‹ Mercure de France, tome 6Chapitre 106 sur 125 · C.;JMki · texte numérisé non relu

C.;JMki

JOURNAUX ET REVUES

Sous ce titre '1 Les Dieux mJcianfs, notre collaborateur Kemyne Gourmoht a publié an Jown al (8 octobre ^article

les lignes suivantes t • ^ uus

lï^vfî^li^f? 11 ^ ^rrvains de sa génération et de sa'foi W ' * r ?:£ lbe - ^"^ était JP^t-ètre i le mîehx. doué, celui ^r, Kr a ^ lf i e £?* ^ «*»*<** marchait le plus v*£ S.^?!?^ 6 da S*** ^ dé la. réputation. C'était un cri-

"St^S? £ lcom P arable > ^ SCnl ^' en ces tem P s derniers,:

On^v - U ■ n<raveau en **. é e =« qui semb&it stérilisé

." n . s , a 2 : q aei1 ce moment une école de peinture se développe

^Lttr"? 16 ' qn S ""P*"* avec ^ Plis récente tradition cherche à renouveler l'art par un retour à la simplicité de

moyens et aussi par le vouloir d'exprimer, par la couleur ou . . par la ligne, non pas seulement la beauté ou la vérité des ' choses, mais- aussi les idées et les symboles qui dorment dans les choses . £e mouvement concorde avec le mouvement analogue que Ton a signalé dans la littérature et qui se peut exprimer d'un mot; Tantïnaturalisme. Il ne s'agit plus de copier la vie telle quelle ou selon de vains arrangements mélodramatiques, ni de. raconter, ni de transcrire, par n'importe quel procédé, des anecdotes, même monumentales, même suivies en plusieurs tomes ou en plusieurs rectangles de toile peinte ; il faut que l'œuvre s'élève jusqu'à la signification, qu'elle dise un -peu d'éternel, quelle proclame un idéal humain de tous les temps et de tous les pays. Au rier était le théoricien de ces tendances nouvelles, et. sa critique était sûre. En un mot, il faisait autorité, et, même avec. une publicité insuffisante, il créa des réputations .qui furent aussitôt ra- ■ tifiées. Les artistes de la génération montante, les « Indépen- , dants » et quelques autres groupes, font, en lui, une perte qu'il n'est pas. excessif de qualifier d'irréparable ■; on pourra continuer la critique synthétique qu'il avait inaugurée, mais lui seul savait ce qu'il y fallait dire, et nul ne le remplacera, »

Parmi les trop nombreux articles que les journaux, déversèrent sur le défunt Renan, trois ont été surtout remarqués, trois articles fort dur, celui de Paul Adam dans le Journal, celui de Léon Bloy dans le Gil Hlas, celui d'Eugène Tavernier (écrivain peu connu, mais qu'on dirait de famille d ? Hello) * daus TUnivers: .

Du premier: «La Vie de Jésus, emporta l'assentiment du monde, parce que ce livre permit aux gens de vilipender Dieu sans bassesse. Avant lui, l'irréligion appartenait auJbrùtaL Après lut, elle s'acclimata dans les intelligences parées de finesse... Grâce à ses soins littéraires, Jésus offusqua moins de sa supériorité divine les députés et les. chefs de bureau.... M. Renan a mis -l'absolu au niveau des électeurs; »

Appréciation de Tcnnyson, ' le poète anglais qui vient de mourir, par M. Stéphane Mallarmé (Echo de Paris) :

« Nous sommes souverainement injustes pour Terinyson ; l'homme que vient de perdre l'Angleterre était une grande s figure littéraire. Si les comparaisons n'avaient toujours quelque chose d'absurde, puisqu'elles ne sont jamais tout à fait exactes, je vous dirais que Tcnnyson est un artiste du vers, aussi délicat que François Coppée, aussi habile ouvrier que Leconte de Lisle. Du premier, il aie charme dans la description des choses intimes et discrètes ;. du second, il possède le lyrisme large, brillant et majestueux,

» Les premières poésies de Tehnyson affectaient une certaine grâce mièvre, une monotonie suave dont on se fatigua, bientôt: il y avait trop de bleu, trop de sentimentalité vague et précieuse dans les vers du poète; et Vest évidemment ce premier caractère de son talent qui a faussé l'opinion littéraire chez nous. Mais il suffit.de lire les œuvres admirables qui

suivent pour se convaincre que l'Angleterre avait en lui un brillant et original poète. ,

v Tennyson était une nature ardente, éprise d'un art tout à la fois nielancoliqùe et violent, calme et impétueux; tour à tour deheat et sensible, -passionné et hautain, il avait desstrophes haut cs en couleur, ou d'une tristesse pénétrante. Sa lyre possédait; des cordes où frémissait le lyrisme le plus échcvêle, ou murmuraient les plaintes des amoureuses id viles

» ; Les deux plus belles œuvresdece poète, sont, à mon avis, celles qui portent pour titre In memortam. etMaud; c'est là quil a nus toute son urne,; pleurant ici, avec une tendresse exquise, un beau jeune homme ami, fauché parla mort, chantant la-le cycle merveilleux des chevaleries anciennes. J'ai dit tout a 1 heure que Tennyson rappellait Coppéc et Leconte de Msle: il serait peut-être plus exact de le comparer, dans ses grands poèmes historiques, â Puvïs de Chavannes : chez le poète comme chez le peintre, c'est la même simplicité majestueuse,. le même colons harmonieusement épars.Lc poeme de Maud égale en. beauté sereine les fresques ou Panthéon.

