qu'il la pût refuser, tarit elle y apporta d'astuce charmante : « En tirant son gâhd, elle laissa tomber la bague à terre en un temps où il n-y auoit que moi auprès d'elle, et lorsque ie l'eus ramassée et que ie lui pensai présenter, elle me dit que cet anneau ne pouvoit estre en meilleures mains et qu'elle voùloit que ie lézardasse pour l'amour d'elle; > Ils quittèrent alors Londres pour la campagne, pendant l'été; et cette première maîtresse, ffcd. fut une exquise et merveilleuse créature, inventa pour leurs baisers un retrait d'esthètes avant William Morris et Oscar Wilde- Elle fit porter son lit dans une grotte assez spacieuse, ombragée par de grands arbres; contre la roche, des tapisseries étaient suspendues où couraient en guirlande les myrthes et les roses ; des personnages taillés dans la pierre répandaient pérpé- : tuellemènt l'eau des sources en de larges coquilles de marbre; et cachés aux regards de tous, même dé la suivante complice, les deux amants voyaient frisson-
ner les arbres et trembler la silhouette des collines A travers la chantante nappe d'eau oui le, JZz5£ a
monde Ils. vivaient ains^^e^ueUefeU»
dissimulaient jalousement et tZ^JZZ qu .
s'approcher de .*£%&£JE?ÏÏ? «ns^Ss
1 eau au Visage; et c'estoit pour emuêcW ™J . « confidente ne s'apperceust pal ^e TéVsse nS ? Las I renchantemént fut court, et pour échabS?!^ vengeances de la famille Tristan .W * v-* • ^ n'ayant pas le ? roit «Téïre £££&££ ■ TOn> »
x p» puis revint en Angleterre et oresaue àn««îtA+
reprit saroàKi Co^Ta '»^St Xr P ™ 'S""»"-, avaftjlors pins ^ cent an 5; ^ï£ é 'p^kinlnS
'.;■■ O/destinieinuIeuxduWenderUmTew!
M aUneZrVOlIS point détrnit inn./-rt m -; „ i . •■ "■
VLes neuf div4« ^ffi^d^ « ^ nd ^^
'Y'./ -• ■ •., ' "■'. • {La Zyre.) ■ ■
: Auparavant, il avait cédé à ses instinct* ** <**,„ bondage et avait quitté Scrfw.1» ri , l™. *? de vaga-
d'Emmanuel EhfflSPdSSfr JLfiÏÏ */ 6 ?*"^ personnage çonsidé5ble?quîfS' cŒL^f' négociations en Italie. C&it .2 ^ftt^nSï
■ 3 m. . MERCVRE T?E FRANCE
et le grave ambassadeur se .divertissait, sans aucune pruderie.. La dame de Villars étaitplus sévère et pêm« un. peu acariâtre; elle avait pour favori un nàiri italien fort méchant^, qui fut. le héros de diverses aventures . qù Tristan put concevoir assez bien -ridée du burlesque. Le nain, appelé Anselme 1 , était l'ennemi particulier d'un coq dinde, qui ne laissait, point passer son adversaire dans la basse-cour sans le maltraiter et le larder ". de coups.de bec. Pour en.- finir, An selme 3 . après un duel au couteau, tua la pauvre bête, et eu marmon-r narit : « Ah ! traditore, sapeua bcn che saray àmmav£- . iqto », l'entraîna dans sa chambre et s'ëii régala. « Jl en avait usé comme les Topihambous.etles Mârgalats, qui font bonne chère de leurs ennemis. » De pareils drames excitaient le rire du marquis de. Villars : mais sa plus grande joie était de voir représenter des farces' , \ où Tristan mettait à profit Straparôlë, Pogge et Bouchetj ses lectures d'alors. Quand, dans La Farce de V accouchée,, un jardinier, râblé et velu, sortait de dessous les jupes d'un page jouant le rôle de la femme en couches, le bon seigneur s'esclaffait à entendre dire par. les assistants émerveillés : < Voylà un fort beau garçon ; il" -a desia du poil au. derrière. > Ces plaisanteries nesont point très fines ; mais, outre qu'elles valent .mieux que les grivoiseries d'un Marot, eftes aident à comprendre le théâtre comique du dîx-sèptième siècle, j'entends celui qui n'est pas classique, celui de Tristan et de Scarron.par exemple.
