livre est un falsificateur qui vend un produit fraur
duleux sous une étiquette au&êutîque,
Kîen de plus juste qu'on profite de l'engouement dû public pour une œuvre; rien- de plus ..mal* honnête qu'on profite de son engpuémentpourun :
nom. ■ ■ ..'■.-' ■■/. '
Il n'y a pas de faillites, en littérature : il ny,â que des banqueroutes. ■-.*■■
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LE SECRET DE M.;RENAN (i)
Il y a dans l'homme déchu deux tendances, dont Tune s'appelle superstition et l'autre incrédulité. En général, la superstition s'attache aux faits pris en eux-mêmes, indépendamment de la vérité ; l'incrédulité s'attache aux conceptions abstraites, indépendamment de la réalité. La superstition s'attache aux faits, sans leur demander de signifier quelque chose; l'incrédulité s'attache aux rêves de son esprit, sans leur demander aucune réalisation. L'une se contente d'un corps sans - âme, ' l'autre d'une âme sans corps. Ces deux illusions se. ressemblent beaucoup plus qu'elles n'en ont l'air, elles se touchent comme le premier et le d.ernier degré du cercle.
L'erreur aime à se déguiser. Il est rare qu'elle donne sa formule. Elle se retranche habituellement derrière des remparts de phrases. Elle se promène, elle circule, elle fuit, elle échappe. Elle vise à être une ombre, et, craignant qu'on ne la saisisse, évite de prendre corps et surtout de dire son nom. La superstition ne dit pas:
(i) «8 Octobre 1892,
« Mon cher Vallette, - . .
« Je vous avais promis le commence nient de mon Exégèse des Lieux communs^, et je suis très affligé de ne pouvoir aujourd'hui tenir ma parole, car je suis un homme exact , et très fier de cette vertu que mes seuls 1 amis connaissent*
« Vous n'aurez donc pas de ma copie^ cette fois, mais, par grand bonheur, j'ai beaucoup mieux a vous offrir, .
ce Voici un ancien article, assez court,' d'Ernest Hello, le grand Méconnu, sur le Dieu des lâches qu'on vient d'enterrer, ayec équité, comme une vieille vache pourrie, - « Cet article, publié par la Revue du Monde Catholique , le xo novembre 1863, me paraît une chose forte et certainement curieuse à reproduire au lendemain des oraisons funèbres de ce Judas... Macchabée.
« Il ne fut reproduit, je crois, dans aucun des livres du pauvre grand homme — livres profondément ignorés, d'ailleurs, — et je crois être sur que le Mercure de France ne sera pas éternellement déshonoré par cette insertion.
« Veuillez agréer, etc, ■ - r ■
NOVEMBRE i8oa : . 2<il
Je né m'attache qu'à l'acte œtfirî M*- »+ ,-- :
delà vérité intime -««neur et je me moque
donner ta formufe de i£ /WnSi t : na ° Tlei " de
line netteté qàirSSe A â?!»^""?? " "T?
dirait que, lalsê î d>è^?r^,« , complaisance. On
ftTRenan '*n*r2?î ^' est r ^ re « oùs ^ P^me dé cette Patolei^^P 1016 ,, 4 ^ éette Parole > Parce que
SO vSS ï ^^dulité avait Se essence C ■*"?*
. science de meVnel ^ ' - rt - cette science est la scèncTl^rpâ 1 f^. si X^d qu'il lui. faut une.
et si misérable ^ &ÏS^£& D 4 t fiFH Sï e ^ névénement inteUectùel^?pi une Son?
î3S!SÎ5Sa^^^ la V? I= *
Voici a S^!;?? 1 -^, donner; des formules, son St? occas ">a M. Renan vient de trahir
• IL écrit de Djnan, â M . Berthelot : ''.