» Pour vous donner une idée à peu prés complète de la poésie dé Tennyson, il me faudrait vous mettre sous les yeux des extraits de chacune de ses œuvres. La chose serait difficile, car j aurais Tcmbarràs du. choix. Laissez-moi cependant vous lire cette page que j'ai autrefois traduite, et qui vous montrera un cote du génie de ce poète... ».

Ici, M. Mallarmé cite Marïana^ le poème de Tennyson qu'il traduisit et qui fut publié, dans le Mercure de France eniuin 1890 (n° 6) ; J

« v ,.Tennyson était le poète -de la cour* d'Angleterre depuis plus de quarante ans; il avait succédé à Wordsworth dans ces fonctions honorifiques auxquelles sont attachés dVssez maigres honoraires. A ce titre, il était.teuu de célébrer les grands événements heureux ou malhaureux du pa n : mariage illustre,, victoire éclatante et deuil crucL 11 est jusle de dire que les plus belles inspirations du poète ne jaillirent pas de. cette source officielle,

» Pour vous prouver combien étaient prisées îa-bas les œuvres de Tennyson, je ne vous citerai qu'un fait: un éditeur anglais, -enthousiasmé, par le génie du maître, lui acheta un poème au prix d'une guinée le vers — soit 26 fr. a*.

» Quel sera le successeur de Tennyson à la cour d'Angleterre ? il serait difficile dès à présent dé le dire, La reine Victoria ne voudra certainement pas. de Swinburne, qu'elle trouve trop socialiste et voluptueux, et je né serais pas surpris que le choix du gouvernemeni se portât sur William Morris ou Robert Buçhanam. :

» Mais, quelque soit le poète appelé à succéder à l'illustre '. mort^ 1 Angleterre ne tardera pas à s'apercevoir qu'avec Tennyson quelque chose, de grand et de glorieux s'en est allé. »

M» Anatole France a donné dans le Temps. une fort intéressante étude sur VEÎvtre de Lamartine, en réalité. Julie Charles, la femme du .célèbre physicien. Si; comme il est

.probable, l'auteur réunit ces pages en un petit volume, nous aurons sans doute' l'occasion <Ten paxier plus longuement. C'est un fort boa chapitre d'histoire; littéraire.

La Revue des Deux-Mondes du t°* octobre contient un très curieux article de M. Alfred Binet sur T Audition colorée. \-oici en quoi consiste ce phénomène : à l T artditiou où à la lecture {qui est une p se udo- audition), certains sujets éprouvent la sen?aiionde couleur, sensation mentale, toute psychologique, hormis quelques exceptions maladives où cela devient faiblement hall ucmato ire; Ainsi, au prononcé du mot Anémie ^ telle personne percevra du noir, M jaune, au 'blanc; pour elle ce mot est bariolé en : trois couleurs. An .reste, nulles règles en cette .question-; toutes les auditions colorées" sont nettement personnelles.

Statistique de M. Jules Millet : . ■ .

A noir, E jaune, ï blanc^ O rouge ± U verf.

Statistique de M.. E. Clsparède :-'.'.

A noir^ E bleu, ï rouge, O jaune, UverL Notation de Rimbaud :

A noir 7 E bhrnc< I rouçe, U -vert* O bien .. Notation de .M.'Ghiï: ■ ■■ -

A noir, E blanc, I bien, O range, U jaune. .

L A noir est, il est vrai, unanime en ces exemples; M. Binet ne le fait pas remarquer, non parce que cela gêne sa théorie, mais parce que, le nombre de s:', couleurs étant limité, presque autant que celui des lettres, il faut, bien qu'il y ait rencontre, le nombre des- auditeur s-?oyaiite étant, lui, illimité, bailleurs, en d autres exemples, VA est tantôt rouge, tantôt jaune, tantôt blanc, etc. 9 . .

Il est doue puéril de vouloir tirer une théorie esthétique d anomalies toutes personnelles; c'est pourquoi M . Binet critique la tentative de P.-N.Roinard en- son Cantique des Cantiques, et je lui donne raison, n'étant pas atteint -de -cette précieuse maladie. Et même la plupart des spectateurs, doués . de I audition colorée, devaient sa trouver en contradiction avec, lui et cruellement souffrir. — Cependant M. Binet a omis de. commenter l'expression populaire et comprise de

>r 7, t u " x * * V 1 UA uu puriaii; ae rouge éclatant s se mit a dire : Cela doit être quelque chose comme un son de clairon^ A part cas deux lacune* — qui ne sont pas de peu dlmpor- ' tance en 1 espèce — l'étude de M. Binet est intéressante et bien documentée,

.W.Georges Brandîmbourg a entrepris, pour le Courrier Français, d interviewer les directeurs des revues de littérature et d'art sur le passé, la physionomie, la marche eUe but de leurs publications. Six .articles déjà ont paru : MM. Léon - Deschamps, Henri Hainel, Emile Strauss, Alfred Vallettë" ■ Bernard Lazare, Léon Vanier.