Le page disgracié; passa ensuite au service de Henri de Lorraine, duc de Mayenne, frère utérin de Çhilberfc des Prés. Sur ces entrefaites, Louis XIII vint a Bordeaux ; un gentilhomme reconnut Tristaii, qui avait adressé des vers au roi, et le poète, reprenant son nom et ses qualités, fut mis à la suite de Gaston, Le roman s'arrête eu 162 1, avec la vie errante du sire de Soliers. L'auteur avait promis de poursuivre cette biographie, qu'il ne termina jamais, «levais, dit-il en finissant, vous rendre raison du dégoust que f ay . pour toutes les profession^ du monde, et ce qui m'a fait prendre en haine beaucoup de diverses societez. » .
Dès lors, les renseignements précis sur son existence font presque entièrement défaut; Il fut jusqu'en 1646 gentilhomme de Gaston, qui le négligea fort. Tristan, essayait en vain d'attirèT sur lui rattentiôu de sou maître et d'en obtenir quelque secours :
AOUT 189a jsj
Grand homme, on Terra ton histoire
Pariny le recueil, de aœ& vers ;
Ils 'font résonner de ta gloire
Les quatre coins de l'Univers;
Mais quojyla France est es tonnée .
Que dune âme grande et bien née, "
Ma ly'te ne xecome rien ; .
A quelque bas prix qu'on la mette
Possible méritay-ie bien
Les apoîntements d*un trompette.
. .{Epigranune insérée dans les Mutes.
illustres^ de François. Colletet.)
>. Il "but tontes les amertumes du poète courtisan, pour .-\ quoi il n'était pas né : il natfait aucune inclination au ; maqtierellagë; office ordinaire de cette espèce de gens, . et né pouvait être '*/'■'"..'•.'■<;*
Flatteur. j espion jai traître, : Ni débiteur de poulets, . ■ .-,."'■ {Vers héroïques.}
Avec cela, il était malade; Laphthisie dont îl mourut après seize, ans dé fièvrej.de toux et de consomption, l'avait atteint des.iô^v ainsi -qu'il dit dans la préface dç sa Panthéë. En 1646; il entra . dans la maison dfc : Henri de Guise , dnc de Lorraine, qui parait avoir ^té pour lui un maître plus libéral. En même temps , le comte dé Saîn^Àignan^ <.. la gloire des Mécènes > selon Çolletet le fils, ^intéressait à lui. Il est probable . aussi :que fes familiers de Thôtel de Rambouillet le tinrent en considération : Mohsieur de Chàudebônne, Madame de Sayntot, Madame de LonguevïUe, la -duchesse d'Aiguiflon^ Condé^ Marie -Louise de Gon* zague, reine dé Pologne, en un mot la plupart des correspondants de Voiture sont de ceuià qui il dédie le plus volqjatîers ses vers* Parmi les gens de lettres, il fréquenta Scarron , et surtout Saint- Amant et Faret , que. Saint- Evremont lui donne pour., interlocuteurs dans la comédie des A cadémistes* Sa réputation était grande ; - celle d'un dramaturge . presque illustre, aux tragédies de qui La Calprenède inventait une suites La. Mort des gn/ants éTHérodc (1639), et qnî avait publié plusieurs pièces .: La Mariamne^ PanthJè : (ip^g), La Folie du Sage, La Mort Je Sènèque^ La Mort de Crispe (1.645), '& ^ un ^P n poète lyrique, auteur de Nombreux livrets épars et de trois recueils importants : Lés Amours (163B;, La Lyre (1641), Les Vers héroïques (1648^ Mais il était néanmoins plu-.
