ULTIMA LUES
Au loin des détonations espacées, monstrueuses, une tempête de clameurs, dé cliquetis.de buccins. Plus près des chants liturgiques et le roulement des machines de guerre qu'on traîne aux remparts. Au ciel le reflet livide des incendies. Dans 1 église desSaints-Apôtres, sous la coupole, Thigoumene Théodore siégeant, calme, au milieu de ses disciples tous, vêtus de l'habit des anges le long des mosaïques murales. ■ . . .
in,*- - V i ri î?' Jea ?' c ' est tôi ^ te ~ trompes et 1 hérésie de Nestonus est au fond de tes paroles.
Prétendre que la nature divine ne s'est unie à Jésus dans le Christ qu'à k Nativité et non dès la
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conciles ont jeté l'anathème sur le monophysisme. » r J
< Tout pales les plus jeunes moines se soulèvent a demi, si effroyables redoublent les détonations Mais les vieux restent impassibles comme de4 icônes, leurs regards caves toujours dardés sur l higoumène qui poursuit d'une voix sereine et sans que frissonne un poil noir de sa barbe étalée en roue : .
« Mais si le Fils est homme, il n'en est pas moins Dieu. Le.Paraclet aussi. C'est donc que leur source divine est identique. Cette source ne peut être qu unique puisque Dieu est un. Donc le Paraclet procède du Père seul, et non du Père et du Fils
SEPTEMBRE i&tp
car comment Jn homme pourrait-il procéder à la fois de son père et de son grand-père ? »
Soudain des pas ont. retenti et des bruits d'armures, et paraissent dans l'église quelques phalangites sanglants et poudreux entourant un grand soldat d'asbect auguste. Les Moines tombent a genoux : « Gloire au Sébaste I Gloire au »
Mais d'un geste brusque, l'homme casse les litanies augustales.
«La Ville hal4té, la Cité agonise, le temps est J^pkoij», prêtres, Pour vos disputes! Taistoi, Théodore, l<t. son de tes paroles me lèverait le cœur. Cinquante-quatre monastères à quatre cents moines, tdus adulte S> tant de combattants ! lais-toi, te dis-jt J Soldat je suis et je reste ! Il me iaut retourner sur la brèche....:
» J'ai soif. Eutfr heure, l'infidèle]; d'autres encore I voyiez ies morts canonnade? Ah vous que la chojse répondre, Théodor
chès, Nestorius, fous, dans une
aura tranché ces questions et
Etes-yous aveugles que vous ne
ou sourds que vous n'entendiez la
misérables, misérables, c'est par
se publique sombre. Qu'as-tu à
e? je meurs de soif : à boire !
>pÎ t?n? en } f 1"^ ! Si J e ™^ lais enrô kr de force T?nt £ ? US ' H, P lT e m ? déc Wrerait dans le cirque ! Se î îlw batt fe Ah les Latins ont motif à Î2nw° % m T ^ e ^ ire s» laissons-là cette moi-
?ue^utwt mîrartS *> ne veux P as ™™ «^ tuer quelques circoncis encore.; »
ffnemei\ q ?f ti S S arH î eS S £ St * teint dans Vé ^idanTs?, iJSi ^9 0umene Théodore reste perdu Sbitf nt ?I °f S C( ? mi?iè s 'ïl Savait pas' vu le
barbait: ZE 1 }*?!™ 11 ?' ordu /. e de- Rome,
M^^ rt ^"^> de ses Varangiens Mais .1 higoumenè se redresse : . .
« Sdence, mes frères, le Sébaste a raison d'ejndosser la cuirasse et d'arpenter les remparts. Mais je suis aussi dans mon rôle en méditant l'énigme du divin. Même quand la ville chancelle, concilier les natures et la personne dn Logos estnon moins utile que repousser l'assaillant. T
« Car cette ville n'est qu'un point de l'èLpace, et sa chute même ne prouverait rien contre moi. Ce ne- sont pas les armées qui sont fortes, mais les idées; et la subtilité est là. raison detjrê de notre génie. Si notre religion avait été simple, elle ne nous aurait inspiré qu'une brutalité barbare, comme celle de qui vous entendez les hurlements. » !
Un moment il s'arrête, si terribles ces hurlements grandissent ; mais,- soudain, un silence de mort, a peine au loin une galopade effarée, eti il reprend : « Le Basileus me blâmait donc à tort C est par la subtilfté continue des moines que s est maintenue la ville, et leur déguisement en légionnaires ne la pourrait point sauver. ' .
» Si la cité succombe, ce. n'est donc pas qu'elle • f^5 a tr pP;approfondi l'hypostase, mais que sa slolution etaitfausse et la métaphysique latine juste] » Au fond du narthex, dans la baie du portail, oat surgi en tumulte des faces camardes et basanées sous le turban , un rire féroce leur découvrant dW dents saillantes comme de loups. Sur les dallée les trocs blancs se prosternent lentement devant . l iconostase. 1
. Henri Mazel.