‹ Mercure de France, tome 5Chapitre 91 sur 109 · LK GAP1TA · texte numérisé non relu

LK GAP1TA

lîn la MngcUaniqae,

CÀJCAJtKT

£t celle» de Pbénice ? .

!-»■ CAJMTAM

A la cote d'Afrique,

CASÇAKJ&T

Du chien ?

xw CAVÏTAW

Ver* le détroit nommé BehelroandcU

CASCAKXT

El les cendres du chat?

-Ul CAPlTAlsf '

S'en iront au bordel,

CA5CABKT,

C'est pour, faire a Pari» un merveilleux esclandre ; Mille fils de putains naïstroient de cette cendre;

j; imaginât ion de Tri*tan e*t capable ccpendaot de fantaituc* moins triviale* et plu» relevée» ; UtHtfi* comédie £* /Wfc </« Sa/r* en' témoigne. En une Swr» daigne auii»i chimérique que UIk>h*in* de Shakespeare, le toi » amourache dune ntijette, fille don

.. ~- ^——^^ rend <ttuiet

fou. Dann «a déraifton, le vieil Àri»tc e*t phtutemé que jamaj»; il parle avec une éloquence bizarre, eeàibaroque scmi-Hublirae, au médecin quile vient vfariter:

. —"*-* Qui ic *oU r i* m'en rai* te r»ppr«tidr», Un auiet mcruciijeax fa*t d'un âme et don corp*, Un pourceau par dedan» un »ingc par dehom :

Un chefnt œuvre de terré,- un miracle vi»ibk, Ln animal parlant raisonnable et rittMo, Un. petit Un lue r« en qui le* i^monu . ■ Apportent mille mau* et mille changements ; Une helJc, «aperhe et frcite architecture Oui doyt «on ordonnance aux main* Je la Nature, Où de* *>* tenant place et de pierre et de bof» Formcntjcft fondement*, le fente', et le paroi» ; Un mixte compote de lumière et de fange Ou t'attachent »ani fin le Masme et la foéange, Un vatoeau pUïn iT**prJt» et plain de motiaernenU Kenc^tu de tenoVjn« r de nerft, de ligament^ De cùfr, de chair, de «ang, de tnouejfè et de %r*i**e Qui *e mine à toute heure et *e attrait «m* ce**e, Qfr lime *e retire et fait »e» fonction», - S imprime le» ve,rtu» ou trompe aux pa»»ion*, ,

A qui tomuotsr* le» »en* *** mc**ager» volage* De* ohjet» reconnu* ra portent Ici Image», !

- Mais, seigneur,,, . -

'" .■" . Un jouet Je la mort et dn temp»

Du froid, -de ïa chaleur, du foudre et de» autan» Et *ur qui la Fortune ettaMit «on empire, Tândt* -qu'il petit *oufler jusqu'à ce qu'il expire.

Le* mêmes pcr&mne$ qui ne vantent de respecter 1** vawJeviile^ orgueil de notre littérature, pourraient

den

tière, (t) de *; faire briller *a Virtuonité ». Triatan fut cependant un dramaturge original et pâmant, même au Bçn*» restreint où Ion emploie onKoaircnient ce mot. Dans La Mariamne, il avait voulu presque hégti-

(i) Cf. V. Btw^èt^Cm$f/r^n d* fOUm*.

33a : MERCVRE DE FRANCE

(jer le détail et ne faire impression que par la vigueur des caractères et l'intensité tragique de la crise ou se débattent Mariamne et Hérode. Lès deux personnages principaux, l'épouse contrainte au lit de celui qui a été le bourreau de ses parents et le roi sanglant, jaloux et tendre, qui la fait mourir pour la pleurer, ont pendant trois quarts de siècle,, jusquen 1704, émerveillé le peuple de France, par leur noblesse et leur folie. Ils valaient les Rodrigue et les Chimène, qui eurent un meilleur destin, et aucune femme de Corneille ne fut plus superbe que Mariamne- repoussant les caresses de Vènnemi héréditaire :

Si mon corps est captif , mon âme ne Test pas: lelaisse la contrainte aux se ruiles personnes, - le sors de trop d'ayeuls qui portoient des couronnes Pour auoir la pensée et le front différents .. Et devenir esclave en faueùr des tyrans. :; Qu'Herode m'importune pu d'amour ou de haîne^

On: me verra touiours yiure et mourir en Reinfe,

Et par moments le frénétique Hérode se laissé aller à des faiblesses que Jean Racine eût rendues célèbres- Il croit que Mariamne excite à le tuer, mais il est désarmé même contre la perfidie la plus noire :

Et sa bouche pourtant auec un seul baiser . . ^ Quand elle auroittout dit pôurroit tout apaiser,

Pyrrhus ne parlerait .pas autrement; et Phèdre doit beaucoup à Fauste de . La Mort de Crispe^ « innocente et coupable >, autant que Camille aux imprécations d'Hérôdë contre les Juifs (1) . ■

Il y avait plus en Tristan qu'un précurseur de la tragédie classique : Là Mort de Sènèque, ou il adapte au théâtre le quinzième livre des Annales de Tacite, n'est pas inférieur aux drames historiques de Shakespeare: le Néron hagard qui interroge les conjurés lui-même, en présence de ses affranchis et de Poppéfe, Epicharis arrogante et virile, Sabine Poppée acharnée et affolée, oublient, pour devenir les fauves que recèle toute chair humaine, les convenances de la tragédie: \

; Epichajus. .

Elle (la terre) peut sans horreur porter Epicharis,. Puisqu'elle porte bien la femme aux trois maris.

(1) M. Brunetiërë a indiqué rapidement quelques-uns des emprunts faits à Tristan' par Corneille et Racine.

AOUT 189a

"" ■'♦ * SA.TMMB-

Ta langue pour ce mot sera bien to»t couppée.

.*■■'- Epichakis.

Que deuroit-on coupper à Sabine Poppée?

La réplique^ brutale et popùlacière, eût écorchéles lèvres des poètes qui vinrent par la suite : mais nulle périphrase nom plus n'aurait mieux signifié le caprice de ventre qui ruait Néron vers Poppée.

; Ainsi le sire de Soliers saisit impérieusement, comme Hugo et comme Orphée, toute la lyre. Mais il ne chantait point « à l'usage de tout le monde ». Et il avertissait le lecteur que, < s'il y a ici de mauvais vers, ils ne sont pas toutefois de la luridîctiôn des esprits vulgaires ». Il tut- puni vivant par la misère; et mort par le mépris, d'une aussi insupportable témérité ; on rinjuria par delà la tombe pour avoir

Ê roclamé la suprématie du Verbe, et seul, par un asard inouï, M. de Là Mesnardière, qui lui succéda à FAeadémie, trouva, sans avoir prononcé son nom, l'unique louange qui pût flatter sa mémoire : «\Les lauriers et autres arbres qui jouissent comme eux d'une verdure perpétuelle sont infructueux et stériles, et les livrées qu'ils portent de l'Immortalité sont là noble raison qui les privé de la fécondité des autres plantes-»

■■-, -■'■'.- : : Pierre Qjjuxard.

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