3 *4 MERCYRE DE FRANCE
tôt misérable, et quand il fut choisi, en 1.648. comme successeur de Monsieur de Gomby âTAcadémié, il put dire mélancoliquement a ses collègues, dans son compliment très bref : « le vous, remercie donc très humblement, Messieurs... Et vous proteste que ie me trouve aujourd'hui vengé par lès propres mains de la Vertu de tous les mauvais traitements, de la Fortune,. (1).* Il mourut « pùlmônîque > en 1655, à l ? hôtel de Guise, soigne par Quinault, qu*il instruisait à la poésie, comme Sçé vole de Sainte. Marthe T avait instruit luimême. Ses dernières années avaient été assombries encore" par la perte d'une' femme qu'il aimait beaucoup et d'un fils également très cher. Cependant, il avait/ jusqu'à la fin fidèle aux lettres, publié encore Le Parasite (comédie, .1654), Osman (tragédie, 1655), et Les Heures dédiées à la Sainte- Vierge (1653) . Malgré le dé- . bit de ces livres, c'était la pauvreté de Job, à croire les Mena, glana : < M* Quinault était valet de M. Tristan. M. de Montausier disoit qu'en mourant il lui âvoit laissé son esprit de poète; qu'il aurait bien voulu lui laisser aussi son manteau, mais qu'il n'en avoit point (2). > Il est douteux s'il possédait même où se faire enterrer : le duc de Guise y pourvut.
Mai? de cette existence tourmentée et hasardeuse, c'est à peine si l'œuvré écrite, sauf Le. Page disgracie^ permet de deviner toutes lés. angoisses et toutes les humiliations secrètes. A peine quelques épigrammes, quelques passages dMpîtres familières /liyfent-ïls le mystère de ces douleurs honteuses ; et une seule fois peut-être, dans les stances, sur La Servitude v la rancœur et le dégoût transparaissent :
Irois-je voir en barbe grise
/ Tous -.ceux, qu'il fa uo ri se ; Epier leur réveil et troubler leur repas ? Irois-je m'abaîssër en mille et mille sortes
Et mettre le siège à vingt portes Pour arracher du pain qu'on ne me tendroit pas?
".■'■'..'■' (Vers héroïques.)
(i) Recueil des harangués prononcées par Messieurs de V Académie française dans Jeur s réceptions, et eh* d'autres occasions différentes depuis Peslaèlisseméntde F Académie Jusqu'à présent. Paris, 1692.
(a> Cf.. pour la seconde partie dé la vie de Tristan : Pellissôu, Histoire dé V Académie françoise. — D'Olivet, Histoire de V Académie françoise. — Les frères Parfàict, Histoire générale dû Théâtre français. — L'abbé Goujet, Bibliothèque . françoise. — Bâyle, Dictionnaire Historique,
C'est qu'il fut vraiment un poète oui dW»lm,j. pleurer et d'apitoyer sur soi-mêm? et quatdT ^
sans se plaindre l'inévitable loi : ' a *? oe P u
£s S Lâm^" DeSti r ; ^.«mmence i sentir ^esvicoiçmoditer qne la vieîUesse apporte. . - ■
D un pied set et tremblant Vient frapper à nu porte Ainsi ^qnele soleil sur la.fin de son conw Paroit nlûtost tomber que d—- * -
unie a passé lei
rapide il passe „„ ,,uw C xaona Il faut éteindre en nbiis tous frivoles désirs. H faut nous détacher des^ terrestres plais/™ Ou^ducretion notre appétit nous plonge.
Sortons de ces erreurs par un sa«: Conseil • Et cessans; d'embrasser ïès imagefd'un songé Pensons a nous coucher pour le dernier sommeil.
■"■■•. (Vers héroïques.)'
«nil.se défende d'aimer les pointes dans ta pr£e £ ■'■''■Sti?*^ «serait le précurseur de Marivaux bu S '
. . Je trouuedans ce bain mille pointes de fer,
« c .e qur fut nagnereun cief pour Rosélie
Des que j y suis entré n'est plus rien qu'un enfer
(Les Amours.) " '. •'
'iJËfO.** 1 à peine ''"^icniëf tant l'imagination esf jolie, et on ne saurait non plus lui tenir «S Vin JS
M W* bie 5 P ermis d ' a PPWcHer dé sa couche . - aeux ? u d «? T <"s voudraient mettre la bouche.