C'est" dans le numéro. du « octobre qne -M. Brandimbourg

Novembre xS9* .579

relate, sa conversation avec nr>tre rédacteur, en chef, qui déclara. entre- autres, choses r

<c .... Aujourd'hui, on . peut sans doute, iriférer de l'ensemble du: recueil des tendances plutôt idéalistes, mais à aucuns époque la rédaction, ne fut. esthétiquement homogène. Les formules d'art, les idées et les opinions les . plus opposées sjy rencontrent*. L'imputation d'être un. « cénacle », qu'entreautres; bourdea on nous décocha, n'en, est que plus drôle •.„.., L'uni que but des fondateurs du Mercure de France était donc ; de créer une publication -sérieuse,.- durable, où dire font ce qulLLs voulaient,, dans la forme, qui leur convenait, sans se soucier le moins du monde de plaire ou.de. déplaire au public, au risque. mênïeVde ne. point trouver ^de public. Ils "en; ont un. maintenant et qui grossit tous les jours, preuve manifesté que leurs idées y jugées si subversives par nos bons

. Prudhommes, correspondent tout de même à quelque chose dans le public.» » Après avoir exposé, la nécessité .pour nous d'avoir une. publication qui nous appartînt, les journaux ne, laissant jamais- la pleine liberté que nous réclamons, M. Alfred , Vàllette aj outé ; a , ~Nbns somme s., par ■ rapport* à e ux (les j ou rnalistes),.en morale, eu esthétique.^ en sociologie, d*e pou van-tables- révolutionnaires.. -. Le devoir de nos grands frères était -. ■ de nous étudier,, non de. nous répudier-.'. Ils' se plaignent de nousy je. crois ; ils oublient qu'ils ont manqué de bienveil-

; lance. Et .pour s'épargner de nous comprendre, ils affectent p.aur nous, bien, que nous Jes- préoccupions cependant, une in-. différence dédaigneuse^ et ils nous tiennent aux yeux de leur

. jnihlinen: une perpétuelle, minorité par ,lâ .qualification ridi- .cnle de: « jeunes », c'est-à-dire dés gens qui en .sont à l'âgé où Von jette sa gourme et où ce qu'on écrit est sans importance.. ;„ Mais jamais le Mercure de France — qui n'est \. certes pas rédigé par.; des vieux '— ne- fut une « revue de jeunes » au sens actuel de cette sottise*, ».

- An commencement d'octobre a paru le premier numéro des Blatter fur die Kunst (Feuilles pour l'Art), Berlin, 9,

• ' Lothringerstrasse. Malgré l'analogie du. titre, ce .recueil n'a aucune "communauté de doctrine avec les ■ Ecrits pour V Art ^ publiés ici pai*M. René Ghil et où les ^préoccupations sociologiques dominent maintenant; Le brefayértiss^ment de .la rédaction au lecteur déclare au contraire que la Revue demeurera dans le domaine de l'Art pur.,. « de l'Art pour l'Art ». Pour le moment, la partie critique sera éliminée . « Nous croyons profitable de. ne pas débuter par des. théories, mais avec des oeuvres qui .manifesteront notre . volonté et d^où plus tard on pourra déduire des règles. » Cependant on étudiera dans la Revue, d'une. manière raisonnée, les tendances nouvelles de la littérature, en Allemagne et à l'étranger, en - se gardant, des mors sonores (symbolisme, décadent! smcj etc.)

. qui « troublent les idées ». Ce fascicule contient des poèmes de Stefan jGeôrge, extraits- du Pèlerinage. d?.Alga$aI ; la technique eh . est irréprochable et L'inspiration violemment

■étrangère aux habitudes allemandes ; M. Stefan George, -qui traduisit Baudelaire, s"y montre fervent de l'artificiel et ennemi de la nature- En outre, un fragment de drame de M. Hugo von Hofmannsthal, des lieder de Paul Gérârdy, transposés en allemand par Fauteur même des Chansons naïves, une Légende de M. Edmund Lorra,. dés vers' de M. Cari Rouge, C'est là, en sommé, une tentative d'art fort intéressante* et consciencieuse, à qui vont toutes nos sympathies et tous nos souhaits*

Dans Die Zukixaft (L'Avenir), la. nouvelle revue mensuelle de M. Maximilien* Harden (i er octobre), M*. Olaîîànsson communique une lettre de M. Auguste Strindberg, que celuici adressa en réponse a une invitation réitérée dé venir passer quelque temps à Berlin: La voici:

« Cher Ola Hansson, . .

., ■? J- essentiel serait de. pouvoir partir d'ici.... récemment j'ai été saisi deux fois ici ; j'ai des dettes, je ne puis pas m'en aller sans être poursuivi par les journaux. L'automne est là* J'habite encore à la campagne et ne puis la quitter. .