■2£ea&?XÏ£î- «**«*- Autrefois, au ^Iml deïré ifSînf <:,1î — S ™ e P^o^ent au plus haut aegre. a Saint-Sulp.ce, j'en fus détourné par la phuo-
fr^^^M M ■■ I ■ I II » ! ■■!■■ lll I I I I M I !■ Il ■ -^ M «fc^— ^— l lll —hi fc| M „
logie et l'histoire. Mais chaque fois que je cause avec vous, avec Claude Bernard, je regrette de n'avoir qu'une vi^, et je me demande si, en m'attachànt à là science historique de l'humanité, j^ai pris la meilleure part. ». ■
H # Renan quitte un instant la période historique, et revenant à ses plus anciennes idées il interroge la nature avant l'homme sur les destinées de la planète i Terre, Par là, il nous permet d^entrêvoir quelle eût été la direction de ses études s'il eût préféré les sciences de la nature aux sciences historiques^
« Ne pensez-vous pas,, dit-il, que si la morphologie zoologique était étudiée avec plus de philosophie ,. avec l'œil pénétrant d'un Geoffroy Saint-Silaire, d'un Goethe, d'un : Cuvier ; ne pensez-vous pas, dis-je, qu'elle livrerait le secret de la formation lente de l'humanité, de ce phénomène étrange en vertu duquel une espèce animale prit sur les autres une supériorité décisive ? »
Donc, si M, Renan, au lieu de. choisir les sciences historiques, eût choisi les sciences de la nature, s*ïl eût pris ce qu'il semble appeler la meilleure part; alors, au lieu d'écrire la vie de Jésus, comme il Fâ fait, il eût cherché le secret de ce phénomène étrange en vertu duquel une espèce animale prit sur les autres ■. une supériorité décisive. Hélas ! ce n'eût pas été là la .meilleure part, ni même une meilleure part, car c'eût été la même part: il eût fait la même œuvre, dans . une autre occasion, •
Ce phénomène, par lequel une espèce. animale prit sur les autres une supériorité définitive, est en effet bien étrange ! Et cependant je ne veux pas rire; car . il s'agit de là destinée des âmes ; et d'ailleurs, l'article de M. Renan atteste, de sa part, une souffrance intérieure. Que cette souffrance soit connue ou inconnue de lui-même, (elle existe, je l'affirme»
Mais voici quelque chose de bien singulier. Cette croyance à un phénomène étrange, qui serait ia construction iente de l'humanité et la supériorité ainsi acquise par une espèce animale sur les autres, cette hypothèse qui échappe par sa nature à la discussion et qui indigne la conscience de l'homme, cette hypothèse contre laquelle se lève notre âme, comniè un cri, cette hypothèse ne ressemble-t-elle pas à une .sorte dé superstition scientifique, offrant avec là superstition religieuse de gravés analogies? M* Renan aurait-il
T^ai^tî ay,™* *Î2 11 declare dépourvu de tonte
d£r ^ «^serait une réalité dépourvue 36 "
poS S^S!^ fcaétf ^ SS data <^^; ^es^uK^rS:
frvW? SW**^** K mythologie, comparées nous font amsr remonter, . dit-il, bien^aù-delà -deffeSS historiques e t presque, àni origines de la conscKn^ Stoéfag : ^ re ^logique ^^SSe^ ltolo<S rSt^f-A n ® nt ^ entre l'histoire et la .
de la paléontologie, delà zoologie etde FanSpS logie comparées. Peut-être mêml une" certaine archëolog^etrouyera-t-elleiGidës applications.^ - .
„ n "ï"™»**. la morphologie zooloeiauè sur îaquelle M. Renan, placé, son eîpérancefSsï d£ q ^ doit nous raconter la formationlente.de l'humanité^et nons livrer le secret du phénomène étrange^rîrta
î$£ggi£Bt5 sur les ^~-^?^S- .
En effet, ce secret. est sï caché que cène serait m 5 '
tiiolope, la philologie, la paléontologie, la zoolcS lantiu-opologie rarchéologie; la morphologfe ?**& iesmterjrogeràlafoïs- . - "^ fle
Car. la supériorité que nous 'avons prise sur le*
vapenontéJectsive. Ce dernier mot jette l'esprit daiis des hypothèses singulières et dani des peSëSl
Pati^S, ^ W****. Par. exexnpFe^o^nl parler que d elle,, ne serait-elle pas dramatique si elle
sasîssîssf «^^^^
l'animal qui prendra le nom d'homme asservirait pour un moment le chien et le cheval, et subirait ensuite à son tour leur joug, jusqu'à ce qu'il eût acquis sur eux une supériorité décisive ? Lecteur de ces combats terribles, ne trembleriez-vous pas quand la morphologie vous raconterait, dans son langage, les événements qui vous ont fait homme, et les batailles dont Tissue décida que ce serait le cheval qui vous traînerait et non pas vous qui traîneriez le cheval? Si par. malheur, dans ces moments redoutables, les choses avaient autrement tourné, si quelqu'autre espèce animale avait pris sur la nôtre une supériorité décisive, c'en était fait, au moins pour nous, de la philologie, de la mythologie, de la géologie, delà paléontologie, de la zoologie,de l'archéologie, et surtout de la morphologie. ■ ' : "
Je n'insiste, pas davantage. J'ose a peine rire; le récit de Moïse est là, avec sa. simplicité et sa profondeur ; les enfants rapprennent sans étonnement: les hommes et les anges plongent leurs regards dans ses abîmes- Le récit de Moïse est là, et devant lui les papillons noirs s'envolent comme les rêves d'un malade au lever du soleil.
Toute erreur est fondée sur une, vérité dont on abuse. M, Renan cherche à découvrir le développement delà vie sur la terre. Or Moïse, lui, raconte l'action de la main créatrice. La terré a vu les animaux avant de voir l'homme ; elle a vu l'homme avant de s'épanouir, le septième jour, dans la hauteur sublime, avant d'assister au repos de Dieu.