Et ce ne sont pas seulement des élégancesde jeu^
nesse : Tristan demeurera semblable à ïui-même jus- . qu'en ses livres d'édification, et il pourra bien louer sainte Geneviève avec autant d'afféterie qu'Elise ou bien Astréc. * ■
Votre enfance sage et modeste
^.Donnoit ioye à lai cour céleste
Des deuoirs que vous lui reridiez, Et. prenoist si peu de licence Que les moutons que vous gardiez .
Auoieut beaucoup moins d'innocence
{Heures de la Sainte-Vierge^]
Mais il lui arrivera en cherchant l'inattendu et le surprenant de rencontrer la beauté, et il n'est le second de personne quand, par la force de l'image et l'arrangement des mots, il fait surgir dans le sonnet de La Pelle Gueuse, une admirable apparition de lumière ,ct de splendeur juvénile ;
O qiie d'à pas en ce visage Plein de jeuriésseët de beauté, Qui semblent trahir son langage .
Et démentir sa pauufeté l
Ce rare honneur des Orphelines- • Couuert de ces mauuais habits, Nous dé cou ùré des perles fines ♦
Dans une boëstede rubis.
Ses . yeux sont des . saphirs q.ur brillent Et ses. cheu eux qui s'éparpillent . :
Font ; montré d'un riche trésor ; '"
A quoi bon sa triste Tëqu este, .
Si pour faire pleuùbir de l*or Elïe n*a qu'à, baisser la teste.
{Vers Itéroïgucs.) ■
Les sots s'aviseront qu'il n y a en tout cela rien de ce qu'ils nomment âme ou sentiment; il est vrai qu'il suffit d'aimer, ainsi qu'ils. jargonnent^ pour composes des poèmes sans, pareils. Tristan, je pense, n'aurait eu curé dé leur opinion, lui qui- écrivait d'un officier - qui se crut poète, parce qu'il était amoureux : « Pos- . sible auoit-il ouy dire qu'Amour est un Màïstre en toutes sciences qui fait même voler les plus pesants animaux : *\JLe Page disgracié). Mais comme, .malgré l'abus qu'on a fait de ces mots dépuis quelque temps, ils ne 'correspondent pas nécessairement à la niaiserie èlégiaqufe, l'exemple, à mon gré, est excellent pour montrer . que rien n'empêche, en principe, un poète d'avoir du cœur pourvu qu'il continue à être un poète
V^-V"- •'•'. "AOUT 189a •' yrj
et ne deViehnfe pas un simple imbécile, parlant on ne sait quel idiome barbare et fangeux. Personne ne lui refuserait une âme toute frémissante de tendresse. u'eûï-il trouvé que ee touchant adieu d Eurydice à
Orphée ; ,..-;.-.■ ■■■
■. Tu n'aurôis point failly, si j'estais moins aimée.
Mais en outre, comme Théophile, comme Saint-Amant ■: quelquefois, il sut, bien avant Eamartine et Hugo^ intéresser le mpnde extérieur à la mélancolie des hommes et le. bruissement des feuilles, Téclat du ciel, la voix dés èàux se mêlent dans ses vers- ^ùx plaintes et aux désirs des âmes en peine. L'illustre Pasteur vient répéter aux arbres son amour dédaigné ; il rie sait pour quel crime il est puni; lui qui n'a violé jamais * lliorreur sacrée et vénérable* des forêts, ni profané Téau pure des. sources : ; .■
Ai-ie troublé vos eaux avec l'eau de mes larmes Et percé de mes cris votre Bois innocent ?.