» J'ai terminé six pièces de théâtre, dont deux grandes, comme le « Père » et « Mademoiselle Julie », qu'il serait possible de représenter sans craindre des poursuites pour outrage aux mœurs :— à l'étranger, bien entendu. En Suède, il y a l'obstacle de l'impénitence pour tout ce que fait Auguste- Strindberg.

». Si j'étais avec mes pièces à Berlin, elles seraient sauvées pour le théâtre: du moins pourrais-je les publier en un volume de théâtre inédit

» Mais comment sortir de cet enfer? Si j'avais deux cents marks d'argent de voyage, je décamperais.

» Pour pouvoir vivre, j'ai peint et vendu des tableaux ! à des prix dérisoires, s'entend.

» Je so;ige à devenir photographe pour sauver mon talent d'écrivain. '.-'".

» Vois -tu un moyen de me libérer d'ici pour sauver ma vie psychique?

x i On rit ici de ma misère, et j y aurais mis un terme définitif si je n'avais mes enfants. '*

» Amicalement, > Auguste Strindberg.

» Dalaroe, 13 septembre 1892 . »

M. Ola Hansson ajoute: « Dalaroe est une station de pêche dans le district de Stockholm ♦ Tôt il fait froid et rude, là-haut. -

» Je transcris ici cette lettre . in extenso pour que l'univers

. sache comment le plus grand génie suédois vivant est sur des

roses après quinze ans de production littéraire infatigable et

incessante, comment la Suède sait estimer son plus grand

fils, comment elle s'estime elle-même en lui.

» Je sais qu'à ces lignes des cris de paon retentiront du pays

de l'industrie dtt fer — mais -j'ai des faits et des expériences que je ne manquerai pas de lui opposer..,.- »

Arracher Strindberg à « l'étroitesse des conditions suédoises » où « le'piétisme et l'émancipation des' femmes » se partagent Topinioa publique, tel avait été lte désir dé M. Hans-

stagnation à la-

sou. Il avait vu faiblir la prodigieuse fécondité de Strindberg et voulait l'arracher à la « meurtrière stagnati quelle il avait lui-même, échappé ». . '

j'apprends qu'à Berlin des personnes s'intéressant à TArt ont subvenu aux premiers besoins du maître écrivain suédois»

Freie Biihné ( septembre) publie les résultats de la sottscrîption Max Stirner-

M. John Henri Mâcïcay, occupé depuis plusieurs années à rassembler les matériaux pour une biographie de t Stirner, parvint à découvrir l'endroit OU; celui-ci fut enseveli, afnsï que son dernier domicile. Afin dé conserver la mémoire du prodigieux . individualiste auquel nous devons le Livre libérateur, dont rendit compte M. Randal au dernier numéro dés Entretiens^ M . Maclcay,, Tauteur de « Anarchistes » , prit l*initiative d'une souscription, close il y a quelques mois. Grâce surtout au vif intérêt que M. Hans yon Bùlow, le célèbre musicien, accorda, à l'entreprise, les sommes nécessaires ont été réunies promptement.

Une plaque a été fixéeà la maison Philippstrasse 19, Berlin N.W. ÉÙe porte en lettres : d'or T inscription suivante î « En cette maison vécut ses derniers jours Max Stîrner (D r Caspar Schmidt, 1306-1856)^ le créateur de Tceuvré immortelle « Tunique et sa propriété », 1845. » ..

La tombe du philosophe, surmontée d*uri monument de

franit, porte en grosses . lettres ces simples mots : MAX T1RNER. Cest la 53» tombe dans la neuvième rangée de la douzième section du II cimetière Sophieugemèinde . Aux fervents du . maître d'honorer sa mémoire par' de pieux pèleri-

nages.

Le Nouvel Echo, abandonnant le format revue, devient (i èt octobre) un élégant journal in-4* illustré de 16 pages. Au sommaire, les noms de Georges CouTtelinë, Jacques Madeleine, Emile- Strauss, Alcanter de Brahm, etc. .

Nouveaux confrères : I/Art Littéraire (Réd . en chef : Xouis formel, 3, rue du Four.— In-4 de 4 cages). Des Èfotes de François Çoulon « A propos dé la vérité dans le drame symbolique », et des Paysages d'Ame (proses) de louis Lormel. — L'Avenir Artistique (Dir; : Albert Clairoùinj^o, rue Blanche. .— In-4 de 8 pages sous couverture)! . ■ -/

f£S= . MERCVRE DE FRANCE

CHOSES D'ART

Presque entièrement rédigée par Albert Aurier, cette rubrique avait acquis une certaine importance : on" y trouvait des renseignements que nulle autre revue, même spéciale, n'aurait donnas.- Nous ferons' de . notre mieux pour qu'elle conserve son intérêt de « petite gazette » de VArt nouveau. Il y avait, entre Aurier et- moi, une mutuelle confiance qui .nous permettait de signer ici in dififerem menti 1 un pour l'autre, selon l'occasion , mais en toutes- questions d'art son avis prévalait ; il prévaudra encore : son esthétique reste la nôtre* .

