COLOMBINE, ARLEQUIN, POLICHINELLE, M. BARBE* , FOULE
Colombine (toujours sanglotant)^ — Ah! ahl mon pauvre mari 1 hi ! hi ! hi U II s'est pendu !hu •
M. Barbin. —Pauvre femme! Sa douleur est bien
légitime; ^ ■' . ; , • r n i
Colombine. —Ah I ah I,.* J>n deviendrai folle !
folle I . ■ ■ t , <.
Polichinelle.— Place à la force publique! place \
Arlequin- — Comment, vous, Polichinelle! Vous êtes gendarme, maintenant ?
Polichinelle. — Ehl oui, mon ami, gendarme I brigadier de gendarmerie... Je me faisais vieux. .. J'en avais assez de rosser les gendarmes! ...Les . temps où nous : vivons-ne permettent plus la fan-, taisie^ila poésie delà vie de bohème..- J » fait comme vous, je me suis rangé ; et, comme j'étais un habile gredin, je me suis dit que je serais un habile gendarme! Mais, place ! place I Quand un pendu s'est pendu, la théorie dit qu'il faut tout d'abord le dépendre: dépendons-le... .,
Colombïne. — Ah! Ah! Mon pauvre Pierrot î mon pauvre Pierrot I Oh 1 oh 1 oh ! . .. r
M. Barblw — . C'était un griand poète, Madame , un grand poète.. Je comprends votre douleur. , r J'étais justement en pourparlers, avec lui pour la-
chat d'un volume de vers. J'en offre cent mille livres, Madame, cent mille livres.
Colombine. — Cent mille livres !.., Ah I pauvre Pierrot! ptiloli!...
Polichinelle. — Ces! pour rien. ]
Un homme. — On trouve peu de génies comme le sien* -...■■ -^
Un autre. — Ah ! certes, son nom sera immor-
.teir- :■■. ■ .■-. : - . ■■■•-".,
.* ■ Un autre/ — Il faudra lui élever une statue !
Un autre. — Je m'inscris pour mille francs sur la liste de souscription!
Un autre. — Je veux interpeller la Chambre pour que l'Etat lui fasse des funérailles publiques ! ^
Arleqtuin* — Je ferai son éloge à la prochaine séance de l'Académie, et je dirai ce qu'on a dit de Molière : Rien ne manque à sa gloire.,. Je parlerai sur- sa tombe I
Colombine. — Hélas ! ah 1 ah ! ah I mon pauvre mari!... mon pauvre mari!..;
Tous. — ï Pauvre Pierrot l Malheureux Pierrot 1
M. Barbin. — le yeux faire de ses œuvres une édition* nationale. Arlequin, Pierrot était votre ami,, consolez sa femme, éloignez-la de ce lieu sinistre! ".'... ^
Arleqtjin. '^— Viens, Colombine. {HT entraîne.)
Colombine. — Si T Etat prenait les funérailles âsa charge, ce nous serait une sérieuse économie.
*'':■*'■ . G .-Albert Àurier*.
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