Tout cependant lui est hostHe et l'ombre même lui
refuse lé sommeil;, ■■:*-.■ . •-
. Ne dbis-ïe plus gouster après cette aùantiire \\ - : '.\ ;" j \" Ny la douceur 'des jours- ny. le repos des niiyte;? -C:}- ',-
' h » ** . ** ^* <. "* \ , ■' " ■ " ■ , * ft *
/Le chef-d'œuvre, petit- être, c^^ Z^ J^rvOT^^Vv^V 4es deux amansi il ne serait pas impossible que Tris^ ' .'; ; tan sV fût souvenu de ses rares amburi d'Angleterre/ -■' * et là Clymèné ^u'il; âccoitipagrie vers lé; lac saléricieuk ** et tranquille ii^èst. autre sans doute que sa petite
: maîixésse d'autrefois : ''■■/.
; . ... L'ombr.e dé .cette fleûryiarmëiUë •• ■* ; . * * ";\ .- Et celle* de ces joncs pendans Paroissent être là-dedans Lès songes, de l'eau qui sommeillé, ' ; ; *
Croy moii, conseil, chère Climène; . . * - . ' Pour laisser amver te sonv .
■ le te prie , allons, nous asseoir Sur le .bord dé cette fontaine. •
le tremble en voyant ton visage Flotter avecque mes désirs. ...
"■*■■'■'■ (Lts Amwuts,]
On n T a pas mieux exprimé, ni pardes analogies plus saisissantes* la fragilité de toute joie. Comprendre ainsi la nature, n'est-ce point reconnaître son propre
L&ïi
J*B MERGVKE DE FRANCE
rêve, transposé dans les êtres vivants et fraternels ?
Le sentiment du pittoresque n'est plus alors le signe d une âme vaine, maïs d'une noble sympathie qui recherche éperdûemênt â travers le monde, comme une Isis en larmes, les éléments de la beauté. Il y a de la passion en lui, quand Tristan parle de La Mer; il 1 a contemplée à toutes les heures du jour, il en a saisi le mystère, la force et la douceur, il Ta aimée, à marée basse : :
L'eau qui s'est durant son reflus.
Insensiblement éuadée^
Aux .lieux quelle ne couùre plus
A laissé la, vase ridée.
C'est comme un grand champ labouré :
Nos soldats d'un pas assuré .
Y marchent sans courir fortune ;
Et s'auançant bien loin du bord
S'en vont jusqu'au lict de Neptune
Considérer le dieu qui dort.
' Il a admiré les jeux variés de la lumière et de 1 ombre: . ; ,
Souuent de la pointe, où ie suis, - /
Lorsque la lumière décline,;
l'aperçois dés iours et des nuits'
En même endroit dé là mariné.
C'est lorsquVnfermé de brouillard
Cet astre lance des regards
Dans un nùagè épais et sombre
Qjii réfléchissahs à costé, .
Nous font voir des montagnes d'ombre
Avec des sources de clarté,
. H a entendu aussi hurler les tempêtes nocturnes et imaginé l'effroi du pilote entraîné vers la mort par les chevaux farouches du vent :
Il se perd dans f obscurité
Et si quelque foible clarté ■ ,. v
Lui paroist parmy les ténèbres, :
. . Dans le ciel tout tendu de deuil ^ Il croit voir des flambeaux funèbres
Allumés dessus son cercûeiL
( Vtrs héroïque s.)
L image de la mort riè lui est point étrangère : il se la représente parfpis avec l'horreur chrétienne du Moyen Age, et cette méditation sur le Mémento homo rappelle, aji milieu du dix-septième siècle, la Grimaçante et terrible peinture de François Villon -
■'-.. ■•■::'•■■■■■ : " ' : ; -.:-. ■•■-■•• AOUT. 189a. ' .'• «.
Sounien-toy de rneure •dernière
Et de l'horreur du monument
Où ta dépouille prisonnière
Ne *era plus rien que poussière
"B aura plus de sentiment. ■ > " '
Là ce corps qui si difficile Demandoit tant de mets diuera, . Descharné, relant (1), immobile, N est rien qu'une charogne vile Qui repaist et loge les vers.
(Heurts de la Vierge.)