On annonce pour la un .du mois le renouvellement de l'exposition de la galerie' Le Barc de Boutteville.

Un nouveau Lucas de Leydà, un Bcce Homo, peint sur bois, vient d'être trouvé à Lindau.

le. Musée céramique- de Sèvres vient de s'enrichir dé plusieurs pièces curieuses; entre autres : d'anciennne's faïences; porcelaines ou poteries de Marseille, .de Chantilly, du Staffordshire, de Siam; ces derniers échantillons t qui datent du xnx c siècle, indiquent un art arrivé à sa perfection : il y a une tête de Bouddha en grès très caractéristique '. Notons encore quatorze carreaux vernissés du xv e siècle /provenant de l'ancienne abbaye des ' Prémontrés de Brâisne-sur-Yesle ,. et représentant en rbuge sur engobe jaune une chasse seigneuriale, chasseurs, valets, chien, un cerf, sonneurs.de trompé-, joueurs de tambour et de flûte, coureurs agrémentés- de grelots, baladins, fou, etc. Donc, aussi intéressant pour l'histoire des mœurs .que pour l'histoire ;dcs procédés céramiques." ■■'■'. ' ■ '

ÉCHOS DIVERS ET COMMUNICATIONS

G.-AlbeTt Aurier.

Si un souvenû-j plus tard, peut mêler quelque douceur à ■ l'inconsolable chagrin de ses proches,- ce sera celui des affections et des sympathies que laisse notre ami Albert Anricr. De cela témoignent- la foule d'écrivains et d-artistes qui vinrent à la gare d'Orléans, le jeudi -6. octobre, .pour un suprême adieu,- et le nombre des amis d'enfance et de' col- . lêge qui, à Chat eau roux^ raccompagnèrent jusqu'au- caveau de famille où maintenant iï reposé. : -.';"'.-

■A '.-la gare d'Orléans, des cou rônne$. prit été 1 déposées, par- ■

NOVEMBRE tSç*

sfy

MM. Paul Vogler — Tami avec qui Aurier fit a Marseille ce voyage au retour duquel il s'alita — Retpy de Gourmont, Le Bàrc de.Boùtteville, puis par Un gratifie d'amis,, les Essais d'Art Libre , la rédaction du Mercure de France % etc. , Parmi les personnes, présentes, nous avons reconnu MÎT. Edouard Bubus, Remy de Gourmont, julien Leclercq, Jules Renard, -Albert Sâmain, ■ Pierre Quîllârd, Jean Court, Louis Denise, Charles Merki, Alfred Talïette, Mme Rachilde, P. N. Roinard, Gabriel Rândon, Henry de Groux, Paul Vogler, Vogler père, Ibels, Le Barc dé Boutteville* Georges Darien, Edmond Girard, "Mme B.de Courrier e r André Oken ski,. Henri Darien, Théodore Chèze, -le comte Antoine de La Rochefoucauld, Foumon, Angrand, Roger Marx, Jules Huret, Maccel Collière, M. et Mme Léon Deschamps, Mlle Camée, Léon Maillard, Yvanhoé Rainfcosson, Léon Riotor, Jules Méry, Léon. Dorez, Alfred Mortier, Charles^Renry et Paul- Armand * Hirsch, Alejandro Sâwa, Tardi eu t Etienne Decrept, Ch.:Garnierj Emile Devàulx, Louis Kolf, Thézard, Lucien Hubert, Mahut, Arthème Salmon, Mor eau,- Louis Hugues, Gaston Lesaulx, Forichon, Gùillemain, Déguéret, Duchemin, M. et

! M mc Chernovis, M. et. M™v Hautecœur,. MM rac , s de -Vaux, • Jacques dé Vaux, Andhré et Paul .Bouché, Vacher j Gustave -Moulinet, fiichard, Georges et Maurice Pînault, Crespin, .

■ *" Gouxin, Clapon,Tissier, Babou T J. des; Gâchons, Lefebvre. Nous avons reçu de- nombreuses lettres attristées', dont

• plusieurs de personnes qui ne connaissaient notre, aini que par ses ' publications. Celles que nous insérons ci-dessous émanent d'amitiés plus particulières ^

. « Mon cher Valiette, ■■■'..

"« Pans le train "qui. marche, le Gil Bfas m'apprend Thôr-.

rible nouvelle delà mort de- notre doux, et cher Aurier. Je

ne connais. pas les siens, mais à vous,' notre rédacteur en

■ chef j je* tiens à. dire — car mon cœur a besoin de le dire à

: tous en le ; disant à vous /— que je. pleure amèrement l'ami

.perdu*.- ' .'-*■'■

: * " ■. « Sàot-Poûl-Roux. » - « Mon cher'amL

• Je vïens"^ par- un faire-part^ d'apprendre la mort, dé ce ' pauvre Aurïen ay ans ! Et tant de talent, et tant d'avenir ! ; Est-ce possible ? Mais comment est-il mort? De quoi ? Il 'paraissait si fortv si .plein de santé I . n-

■ »Je ne connais personne de sa. famille; Je ne connais ""guère que vous, de ses amis. C'est à vous, mon cher Gourmont, que je dis toute^ma tristesse.. Ici, dans ma- solitude,

• je me fais un monde idéal de jeunes amis. Je leur parle sou-

*. vent; ; ils sont , avec moi Un peu partout où .je- suis. Auriez . était de ceux-là. Et quoique je ne raie -entrevu, qû 1 une. fois, "dans l'ombxe d T un théâtre, il mutait devenu cher. >> Il n'y a donc que des deuils dans la vie I *> Je vôns embrasse tendrement; > ' ; ■■

'-',-■<•. * ■■■'■' :-'■• "-.-•': .■'.:!» Octave JMikbeau-. » *

ce Mon cher Leclercq, >t Aurier ! Vous disiez : Aurier, comme je dis : Carrière. » Vous devez avoir beaucoup de peine.