La tentative que fait M. Renan pour regarder la création avant l'homme et sans Moïse le conduit au bord de l'éternité, et là, en face de l'abîme, il fait cette déclaration que j'ai citée d'abord,, à cause de sou importance : « Ne nions pas qu'il n'y ait des sciences de l'éternel; mais mettons-les bien nettement hors de toute réalité. > *
Cette parole, qui ne semble pas, au premier coup d'oeil, se rapporter directement à la morphologie dont je viens dé parler, se rapporte à elle très directement, sinon par une connaissance logique, au moins par une relation spirituelle, par un de ces accords discordants qui sont, dans le domaine du faux, ce qu'est l'harmonie mystérieuse dans le domaine du vrai. ' \
* La morphologie qui considère l'homme comme
'T *^«t«uiu™ ouDiie,cians l'étude des faits, l'idée ordonnance qU les dirige. Elle oublie ïés ty^es S
S 1? 8 I * ?S : E1 e confond ^s différentes provinces îépïre ■° n ' " a : pexc ^ mt P aè le trait de feu qui les
La métaphysique qui accompagné cette morpholo-
S£ W r ? ssem ^ e en ; <?e sens qu'elle essaie d'accomput ia menifl sf»Y\ara-i-ini-i • ca.-.Ia.w.,....*. ~ii. ?. j *+^ ■
sa science la réalité
comme tout à 1. heure la morphologie vient de refuser auz réalités la loi vraie de leur*création. La mor- : pnologie de 1 auteur vient de chasser le vrai du réel • sa métaphysique chasse le réel du vrai. ?
™âï nS ) S i^ v pnt vers deux abîmes, aux deux extré- - SÎ S ,i* tjT 3 ?**- * anS es P° ir dese rencontrer, les mvïibË ? science > le monde visible «* le monde ■■;
L'erreur fractionne toutes choses; Elle contient toujours des fragments de vérité, mais ces fragments sont des lambeaux ; tantôt elle étudie les faits et elle a raison,, mais elle oublie les idées, et la science des 2: •!•' avan t P erd « son arôme, «e corrompt : tantôt elîe Î^Tlk Ie f ^és et elle a rais6n, mais elle oublie leur réalité, et la science des idées, ayant perdura substance, s'évanouit. ......
. TeUe est l'unité de l'article que j'ai sous les yeux, cette unité est latente ; niais il peut être utile de l'apercevoir. L'unité est si nécessaire à tout que, pour examiner plusieurs erreurs comme pour examiner plusieurs vérités,, il faut saisir le point par lequel elles se .tiennent. A, là hauteur où nous devons nous placer dans 1 oubli absolu de toute question personnelle les noms des hommes sont pour nous ce que sont' les signes en algèbre. Notre but est de saisir les caractères de la lumière, les caractères de l'obscurité, et de nous ■ orienter dans la question du vrai, afin de reconnaître- les quatre points cardinaux, même quand nous jetons les yeux sur la carte de l'erreur. ■
L erreur, disais je, fractionne toutes choses, et nous laisse le som de coordonner les débris. La vérité est immense. Elle embrasse tout et s'étend au-delà des : grandeurs qu'elle Contient. Saint Paul ne voulait savoir que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié, mais
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par là il savait toutes choses ; là où est le corps s'assembleront les aigles. Saint Paul montre la croix aux nations comme le centre où lenrs désirs épars ■ se réuniront et s'assouviront. Les juifs s'attachent aux faits ; ils veulent des miracles': qu'ils viennent et qu'ils regardent ! Les Grecs s'attachent . aux idées et deman- . dent la;'sagesse : qu'ils viennent et qu*ils regardent £" La croix est assez grande., pour embrasser toutes choses : .la source qui coule est assez profonde pour. étancher les soifs de tout genre. Les* mots virtus et sapientia couvrent et découvrent à la fois des prcn- ■fondeurs que nul regard n'a sondées. Or, la sagesse cachée de Dieu, . c'est Jésus-Christ, et la vertu de Dieu manifestée, c'est encore Jésus-Christ* ■ € Judaei signa petunt;* graeci sapientiam quëeruirL ' Nos Christum prsedicamus crucifixunx, Judaeis quîdiem scandaium, gentibus ' autem stultitianx, ipsïs autem jucUeis vocatis atque grsecis, Christum Dei vtrtutem * et Dei sapientiam. »
La grandeur fausse se complaît en elle-même ;. elle dédaigne, elle repousse, elle est froide et guindée. La grandeur vraie' a- les bras ouverts,, et quelquefois sou immensité disparaît/ aus: yeux du- vulgaire, sous sa simplicité. ■
La snrandeur fausse est raide, comme si elle craignait de perdre quelque- chose de sa taille»
L'autre n'a pas besoin de précautions ; elle se penche vers nous parce qu'elle est la grandeur.
N'oublions pas la parole' de M. Renan,: elle est le, secret de Terreur actuelle, qui veut bien affirmer,: à condition de mettre ce qu'elle affirme en dehors de "la réalité.' . - ' ' ~ . '
Or, l'idéal sans réalité est une débauche d'imagi-
nation,-
. Ernest Heixo.