Jusqu'ici, contrairement aux promesses formelles ae la biographie, Tnstan ne se montre guère comme un poète burlesque. Il eut cependant 7 le rire lyrique. désordonné et grandiose, si différent de lWrït â si supérieur à l'esprit. Mais ce rire éclate peu dansleé ÏÏS? ^ ffient ï &es î non qu'U en soit tout â fait
irïïï&ï f que le proùVe cette vé ^mente apostrophe A une gouvernante importun* ;
". Vieux singe an visage froncé .
De ^qui touff les pages se rient, .
.Et dont le seul nom prononcé Fait taire les enfants qui crient!
Tes membres saisis dW frisson Tremblent iïe>la même façon .
Que font les: feuiUes en automne ;
lu ne fais plus rien que cracher ■ : -
Et toute la terre ,.s*étonne *
P e te voir encore marcher.
(Les Amours.)
• Le morceau certes ne manque point de saveur. Mais c est surtout au théâtre que' la verve de Tristan *e £°™* carrière. Dans ù Parasite; les périmées teaditionnels; du Glouton et du Matamore se déménSt fantliS^r't^ 60 un « «rtraordinaire ampleur de S*f -'Jl intn S«e est presque nulle ; maïs quelle n est point, la grandeur bouffonne de ce FriMsln^es qui xemerait son maître pour une côtelette ou\m verte de vin, et qui se fait gloire dé savoracité ° uimverre p I ïe crov que ma feim n'eus! Jamais de pareille ' le sens dans mes boyaux plus de deux milions ' De chiens, de chats, de rats, de loups et de lions. ; -Uju présentent leurs dents, qnileurs griffes estendent JÇtgrondans à toute heure à manger me demandent*
(i) C'esUe substantif relent pris adjectivement
3V> MKRCVRE DÉ FRANCH
l'ay beau dcd;m*. ce gouffre en ta «net iouir et ; nuit, Pour auto unir irifi faun ie trauaïlie m»* Irait, Un grntd ï;irrcrt de veau nageant sur un potage, Un gigot de mouton, tin cochon.de haï ige, Une langue de ' -boeuf, deux ou trois *aucf**»ns T . Diin* ce creux entornac, «ouflez, ao'nt de* chansons. Un flacon -d'un grand>in plein ;d%in rubi* Kquidc, Si iont qu'il e*t pai*é lai?*c ma langue. aride; Je Ja tire.au delior*, le poïmon tout r»rcs*é Coin nie te-, rhk-rm courant aprén qu'ils ont chassé.
Cela {{ronde, m: gonfle, aboie. Kt qùeln poignant*.; reeret* quand H faut ; 'ne "àiîparfcr de la bonne cW:r« :
Adieu, bœuf de poitrine et cimier agréable, Adieu beau mouton gra* an gouflt si délectable, ' * r Adieu, cochon» rostts, adieu chapon* barde*, Adieu petit* dindon* tant bardez que larde*;. Adieu i*;urcaux, perdrix et pigeonneaux en pastc^ DonL u» diable incarné, un veut plu* que je tastc ; Adieu tarte à lu crème,- adieu pouilain sucré i Puissiez- vou^ 'étrangler ceux qui m'en ont sevré. ' .
Le Capitan nVst pas moïn** admirable que Fripe- *auees; il veut bien >e battra < à coup» de bombe *, maïs la moindre trique lui fait peur. Toujours ne * 1 en vïi-t-il qu T aprrH.k'à plus truculente» rodûinfluitade.H. Quand on lui refuse lu main du Jjuciudc, il prétend mettre Je fetf :t la maison et s'écrit ;
rirïiî ' *oii*i ce** .déhei* pour. les soufler au vent, . Le s c e n d res il 1 A I e i do r i ron t e n Ta r ta r ie , ht celles *le M ;i ni lie iront en Barbarie : Les cendre» 'de Jjicinde aux rive* du Mogor lit celle* de Lysandre au royaume d'Onor,
ç.KÏiCKWr {vaUi du CajtitattJ Celle* de Fripcsaucc ?