» Seulement à 7 heures, hier soir, on m'a remis la lettre, .Quel regret! . . -, .

» Je vous serre la main,

» Jean Dolent* »

« Cher Monsieur Vallette,

«Je n'ai pu me joindre à vous et aux vôtres au convoi de votre si précieux ami et collaborateur G.- Albert Aurier.

» Prévenu trop tard, j T ai eu la tristesse de ne pouvoir donner cette dernière, preuve de sympathie affectueuse à la belle intelligence que fut notre ami..

» Excusez-moi, cher, Monsieur, auprès de vos amis, et croyez que je prends grande part à vôtre chagrin, ayant conscience des belles qualités dont la mort, en prenant Albert Aurier, nous a privés.

» Croyez-moi de cœur. avec vous dans, une proforrde émotion.

» EUGENE CAUïtIEHE. »

« Georges Lecomte associe ses très vifs regrets à ceux que laisse à tous* ses amis du Mercure la mort de ce pauvre grand Aurier, et vous prie d'agréer, mon cher Monsieur Vallette, l'expression de ses sentimenb attristés et de sa sympathie bien dévouée. "-

*> Georges Lecomte, »

« Mon cher Vallette, <t J'apprends à ce moment la douloureuse nouvelle. Je regrette bien profondément de n'avoir pu me joindre aux amis qui ont dit un dernier adieu à celui qui venait de disparaître. Je n'étais pas prévenu. ,

» Mille regrets de votre tout sincerey

» Ch. Weest. »

Nous détachons du. Journal du Département de V Indre les lignes suivantes, qui relatent la cérémonie de l'enterrement à Château roux :

« Ce matin, de nombreux amis ont accompagné jusqu'à sa dernière. demeure la dépouille mortelle de M. Albert Aurier, dont nous avons annoncé la mort. prématurée.

. » Le char funèbre était orné de nombreuses couronnes offertes par VAssociatioit amicale des anciens élèves du lycée; la Rédaction du Mercure ^e France; l'es Essais d'Art \Libre ; les amis de Paris ; les amis de ÇkâUauroux, et par la fa-~ mille.

» Le deuil était conduit par M. et Mme Grammaire, et les cordons tenus par MM.. Alexis Joyaux, juge au tribunal civil deGuéret; Adolphe Landry, substitut à Espalion: Paul Môreau, avocat à Paris; Albert Tissier, professeur a la Faculté de droit de Dijon. - .

» Après la cérémonie religieuse, qui a eu lieu à Téglise Notre-Dame, l'inhumation a été faite dans un caveau de famille.

NOVEMBRE 189a 385

» Sur le bord'dë la tombe entr'ouverte, M. Albert Tissier a dit uni dernier adieu à celui qui fut toujours un bon camarade et un ami sincère. - ■ .- ; » Il s'est ainsi exprimer *

.;..'*' « Messieurs, ■

» Au nomade tous les amis. d'Albert Aurier, des compa- . » gnons de sa jeunesse, de ceux qui l'ont connu pendant ses » années d'études, de labeur, d'espérance, de confiance dans » l'avenir, je viens jeter sur cette tombe un dernier, un sim<- » plè adieu.: Pour un pareil deuil, si inattendu, si prématuré, » si cruel, on ne saurait parler de résignation, et je ne veux "» pas prononcer ici une seule parole de consolation vaine; » Ceux qui ont connu ce grand cœur, cette large générosité, * . » cette sereine bonté, ceux qui ont apprécié cet esprit si. dé- . » licat j si cultivé, si épris des belles choses de 'la littérature . » et de Fart, ceux-là. peuvent seuls savoir combien notre •>> deuil est grand, notre douleur profonde, Albert Aurier a- » vait fait à Paris ses études de droit ; il avait été reçu avocat ; >> mais une vocation née d'un enthousiasme sincère, et qui » bétonna aucun de ceux qui le connaissaient, . rëntraîna vers » destravaux exclusivement littéraires 'et artistiques* Pendant » plusieurs années, nous l'avons vu se préparer avec ardeur » à cette" carrière vers laquelle. ses goûts l'attiraient;, il avait r » été un des élèves distingués de l'école du Louvre ; quelques- ■» uns de ses premiers essais avaient été très remarques et » laissaient présager ce qu'il pourrait donner un jour. Ses » "critiques d'art notamment lui avaient valu des éloges auto- » risés et lui avaient déjà assigné un rang brillant dans la » presse parisienne. 11 est mort au moment où il allait re- » cueillir le fruit de ses premiers travaux, où il allait ache- » ver. des œuvres plus, mûries qui lui auraient attiré les » succès et lés récompenses que méritait son jeune talent, » Mais, et c'est ce que je tiens surtout à dire ici, s'il ne doit » rester de lui que le souvenir que nous conserverons, ce «souvenir, qui sera celui de l'ami au cœur excellent, plein » de douceur, de bonté, de dévouement, ce souvenir à lui seul V vaudra toutes les réputations et toutes les gloires. .

» Au nom de tous ses amis, je dis à Albert Aurier un der- » nier adieu* 1» ' ; : ■ ' :

la mort vient de priver M* Camille de Sainte-Croix d^une

qm

père .au commencement de ce mois. .

. , Nous adressons à nos deux amis Texprèssion de nos sympathies attristées. ,

- - Madame Marie Huot a donné, le 3 octobre,; en la salle dé la Société de Géographie (carte du Tendre, cette, fois-ci».). une bien curieuse" conférence sur le Malthusianisme. Sans vouloir discuter le* très louables intentions de la conférencière, car il- nous faudrait pour ce écrire un volume j. nous

nous bornerons à cette remarque, nullement ironique de notre part : répandre la doctrine de Malthus né suf&t pas lorsqu'on s'adresse au peuple et même i une certaine classe' de petits bourgeois naïfs, il faut avoir le, courage d'aller jusqu'à la démonstration. •

— Oui î elle a raison .. „ mais le moyen ! murmurait derrière nous une dame de bonne volonté.

Quand on a la bravoure de Mme Marie Huot, s'arrete-t-on en si helle, route? Ceci soit dit au seul sujet du fond. Quant à la forme, félicitons l'orateur, Mme • Huot n'étant pas .du tout la virago qu'on se- plaît à .nous dépeindre, flanqu.ee de dogues et 'de matous aussi .cruels que reconnaissants. C'est* au contraire, une encore fort jolie femme au geste ample et souple, légèrement nerveux quelquefois, au .. profil : Sarahbernardfèsgue 7 à la crinière léonine, à la voix sympathique, et pour la plus grande gloire non de Malthus, maïs bien- plutôt de l'éternel féminin, elle est encadrée par deux nommes d'allures très crânement charmantes : son mari et son fils." Rien d'exquis comme de voir, en ces temps de couardises générales, ce tout jeune Henri Huot placé, durant le discours de sa terrible maman, au milieu a une .centaine a7étudiants rendus fous furieux par un peu de logique brutale, et. leur tenant tête avec une chevalerie qui n'est certes plus en usage chez les fils de famille de- notre chère patrie! Après' la conférence de Mme Huot, divers compagnons, Tun orné d'un da'lhia a sa boutonrnère,se sont étendus, sur les joies de l'amour libre et les malheurs de l'impératrice d' Allemagne, qui fut

— casquette noblement posée en arrière. M. Victor Barrucand a dit des choses relativement raisonnables, que d'ailleurs personne n'a entendues. Un monsieur imberbe et pâle a réfuté le droit de sélection naturelle en offrant comme exemple Léon Cladel, qui se trouvait être le cadet méprisé d'une nombreuse famille et est cependant devenu un homme de lettres célèbre ( A ce sujet, quelqu'un lui a fait doucement remarquer que .le type de. 1 homme de lettres célèbre ne pouvait en aucun cas, être pris pour celui de la perfection masculine). Puis on s-'est séparé complètement aphone. Somme toute, bonne séance pour la cause. Encore quelques" coups de pouces rageurs dans la pulpe du fruit de l'arbre .maudit et nous certifions la complète pourriture ' nécessaire à son détachement de la branche. -

^ Le poète Charles Delacour.(plus connu dans le monde où Ton flohflonne sous le pseudonyme — combien Moscove. — àïTvanoff) débuta, non sans gloire, à l'Eden-CanceriL un vendredi du mois dernier.

Invoquée la Déesse par qui sont les cœurs asservis, madame Sainte-Ange (O. A. ^ et maîtresse du lieu ) s'ingénia, voici

quelques automnes, de manifester aux gens, sons une ru->

brique, je l'ose dire, portenteuse/.&ïFrAs classiques y les vieillotes sucreries.de Paul Henrion, de Nadaud^ et. de la petite . mère Loïsa Pugét, naïve prédécesseur du jeune homme îourneau. C'est en ce ■ musico sans précédent que les hommes.de ma génération' ont pu connaître quelle indifférence accostait le -patriarche Bélanger touchant les çëignoirs de sa maîtresse :

« j r âi su depuis qtri payait sa tetlette », lit par quelles gaillardises cette charogne ,non moins nationale que feu. Renan, bénissait le Dieu c[ui mène ses pareils aux iicmneurs sans fin, à l'admiration édeutée autant que subttile du jouvenceau Barres. :

'C'est là aussi "que trop rarement un. chanteur de tout premier oFdre, M* Francis Ville, fait ouïr les robustes idylles de .Pierre Dupont et. telles de ces vieilles chansons du terroir français otL se plaisait tant Gérard de Kerval. .Monsieur -Charles Deïaconr .donne à rEden-Concert la note ■.■.moderne avec, ses poèmes d'une rrùsanthçropie langoureuse qui iont rêver d'un Bruant attendri. Sa grâce personnelle, son art -de dire et la. parfaite harmonie de son costumé avec sa tète !de Christ préràphaelisant chez Liberty , ont produit sur le \ public quelque peu fruste du boulevard Sébastopol une impression we^ et les demoiselles de chemisiers y. présentes essaieront longuement .sur leur jorte-piano les songs : J*taimais .hien et Je -ne sais pourquoi..

■ . Tbilâ donc un exutoire neuf à lHnsatiable ambition despoètes. MM. de Técole romane, moins connus, nonobstant ■leurs efforts* que le suçon Géxaudel, pourront prendre exemple là-dessus et manifester coram populo ce trésor de " versions latines qu'ils élaborent opiniâtrement; Avec leur entente d.é la mise en scène, il n'est pas douteux qu'ils, sauront ^choisir pour leurs débuts les quartiers de Paris les plus ; congruents à leurs aptitudes;

Ainsi, le chevalier Maurice du Plessys est tout indiqué pour: « 'rénover » les beuglants de la rue de ï^andre, et Jean Moréas pour matagrâbolisèx- les consommateurs de la Nonvelle Athènes* Ernest Raynaud jouera du violon, ce pendant •que Raymond de ILa Taïïhède représentera, d'une insuffisance « chasse- ennui», le quatrième officier 2e Marlborbugh,

.IfJîcko de JRdris <& ^au lai pensée louable de créer, dans .son supplément >du samedi, la rubrique a.Xes Jeunes JKevues littéraires et artistiques *, îsous laquelle est donné, par des cita- tions nombreuses et des notes, comme un tableau synoptique des idées, manifestées dans leurs, xevues par les écrivains nouveaux. Cette rubrique a étç confiée à M, Alfred Vallette,. dont les. deux premiers articles ont paru dans les numéros des 16 et 33 octobre.

« Poètej Lamartine a -toujours amèrement regretté d'être marqué et comme stigmatisé de ce titre. Il le porta tout le temps de sa vie, et qui peut Fen blâmer? comme le plus désobligeant des sobriquets. » Cette extraordinaire flagornerie adressée en hommage à tons les mufles qui n'ont point le

s88 MERCVRE DE FRANCE

malheur d'être poètes n'est point signée, comme on le croirait, par quelque fétide pingouin de la chronique. Elle a été imaginée pour les lecteurs de La Lyre universelle, par M. E. Ledruin, d'ordinaire mieux avisé,

Enrik Ibsen met la dernière main à son nouveau drame. Des traités avec plusieurs éditeurs étrangers viennent d'être signés. Mais on ignore encore le contenu et les tendances de la pièce. La nouvelle, donnée par un journal viennois et repro- , duite par toute la presse, européenne, annonçant une pièce politique « à clef » est absolument fausse* Ibsen a l'habitude de garder un silence complet sur ses productions. A Munich, lorsqu'il travaillait àHedda Gabier, sa femme et son fils ignoraient entièrement quelle « nouvelle diablerie » il préparait.

« Bruxelles, 26 septembre 1892. .

x En vous remerciant, Monsieur, de me donner acte dans, le Mercure de France, page 190, du titre : Un Prophète^ pour mon prochain volume, permettez-moi de rectifier une erreur commise dans la rédaction de la note : je n'ai pu dire que « la donnée du livre est identique » à celles des oeuvres que préparent MM. Gabriel Randoh et Stuart. Merrill, n'ayant encore entendu parler que du titre de ces œuvres. Mon observation ne portait que sur ce point : des idées peut-être ana- ," logues .semblent préoccuper divers littérateurs; j'ai .simplement voulu éviter que le hasard fit surgir quelque livre du même titre, — car une fols le vrai titre d'un livre trouvé^ il n'y a que celui-là qui soit le bon, et en confraternité — littéraire — je préfère que ce soit" moi qui Taie.

. ■ » Raymond Nyst. »

Pour paraître prochainement :

Une belle Dame. passa, un livre de' vers d 1 Adolphe Retté (Vanier).

L'Ame Errante, un volume de vers de Georges Lorin„

v Groningue (Hollande), ocfc 3, , . » Monsieur [

»• On m'assure qu'un journal bien connu a émis le mois dernier des affiches ainsi rédigées :

« VEcho de Paris est le s<?«/ journal qui publie des. chxo-* niques d'Albert Dubrujeaud. »

» Je suis un grand amateur de curiosités, et comme je n*ïgnore pas absolument la littérature française .contemporaine, il m'a semblé que cette .affiche serait la perle de ma collection. » Si vous pouvez me la procurer, je vous en serai très reconnaissant. Le prix, si élevé qu'il soit, ne m'arrêtera pas.

Le Gérant; A. Vallette*

Paris.— Typ. A.DAVY, 52, me Madame. — Têléphohe.

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